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Divinity 2 Ego Draconis

par Mercks 15 Oct 2009 19:58 

Tout commence par un ciel d’azur, un homme, aux allures de Yul Brunner, s’avance afin de contempler les terres de Rivellon depuis sa forteresse volante. Puis ses yeux se posent sur un médaillon qui ferait mourir d’envie les Pussycat Dolls, son regard est triste. Est-ce le héros de l’aventure qui nous attend ? Non. C’est le vilain pas beau qu’il va falloir éradiquer afin de vivre en paix et sans impôts locaux à Alleroth. C’est Damian.

 

Le sourire du dragon

 

Le royaume de Rivellon est en proie à un mal grandissant : L’alliance des ténèbres. Des hordes de trolls géants, de gobelins et de guerriers s’abattent sur le royaume suivant les ordres de Damian, le chauve décrit plus haut. Vous, vous êtes un jeune draconis en pleine formation. Votre vocation en tant que draconis est de décimer tous les dragons et leur serviteurs, les chevaliers-dragon. Ces derniers ont le pouvoir, accordé par leurs maîtres, de se transformer en dragon à leur guise. Les draconis, quant à eux, reprochent aux dragons la mort de leur dieu, l’élu divin, qui en fait a été tué par Damian suite au meurtre de sa bien-aimée. Ça va, vous suivez toujours ? Aujourd’hui vous arrivez au terme de votre formation de draconis, et votre dernière épreuve est de retrouver le dernier chevalier-dragon encore vivant.

 

 

Vous arrivez donc dans la région de Vallon brisé avec vos supérieurs. Un dragon, qui pourrait bien être ce fameux dernier chevalier-dragon, y aurait été aperçu. Après enquête, vous informez vos supérieurs du lieu où il pourrait se trouver. Bien sûr, vous êtes immédiatement mis hors du coup, car comme tout bon chef qui se respecte, la gloire du devoir accompli n’appartient qu’à lui. Peu importe, les villageois du coin ont de nombreux services à vous demander. Ainsi vous pourrez, tout à loisir, briser un ménage, sauver des cochons de l’abattoir, décimer une bande d’assassins, ou encore arracher les coeurs des nombreux gobelins de la région. Durant vos pérégrinations, vous tomberez fatalement sur un, ou plutôt une, chevalier-dragon blessée à mort. Elle est la dernière protectrice des dragons, mais aussi votre meilleure chance de vous assurer une carrière florissante de draconis. Décidé à lui donner le coup de grâce, vous vous précipitez sur elle.

Avant de mourir, cette dernière vous lance une terrible malédiction : elle réveille le dragon qui sommeille en vous, et par là même, fait de vous un chevalier-dragon. De plus, son esprit fusionne avec le vôtre et devient la voix insidieuse et cynique de votre conscience. Du coup, pour la carrière de draconis, c’est raté. Damian apparait alors et vous fout la raclée de votre vie, cela vous permet toutefois d’apprendre la vérité sur la disparition de l’élu divin qui a entraîné une croisade contre les dragons. C’est alors le début d’une grande aventure et d’un conflit qui vous opposera à l’alliance des ténèbres, mais aussi aux draconis, qui pour la peine vous ont licencié. A vous maintenant de trouver le moyen de vous transformer en dragon et de développer vos capacités en vue du combat final contre Damian.

 

Dans les entrailles du dragon

 

Maintenant que les bases du scénario sont posées, voyons ce que le RPG de Larian studio a dans le ventre. Tout commence par la création du personnage. Cette dernière propose le minimum syndical, le sexe du personnage, son nom, quelques options de chevelures et pilosité. On démarre ensuite l’aventure. La maniabilité est excellente et le couple clavier/souris est très bien exploité, qu’on soit sous forme humaine ou reptilienne. Certaines phases, très courte, de plateformes sont présentes mais il n’y a pas de soucis majeur. Toutes les touches sont paramétrables, et les boutons supplémentaires de certaines souris sont reconnus, ce qui est un plus très appréciable dans ce genre de jeu.

