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Nier : Automata

par Vaetrem 27 Aoû 2018 10:00 12

Nier : Automata était, à juste titre, l'un des jeux les plus attendus du côté du Japon l'an dernier. Suite d'un titre méconnu du grand public, mais devenu culte pour une frange de joueurs habitués aux jeux radicaux de l'archipel, il avait pour lui garantir une exposition accrue l'appui de l'expérience du studio Platinum Games, généralement gage de qualité, ainsi qu'un financement important de la part de Square Enix pour le passage à la génération PS4 et pour la communication.

Et pourtant, pour un spectateur béotien, difficile de comprendre l'intérêt d'un tel titre : de loin, Nier : Automata pourrait ressembler à une version grand budget de ces jeux pour otaku bizarres dans lesquels des femmes en soubrette dégomment des robots géants à l’aide d’armes disproportionnées flottant dans leur dos (sacrilège !). Et vous n'auriez pas tort, car Nier : Automata, c'est exactement cela. Mais aussi tant d'autres choses. 

 

How beauteous mankind is! O brave new world

 
L'action de Nier : Automata prends place dans un monde post apocalyptique au contexte particulièrement sombre. L'humanité a en effet été chassée de la Terre par une invasion de machines agressives qui feraient passer Skynet et ses Terminators pour de jolis jouets en plastique, et s'est vue contrainte à un exil permanent sur la Lune. Vous incarnez 2B, une androide de combat, et serez accompagné par 9S, un androide de catégorie "Scanner" dont les capacités de Hacking seront utiles à de nombreuses reprises dans le jeu. Tous deux sont membres d'une organisation appellée YoRHa, composée intégralement d'androides et créée par les humains dans le but de reconquérir la Terre pour la gloire de l'humanité. 

Cette tâche, cependant, vous apparaîtra bien vite désespérée : chaque mission vous ménera vers des combats plus dantesques les uns que les autres, vous faisant bien sentir à quel point la domination des machines sur la planète bleue désolée est incontestable. Même si l'on se gardera un maximum de spoiler, sachez cependant que le jeu introduira rapidement différents groupes de machines pacifiques, et que l'organisation interne du YoRHa, avec ses discours aux relents fascistes et ses saluts militaires adressés à la gloire de l'humanité, cache de nombreux secrets. Le jeu multiplie les rebondissements et n'est en aucun cas manichéen, tant les hauteurs vertigineuses atteintes par les imbrications du scénario impactent tous les protagonistes du récit.
 

  

Les différentes “factions” cachent un jeu sombre allant bien au-delà de cette dichotomie apparente.

 

Le jeu fait ainsi un usage très astucieux, sur le plan narratif, de la caractérisation des personages. Là où les protagonistes machines, contrairement à ce que pourrait faire croire leur création "en série", sont extrêmement expressifs et bénéficient de design soignés, tous les androïdes au-delà de leur coque extérieure sont, du moins au départ de l'intrigue, très similaires les uns aux autres et très peu expressifs. Les joueurs du premier Nier et de la saga Drakengard savent que l'une des principales forces des jeux de Yoko Taro réside dans la multiplicité des méthodes de transmission de l'intrigue. Que ce soit par des mails, des séances de party banter entre les objectifs, des sections entières de jeu textuel, des cinématiques 3D ou encore des archives diantrement complètes, le jeu multiplie les canaux de narration et enjoint au joueur de prêter une attention soutenue à celle-ci pour en saisir toute la mesure. Au passage, sachez que si quelques liens sont tissés avec Nier premier du nom et même avec Drakengard, il ne s'agit en aucun cas d'élements décisifs devant vous freiner à vous lancer dans le jeu. Il est tout à fait accessible pour les joueurs n'en ayant rien vu et vous passeriez simplement à côté de deux excellents jeux !
 

Life ... Wonderful, indeed

 

Le jeu ne se complait pas cependant dans une seule ambiance et varie de ton de manière régulière. Ainsi, si les références philosophiques sont bien moins subtiles que dans Nier premier du nom, il fait également preuve d'un  humour bien mieux senti et plus noir. Le jeu n’hésite également pas à aller à contre courant des attentes du joueur : une zone de jeu entière, par exemple, certainement la plus réussie (l’arrivée dans cette zone figurant parmi les meilleurs moments du titre) prends le contre-pied total de l’ambiance du jeu. De nombreuses surprises vous attendent ! 

