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Vampyr

par Caparzo 09 Oct 2018 10:00 4

Inconnu il y a à peine quelques années, les Français de chez Dontnod se sont fait d’abord remarqué avec le futuriste Remember Me, avant de connaître la consécration avec le mélancolique et nostalgique Life is Strange. Aujourd'hui, le studio est de retour avec cette fois-ci un action-RPG à l’ambiance bien plus noire et démoniaque. Je parle bien évidemment de Vampyr.


Découvrir enfin la sortie de Vampyr est quelque chose que nous attendions depuis longtemps sur RPG France. Il est vrai que nous vous en parlons depuis maintenant un moment et les différentes preview que nous avons pu écrire au fil des années ont particulièrement aiguisé mon appétit. Au vu du passé de Dontnod, nous pouvions tout de même nous poser de sérieuses questions sur les réelles possibilités du studio à créer un action-RPG digne de ce nom. S’approprier la mythologie des vampires n’était pas non plus une mince affaire puisque ce mythe a souvent été écorné – ces dernières années encore plus – et il n’est pas aisé de sortir des clichés du genre sans déboussoler les fans les plus acharnés. Si vous comptiez toutefois découvrir ici une ambiance underground ou bien encore de beaux vampires aux airs aristocrates dans de sublimes décors gothiques, vous allez être clairement déçu, mais c’est sur ce premier point que Dontnod commence d’entré de jeu à se démarquer de la concurrence.

 

Docteur Reid, homme vampire

 

Le jour commence a décliner et la lumière se fait de plus en plus pâle. Vous sentez d’abord une odeur nauséabonde avant d’apercevoir un enchevêtrement de corps rongés par la maladie. Votre vision est trouble et vous ne contrôlez plus vraiment vos mouvements. Seule une nouvelle sensation semble donner un certain sens à vos pas hésitants. Je parle bien évidemment de la faim, de la soif, de celle du sang. C’est dans cette situation des plus inconfortables que le jeu débute et nous propose de prendre en main ce pauvre Jonathan Reid à peine revenu de la guerre. Plus exactement, de la Première Guerre Mondiale puisque le jeu se déroule en 1918 dans une ville de Londres qui n’est plus que l’ombre d’elle même. Docteur de formation, Jonathan Reid a d’abord connu les horreurs de la guerre avant d’en connaître de biens pires encore, celle du monde maudit des vampires et de tout leurs semblables.
 

  

Reid dans toute sa splendeur. Rassurez-vous, le chapeau n'est pas obligatoire.


Incarner un docteur récemment transformé en vampire est peut-être bien l’une des meilleures idées qu’a pu avoir Dontnod pour le jeu. Quoi de pire effectivement que de se retrouver tiraillé entre le fait de devoir effectuer sont métier et de sauver des gens, et l’irrémédiable envie de se nourrir de leur sang. Sachez toutefois et comme nous le verrons plus tard lorsque j’aborderai le microcosme des différents quartiers disponibles, qu’il n’est pas forcément nécessaire de mordre et de tuer des PNJ pour avancer dans le jeu. Le joueur est ici libre de faire évoluer le Docteur Reid comme bon lui semble et de le laisser sur le droit chemin malgré sa nouvelle condition. Bien évidemment, notre bon docteur n’a pas été transformé par hasard. Son but sera ici d’éradiquer une terrible maladie ressemblant de prime abord à la fameuse grippe espagnole ayant ravagé l’Europe en 1918, mais aussi le reste du monde.

Voici certainement la seconde bonne idée des développeurs pour encrer Vampyr dans le monde réel. Utiliser la grippe espagnole comme vecteur de propagation pour une maladie touchant le vampirisme est quelque chose d’ingénieux, qui nous permet d’aborder dans le jeu cet état sous une forme bien plus scientifique. En tant que docteur, Jonathan Reid aura rapidement l’occasion de faire équipe avec le pas très net Docteur Swansea, directeur du Pembroke Hospital dans lequel nous pourrons officier. Le jeu nous poussera alors à prendre contact avec les patients, d’en apprendre plus sur eux, de découvrir des quêtes et de les guérir à l’occasion. Il est toutefois marrant de se retrouver à donner des conseils médicaux à des patients, alors que pendant ce temps ce cher Jonathan se paye une tête de déterré aux yeux rouges sang.
 

  

Une sacrée ambiance.


