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Xenoblade Chronicles 2

par Marcheur 31 Mar 2020 10:00 9

Nintendo pour bien lancer la Switch, avait besoin d’arguments forts et rapides pour l’imposer dès sa première année. Si pour beaucoup, Zelda Breath of the Wild a été une raison suffisante d’en faire l’acquisition, il restait beaucoup à faire pour convaincre le reste du public. Nintendo a désormais une certaine réputation dans le jeu de rôle japonais, avec la série des Xenoblade Chronicles. Vous êtes probablement peu à avoir joué au premier épisode sur Wii, mais si vous l’avez fait, vous n’êtes pas sans connaître la qualité de ce dernier. Pour les plus courageux et dépensiers d’entre vous, vous avez aussi fait le très sous estimé Xenoblade Chronicles X sur Wii U. Ainsi, un tout petit peu plus de deux ans après la sortie de l’épisode “X” sur la dernière console de salon de Nintendo, vient venir Xenoblade Chronicles 2, sorte de bouquet final de l’année de lancement de la Switch, sensé amener les fans de jeu de rôle japonais à faire l’acquisition de la console hybride.
La mission de ce titre est donc simple : être suffisamment exceptionnel pour convaincre une niche de venir sur la machine de Nintendo, le pari est-il rempli ?

 

Alors, le pouvoir de l’amitié, tout ça...

 

Tout d’abord : sachez qu’il n’est nullement nécessaire d’avoir fait un Xenoblade Chronicles avant de s’attaquer à celui-ci, au pire, vous ne saisirez pas quelques références, mais rien de bien méchant. Monolith Soft, après l’épisode en monde ouvert “X”, voulait revenir à une structure plus dirigiste comme le premier Xenoblade Chronicles. Cela ne veut pas dire que le jeu n’offre pas d’espaces ouverts - loin de là - mais il ne faut pas s’attendre à un titre aussi expansif que l’épisode Wii U.

C’est d’ailleurs le premier mot qui vous viendra à l’esprit lors des trois grosses premières heures du jeu : dirigiste. Pas d’une façon totalement gratuite : il y a bel et bien un univers vaste et des personnages à poser, avec des enjeux finalement beaucoup plus sérieux que ne laissent penser les prémices de l’histoire.

Très vite, le design et le ton général, laisse à penser que l’on se trouve devant un Shonen niais et sans profondeur. Si cette impression demeure très tenace durant une bonne quinzaine d’heures durant lesquelles on se frottera à une immense quantité de tutoriaux et de cinématiques à la mise en scène très… Discutable (notamment les gros plans sur les attributs de certains personnages féminins) elle s’éclipse pour laisser place à une trame et un univers plus sombre passé le premier gros chapitre.

 

  

Si l'on peut facilement trouver à redire sur le character design, difficile de ne pas louer les environnements.

 

À ce titre, l’histoire de ce Xenoblade Chronicles 2, brille essentiellement dans ses scènes les plus intimistes : le spectacle grand guignol/drama dans lequel le titre se répand durant de grosses cinématiques laisse parfois plus que dubitatif. Bien sûr, tout cela est sans doute plus dû au respect des codes du genre plus que de l’incapacité des développeurs à développer autre chose que des personnages archétypaux, mais le respect va parfois trop loin pour le propre bien du jeu. Au moins, pouvons-nous l’affirmer, le titre ne se prend pas trop au sérieux, mis à part dans ce qui anime les personnages, avec de vrais moments de sincérité, souvent accompagnés de la superbe composition “Walking with You”.

Souvent, Xenoblade Chronicles 2 fait un grand écart entre le très mauvais goût, qui passe par des envolées lyriques trop appuyées, ou des blagues mal maîtrisées, mais aussi de superbes moments de vérités qui disent beaucoup de ce qui nous est raconté. C’est le caractère constamment bancal, pas loin de la faute, qui confère à Xenoblade Chronicles 2 une ambiance tout à fait particulière. Résolument enchanteur et bien intentionné, les ratés du jeu finissent par être un supplément d’âme qui lui font un bien fou, on finit par vite se plier aux codes d’une narration qui - plusieurs fois - essayent de nous tirer les larmes ou nous faire rire, et même si tout cela peut paraître forcé, on a suffisamment d’empathie pour nos compagnons pour en avoir quelque chose à faire.