Même lorsqu'il fait preuve de facilité, avec par exemple quelques tropes narratifs éculés, des dialogues un peu trop soliloquants et naïfs ou quelques boss peu marquants/subtils, le jeu en a conscience et n'hésite pas à faire preuve d'un humour sensiblement "Méta" d'un très bon effet. Loin des lourdeurs qui envahissent les rayonnages de Steam. La gallerie de personnage employée, une vingtaine, tout au plus, est très rapidement attachante et les intersections de leurs trajectoires occasionnent des sommets émotionnels forts. Les amateurs de culture pop seront également aux anges puisque le scénario du jeu multiplie les hommages (science-fiction, philosophie, et même les films de kung fu).

  

Souvent envoûtant, parfois agaçant, Nier : Automata reste toujours passionnant.
 

Tout cet effort narratif est littéralement porté au sommet par une mise en scène grisante, nous donnant à voir des héros se démenant comme des diables pour un combat perdu d'avance et dont l'identité sera profondément remise en question au contact de la guerre. L’ambiance globale du jeu est très mélancolique, un sentiment fortement renforcé par la musique évidemment, sur laquelle on reviendra plus tard, mais qui transparait également dans le scénario et ses articulations. Enfin, élement d'une importance primordiale, Nier : Automata, à l’instar de son prédécesseur, propose de multiples fins différentes. Si le premier en proposait quatre, essentielles pour comprendre la teneur complète de l’histoire, Automata en propose pas moins de 26. Évidemment, nombre d’entre elles sont des fins gags (on pense dans un registre similaire aux fins Ufo ou Dog de la série Silent Hill) mais une bonne poignée sont scénaristiquement très intéressantes. Il nous parait difficile de ne pas pousser le titre jusqu'à la fin E pour obtenir une vue complète de l'histoire, et surtout, du message de son auteur. 

Rassurez-vous, vous n'aurez pas, contrairement à ce qui est régulièrement dit sur le jeu, à refaire cinq fois la même chose pour obtenir une fin différente au bout. Si les deux premiers playthrough partagent des similitudes claires (évitons le spoil), le second apporte déjà des nuances claires au premier et le troisième est totalement différent. Vous pourrez à partir de celui-ci parcourir le jeu aisément grâce à un système de chapitres, basé sur la quête principale, qui rendra aisée la chasse aux fins annexes. De plus, le jeu regorge de petits clins d'œil narratifs aux précédents playthrough, à l'image de cette séquence de calibrage des options que vous ferez dans le premier run et à laquelle vous pourrez assister dans le second, vous moquant de votre "vous du passé".
 

  

Un système de chapitrage avancé vous aidera à rejouer les moments forts de l’intrigue, mais aussi les 26 fins à votre disposition.


 

Grow some Bolts!

 

Après cette bien trop longue introduction, prenons le temps de parler gameplay. Les joueurs du premier opus ne seront pas dépaysés puisque le jeu reprend dans ses grandes lignes la même structure que le premier opus dans une version (dieu merci) largement améliorée. 

Le jeu prend ainsi (la majeure partie du temps) la forme d'un Beat Them All 3D standard qui aurait troqué ses longs couloirs pour un petit open world. Votre personnage est libre de se déplacer par l'intermédiaire d'une course et d'un double saut particulièrement rapides, rendant les déplacements incroyablements vifs et classieux. Les différentes zones du jeu sont largements pourvues en quêtes annexes, qu'il ne vous sera pas toujours possible de réaliser lors du premier playthrough, comme évoqué précédemment. Le jeu regorge ainsi de secrets et de quêtes annexes parfois obscures et surprenantes, mais aussi parfois peu intéressantes. Heureusement, le problème est largement moins prononcé que sur le premier opus, d'autant que ces quêtes annexes ne sont plus obligatoires pour obtenir les fins principales. Dans les faits, les déplacements hypnotiques du personnage principal et les petites touches de narration incorporées dans chaque dialogue de quête, participant à construire un univers profondément original, font passer la pillule sans problème. De plus, on débloque assez rapidement des raccourcis assez bien pensés ainsi qu'un système de téléportation pour rendre les allers-retours moins pénibles. Un message qui rassurera certainement les joueurs s’étant lassé du premier opus à cause de cela et d'un mini jeu de pêche particulièrement traumatisant.
 

