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Dragon Age: Origins

par Mercks 10 Nov 2009 09:08 

Après la Chine impériale et les confins de l’espace, après les sabres lasers et les arts martiaux, les Canadiens de Bioware renouent avec leur premier amour : L’héroïc-fantasy. Attendu comme le Messie par des milliers de fans de la série Baldur’s Gate, Dragon Age Origins est enfin disponible. L’attente fut longue pour les joueurs depuis Neverwinter Nights et la dernière incursion des développeurs dans cet univers. Cette attente était-elle justifiée ? La magie opérera-t-elle à nouveau ? Nous allons essayer de répondre à ces questions.

 

Le retour du roi

 

Ferelden vit des heures sombres. Les engeances, des êtres maléfiques, au sang impur, vomies par les entrailles de la terre, déferlent sur le royaume. Ces créatures sont les descendants de mages ténébreux de l’ancien royaume Tevintide, punis par le Créateur pour avoir souillé sa cité noire de leurs vilenies. Du moins est-ce la version du cantique de la lumière prôné par la Chantrie, la religion locale. La réapparition des engeances, anciennement chassées dans les tréfonds du royaume nain, laisse présager un changement. Certains murmurent qu’un archi démon pourrait être à l’origine du mal. Le roi Cailan, fils de Maric, a donc levé son armée avec son Tiern Loghain et attend de pied ferme l’armée des engeances à Ostagar. Aux côtés de l’armée du roi se tiennent les Gardiens des Ombres, un ordre de guerriers rompus à la lutte contre les engeances. Duncan, le commandant actuel de l’ordre, vous a recruté en tant que gardien des ombres. A vous à présent de combattre la souillure qui s’étend sur le royaume, en démêlant de sombres intrigues l’arme au poing.

 

   

 

Dragon Age Origins vous place donc dans la peau d’un novice des Gardiens des Ombres, mais avant votre intronisation dans l’ordre, vous devrez choisir vos origines et votre lignage. L’aventure démarre par la création de votre personnage. Plusieurs races sont représentées : Les hommes, les elfes, et les nains (hommes ou femmes). Chaque race permet de démarrer selon une origine sociale différente, ainsi vous pourrez débuter votre périple sous les traits d’un prince nain aux prises avec les intrigues de la cour d’Orzammar, ou comme un noble humain dont le fief est détruit par la trahison, ou encore en tant qu’apprenti magicien reclus dans la tour des mages. Ces quelques heures de jeux permettent une approche différente de la quête principale et une indéniable rejouabilité. Les classes traditionnelles de guerrier, mage ou voleur sont présentes au début, puis d’autres classes pourront être découvertes au fur et à mesure de votre progression.

Emancipé des règles parfois lourdes et pompeuses d’AD&D, la montée en puissance de votre avatar se fait en douceur, seuls quelques points de compétences et de caractéristiques sont à appliquer. Les compétences ne sont finalement pas très nombreuses mais complètes, et chacun devrait y trouver son compte. Au grand dam des puristes, le jeu se veut plus accessible et grand public que son ainé Baldur’s gate ; mais voir Dragon Age comme un Baldur’s Gate 3 serait une erreur. En effet les habitués de Baldur’s Gate ne seront pas dépaysés tant le gameplay est équivalent, pourtant pour ce dernier c’est surtout à la série Knight of the Old Republic que le jeu emprunte la plupart de ses ficelles.

 

    

 

DAO vs KOTOR

 

En effet comment ne pas comparer le funeste destin des chevaliers Jedi avec celui des gardiens des ombres. Les mécaniques de gameplay et les déplacements sont également similaires. Ici point de monde ouvert, mais une multitude de zones accessibles via une carte. Les amoureux des grands espaces seront certes déçus mais cela à l’avantage de tout recentrer sur le scénario et les différentes quêtes. Malgré cela, à aucun moment on ne se sent à l’étroit dans le monde de Ferelden. Le scénario justement, celui-ci est sombre et mature à souhait. Ici point de place aux frivolités, le danger guette et tout est fait pour vous le rappeler. Les dialogues, superbement écrits, vous plongent dans une histoire tragique et ténébreuse. Le manichéisme n’est pas de mise et de nombreux choix se poseront à vous tout au long de l’aventure.

Quoi que vous fassiez, certaines quêtes n’auront pas forcement une fin heureuse ; il faut simplement essayer de tirer le meilleur parti de chaque situation. Pour sauver une contrée sacrifieriez- vous un enfant ou sa mère ? Empêcheriez-vous un homme de poursuivre sa vengeance contre les assassins de sa famille ? Tant de choix cornéliens auxquels vous n’échapperez pas. Ces choix vous les ferez parfois au détriment des sentiments de vos compagnons. Oui, car vous ne serez pas seul dans cette aventure, de nombreux compagnons se joindront à vous. Tous ont un background riche et fouillé, vous devrez discutez avec eux afin de découvrir leurs aspirations et leur motivations. Certains d’entre eux tendront à vous forcer la main vers telle ou telle décision en fonction de leurs orientations. En effet votre groupe sera hétéroclite, l’assassin côtoiera la sœur de la Chantrie, le chevalier droit et valeureux côtoiera la sorcière lubrique, chacun ayant leur propre histoire tragique ou non, et donc leur propre vision du monde et de sa destinée face aux engeances.