Cette histoire principale vous tiendra par ailleurs occupé entre 40 ou 60 heures selon les profils, de quoi déjà statuer que Xenoblade Chronicles 2 est un ogre chronophage dans lequel il faut s’investir de très longues heures pour en dégager la substantifique moelle. D’autant que ce n’est pas que son histoire dispendieuse qui demande de l’investissement : il y a aussi toute la couche du système de jeu, en passant par un système de combat copieux en mécaniques et une progression de personnage demandant de jeter un oeil à de multiples arbres d’améliorations.

 

La substantifique moelle d’un jeu vidéo reste...

 

C’est bien simple : si vous finissez par manger des tutoriaux à ne plus savoir qu’en faire, ce n’est pas pour autant suffisant pour vous expliquer toutes les subtilités des systèmes de jeux. Monolith Soft n’a pas son pareil pour créer des systèmes de jeux en semi-temps réel d’une richesse pareille. Entre les combos de personnages, les différents types d’attaques, les compétences de combat, les compétences d’exploration sans même considérer le système de lame et de mercenaire, Xenoblade Chronicles 2 nous amène doucement dans une complexité assez rare.

 

  

Xenoblade Chronicles 2 est un sacré voyage.

 

Cela se traduit par des combats particulièrement techniques, demandant de gérer bien des paramètres tout en restant diablement dynamique. Sans doute la plus grande réussite du jeu, les combats valent selon moi à eux seuls l’investissement, il serait bien dommage de passer à côté de l’expérience Xenoblade Chronicles 2 rien que pour la richesse de ses affrontements.

L’avantage de cette richesse, c’est cet apprentissage constant qui s’en dégage, mais aussi cette impression d’avoir encore des choses à découvrir même une fois que se déroule devant nous le générique de fin. Car - en bon jeu de rôle japonais - Xenoblade Chronicles 2 offre une armée de quêtes secondaires inintéressantes, vous demandant de buter des trucs, récolter des trucs, parler à machin, donner ça à bidule, bref, si vous voulez continuer d’exploiter le système de jeu et découvrir des lieux un peu plus confidentiels, vous pouvez vous prêter à la résolution des dizaines de quêtes annexes.

Est-ce que certaines ont un quelconque intérêt narratif ? Oui et non, disons qu’elles mettent nos personnages dans des positions différentes et permettent donc de les faire interagir différemment de d’habitude, sans que l’on ne découvre quelque chose de majeur sur eux. Le pire étant que dans bien des cas, il y a une génération des répliques de nos compagnons dans certains échanges avec des personnages, où ils répondent parmi une série de réponses possibles, ce qui donne à la narration des quêtes annexes un côté très mécanique. Tout cela semble avoir été développé à l’arrachée, pour compenser un développement court dans le temps, mais aussi avec peu de moyens humains (la majeure partie du temps de création du titre s’est faite avec 40 personnes seulement).

 

Trop d’amour est parfois péché

 

Ce ne sont par contre pas des limitations que l’on ressent dans l’ambition esthétique du titre ou même l’ampleur des environnements de ce dernier. Amoureux du gigantisme, Monolith Soft nous propose cette fois de nous balader sur des titans, si grands qu’ils ont sur eux développé une faune et une flore, de véritables écosystèmes sur leurs corps. Ces environnements “mobiles”, évoluant sur une mer de nuage, donnent à l’univers du titre un caractère bien singulier qu’il est de mon devoir de saluer. Certains environnements, pourtant rendus en faible résolution et avec une fluidité pas toujours optimale, force le respect. Monolith Soft fait souffrir la Switch, mais paradoxalement prouve qu’elle en a dans le ventre, car le moteur ici utilisé, n’a eu le droit qu’à peu d’optimisation avant que le jeu ne sorte.

Ce qui est d’autant plus dommage qu’avec son esthétique et son contenu ambitieux, le moteur aurait gagné à suivre, ce qui aurait très vite pu sublimer l’ensemble. L’avenir permettra sans doute de jouer dans de meilleures conditions à ce jeu précis, mais vu comme Nintendo reste globalement peu ambitieux sur le plan technique avec ses machines, on devra faire avec.

Sur la réalisation, j’ai déjà évoqué une superbe musique : sachez que la majeure partie de la composition est assez sensationnelle. J’écoute encore fréquemment des musiques issues de cette bande sonore et je dois admettre que je suis encore surpris de la qualité et la variété des compositions. On pourra remercier les trois compositeurs sur le titre : Yasunori Mitsuda, Manami Kiyota, et Kenji Hiramatsu. Sur ce terrain là, Monolith Soft fait un sans faute. C’est moins le cas de la localisation française perfectible, ou pire encore, des doublages anglais franchement faiblards. On préférera ici une bonne VO, proposée en téléchargement, qui même si l’on aime pas le japonais comme votre serviteur ici présent, rend définitivement bien mieux une fois en jeu, les bruitages sont pour leur part, relativement efficaces.

