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ELEX

par Iosword 17 Oct 2017 10:00 169

En 1997 naissait Piranha Bytes, un studio qui, depuis sa création, ne ressemble à aucun autre. Connu pour deux trilogies, celles des Gothic et des Risen, seuls jeux à son actif, le studio a développé sa formule de jeux de rôle à l’ADN simulationniste. Si cette recette est un succès en Allemagne, le studio peine depuis plusieurs années à se faire une place auprès du grand public. D’une part, par son statut d’artisan, de fabriquant de double A, jeux au budget médian et aux équipes réduites – 25 personnes travaillaient au sein du studio en 2016 –, et d’autre part parce que la formule est unique au monde et se veut plus réaliste que ses concurrents. Si celle-ci apporte bien des avantages, et que celle qui écrit ses lignes a déjà déclaré son amour à ce savoir-faire unique, leur recette reste empreinte de rigidité et n’est ni facile d’accès, ni appréciable pour tous. Voici donc que sort enfin le dernier-né du studio, ELEX, un titre ambitieux qui, grâce à l’appui de THQ Nordic, se veut plus imposant que la trilogie des Risen, réel retour à l’open world et renouveau d’une formule certes excellente mais qui, avouons-le, tournait parfois en rond.

 

ELEX, ou le mélange des genres

 

Piranha Bytes rime donc avec classicisme : depuis 2001, date de sortie du premier Gothic, les univers présentés tournent autour de la fantasy – même si les Risen, à partir du second, amenaient aussi une forte touche caribéenne grâce à la piraterie –, des systèmes de jeu très similaires, des assets graphiques certes mis à jour mais réutilisées presque à outrance, ainsi qu’un même bestiaire, mêlant sanglier et raptor, que nous pouvons retrouver dans tous leurs titres. ELEX, lui, entend bouleverser la donne avec son univers atypique – bien que nous retrouvions bel et bien des sangliers et raptors mutants, que voulez-vous, on ne change pas une équipe qui gagne. Prenant place sur la planète de Malagan, semblable à la Terre sur bien des points, les développeurs s’aventurent dans un mélange des genres étonnant. En effet, Malagan a subi un cataclysme : l’arrivée d’une comète ayant bouleversé la faune, la flore, l’environnement et qui a manqué de peu d’exterminer la race humaine. Heureusement, nous avons la peau dure et, deux siècles plus tard, l’humanité est passée de la survie aux guerres intestines.

 

  

Monter dans ou sur des choses improbables pour prendre de jolis screens, voilà ma mission.

 

Il faut savoir que la comète a apporté avec elle l’Elex, une substance étrange et encore mal comprise qui sert à chacune des factions de manière bien différente. Les Berserkers le transforment en mana, les Clercs s’en servent pour alimenter leurs machines, les Hors-la-loi pour créer des stupéfiants améliorant certaines capacités physiques et les Albes, eux, le consomment directement pour gagner de la puissance aux dépens de leurs émotions qui sont alors inhibées. Comme le veut la tradition avec Piranha Bytes, ces clivages signifient bien plus qu’un simple usage de l’Elex, ils traduisent des philosophies différentes qui s’opposent et offrent une profondeur à chaque clan. Ainsi, les Berserkers sont convaincus que la technologie est responsable de tous les maux de Magalan, celle-ci doit être détruite et est interdite dans leurs rangs, eux vivent en harmonie avec la nature. De fait, l’Elex doit être transmuté en mana, ce qui leur permet d’user d’une magie particulière ainsi que d’alimenter des cœurs de monde, plantes étranges qui une fois nourries par cet Elex transmuté redonnent peu à peu vie au wasteland en réimplantant de la végétation.

Les Hors-la-loi sont bien plus pragmatiques, vivant dans la région désertique de Travar, les libertés individuelles sont sacrées et les entraves légales ne sauraient les emprisonner, puisque les seules lois existantes sont celles qui visent à faire tenir leur semblant de gouvernement, reposant sur la loi du plus fort. L’important reste avant tout le profit que celui-ci s’obtienne par le commerce, le vol ou bien d’autres délits et crimes. Les Clercs sont un peuple croyant, vénérant le Dieu Calaan dont les préceptes basés sur la sagesse les guident, mais sont aussi, paradoxalement, de grands scientifiques cherchant à comprendre l’ancien monde et usant de ses nombreuses merveilles technologiques, des armures hautes-technologies aux méchas. Reste donc les Albes, une faction née des Clercs et ayant rejeté Calaan pour rechercher le pouvoir, ceux-ci contrairement aux trois autres factions sont au cœur de l’intrigue principale sans que l’on puisse pour autant les rejoindre, notre personnage principal étant issu de leur rang.