Le personnage est agréable a diriger et dispose d’animations de bon ton. La caméra suit le personnage correctement et ne pose aucun problème, même dans les lieux exigus. A noter que l’aventure se vit en vue à la troisième personne. On peut parfois regretter qu’une vue à la première personne n’est pas été implémentée mais on s’en passe aisément. L’interface, quant à elle, est simple et bien pensée. L’inventaire est convivial et chaque fenêtre est facilement accessible via un raccourci clavier, ou via des onglets. Chaque passage sur un objet permet de faire apparaître ses caractéristiques et les attributs qu’il confère au personnage. Pas de grosse surprise de ce côté là.

 

 

L’expérience glanée durant vos périples vous permettra d’augmenter les caractéristiques de votre personnage, et d’acquérir de nouveaux pouvoirs. Ces derniers possèdent dix niveaux de puissance et peuvent être déclenchés par les touches de 1 à 8. Ces pouvoirs peuvent concerner la magie, le combat au corps à corps ou à distance. A vous de créer le personnage qui vous convient le mieux : archer, magicien ou guerrier, ou un mélange des trois. Ces compétences sont variables et permettent par exemple d’invoquer une créature, de lancer une boule de feu, ou encore de tirer plusieurs flèches à la fois. On reste dans le classique, mais le tout fonctionne très bien et permet de nombreuses combinaisons. Sous la forme de dragon, des compétences sont également à acquérir, comme se soigner ou faire apparaître un autre dragon servant d’allié par exemple.

En même temps que l’obtention de votre capacité à vous transformer en dragon, vous deviendrez propriétaire d’une tour avec vue sur la mer et tout-à-l’égoût. Cette tour vous permettra de loger des serviteurs triés sur le volet, c’est le cas de le dire mais je vous en laisse la surprise, qui ont certaines capacités. Ainsi vous pourrez accueillir un armurier qui enchantera vos équipements, un nécromant qui vous fabriquera une créature invocable et sur mesure, un entraîneur particulier qui améliorera vos compétences, et enfin un alchimiste spécialisé dans les cocktails. Bien entendu vous devrez leur fournir la matière première, mais vous pourrez être aidé en cela par trois autres serviteurs. Ces trois serviteurs pourront aller chercher des herbes ou encore des gemmes nécessaires à vos artisans. En contrepartie, vous devrez les équiper en armures et en armes, ce qui vous coûtera pas mal d’or, mais on n’a rien sans rien.

 

 

Bien entendu, le scénario est bien plus profond et vaste que le condensé que je vous en ai fourni plus haut. La quête principale est longue et vraiment intéressante. Les rivalités entre les différentes factions sont bien retranscrites. De nombreux livres parsèment le royaume de Rivellon et approfondissent de nombreux points. On s’aperçoit alors que le monde dans lequel on évolue n’est pas blanc ou noir, mais gris, car chaque personnage a sa part de ténèbres ou de bonté. Les quêtes secondaires ne sont pas en reste. Ces quêtes sont très agréables et nous changent des sempiternelles « va chercher dix fleurs de machin » par ci, ou rapporte « deux kilos de crottes de troll » par là. Ici, ces quêtes sont très variées et font souvent appel à la moralité du joueur. Du tout bon. Le ton est d’ailleurs assez mature et le plaisir de discuter avec les pnj est vraiment présent.

J’en arrive d’ailleurs aux dialogues qui sont, pour moi, le point fort de ce RPG. Larian studio a fait un immense effort sur ces derniers afin qu’ils soient vraiment intéressants. Fidèle à la série, l’humour est de mise dans la plupart des dialogues, sans aucune lourdeur et tout en restant dans le sujet héroïc-fantasy du jeu. Le tout est fin et plein d’esprit, et donne vraiment envie de discuter avec chaque personnage. Un pouvoir très pratique fait également son apparition, celui de lire dans l’esprit de votre interlocuteur. Contre quelques points d’expérience, vous pourrez connaître les secrets des habitants de Rivellon. Certains sont croustillants, d’autres amèneront de nouvelles options de dialogues ou permettront de savoir où sont caché des équipements de valeur. Une excellente idée qui est très bien exploitée. Enfin, chaque dialogue est parlé et les doubleurs français ont fait du très bon travail pour interpréter les textes de Larian.

