Samedi 30 Mai 2020, 06:49     Connectés : 1      Membres : 0


Mot de passe oublié ?

Pas encore de compte ?

Fire Emblem: Three Houses

par Deliorik 07 Avr 2020 10:00 2

Nous allons donc nous pencher sur le petit dernier d'Intelligent Systems, développeurs historiques de la série Fire Emblem, sorti le 26 Juillet 2019 sur Nintendo Switch (le premier de la série sur la console hybride de Nintendo). Fire Emblem a longtemps été considéré comme un jeu de niche, mais les versions sur la 3DS (Fire Emblem Awakening, et le double jeu Fire Emblem Fates, ont permis à la série de sortir de l'ombre et lui offrir une visibilité et une popularité grandissante chez nous. On rappelle que le 1er jeu est sorti en 1990 sur la Famicom, la série est donc étonnante de longévité, et le point culminant sera donc la sortie mondiale de ce Fire Emblem: Three Houses. Étant donné qu'il s'agissait également du 1er de la licence à sortir sur la dernière console de Nintendo (et accessoirement le premier sur console de salon depuis l'épisode Randiant Down sorti sur Wii en 2007, donc cela ne date déjà pas d'hier !), autant dire qu'il cristallisait une attente énorme de la part des joueurs. Le jeu étant sorti il y a 9 mois, ce test paraît être assez à la bourre, mais il va aussi permettre de le décortiquer sans l'effet de hype de sa sortie, à tête reposée.

 

Trois factions, trois versions d'une même histoire

 

Le joueur va donc incarner Byleth (personnage que l'on peut renommer et choisir de l'incarner en tant que fille ou garçon), un jeune mercenaire, qui va se retrouver pris à partie par trois adolescents pourchassés par des bandits. On apprendra qu'ils sont étudiants à l'académie de Garreg Mach dirigée par l'Ordre de Seiros. Ces trois étudiants ne sont rien de moins que les futurs dirigeants du continent : la princesse Edelgard de l'Empire d'Adrestia, le prince Dimitri du Saint Royaume de Faergus et Claude, petit-fils du dirigeant de l'Alliance de Leicester. Passé ce combat, Byleth et son père Jeralt se retrouvent donc à l'académie, où l'on apprendra que Jeralt fut capitaine des chevaliers de l'Ordre 20 ans auparavant, et dont la force était reconnue de tous.

 

Les Leaders des 3 factions  

Les trois futurs dirigeants du continent de Fodlan.

 

Rapidement, le joueur se retrouve propulsé professeur après sa performance lors de la bataille avec les trois héritiers, et doit donc choisir auprès de quelle classe il enseignera : les Aigles de Jais d'Edelgard, les Lions de Saphir de Dimitri ou les Cerfs d'or de Claude. Chaque personnage aura une personnalité et des objectifs qui lui sont propres. Les classes seront toutes composées du leader et de 7 élèves, chacun avec son histoire et sa personnalité, ce qui va renforcer l'immersion au sein d'une classe, mais cela fait plus de 20 personnages d'un coup qui nous sont présentés, votre mémoire va clairement se faire la malle à ce moment là, pour prendre le temps de s’approprier les personnages petit à petit.

Selon la faction que l'on choisira, nous aurons accès à différentes informations de la trame scénaristique. Mais pour avoir la totalité des éléments, il faudra donc recommencer une partie avec chacune des trois factions. Ceux qui voudront comprendre plus en profondeur les événements et les motivations des personnages pourront passer par la case New Game +. Les avantages procurés permettront d'être plus efficace et plus rapide dans la prochaine partie, ce qui n'est pas négligeable, et les plus téméraires essaieront de tenter un niveau de difficulté supérieur, pour plus de challenge !

 

Partir de la base pour faire du neuf

 

Le gameplay de Fire Emblem: Three Houses repose sur une mécanique de base qui a déjà fait ses preuves, dans la droite lignée de ses prédécesseurs. Le jeu est donc un T-RPG aux allures classiques, avec son champ de bataille découpé en quadrillage, avec deux équipes de guerriers qui se déplacent au tour par tour pour se coller des mandales. 

La base des combats est donc classique et reposera globalement sur des attaques simples avec des armes (avec des portées qui varient de 1 à 4 cases selon les armes et les classes), ou sur l'utilisation de sort (dont la portée varie également selon le type de sort). Chaque arme/sort est limité en nombre d'utilisations : pour les armes, la durabilité est définitive ; pour les sorts, il s'agit d'une durabilité sur 1 combat (logique, un sort ne s'épuise pas...). 

On pourra utiliser des compétences en lien avec les armes pour renforcer la puissance des attaques, mais au prix d'une plus grande perte de durabilité. À utiliser avec modération, donc.

 

 

Mattez-moi mon équipement et mes compétences, aucun boss ne va me résister !