 

    

 

Bien que le jeu emprunte à ses illustres ainés tels que Baldur’s gate ou Kotor, Dragon Age possède sa propre identité. Celle-ci est riche et intéressante, même les poncifs de l’heroic fantasy sont secoués par le scénario. Les elfes sont les esclaves des humains ou des parias cachés dans les bois. Les fiers nains ont perdus de leur superbe, occupés par des querelles intestines et politiques. Enfin les mages sont considérés comme des erreurs de la nature et cloîtrés dans une tour sous la garde des templiers de la Chantrie. De nombreuses informations pourront d’ailleurs être découvertes afin d’alimenter votre codex, ce dernier regroupe toutes vos connaissances sur le monde qui vous entoure. Cette approche inattendue fait souffler un vent de renouveau sur le genre, extrêmement agréable.

 

  

 

Un tour de magie

 

La mise en scène a bénéficié d’un soin tout particulier. Chaque cut scene est un moment de plaisir. Les dialogues ont bénéficié du même traitement, et l’ensemble est aussi intéressant à regarder qu’à jouer. Les combats, en temps réel, ont bien entendu la part belle dans Dragon Age. Ces derniers sont assez techniques et demandent un peu de stratégie. Foncer dans le tas tête baissée est rarement la bonne solution. La pause tactique vous permet de suspendre le combat pour distribuer des ordres à votre groupe de quatre compagnons maximum. De nombreuses macros sont disponibles afin de définir les actions de vos compagnons face à certaines situations, hélas certaines ne se déclenchent pas toujours à temps. La gestion manuelle restant alors la meilleure des solutions. A noter que la caméra est entièrement libre sur PC et permet toutes les vues possibles. Les combats sont vraiment jouissifs, l’animation des personnages et la violence des coups portés n’y sont pas étrangères. L’hémoglobine coule à flot et le poids des impacts est très bien retranscrit à l’écran. La magie donne droit à de splendides effets et la puissance des sorts n’a d’égale que leur beauté.

 

   

 

Côté son, c’est du grand art. Les dialogues français sont dans le ton dans l’ensemble, servi par de grands noms du doublage. Les musiques orchestrales nous offrent de magnifiques envolées lyriques mais savent se faire discrètes ou augmenter la tension quand il le faut. Les sons en général permettent une immersion immédiate. Le cliquetis des armures ou le froissement du cuir durant les déplacements, le rugissement du vent dans les hauteurs : Bioware a, à nouveau, fait un travail remarquable de ce côté-là.

Graphiquement le jeu ne vous décrochera pas la mâchoire. Certaines textures sont fades et manquent de relief, et le magnifique côtoie parfois le médiocre. Toutefois l’ensemble possède un charme indéniable, les personnages et les créatures ayant, eux, subis un traitement de qualité. L’interface est simple à utiliser et plaira aux néophytes comme aux habitués du genre. Tout est clair et bien expliqué, mettant le jeu à la portée de tous.

 

    

 

Tout n’est bien entendu pas parfait. On pourra regretter que le héros ne parle pas durant les dialogues. L’inventaire aurait mérité quelques onglets de plus afin d’éviter les mélanges des genres. Certaines macros mises en place ne se déclenchent pas ou mal, ou parfois vos compagnons restent pantelants en pleine action. Il faut donc leur redonner l’ordre d’attaquer. Les PNJ ont également tendance à être passifs, entendez par là qu’ils sont souvent plantés à un endroit en attendant notre intervention. On ne ressent pas cette impression de vie que l’on rencontre dans The Witcher ou le récent Risen par exemple. Quelques petits détails, mais vraiment rien de rédhibitoire au plaisir de jeu.

 

En conclusion, Bioware nous offre là un grand RPG, immersif et accessible. Participer au destin épique de Ferelden est une aventure passionnante et de longue haleine. La durée de vie très longue et les différents scénarios de départ permettant de recommencer l’aventure avec un regard différent, vous procureront de nombreuses heures de distraction. Dragon Age Origins est un RPG riche et mature qui ravira tous les joueurs en mal d’aventure épique. Complet et accessible, il conviendra aussi bien aux experts qu’aux profanes. Bioware était attendu avec cette suite spirituelle de Baldur’s Gate. L’attente aura-t-elle été justifiée ? Oui, absolument. Les puristes y trouveront sans doute à redire, mais Dragon Age Origins est sans doute l’un des meilleur RPG de ces dernières années. Bioware est revenu à ses premiers amours pour notre plus grand plaisir.

LES PLUS
  • Scénario épique et prenant.
  • Excellents doublage FR et mise en scène.
  • Editeur de personnages intéressant grâce aux différentes origines.
  • Feuille de personnage alliant richesse et simplicité.
  • Très bonne durée de vie et rejouabilité.
LES MOINS
  • Quelques bugs d'affichage.
  • Assez linéaire au final.
  • Des textures assez grossières.

9/10

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