Soigner des gens ne sera bien évidemment pas notre seule priorité puisque dans son grand malheur, notre docteur a eu la malchance de mordre sa pauvre sœur alors qu’il souffrait d’une soif de sang impossible à décrire. Le joueur sera donc également embarqué dans une histoire un peu plus classique mêlant chasseurs de vampires et vampires aisés provenant des quartiers patriciens de Londres. Les sociétés secrètes seront également de la partie et nous permettront d’en apprendre plus sur l’histoire de ces créatures, mais aussi de faire des choix qui pourront avoir une certaine influence sur la quête principale. Il était effectivement temps que je le précise, mais bien que Vampyr soit un action-RPG proposant de multiples combats, la narration possède ici une place majeure, surtout depuis la sortie du dernier patch en date permettant de minorer l’importance des affrontements. Si vous aimez écouter des personnages parler, raconter leur histoire et pouvoir les influencer d’une façon ou d’une autre, alors Vampyr devrait vous ravir à ce niveau-là.

 

Londres pris en grippe

 

Même si nous rencontrerons de nombreux PNJ très variés, le principal protagoniste du jeu est ici la ville de Londres. Son ambiance désespérée et lugubre semble former un tout impossible à morceler. Que ce soit au niveau de sa direction artistique classique, mais aux petits oignons, ou grâce aux très bonnes musiques d’Olivier Derivière, cette ville n’a jamais été aussi belle à observer malgré son état proche de la décrépitude. Londres semble ici vivre autant que n’importe quel personnage du jeu et la diversité des quartiers disponibles ne fait que confirmer ce ressentiment. Vampyr nous propose effectivement un monde ouvert – mais pas trop non plus – dans lequel le joueur aura l’occasion d’arpenter des quartiers différents les uns des autres pour ce qui est de leur statut social, mais pourtant intiment liés. Malgré ces qualités, il est tout de même dommage de voir que le level design est particulièrement moyen ou dans le pire des cas, soporifique.
 

  

Une belle direction artistique et une vue sur la carte du jeu.


Traverser la carte en passant des docks au quartier de l’hôpital, jusqu’à Whitechapel et le cimetière se trouvant non loin de là, se fait effectivement avec une certaine tristesse. Malgré l’excellente direction artistique, ces environnements sont malheureusement visuellement trop similaires et manquent cruellement de points repères. Vous vous perdrez souvent, pas à cause d’un level design labyrinthique, mais bel et bien à cause d’une certaine monotonie visuelle. Quel dommage, surtout lorsque le jeu possède une telle patte graphique. Ce problème aurait pu facilement être solutionné en ajoutant du fast travel de refuge en refuge, mais celui-ci n’existe tout simplement pas. Notons également que toutes les routes ne sont pas ouvertes dès le début. Vous devrez soit avancer dans l’histoire, soit faire des détours pour ouvrir les portails bloquant les accès aux multiples zones. Une solution facile pour diriger le joueur, mais hélas pas très intéressante pour ce dernier.

Lors de vos déplacements dans les différents quartiers, vous débloquerez donc des refuges permettant à Reid de fabriquer des médicaments, d’améliorer ses différentes armes, mais aussi de dormir pour passer de niveau. Ces refuges ne sont pas indiqués sur la carte et vous devrez les chercher en n’hésitant pas à lever les yeux. Bien que le joueur ne puisse pas sauter, il peut effectivement se téléporter en hauteur pour atteindre des environnements plus ou moins accessibles. Ne rêvez pas, vous ne pourrez seulement utiliser cette fonction que lorsque le jeu vous l’indiquera.

 

Des points d’expérience sanguinolents

 

Bien que la quête principale ne s’intéresse pas plus que cela au contenu des différents quartiers, celui-ci jouera un rôle crucial à là compréhension de l’histoire et à l’évolution de notre personnage. Chacune des zones de Vampyr propose effectivement son propre microcosme en ce qui concerne les quêtes qui nous sont proposés, ses personnages à rencontrer et son état sanitaire. Un état satisfaisant vous permettra d’obtenir de meilleures offres chez les marchands, mais si leur état empire et devient critique, vous pourrez tout simplement perdre le quartier. Son accès sera toujours disponible, mais les habitants se montreront aux abonnés absents puisque morts. Des chasseurs de vampires ainsi que d’autres créatures viendront les remplacer et rendront les déplacements déjà pas bien passionnants, un brin fastidieux. Pour améliorer cet état, vous devrez soigner les habitants en leur prodiguant des soins après avoir fabriqué les médicaments en question. Sachez que vous ne posséderez pas toutes les recettes dès le début et vous devrez les trouver par vous-même.
 

  

Vous pouvez éradiquer tout un quartier si vous le souhaitez.


Soigner des patients permettra également d’augmenter leur état de santé. Oui je sais bien, il n’y a rien de sorcier là-dedans, mais cet état augmentera leur potentiel de points d’expériences. Si vous l’aviez oublié, Jonathan Reid est également un vampire en plus d’être médecin et possède quelques besoins vitaux. Chacun des personnages du jeu se voit effectivement attribué d’un certain nombre de points d’expérience maximum que nous devrons faire augmenter en les soignant, mais aussi en récoltant des indices sur leur vie. Vous pourrez alors les mordre après avoir débloqué tout leurs points pour augmenter votre potentiel de prise de niveau, ou bien le faire dès que vous en aurez la possibilité sans penser à l’optimisation. Pour ma part, j’ai effectué deux runs. Un en ne tuant aucun habitants, et un autre en essayant de récolter le plus de points d’expériences possibles.