  

L’open world du jeu vous réserve de belles surprises en termes de variété de décors.
 

Le gameplay très clumsy du premier opus se voit largement sublimé par la formule Platinum. On retrouve un gameplay à mi-chemin entre celui du premier opus et celui des deux derniers Bayonnetta, mais dans une version très lissée et simplifiée. On est assez loin par exemple de la formule Ninja Gaiden, la parade et le contre étant au final peu mis en avant (d’autant que des améliorations de notre androïde permettent même, sacrilège ultime, d’obtenir des assistances à la garde). Vous disposez également à tout moment d'un pod, dont vous pouvez choisir la capacité (parmi barrage de tirs, explosion et laser) qui vous permet de réaliser de constants dommages à distance tandis que vous esquivez des attaques, par exemple. Ces pods donnent le sentiment de toujours faire quelque chose, même pendant les phases d’observation ou d’esquives du boss. Une danse frénétique qui devient rapidement extrêmement addictive et plaisante en dépit d'un challenge aux abonnés absents, même en difficile, au vu de la profusion des objets de soin et de la gratuité des esquives. 

Le jeu est de manière générale très porté sur l’attaque et l’agressivité, la grâce générale des mouvements et des PNJ se retrouve dans des affrontements très visuels, aux exigences très faibles en termes de combos. De même, les movesets ne sont pas très nombreux et peu distincts : on ne dénombre que quatre types d’armes : épées légères, grandes épées, bracelets de combat et poings.
 

  

Les combats ont grandement gagné en fluidité depuis l’opus précédent.


 

I mean, have you ever actually seen your own brain ?
 

 

Heureusement, le jeu se rattrape grâce à une composante RPG/Amélioration du personnage extrêmement bien amenée et intéressante. En effet, si l'essentiel de la progression de nos caractéristiques de base (santé, dégâts physiques, dégâts à distances, résistances .... ) se fait par un classique système d'XP obtenus en tuant des adversaires et en finissant des quêtes, le jeu permet de faire progresser le personnage par l'intermédiaire des plug in chip. 

En effet, notre personnage étant un androïde, il est composé de multiples puces définissant ses capacités. On apprécie d'ailleurs la petite originalité très cohérente voulant que les systèmes de bases du jeu (objectifs, jauge de vie, mini map, et même l'OS de notre personnage !) soient des plug in chips, et dont parfaitement retirables (à vos risques et périls). Vous trouverez des plug in chips un peu partout dans le monde, comme loot, dans des coffres, ou encore en récompense de quête. Leurs capacités varient énormément, allant du soin constant, au boost de tel type de dégats ou de résistances, à l'augmentation des taux de critiques. Chacune de ces plug in chips occupant une grande place sur l'espace disponible de votre personnage, en fonction de sa qualité et de sa rareté, il vous faudra faire des choix très rapidement.

Heureusement, vous aurez à votre disposition trois sets de plug in chips, ce qui vous permettra de changer à la volée sur un profil plus défensif dans une situation difficile, par exemple. Ces plug in chips vous permettront en quelque sorte de définir votre build : c'est là que rejaillit l'essentiel des aspects "RPG Light" de Nier : Automata. Enfin, il vous sera également possible d'améliorer vos pods et vos armes par l'intermédiaire des objets que vous aurez looté ou obtenu par l'intermédiaire de quêtes annexes, bien que le besoin ne s'en fasse que très rarement sentir. 
 

  

Le jeu vous permet de personnaliser plusieurs profils de chips et de pods à sélectionner selon votre opposant.


 

This is not going to go the way you think
 

 

Il est maintenant temps d'aborder la plus grande qualité de Nier : Automata : sa constante capacité à surprendre et la variété de ses phases de jeux. En effet, si le gameplay Beat Them All sera le plus souvent employé, le jeu s'amusera sur toute sa durée à faire varier sa formule. Difficile d'en dire plus sans spoiler, mais il pourra ainsi décider d'éloigner drastiquement la caméra pour renforcer un élément de mise en scène, de changer votre perspective après une séquence bien particulière pour vous faire passer un message ou encore de vous priver de certaines de vos capacités pour vous faire réaliser à quel point vous en êtes devenu dépendant. 