 

Un jeu pressé, imparfait, mais...

 

Je conseille de jouer au titre sur grand écran, car la Switch en mode portable souffle beaucoup, a une résolution peu convaincante et une qualité sonore assez discutable. Xenoblade Chronicles 2 s’apprécie bien mieux sur écran télé pour le coup. Si vous vous posez des questions sur la qualité des contrôles, sachez qu’ils sont “solides” sans pour autant être à l’abri de quelques cafouillages dans les touches dont il vous sera demandé de faire usage, à ce titre, j’ai trouvé l’interface assez lisible, mais inesthétique au possible dans les menus. Quant à l’interface en jeu, on est certes loin du bordel sans nom de Xenoblade Chronicles X qui nous amenait trop souvent à un rendu à l’écran proche d’un MMO coréen avec ses jauges partout et tout le temps, Xenoblade Chronicles 2 reste très perfectible sur ce plan.

 

  

Moins convaincant, les lieux de vie restent tout à fait satisfaisants.

 

Ce qu’il faut comprendre de tout cela, c’est que le titre n’est pas forcément très accueillant. Avec ses combats nombreux, tactiques, et très obscurs jusque tard dans le récit, ainsi que cette propension à nous noyer dans de vastes environnements, dans lesquels on récolte tout un tas de choses, tout en proposant des activités multiples, le jeu demande beaucoup aux joueurs. Mais la récompense ultime vaut l’effort d'investissement, car la générosité de Xenoblade Chronicles 2, ne l’empêche aucunement de proposer des moments forts.

À ce titre, bien qu’il y ait de bons moments tout au long du récit, les séquences des derniers chapitres sont absolument à vivre. Là, le drame commence à se justifier alors que tout ce qui nous est raconté devient plus clair, le récit s’envole et revêt de nombreux thèmes finalement assez adultes, et le voyage initiatique d’un personnage principal aux premiers abords complètement creux, finit par le porter dans de nouvelles dimensions et offre une conclusion très satisfaisante. Il n’en a pas l’air, mais derrière la beauferie de la mise en scène de ses personnages féminins et ses cinématiques grotesques, il y a un vrai coeur battant qui ne demande qu’à être découvert par les joueurs courageux. À ce titre, Xenoblade Chronicles 2 est tout à fait digne d’être considéré comme un très bon jeu de rôle japonais, dense, beau, long et animé de messages qui valent le coup d’être entendus.

 

Petit point sur Torna : The Golden Country

 

Petit aparté sur le Season pass du jeu. Si la plupart des ajouts ne valent pas forcément l’investissement, l’extension “Torna : The Golden Country” en plus de sensiblement changer des points du système de jeu, jouit d’une mise à jour du moteur graphique améliorant la netteté de l’ensemble et la fluidité. En plus de ces ajustements d’ordre technique salutaires (malheureusement uniquement disponibles dans le contenu de l’extension, pas dans le jeu de base) ce supplément propose un contenu relativement dodu, proposant aux joueurs une vingtaine d’heures de jeux supplémentaire, voire dix de plus pour écumer l’ensemble.

La cerise sur ce déjà délicieux gâteau, c’est que cette extension propose énormément d’éclaircissements sur des points restés obscurs du jeu d’origine. La conclusion de cette dernière est particulièrement poignante et permet de considérer le jeu de base sous un jour nouveau, d’autant plus émouvant. Je ferme la parenthèse en évoquant la bande son de cette extension qui - elle aussi - est d’excellente facture et mérite des éloges.

 

   

Xenoblade Chronicles 2, bien que plus dirigiste, demeure une belle invitation à l'exploration.

 

Cette extension permet non seulement de prolonger le plaisir de jeu, mais elle offre surtout de revisiter le système de jeu en proposant quelque chose de plus orienté action et moins tactique. Il s’agit donc presque d’un jeu indépendant, sans doute la raison qui a poussé Nintendo à proposer cette extension en achat individuel, pour un prix que je considère cela dit comme beaucoup trop cher (40 euros…) heureusement que le reste du contenu du Season pass est compris en téléchargement dans la boîte. Le Season pass en téléchargement, offre par contre tout le contenu.