Sur le premier, le jeu s’est montré difficile puisque la prise d’expériences hors étreintes mortelles et plutôt faible. Je l’ai terminé niveau 30. Sur le second, Vampyr s’est montré bien plus fun puisque les combats pas très exaltants du jeu se sont transformés en de grands génocides. Sur celui-ci j’ai pu atteindre le niveau 45. L’impact ne se fera pas seulement sur la prise de niveaux, mais aussi sur les armes que nous pourrons récupérer et sur la fin du jeu qui changera énormément selon nos choix et nos agissements. Il est donc dommage de voir que Dontnod n’est pas vraiment trouvé un bon équilibre à ce niveau-là puisque selon la façon de jouer, le jeu peut se montrer plaisant ou bien un brin frustrant.
 

  

Guérir des patients en les mordant ça ne semble pas faire l'unanimité.


Rassurez-vous, les PNJ ne font pas seulement office de réserve à manger. Comme indiqué plus haut, la narration de Vampyr est l’un des points forts du jeu et celle-ci passe avant tout par les différentes histoires que nous raconteront ces personnages. Une roue de dialogue permet au joueur de choisir des questions et réponses et certaines d’entre elles modifieront nos relations avec les intéressés. De mauvaises réponses pourront également nous faire perdre des indices, diminuant au passage les points d’expériences qui nous seront possibles de récupérer si vous décidez de mordre. Les différents protagonistes du jeu possèdent des liens entre eux au sein d’un même quartier. Pour obtenir de nouveaux indices, vous devrez donc parler à leur relation pour tenter d’en apprendre plus sur leur vie. Ces relations ont également un impact sur les morts qui seront associés. Tuer l’ami d’un personnage pourra faire évoluer ce dernier. De nouvelles options de dialogues pourront faire leurs apparitions, mais les personnages pourront également disparaître du jour au lendemain de leur emplacement. Vous les retrouverez peut-être plus tard dans un autre quartier en cherchant à vous tuer.

 

Des vampires rigides

 

L’un des points qui m’avait le plus chagriné lors des différentes previews, était les combats. Ceux-ci semblaient en effet avoir été ajoutés de manière artificielle dans le seul but de plaire à un certain public, et pour ne pas transformer Vampyr en un jeu purement narratif comme pouvait l’être Life is Strange. D’un point purement technique, nous avons affaire ici à un gameplay plutôt basique nous permettant d’affronter un ou plusieurs ennemis tout en pouvant verrouiller la cible désirée. Il existe plusieurs types d’adversaires allant des personnages attaquant au corps-à-corps, à ceux utilisant des armes à feux à distance jusqu’à des plus gros utilisant un lance-flamme. Une unité plus religieuse se sert quant à elle de pouvoirs divins pouvant empêcher nos mouvements. Quelques créatures beaucoup moins humaines viendront également vous barrer le passage lors de vos déplacements, mais là encore nous tournons vite en rond. Passer d’un quartier à l’autre en tombant toujours sur les mêmes ennemis du début jusqu’à la fin du jeu est vraiment lassant. Heureusement, les boss et mini-boss sont quant à eux bien plus intéressants et Vampyr aurait largement pu s’en contenter.
 

  

Des combats pas passionnants à la caméra parfois capricieuse.


Toutefois, les développeurs ont pris soin de donner la possibilité aux joueurs de faire évoluer Jonathan Reid de différentes manières. En accumulant les points d’expériences, vous pourrez effectivement améliorer les compétences passives de votre personnage via des arbres proposant parfois deux chemins différents. Parmi ces compétences, nous en trouvons une permettant d’augmenter notre quantité de sang, une autre notre endurance ou bien encore une autre améliorant le taux de sang absorber en mordant nos adversaires. Contrairement à mordre un civil, mordre un ennemi ne vous fera gagner aucun point d’expériences. D’ailleurs, les combats n’offrent que très peux d’XP en retour. Parmi les compétences actives, il en existe des mineures et des majeures appartenant à trois catégories : défensive, agressive et tactique. Ces compétences vous donneront la possibilité de devenir invisible, de sortir vos griffes ou bien encore d’utiliser votre sang pour faire surgir une lance formée à partir de votre hémoglobine. Une dernière catégorie regroupe les trois pouvoirs ultimes. Chaque utilisation d’une de vos compétences subira un temps de recharge plus ou moins long pour éviter d’en abuser.
 