 

Chaque eprsonnage peut s'équiper de 5 objets maximum (armes, acessoires, consommables), ce qui permettra au personnage de pouvoir s'ajuster en temps réel pendant les combats et changer d'armes selon les besoins. Les sorts n'ont quant à eux pas besoin d'être équipés. Tous les sorts connus du personnage sont utilisables tant que sa classe maîtrise la magie.

Les classes, justement, bénéficient d'un nouveau système, complètement revu. Toutes les classes sont accessibles à n'importe quel personnages tant qu'il en respecte les modalités de passage : un niveau minimum requis (qui augmente selon la catégorie de la classe) et une maîtrise de compétence minimum. Toutes les compétences peuvent être augmentées sur chaque personnage, lui permettant donc de passer la classe souhaitée et de pouvoir utiliser l'équipement et les compétences associées.

 

  

Quand je serai plus grand, je serai un chevalier Pégase !

 

Une petite subtilité ajoutée à ce Fire Emblem: Three Houses : l'apparition de monstres géants ! Ces monstres seront protégés par des boucliers qu'il sera grandement conseillé de briser pour pouvoir les passer au fil de l'épée... plusieurs fois ! Car ces monstres possèdent 2 à 4 barres de vie. 

Ce qui va nous permettre d'introduire une autre petite nouveauté : le système d'escouade. Les escouades sont des unités que l'on peut affecter à nos différents personnages en fonction de leur autorité (une des compétences vues précédemment). Ces escouades donneront des bonus statistiques au personnage, ainsi qu'une compétence d'escouade, qui sera en général particulièrement utile contre ces monstres. Quoi de plus logique d'envoyer sa troupe de soldats combattre en 1ère ligne, après tout ?

 

  

Cavalerie, à mon commandement... Chargez !

 

Pour finir, une petite mécanique simple reste à présenter : le retour dans le temps ! Une petite pirouette scénaristique va inclure cette mécanique au sein du scénario, et nous permettra de remonter autant de tours de jeu que l'on souhaite pour changer l'issue d'un combat qui aurait pris une trajectoire non souhaitée... Évidemment, le nombre d'utilisations par combat est limité, et il faudra veiller à ne pas épuiser trop vite ce pouvoir qui se révélera extrêmement utile pour ceux qui joueront avec la mort définitive des personnages, car comme dans chaque Fire Emblem, on a chacun des petits préférés, et hors de question de les perdre !

 

La vie au monastère

 

On a pu voir que le système de combat a évolué et ajouté pas mal de nouvelles choses, mais la grosse nouveauté que l'on remarque dès le début du jeu, c'est de pouvoir déambuler dans le monastère, qui va servir de base tout au long de l'aventure. Alors, oui, Fire Emblem Fates possédait quelque chose de similaire avec la base à construire, et Shadows of Valentia avait aussi des séquences où l'on contrôlait le personnage dans un monde en 3D, et pas juste sur une carte en 2D, mais cette fois, le monastère se pose au centre de l'histoire, et beaucoup de choses vont graviter autour.

Tout d'abord, l'histoire est rythmée par un calendrier, ce qui est un bouleversement dans la série. Le dernier jour de la semaine, vous aurez le choix entre quartier libre (donc vous balader dans le monastère), organiser un séminaire (pour faire progresser certaines disciplines à certains de vos élèves et à vous-même), ou partir en mission et combattre des vilains pas beaux (vous ne pouvez faire qu'un seul de ces choix par semaine). Vous pourrez aussi faire passer un certificat à vos étudiants pour leur faire changer de classe à ce moment-là.

 

  

Bienvenur dans mon châ... Mon monastère ! Suivez bien les cours, ne soyez pas en retard !

 

Lors des quartiers libres, vous pourrez parler avec tous les personnages du monastère, profiter des activités pour renforcer vos liens avec eux (on n’oublie pas, l'affinité entre les personnages donne des bonus !), passer au marché pour faire une revue d'équipement, ou prendre des leçons auprès des professeurs pour renforcer vos propres aptitudes dans diverses disciplines.

Les activités impliquant un personnage autre que le vôtre sont limitées par votre niveau d'enseignant. Plus il sera élevé, plus vous pourrez faire d'activités, même si parfois, ces phases s’avéreront un petit peu trop fastidieuses.

 

C'est bien beau sur le papier, mais en vrai, ça donne quoi ?

 

Il est vrai que cela fait énormément de choses à gérer, et même pour moi qui suis un habitué de la série, le démarrage a été un peu poussif, les mécaniques sont nombreuses, et toutes les retenir n'est pas simple. On n'est pas encore sur un niveau de complexité comparable à la série Disgaea, qui peut vous cassez le crâne si on est mal préparé, mais quand même, faut avaler tout ça.