Ils usent ainsi d’une technologie similaire à celle des Clercs, mais consomment aussi de l’Elex ce qui leur offre puissance physique et pouvoirs magiques – leur magie est très différente de celle des Berserkers – en échange de leurs émotions, vues comme une faiblesse et une entrave. Ne raisonnant donc que par la pure logique, ceux-ci estiment qu’ils doivent dominer le monde et exterminer les peuples libres – les trois autres factions – pour s’emparer de tout l’Elex existant, dans une cherche perpétuelle de puissance. Jax, notre protagoniste principal, est un commandant Albe qui se retrouve trahi par les siens, échappant de peu à sa tentative d’assassinat. Sevré d’Elex et redécouvrant, difficilement, le rôle des émotions, celui-ci devra se mêler aux peuples libres pour lutter contre son ancienne faction et essayer de comprendre les raisons de la trahison l’ayant laissé pour mort. À noter qu’une quatrième faction mineure existe : les Séparatistes Albes qui, s’ils consomment toujours de l’Elex, peinent à comprendre les conflits sans fin engendrés par leurs chefs et tentent donc de renverser leurs anciens dirigeants.

 

  

Le jetpack, tout gaz limité qu'il ait, est bien pratique

 

Tout ceci ayant été dit, il serait facile de voir ELEX comme un titre bordélique où des hippies technophobes attaquent à coup d’épée des méchas et fanatiques religieux armé d’armes laser et plasma, tandis que les Hors-la-loi seraient alors des raiders au rabais ayant un faible pour les armes à feu. Or, si ce cocktail peut sembler sordide à l’écrit, l’une des grandes qualités du titre est bel et bien son univers et la cohérence de celui-ci. Que ce soit pour narrer, via l’environnement et les commentaires de nos compagnons, l’histoire de Magalan avant la Chute ou pour faire passer le joueur de la fantasy au post-apo en passant par la science-fiction plus traditionnelle sans aucune peine. En effet, les factions sont bien caractérisées, et bien que chacune possède un territoire bien défini par un biome précis – forêts pour les Berserker, terres volcaniques pour les Clercs, wasteland pour les Hors-la-loi et contrées glaciales pour les Albes – tout a été pensé pour que rien ne sorte le joueur de l’expérience.

 

Ô vous, mes délices, mes chères factions...

 

Nous retrouvons aussi ce qui a fait le succès du studio, à savoir son écriture certes très crue mais aussi bercée de différentes réflexions – les membres de chaque faction ne formant pas un bloc d’idées monolithiques –, et ses quêtes entrecroisant les factions avec à la clé de nombreuses conséquences. En outre, le world design si particulier du studio, réaliste et accordant une grande importance à la topographie, fait de nouveau ses preuves. L’exploration n’est jamais lisse, toujours renouvelée et, puisque le terrain proposé aux joueurs joue sur le relief, les paysages sont toujours des compositions sublimes cachant de bien nombreux secrets, et ce malgré des bâtiments de l’Ancien Monde vite redondants et des environnements intérieurs au level design très réalistes et, de fait, pas forcément passionnants. De plus, les téléporteurs sont relativement rares et le joueur devra donc accepter de se déplacer en usant de ses seules jambes et de son jetpack – permettant aussi bien d’explorer des lieux inaccessibles autrement que d’éviter de nombreux combats avec des monstres bien plus puissants que le joueur en début de partie. Seul regret : la narration environnementale qui, si elle est bien présente, reste encore balbutiante et se reposant bien plus sur des textes à lire que sur l’environnement en lui-même.

ELEX met en place un vaste open world certes, mais, au contraire d’un Gothic 3, les centres de vie sont rares et s’il existe de nombreux PNJ cachés dans la nature, seules quatre villes s’offriront aux joueurs – trois grandes capitales de faction et une petite ville neutre. De fait, les conséquences, si elles existent bel et bien, n’ont pas un impact clairement visible sur le monde et la carte d’ELEX, si nous faisons fi de l’exploration, parait bien trop vaste pour le contenu scénaristique qu’elle accueille – le jeu se terminant en environ 50h en incluant la grande majorité des quêtes secondaires, soit environ autant que les Risen. Puisque le jeu de Piranha Bytes est un AA développé par moins d’une trentaine de personne cela s’explique facilement, mais reste regrettable tant le titre auraient pu offrir plus et creuser certaines thématiques bien plus en profondeur. L’autre défaut majeur d’ELEX est lié à ses factions : si celles-ci sont réussies, la presque totalité de leurs quêtes est accessible au joueur avant même que celui-ci ne choisisse celle dont il intégrera les rangs.

 

  

À gauche, il faut trouver l'ordre des goupilles. À droite, jouer à "froid ou chaud" avec des chiffres.