  

L'inventaire et les différents objets disponibles.


Différentes armes que vous pourrez trouver ou acheter sont également disponibles. Que ce soit une épée, une faux, une hache, un fusil ou bien encore un simple pistolet, celles-ci peuvent toute être améliorées via les établis se trouvant dans un refuge, et en utilisant également des matériaux que vous dénicherez dans les environnements. Elles possèdent toute cinq niveaux et vous pourrez parfois choisir d’augmenter leur dégât, le taux d’endurance utilisé ou bien encore leur capacité à assommer un ennemi pour pouvoir ensuite les mordre. Vous aurez le choix d’équiper une arme à une main dans chacune des mains de votre personnage. Des pieux sont également disponibles vous offrant la possibilité d’absorber une quantité de sang définie à chaque impact. Puisque notre vampire n’est pas invincible, le jeu nous propose des seringues de vie et de sang que nous pouvons encore une fois fabriquer sur des établis, une fois les différentes recettes obtenues. Malgré tout ceci, les combats restent toujours trop rigides et inintéressants. Si vous avez fait le choix de préserver les habitants de Londres et de ne pas profiter pleinement de vos points d’expériences disponibles, alors ces affrontements devraient vite vous cassez les pieds. Dans le cas contraire, votre force surhumaine vous permettra d’écraser vos adversaires en un clin d’œil et c’est toujours ça de pris.

 

Vampyr est un jeu ne sachant pas vraiment sur quel pied danser. Sa très bonne narration mettant en scène le Docteur Jonathan Reid récemment transformé en vampire fait des merveilles, même si elle reste très classique dans la forme. Rencontrer tout aussi bien des personnages importants, que de simples habitants dans les différents quartiers, nous permet d’en apprendre plus sur la petite et la grande histoire du jeu tout en proposant des dialogues bien écrits. Les choix sont bel et bien présents et viennent influencer l’histoire lors de quelques passages clefs. Avoir le pouvoir de vie ou de mort sur les PNJ est également quelque chose d’exaltant, encore plus quand les personnages partagent des liens pouvant emmener vers des résultats étonnants lorsque ceux-ci sont rompus. La direction artistique et les musiques viennent quant à elles sublimer l’ensemble.

Malheureusement, Vampyr propose également de trop nombreux combats souffrant d’un gameplay rigide est pas passionnant. Les ennemis sont très vite redondants et seul les boss et mini-boss viendront vous tirer de votre torpeur. Le level design particulièrement plat et monotone n’arrivera pas non plus à faire pétiller vos yeux. Il en va également de même pour les environnements qui, bien que très beaux, peuvent tous plus ou moins se ressembler et vous donner la sensation d’être toujours dans le même style de rue. Le jeu aurait d’ailleurs dû prévoir du fast travel pour nous éviter ces déplacements laborieux où se cumulent environnements tristes et ennemis tous similaires. Quoi qu’il en soit, Vampyr reste tout de même un jeu à découvrir pour son histoire et ses personnages passionnants.

LES PLUS
  • Une ambiance irréprochable (direction artistique, musiques)
  • Des personnages intéressants
  • Une histoire qui se suit sans déplaisir
  • La dualité vampire/médecin bien exploitée
  • Une durée de vie de plus de 25 heures
LES MOINS
  • Des combats ennuyeux
  • Les rues trops similaires les unes des autres
  • Un level design sans brio

7/10

Commentaires (4)

#2

blitosaure
Citoyen

Merci pour le test. C'est assez étrange car on comprend que le jeu est intéressant par son univers mais que le fait d'y jouer n'est pas très agréable en raison des combats ou des déplacements.

Je pense que j'attendrai une belle promo.
#3

Caparzo
Seigneur

On peut dire ça oui, même si en récupérant le plus d'expérience possible les combats deviennent plus faciles et donc, moins chiants.

Message édité pour la dernière fois le : 09/10/2018 à 21:23

#4

Wulfy
Villageois

Bonne narration, bon univers mais c'est tout.
Combat trop rigide sans saveur, qui ne servent à rien.

Le jeu est ultra scripté, tu te ballades, tu peux tomber sur des indices de quêtes que tu n'a même pas, du coup au final on comprend rien. Obligé de faire les choses dans l'ordre sinon on perd des indices
Les déplacements deviennent fastidieux sur la fin, tu fais des aller-retour, pas de voyage possible.

J'ai eu beaucoup de mal à finir ce jeu (29 heures et c'était déjà de trop).

A voir si ils font une suite, on a tout de même une bonne base
#5

Fletch
Garde

On peut dire ça oui, même si en récupérant le plus d'expérience possible les combats deviennent plus faciles et donc, moins chiants.

Il y a le mode histoire sinon pour profiter en priorité de la narration




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