La phase d’intro, qui alterne entre shoot them up 2D vertical puis horizontal et combat en Beat Them All, donne assez vite le ton.  Le second run, sans spoiler, introduit lui aussi une manière de combattre tout à fait différente qui a divisé parmi les joueurs, mais à laquelle nous avons plus qu'adhéré pour notre part au vu du travail particulièrement soigné qui a été réalisé pour accentuer le confort et la fluidité du tout. Et malgré tout cette générosité, on ne peut cependant s'empêcher de repenser au premier opus qui en plus de faire ce genre de facéties, n’hésitait pas à faire des séquences de jeu drastiquement différentes (survival horror en hommage à Résident Evil, Hack and Slash en hommage à Diablo ou Gauntlet). Nier : Automata est cependant bien plus pertinent dans l'application de ces changements : un prêté pour un rendu, en somme. 

Là où l'on touche à l'excellence du jeu, c'est que Nier Automata fait usage de ces alternances de gamepay dans sa narration. A tout moment, le jeu convoque la puissance de nos personnages pour interroger la violence dont l’on, dont l’humain, fait preuve lorsqu’il est poussé dans ses retranchements ou aveuglé par ses émotions. Violence physique, comme mentale, notamment lors de moments particulièrement déchirants des seconds et troisième playthrough. Le jeu parvient à traiter des mêmes thématiques (langage, communication, passions humaines, identité robotique, éternel recommencement des erreurs humaines) sans que l’on ait jamais l’impression d’une redite depuis le premier Nier. Il y a évidemment quelques plots holes plus ou moins massifs qui sauront à n’en pas douter faire rager les cartésiens du dimanche mais c’est au final bien peu de choses face à la générosité, la sincérité et à l’ambition narrative du titre qui ne s’épargne aucune expérimentation. De plus, on imagine difficilement comment ne pas être émus à certains moments de cette aventure inoubliable, notamment à l'occasion de quelques choix déchirants. On y retrouve la même sincérité, le même culot et la même conscience  (et utilisation avisée) du spectaculaire tourné en dérision que chez un Hideo Kojima, par exemple.
 

  

Le jeu saura vous surprendre, et utiliser cette surprise pour vous émouvoir et vous émerveiller.

 
 

White Noiz

 

Enfin, comment aborder le cas de Nier : Automata sans aborder sa musique ? Digne de tous les éloges parus sur internet depuis la sortie du jeu, le travail réalisé par Keichi Okabe est tout simplement magistral. Des envolées lyriques et épiques aux simples morceaux de guitare sèche en passant par les tohu bohu opératiques tout simplement délirants, le compositeur joue d'une variété de styles musicaux confondante. Mais cette ambition seule ne suffit pas à expliquer la réussite musicale du titre : Okabe est tout simplement un grand compositeur, capable d'incruster une mélodie pour toujours dans votre tête et ce dès ses premières secondes. 

La moindre musique d’ambiance sert à poser des ambiances inoubliables en parfaite adéquation avec les lieux traversés. De plus, beaucoup de musiques du jeu, particulièrement les musiques d’ambiances telles que l’inoubliable City Ruins sont disponibles en trois versions (quiet, medium, dynamic), évoluant en fonction des playthrough et des événements. 

Dernier élément pour bien faire comprendre la mesure du travail effectué ici, sachez que le système de combat du second playthrough peut être employé en même temps que le premier. Or, un changement de style musicale accompagne l'utilisation du second système de combat, la musique changeant en huit bits. Le compositeur a prévu des transitions douces des musiques de combat normales vers celles-ci. Le travail a dû être colossal et contribue grandement à la fluidité et à l'élégance de l'ensemble du jeu. 
 

Nier Protomata

 

Faisons un petit point sur la technique du jeu et autant dire que ce n'est pas son plus gros point fort. Si la qualité  extrême des designs et de certaines vista en envoie vraiment plein les mirettes, il faut également composer avec énormément d’alliasing et une bonne dose de décors assez mornes et peu détaillés. Heureusement, tout cela est contrebalancé par la grâce d’animations fluides, déliées, caractérisant à merveille les personnages, et par des zones allant à contrecourant de ce que le jeu offre en général. La fluidité, quant à elle, est exemplaire sur PS4 Pro sur un écran 1440p. La version PS4 est sujette à quelques toussotements de framerate, selon certains retours. Enfin, le jeu ne propose pas d'affichage 4K (sur console du moins).Sur PC, le portage est correct et jouable sur le plan technique, mais il est nécessaire d’utiliser un outil externe crée par des moddeurs pour en tirer le meilleur, ce qui est assez scandaleux au vu des ventes réalisées par le jeu sur le support. 
 