 

Dans les griffes du dragon.

 

Graphiquement le titre de Larian studio a de la gueule. Les environnements sont beaux et semblent vivants. Certes ce n’est pas le plus beau jeu vu sur PC, mais les balades dans les contrées de Rivellon flattent l’oeil, si on n’est pas trop difficile. Les effets de lumière ou ceux des sorts magiques ne nous explosent pas les mirettes, mais l’ensemble est agréable. Quelques chutes de framerate, sans cause apparente, se font parfois sentir, mais dans l’ensemble le jeu est bien optimisé. Toutefois certaines textures sont parfois grossières et s’affichent avec un peu de retard, mais dans l’ensemble le rendu est honorable. Côté son et plus particulièrement du côté des musiques, le meilleur côtoie le pire. Certaines musiques sont tout simplement sublimes, mais il suffit qu’on change de zone pour se retrouver avec une musique sans saveur et insipide, le résultat est assez bizarre et inégal. Les bruitages sont, quant à eux, de bonne facture dans l’ensemble.

 

 

Ce RPG est-il donc une bombe ? Eh bien pas tout à fait. Certes l’aventure est de longue haleine, comptez d’ailleurs une quarantaine d’heures pour en voir le bout, et l’environnement narratif est plaisant. Toutefois de nombreux défauts font tâches au milieu de l’excellent travail de Larian studio. Au niveau du gameplay tout d’abord. Les combats manquent de pêche et de précision. Par exemple, le ciblage à l’arc se fait automatiquement et il faut tourner la caméra pour changer de cible, pas très pratique face à des squelettes archers qui mettent dans le mille à chaque fois. De la même manière vous n’avez aucun moyen de parer les coups, même avec un bouclier, cela se fait automatiquement en fonction de vos capacités ou de votre équipement. Certes ce choix de parade s’apparente à celui d’un jeu de plateau, mais ne correspond pas aux combats assez difficiles de Divinity 2.

J’en profite pour vous signaler d’ailleurs que le jeu est assez ardu au début, les promenades champêtres se transformant souvent en fuite éperdue, donc sauvegardez souvent. J’étais alors impatient de me transformer en dragon afin de faire griller tout ces ennemis qui m’ont causé quelques tracas. Problème, dès que l’on se transforme, les ennemis au sol disparaissent. Résultat, la sensation de puissance tombe à plat et c’est la déception. En l’air, on se contente donc de combattre des tours balistes et quelques volatiles de différents genres, dommage. Sur un plan technique, le jeu tient largement la route mais certains détails donnent un arrière goût d’inachevé. Par exemple, lorsque vous vous déplacez dans l’eau, il n’y a aucune ondulation ; vous y sautez, il n’y a pas d’éclaboussures. Il n’y a pas de cycle jour/nuit, pourtant vous rentrez dans une zone, parfois minuscule, et hop il fait nuit, trois pas en arrière, il fait jour. Je sais bien que cela est prévu pour renforcer l’ambiance de certains lieux, mais le résultat n’est pas concluant en l’état.

 

 

En conclusion, Divinity 2 Ego Draconis est très bon RPG où accomplir chaque quête est vraiment un plaisir. Les dialogues sont vraiment excellents, avec un humour rafraîchissant sans être potache ou hors de propos. La transformation en dragon est un plus intéressant même si on se sent parfois limité au niveau des possibilités offertes sous cette forme. Tout fan de RPG se doit de s’essayer au titre de Larian studio. L’attente fût longue mais le jeu en valait la chandelle.

 

 

LES PLUS
  • Un monde ouvert relativement vaste.
  • Des dialogues savoureux et un doublage de qualité.
  • Un scénario intéressant.
  • Visuellement... Mignon.
LES MOINS
  • Phase de gameplay
  • Editeur de personnage limité.
  • Combat parfois un peu brouillon.
  • Assez linéaire.

8/10

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