Et c'est là que le jeu va nous sortir une petite pirouette scénaristique plutôt bien pensée. L'histoire se déroule en 2 actes : le 1er en tant que professeur avec vos étudiants, et le second en tant que leader armé 5 ans plus tard, accompagné de vos anciens élèves devenus des adultes. Et c'est à partir de là que les combats vont gagner en intensité. Cela laisse donc toute la 1ère partie pour s'adapter et apprendre. Et vous en aurez besoin, car les combats seront de plus en plus difficiles, avec toujours plus d'ennemis sur la carte. Ceux qui veulent conserver tous les personnages vivants vont devoir se creuser les méninges et utiliser au mieux toutes les mécaniques apprises lors de la 1ère partie !

Nos personnages ont des rôles qui se peaufinent au fur et à mesure, on comprend de plus en plus vite quelles troupes éliminer rapidement pour éviter les ravages, des stratégies prennent place pour profiter des failles du positionnement adverse, des retournements de situation inattendus viennent nous prendre à revers, et on sent notre tension monter d'un cran en voyant le jeu nous tendre des pièges alors que notre plan tactique se déroulait à merveille jusque-là.

 

La beauté extérieure, késako ?

 

On ne va pas se mentir et aller droit au but : l'aspect visuel du jeu n'est clairement pas son point fort. Le jeu n'est pas laid, mais l'amélioration graphique reste assez minime par rapport aux versions 3DS, quelques cinématiques dans un style très animé viendront ponctuer le scénario, d'une qualité tout à fait correcte, mais cela aurait peut-être pu être encore mieux, encore plus poussé, le tout semble manquer un poil d'ambition de ce point de vue là. L'ajout de la zone de la cathédrale, et le fait d'être passé sur Switch, sans bénéficier finalement d'une vraie amélioration graphique (un peu à l'image de ce qu'on a pu voir avec Pokemon Epée et Bouclier par rapport aux versions Soleil et Lune par exemple), fait remonter ce sentiment de stagnation sur les graphismes. Néanmoins, les animations de combats et les effets restent parfaitement propres, comme pour les versions précédentes.

Quant à la musique, elle est l’œuvre de Takeru Kanazaki, déjà compositeur des deux précédents opus sur 3DS : Fates et Shadows of Valentia, et est d'une qualité tout à fait comparable. On a donc des musiques d'ambiances qui sont très bonnes et portent bien les combats. Finalement, le petit point négatif, c'est la comparaison avec le précédent opus (Fates), qui a pu compter un titre magnifique pour accompagner et porter le jeu (la version anglaise s'appelle « Lost in Thoughts All Alone » pour les curieux), et c'est là qu'on voit qu'un titre peut aussi porter un jeu et marquer les esprits. Cela aurait été un petit plus agréable, mais ne soyons pas trop exigeants.

 

L'arrivée de Fire Emblem sur Switch était très attendue, et la qualité du jeu est parfaitement au rendez-vous. Le jeu propose un scénario intéressant, plus original qu'il n'y paraît, avec des personnages aux personnalités hautes en couleur (notamment les 3 dirigeants qui seront particulièrement travaillés et intéressants). Scénario accompagné d'un gameplay encore plus complet que les précédents, avec plus de personnalisations de personnages et des combats offrant d'autant plus de possibilités, tout le cœur du jeu est parfaitement réussi et à la hauteur des attentes. On regrettera que le travail sur les musiques soit moins prononcé que pour le précédent opus de la série, et que les graphismes n'aient finalement pas vraiment évolué. Mais ce n'est peut-être que partie remise.

LES PLUS
  • Des combats classiques dans la forme mais plein de nouveautés parfaitement dosées
  • Les possibilités de personnalisation des personnages sont très nombreuses
  • Le scénario, plus complexe qu'une simple lutte gentils/méchants
  • L'ambiance sonore accompagne parfaitement le jeu
  • Un rejouabilité bien pensée, avec différents scénarios et un New Game + bien adapté
LES MOINS
  • Les phases d'explorations dans le monastère, répétitives, manquent parfois un peu d'intérêt
  • Les graphismes n'ont pas vraiment évolué par rapport à la 3DS

8/10

Commentaires (2)

#2

Vaetrem
Chevalier

Je suis assez saucé, les tacticals se prêtent vraiment bien à l'utilisation de la Switch, et la rejouabilité avec les trois maisons ça a l'air assez cool.

J'ai un peu peur du côté scolaire par contre, ça fait pas un peu trop "ils ont mis du Persona dans mon Fire Emblem" ? J'ai justement peur de ce côté fastidieux que tu évoques.

#3

Deliorik
Villageois

Disons que dans Persona, les phases hors combat s'intègrent bien à l'histoire, tu as tellement de possibilité de choses à faire qu'au final, je n'ai pas sentit de redondance, limite je suis frustré de pas pouvoir tout faire!
Là, les phases dans le monastères, c'est tout de suite beaucoup moins prenant, ça fait plutôt figure de pause entre les combats plus que de lien, même si ces phases sont nécessaires pour optimiser le plus possible ses personnages, c'est pas encore ça!




Voir tous