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Abraham Grey, Pirate & Patriot

par Killpower 30 Déc 2011 15:07 12

Lorsque j’ai rencontré "Abraham Grey, Pirate Patriot", alias Swashbuckler, pour la première fois, il y a six mois, c’était dans une grande surface au rayon des petit prix. Jamais je n’en avais entendu parler auparavant et le dos de la jaquette m’interrogea. Sorti en 2009 et étiqueté « Action RPG », les caractéristiques du jeu indiquaient « un système de jeu de rôle avancé » et les points forts précisaient entre autres « un gameplay riche et diversifié mêlant  RPG, beat'em all, combat et bataille navale ». C’est donc avec une certaine envie que je découvrais ce jeu de l’est pour RPG France.

 

 

3, 2, 1, Action !
 

Il faut signaler un début  plutôt chaotique sur mon portable. En effet, j’ai du relancer le jeu deux à trois fois avant qu’il accepte de démarrer convenablement. A chaque fois, en effet, il bloquait sur le logo d’intro, le logo du distributeur ou encore la vidéo d’introduction tel un vieux moteur de Diesel qui toussote avant le démarrage. Enfin tout finit par démarrer au bout d'un bon nombre d'essais. A signaler que ce problème ne s’est pas posé sur un PC de joueur dernier cri. Donc attention à votre système. En tout état de cause, je suis incapable de vous dire pourquoi il a eu du mal sur l’un et pas sur l’autre, sachant que le jeu est censé tourner sur un Pentium III 1,5 ghz.  
Abraham Grey, Pirate Patriot se déroule durant la guerre civile américaine. Vous jouez le rôle d’un meurtrier sanguinaire, Abraham Grey, qui est un pirate alcoolique souffrant de schizophrénie, dixit le livret. Sa voix intérieure vous permettra de comprendre le fonctionnement des différentes parties du jeu comme si vous étiez dans un didacticiel. Vous arrivez avec votre équipage et votre navire dans le port de La Havane et vous vous rendez dans l’auberge du coin. On notera un décalage entre l’image que l’on peut se faire d’un pirate et l’habillement du personnage, vêtu d'un poncho de gardien de vache et d'un chapeau de cow-boy. Mais pourquoi pas. Casser les stéréotypes pouvait peut-être redonner du renouveau dans l’univers des pirates en attendant la sortie de Risen 2. Malheureusement ce ne sera pas le cas tout au long du jeu.

 

  

 

Du pot au feu avec plein de navets
 

Dans l’auberge, il vous est possible d’enrôler des marins pour étoffer l'équipage de votre bateau, de parler à l’aubergiste du coin ou encore de vous battre sur un ring, ce qui vous permettra de vous faire un maximum d’argent. En sortant de l’auberge, vous arrivez dans un quartier fixe de la ville en 2D, dans laquelle vous déplacez votre personnage en 3D. Votre aventure se déroulera dans les Caraïbes et les 19 villes sont constituées de 1 à 4 quartiers dans lesquels on retrouve de grosses icônes qui permettent d’accéder à des lieux intéressants pour votre personnage, comme l’auberge précitée, le shérif qui sauvegardera votre partie, le gouverneur qui vous donnera des missions, l’armurier qui vous vendra des armes, l’épicier qui vous vendra des aliments pour remonter vos points de vie et votre énergie. Si le quartier est situé sur la côte, vous aurez aussi le port, qui permet de partir à l’aventure, le vendeur de bateau, le marchand de cargaisons et enfin l’armateur qui permet d’améliorer votre bateau ou de le réparer.
Cela aurait pu être sympathique si on ne se retrouvait pas avec des lieux différents et des personnages identiques habitant à des miles les uns des autres. Malheureusement, tous les shérifs ont la même tête comme le même bureau et certaines configurations de lieux sont identiques. A noter surtout que le jeu est un clone du jeu Sid Meier's Pirates! sorti en 2004, mais avec beaucoup moins de possibilités.
 

  

 

Une partie de bataille navale ? Un duel ? Un combat de boxe ?
 

Enfin, en quittant le port, on se retrouve sur la carte maritime. Il est alors possible d'effectuer certaines actions selon sa position : entrer dans un port ou attaquer un navire, c'est à dire engager un combat naval suivi d’un abordage. En effet, pour cette partie, c'est dans des décors figés que vous aller voir arriver des ennemis - tous identiques - qu’il va falloir vaincre. Vous passerez ensuite dans un nouveau plan du bateau ou vous effectuerez la même manoeuvre. Enfin, la victoire au duel à l’épée contre le capitaine adverse vous permettra de mettre la main sur le bateau ennemi et sa cargaison. Les phases sont donc les mêmes et les combats pas bien difficiles sont redondants et deviennent pénibles à la longue.