  

On recommande vivement aux joueurs PC d’utiliser cet outil et de lire ce post sur Steam pour circonvenir aux problèmes causés par le portage.
 

En somme, Nier : Automata est un jeu tout simplement inmanquable à notre sens. Un jeu aussi radical, noir, et audacieux dans le catalogue des AAA d'un éditeur nous ayons livré un Final Fantasy XV, c'est tout simplement miraculeux. Si, à l'instar de l'auteur de ces lignes, le jeu finit par marquer au fer rouge vos souvenirs de joueurs, on ne peut que vous recommander le livre rédigé par Nicolas Turcev pour le compte de Third Editions. Vous y trouverez une analyse très intéressante des thèmes transversaux ainsi que, plus intéressant, les procédés de création des jeux de Yoko Taro.

Sur un plan plus personnel, on vous encourage à ne vous laisser refroidir par la communauté de fan aveugle parfois harassante qui entoure les productions de Yoko Taro. Ses jeux, à défauts d’être parfaits, sont de vrais incubateurs d’idées intéressantes, et surtout, de grands vecteurs d’émotions. Suite au succès du jeu, on rêve maintenant des possibilités données au créateur pour le prochain opus pour lequel Square Enix recrute d’ores et déjà. Une nouvelle amélioration de la formule ou un tout nouveau type de jeu, à l'image de ce vers quoi se dirige From Software ? Seul l’avenir nous le dira. Dans tous les cas, il s'agit à nos yeux d'une des propositions de jeu japonaises les plus intéressantes que l’on ait vu ces dernières années, Yoko Taro se hissant pour nous au niveau d’artistes japonais aussi inspirants que Suda GoichiHideo KojimaKeiichirō Toyama ou Hidetaka Miyazaki. Et pourtant, malgré tout l’amour et l’admiration que l'on ressent pour cet auteur, on comprendrait que certains restent insensibles à son oeuvre. La marque d'un artiste intéressant ? On est pas loin de le penser.

Loin d’être un grand jeu irréprochable qui lancerait de nouveaux genres ou séries venant se placer dans son sillon, Nier : Automata (à l’instar de son prédécesseur) s’apparente plus à une tentative presque désespérée de repousser les limites et les vecteurs de narration en jeu vidéo pour faire passer un message terriblement simple. Une sorte de tentative ultime de communication émise par un créateur iconoclaste, un être visiblement tourmenté par ce qui l’entoure et ce à quoi il assiste. Jusqu’où peut-on pousser l’expérimentation ? Combien de moyens différents de faire passer un même message dans un jeu vidéo ? Jusqu’où peut-on pousser la radicalité dans un jeu d’action cochant en apparences toutes les cases d’un jeu AAA en 2017 ? Si ce sont des questions qui vous intéressent, n’en jetez plus et foncez sur ce titre tout simplement immanquable.

LES PLUS
  • Structure narrative, mise en scène et scénario à l'acmé du genre
  • Le Game Feel global (interface, déplacements, combats)
  • Structure de jeu assouplie et moins contraignante
  • Musique inoubliable
  • Un jeu iconoclaste et inclassable
LES MOINS
  • Techniquement irrégulier
  • Challenge inexistant
  • Quêtes annexes inégales et allers-retours pénibles

9/10

Commentaires (12)

#2

ParazaR
Citoyen

Bonjour,

Article intéressant, merci.
Les quelques video que j'avais visionnées m'ont tres vite incité à ne pas me lancer dans ce jeu pourtant si insolite. La raison était probablement liée à la fréquence et au niveau très élevé de difficulté qui se degageaient des combats.

Message édité pour la dernière fois le : 27/08/2018 à 12:57

#3

wacas
Guerrier

Ce jeu m'intrigue depuis sa sortie, mais pareil je croyais qu'il était très dur, hors la dans les moins je vois "challenge inexistant" ?
#4

cabfe
Seigneur

A noter que la VF (textes) est de bonne qualité. Ca fait plaisir.