 

S’il est clair qu’il faut une certaine volonté et une bonne dose de résilience pour arriver au bout de Xenoblade Chronicles 2 : il faut aussi admettre qu’une fois l’histoire finie, la sensation de vide qui suit est le signe d’un grand récit réussi. Le jeu se traîne de gros boulets, comme des tutoriaux nombreux, des systèmes obscurs, une narration pas souvent heureuse et des cinématiques parfois irritantes, il n’en reste pas moins que son système de jeu est parmi les plus solides que j’ai pu voir, que son visuel est souvent incroyable, que les musiques portent plus que jamais les émotions qu’il faut, et qu’au global, on en ressort assez comblé. Il y aurait bien sûr matière à débattre sur la qualité de finition du titre, depuis quelque peu corrigée par des mises à jour, il n’en reste pas moins que le jeu entier est sacrément entraînant et représente sans doute à lui seul, une bonne raison de craquer pour l’hybride de Nintendo.

LES PLUS
  • Un système de combat très réussi
  • Souvent magnifique, sublimé par une superbe bande sonore
  • Univers et personnages finalement attachants
  • Très généreux en contenu
  • Torna The Golden Country est une extension très réussie
LES MOINS
  • Le design des personnages laisse à désirer
  • Une mise en scène capable du meilleur... Mais surtout du pire
  • L'interface surchargée et une technique décevante
  • Des quêtes secondaires de remplissage
  • Le doublage anglais sans conviction et une localisation française perfectible

8/10

Commentaires (9)

#2

agrooty
Garde

Merci pour ce test, et oui le grand vide final m'a imposé un deuxième run
Vivement le premier, qui arrive sur switch fin mai
#3

Deliorik
Villageois

Ce Xenoblade 2 a été le moteur de mon achat d'une switch à l'époque!
J'aime beaucoup les Zelda, mais ce Xenoblade Chronicles 2 était clairement la raison numéro de la prendre et je ne le regrettes absolument pas!

J'ai passé quasiment 150h sur ma partie, c'est un excellent jeu pour moi, qui aurait mérité que je le refasses une deuxième fois si j'en avais eu le temps
#4

billaer
Novice

at the time of this writing i am in the middle of chapter 10 and frankly the game is good, i got xenogear and i still have my copy of xenosaga us and frankly i am far from having finished everything and frankly it is rather very good.

at first it has faults but as soon as you look at it a little frankly it is quite phenomenal and very extensive.

DQ Fan Survey

Message édité pour la dernière fois le : 02/04/2020 à 14:44

#5

Aineji
Novice

Totalement en accord avec ce test, j'ai adoré le jeu et notamment son système de combat. Son gros point faible étant, à mon sens, le chara design et la mise en scène des personnages féminins.
#6

flofrost
Grand chevalier

Clairement le design et la mise en scène m'ont refroidi. Déjà que le héros soit un gamin c'est pas vraiment mon délire, mais quand en plus on le met dans des situations tendancieuses, façon bienvenu à pédoland, là ça devient limite insurmontable pour moi...Non mais sérieusement, Pyra avec son mini short et le string apparent, c'est juste pas possible
Et pour le style très différent d'une Blade à l'autre, c'est simplement dû à une idée qui avait l'air très bonne sur le papier pourtant, à savoir qu'elles sont réalisées par différents artistes. Malheureusement on est allé un peu trop loin dans le délire en faisant appel à des gens avec des univers bien trop éloignés.
#7

rpg_newl
Novice

Ayant adoré Zelda Breat of the Wild, j'ai alors acheté Xenoblade Chronicles 2. Et honnêtement, je ne regrette absolument pas. Ce jeu est magnifique, que se soit graphiquement ou dans le gameplay. J'ai passé 500h sur ce jeu ( en comptant le dlc)
. Si vous avez adoré Xenoblade Chronicles 2, vous allez alors adoré le dlc, Torna The Golden Country, l'histoire se passe 500 avant le jeu principal. C'est pas ce jeu qui m'a fait prendre la Switch, mais ça reste un jeu à avoir chez soi. N'hésitez surtout pas ! C'est une pépite !
#8

mianovah004
Novice

Message supprimé le 13/04/2020
#9

hnjnggsss

Message supprimé le 03/05/2020
#10

hnjnggsss

Message supprimé le 03/05/2020




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