Le système est le même pour toutes les parties du jeu : lors des combats de boxe, vous devrez vaincre trois fois de suite votre adversaire pour gagner une somme d’argent. Il suffira d’attendre que l’adversaire gaspille toute son énergie en étant en position défensive, puis envoyer un coup spécial trois fois de suite pour l’emporter. Les rounds se déroulant en trois manches gagnantes, cela demande beaucoup de patience.
Il est toutefois possible de s’orienter vers l'aspect commercial du jeu et donc de transporter des biens d’un lieu à l’autre ou encore de transporter des biens d’un PNJ à l’autre. Rien de bien folichon en tout cas et très primaire comme aventure. Le jeu est très simple et l’unique niveau de difficulté ne pose aucun souci. Si vous voulez réellement du challenge, il vous faudra attaquer des bateaux de niveaux supérieurs.

 

  

 

Euh vous souhaitez un flingue +1 ou un flingue +1 ? Bon, ok, Une buckler ?
 

Les dialogues se résument à des monologues de PNJ auxquels vous répondez par une phrase unique. Il n’y a pas de solutions différentes pour résoudre les quêtes qui demeurent très basiques.  Le jeu offre un scénario principal qui vous demandera de choisir votre camp entre la flotte de l’Union ou celle de la fédération. A noter que l’on ne vous confiera qu’une mission à la fois et que, pour poursuivre l'histoire, vous devrez réaliser une quête secondaire obligatoirement entre chaque mission principale. Une manière de rallonger artificiellement la durée de vie du jeu. D’autant que les développeurs ont eu la bonne idée de ne dévoiler les armes ou les bateaux supérieurs qu’après que vous ayez un peu avancé dans l’aventure.  Ainsi, chez les armuriers, vous n’aurez le choix qu’entre un revolver ou un fusil et leurs munitions, soit 2 armes différentes. Autrement dit, il n’y a même pas de loot possible qui pourrait amener de la fantaisie dans le jeu.

Les textes sont bien traduits, tout comme le monologue de l’introduction. On appréciera également le langage mature avec de bons gros mots qui auraient été censurés dans d’autres jeux. Au niveau audio, en revanche, les PNJ rencontrés ne communiquent que par bruits, dignes successeurs des PNJ de Daggerdale. Quant à la musique, plutôt variée, elle passe assez bien, même si elle ne casse pas trois pattes à un canard.


Tournons-nous alors sur la technique du jeu. Ce dernier utilise un moteur graphique très carré qui n’offre pas d’option pour améliorer la qualité, à part les différentes combinaisons possibles très nombreuses. L’anti-alising est omniprésent et même si les décors ne sont pas moches et le design proche du dessin animé, ils restent bien trop vieillots. Impossible aussi de reconfigurer les touches qui sont presque similaires à celles utilisées dans les FPS (QZSD). Il faudra donc vous adapter. Je passe aussi rapidement sur les points de sauvegarde que l’on trouve uniquement dans certaines grandes villes. Bigre ! Que tout cela manque de cachet sur PC. 

 

  

 

RPG, en avant … CHARGEZ !
 

Arrive alors la partie qui nous intéresse : le RPG tant mis en avant. Vous gagnez donc des points d’expérience en éliminant des adversaires ou encore en résolvant des missions. A chaque niveau gagné, vous récupérez un point à distribuer entre vos trois caractéristiques : Arme, Tir ou Défense. En clair, vous allez améliorer soit votre puissance en combat au corps à corps, soit votre combat à l’arme à feu, soit vous allez améliorer votre résistance aux coups de vos adversaires.  Autant dire que c’est très limité.  Vous avez aussi le droit d’acquérir un nouvel attribut parmi les quatre que l’on vous propose. On ne vous laisse que peu de choix d’évolution et tout cela est bridé car, lors du prochain niveau que vous gagnerez, vous retrouvez les trois attributs que vous n'avez pas choisi plus un nouveau. 
Ces attributs qui peuvent être passifs – gagner plus d’or quand vous prenez un bateau à l’abordage – ou actifs – esquiver une attaque en appuyant sur une touche précise – peuvent avoir des effets sur votre bateau, vos capacités de combats ou votre sens du commerce. Sachez que certains de ces attributs ont trois niveaux d’améliorations. Et ce sera tout pour la partie RPG du jeu.

 

  

 

Boum ! un coup dans l’eau.
 