En ce qui concerne la difficulté, déjà on a plusieurs niveaux disponibles dès le début.
J'ai joué en "normal" et si, au début, on galère un peu(*), la 2ème moitié est une promenade de santé.

(*)Comme souvent, au début, on ne maîtrise pas les touches, déplacements, etc.
Sans parler d'un équipement au minimum syndical, forcément.
Mais ça ne dure pas longtemps, les puces droppent assez souvent et on peut monter un build plus approprié rapidement.
#5

prypiat
Paladin

Ce jeu de l'amour !
Beaucoup trop facile (même pour quelqu'un comme moi pas franchement habitué aux beat'em'all), mais tellement rafraîchissant et mirifiquement bien narré ! (j'aime ce mot, ça fait tellement péteux)
Un vrai classique digne des plus grands, de mon point de vue.

Message édité pour la dernière fois le : 27/08/2018 à 20:23

#6

Wolphoenix
Guerrier

Facile oui, sauf si on joue dans le mode de difficulté le plus élevé ou le moindre coup est fatal.
#7

Rolala
Guerrier

Un très chouette jeu avec un open world peu intéressant et aux quêtes annexes insipides. Le level design était particulièrement naze, surtout comparé aux jeux From Software (dont il s'inspire un peu) et les combats étaient en-dessous du standard à la "Bayonneta"……….. MAIS: la narration à base de routes et de cassage de 4ème mur était un vrai délice, ce qui m'a fait tenir jusqu'au bout.


Et que dire de la musique: tout simplement magique.

Message édité pour la dernière fois le : 29/08/2018 à 19:16

#8

Guldendrak
Novice

Un jeu qui m'a personnellement enchanté les premières heures et puis plus rien. J'ai coupé le jeu un soir en allant me coucher et ne l'ai plus jamais relancé. Je n'ai en fait pas été transporté par l'histoire, rien ne me donnant l'envie de connaître la suite, et j'ai trouvé le gameplay basique ce qui n'a pas permis de compenser.
#9

FoolEcho
Garde

Facile oui, sauf si on joue dans le mode de difficulté le plus élevé ou le moindre coup est fatal.

+1 (peu importe l'esquive à la matrix ou l'ultra instinct, le moindre bidule en face c'est oneshoot -- en dehors du prologue peut-être, tout le reste peut se jouer en difficile sans souci ... au delà, je n'ai même pas tenté)

Alors oui, l'équilibre est difficile à trouver entre un gameplay action et la narration (c'est clair que Yoko Toro n'a pas fait de concession sur le second point, peu importe le savoir faire avéré de Square Enix / PlatinumGames sur le premier point)...

Nan, sérieux, ce jeu est excellent... C'est beau, ça bouge bien (je joue sans bidouille particulière sous pc... mais bon, avec une carte graphique haut de gamme aussi :\ ) , les différents protagonistes sont attachants, les clins d'oeil aux précédents nier (sans forcément y jouer, vous pourrez être amener à creuser un peu le lore) et la fin... les fins principales...
Artistiquement et philosophiquement très fort ( )...

...et cette bande son... cette bande son... inoubliable:

https://www.youtube.com/watch?v=VJ_aT4T89aU

Faut y jouer, rien que pour la musique.

Message édité pour la dernière fois le : 01/09/2018 à 09:33

#10

Marcheur
Seigneur

A toutes les personnes qui trouvent Nier Automata excellent, je n'ai qu'un seul conseil : faites le premier, bordel de merde, faites le.

Si vous aimez l'atmosphère quasi "Uedesque" de Nier Automata, attendez vous à une quintuple claque sur le premier Nier, qui a une bande son tout aussi géniale (plus calme globalement) et des personnages un très large cran au dessus d'Automata.
#11

cabfe
Seigneur

Mais le 1er Nier n'est pas sur PC, sauf via émulateur peut-être.
#12

Marcheur
Seigneur

Mais le 1er Nier n'est pas sur PC, sauf via émulateur peut-être.


Certes.
Mais une PS3 ou une 360 c'est que dalle désormais et y a bien d'autres jeux uniquement accessibles sur ces consoles qui valent le détour.
#13

Vaetrem
Chevalier

Je soutiens Marcheur, le premier Nier est un bijou également, plus rustre mais tout aussi passionnant et émouvant, un jeu des plus mémorables.




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