On peut donc en déduire qu'à l'instar d'un Grand Theft  Auto, ce jeu n’a pas sa place sur un site spécialisé dans le RPG,  car il n’en a pas les caractéristiques. Mais, comme il est désigné comme tel au dos de sa jaquette - voir ci-dessous -, il était important d’en faire la critique. Pour ma part, cette estampille RPG s'apparente à de la publicité mensongère, voire à une arnaque destinée vendre un produit qui passa bien inaperçu en 2009.  Il est donc temps, au bout de 10 heures de jeu, de m'arrêter là. Car, si la première heure permet de découvrir des nouveautés, la redondance des lieux et la répétition des scènes finiront par vous ennuyer profondément, à moins d'être masochiste. Peut-être qu'un joueur novice pourra y trouver son compte, mais certainement pas un rôliste aguerri.  

 

 

 

Voici donc un piètre clone de l’excellent jeu Sid Meier's Pirates!, qui se targue d'offrir à la fois une richesse de jeu et un système de RPG poussé. Que nenni. Bien moins riche que son concurrent, Abraham Grey, Pirate & Patriot se montre très rapidement répétitif et pauvre, même s’il mélange des genres différents : Beat them all, combat naval, commerce et une « once de mini-pincée de miette de RPG ». Mais, à trop vouloir se disperser, il se perd dans une jouabilité archaïque qui manque cruellement d'innovation.  Vous n’avez donc rien raté en passant à côté de ce jeu d’action aventure.

 

LES PLUS
  • Mélange des genres intéressants
  • Langage mature
LES MOINS
  • Ce n'est pas un RPG !
  • Pas de configuration des touches
  • Répétitivité du gameplay
  • Contenu trop léger
  • Redondances des lieux et clonages des personnages.

3/10

Commentaires (12)

alpha protocol     Il y a 5 mois

C'est bizarre, à chaque fois que tu sors un test, je me dis "tiens? Encore un navet!"

Merci pour ce test :mrgreen:

Batman     Il y a 5 mois

Message de l'équipe : Nous n'avous pas forcé Killpower à faire ce test, il l'a fait de son plein gré dans le cadre de sa croisade "attention aux jeux pourris". Merci de votre compréhension.

:mrgreen:

Megamat     Il y a 5 mois

Ca donne franchement pas envie :roll:

Killpower     Il y a 5 mois

Et bien oui, il n'y a pas que les "Elder Scrolls", les "Dragon Age" ou les "The Witcher" dans la vie. Il y en a d'autres qui méritent ou non de s'y attarder. Alors c'est sur qu'on ne gagne pas à tous les coups, mais il est important de savoir qu'ils existent.



C'est promis, un jour je mettrai de bonnes notes à de BONS JEUX.

Megamat     Il y a 5 mois

Le 30 décembre 2011 - 02:37 , Killpower a dit :

C'est promis, un jour je mettrai de bonnes notes à de BONS JEUX.





On espère bien :super2:

Shizam     Il y a 5 mois

Et encore une tringle à rideau à coudre sur tes épaulettes Kill! :mrgreen:



Killpower, le Cap'tain le plus médaillé de RPGFrance...





Un jour! Il reviendra de campagne avec autre chose qu'un poisson pas frais!... C'est promis!. :petard:



Poussez-vous les Gob's! laissez lui le fauteuil, l'a b'soin d'repos l'soldat!...



Sinon, :merci: quand même :super2:

Munshine421     Il y a 5 mois

Le 30 décembre 2011 - 01:53 , Batman a dit :

Message de l'équipe : Nous n'avous pas forcé Killpower à faire ce test, il l'a fait de son plein gré dans le cadre de sa croisade "attention aux jeux pourris". Merci de votre compréhension.

:mrgreen:



C'est cela oui...En plus, il a du cravacher comme un dingue pour publier son test un 25 décembre. Si c'est pas inhumain.

Killpower     Il y a 5 mois

Merci, mon autre boulot c'est Père Noël. :heureux:

Volcanon     Il y a 5 mois

Tiens, j'étais passé à côté de ce test là. Je dois avouer que le dos de la jaquette aurait pu me donner envie de l'acheter, mais grâce à ce test je sais désormais que je vais devoir l'éviter.

Merci Killpower

redd     Il y a 5 mois

C'est toujours intéressant d'avoir un avis construit sur les jeux à éviter.

Merci KillPower. D'ailleurs, ça me donne envie de refaire une partie de Sid Meier's Pirates

geek93     Il y a 4 mois

Ces jeux... Ils sont autorisés par la convention de Genève?

Caldanath     Il y a 4 mois

Le 08/01/2012 - 19:56, geek93 a dit :Ces jeux... Ils sont autorisés par la convention de Genève?




Mes vannes le sont pas, donc j'imagine qu'eux aussi



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