 

En effet, bien que les trois factions soient centrales et aient une place dans l’histoire, la trame principale tourne autour des Albes, du conflit entre ceux-ci et les Peuples libres, ainsi que de notre quête de vengeance. Aussi, rejoindre une faction est certes obligatoire, mais n’est qu’un moyen d’obtenir de nouvelles compétences, crafts et équipements exclusifs à chacune et si vous vous moquiez de la simplicité avec laquelle vous montiez en rang dans les guildes de Skyrim, votre rire sera ici bien jaune. Un défaut bien plus que regrettable, pour ne pas dire absolument majeur à mon sens, surtout de la part d’un studio qui jusqu’à présent avait réussi dans chacun de ses titres à créer une réelle expérience de jeu par faction, que ce soit sur le plan scénaristique ou sur celui des mécaniques de jeu. Heureusement, l’intrigue principale se révèle intéressante à suivre, et pleine de rebondissements – bien que certains twists soient bien mal amenés tant on les voit venir des heures à l’avance –, les quêtes secondaires sont pour la plupart très plaisantes et très peu de contenu FedEx est à signaler. Reste qu’ELEX est sans doute, et de loin, le jeu le moins rejouable des Allemands d’Essen.

Un autre problème majeur vient de la mécanique de froideur proposé par le titre. En tant qu’ancien Albe, vous redécouvrez peu à peu vos émotions et pouvez donc choisir d’agir de manière émotive ou de manière logique – pour simplifier, en sachant qu’un troisième choix neutre est souvent proposé et que les réponses émotives/logiques ne sont accessibles que si votre score de froideur le permet. Le problème de cette mécanique est qu’elle peut facilement enfermer le joueur selon l’ordre dans lequel il fait les quêtes, ainsi lors de mon run, j’ai été assez neutre tout en ayant un petit penchant humaniste. Seulement, ayant fait presque toutes les quêtes secondaires avant de rejoindre une faction et de réaliser celles liées aux compagnons, je me suis retrouvée à agir de la manière qui me paraissant bonne, le pragmatisme, et donc enfermé sans le vouloir dans un personnage purement froid et logique, sans pouvoir le contrebalancer par d’autres quêtes. Une conséquence involontaire et qui détermine des dialogues importants lors de la conclusion de l’histoire – et n'a presque aucune influence durant le reste du jeu.

 

  

Un exemple de choix de dialogue exigeant le positionnement du joueur.

 

En bref, je me suis retrouvée avec une fin que je ne désirais pas – et qui était par ailleurs en désaccord avec pas mal de choix de dialogues ou de quêtes effectuées précédemment – parce que j’étais resté un Albe pur-sang paraît-il. Puisque la très grande majorité des quêtes restent accessibles jusqu’à l’épilogue, je vous conseille de ne pas suivre mon chemin et de progresser parallèlement dans le contenu secondaire et principal. Avant de passer aux systèmes de jeu, arrêtons-nous un instant sur nos sept compagnons. Si des frères d’armes sont présents dans les jeux du studio depuis Risen 2, ils ont rarement été aussi bien implémentés. Leurs quêtes sont de réels arcs scénaristiques, pour certains assez copieux, ils ont des compétences diverses, commentent l’univers pour votre plus grand plaisir – je suis parfois revenue dans des lieux vidés de tout contenu pour savoir comment tel ou tel camarade de route allait réagir –, et surtout ils jugent vos actions et n’hésiteront pas à vous faire savoir si votre comportement vous déplait. Ceci étant dit, il reste regrettable que ceux-ci ne jugent votre relation, outre vox choix dans la trame principale, qu’à l’aune des choix que vous faites en leur compagnie, ce qui permet d’être aimé de tous même en incarnant un avatar détestable aux valeurs fondamentalement opposées aux leurs.

 

Bow versus rocket-propelled-grenade, round 1

 

Passons au système de jeu. Si l’expérience de jeu délivrée par ELEX est relativement éloignée des Gothic et Risen, il en est de même pour le système de jeu. Nous retrouvons dans celui-ci un système assez classique composé de cinq statistiques principales (Force, Constitution, Dextérité, Intelligence, Ruse) que vous pourrez augmenter à chaque niveau en y répartissant 10 points – sachant qu’au fur et à mesure le coût d’amélioration augmente. Vous gagnerez également des points d’apprentissage, un par niveau, qui vous permettront d’apprendre diverses compétences réparties dans plusieurs catégories. Tout d’abord, l’arbre de combat, dont les compétences vous permettent de maximiser vos dégâts avec différents types d’armes, de vaincre plus facilement les robots et les mutants, ou encore d’user de son jetpack pour des attaques aériennes. Notons qu'il n'est plus nécessaire d'apprendre à maîtriser divers types d'armes ou d'armures, seules vos statistiques prinicipales détermineront l'équipement que vous pourrez porter. Vient ensuite l’arbre de survie, offrant des compétences, là encore passives, augmentant votre résistance aux éléments ou votre armure, vous permettant de récolter des trophées sur les monstres, d’augmenter votre vie et votre endurance, ou encore d’afficher tous les points de téléportation de la carte.

L’artisanat, comme le veut son nom, vous permettra de crafter des potions, d’améliorer vos armes, d’y lier des gemmes, ou encore de crocheter et de pirater des coffres. Enfin, l’arbre de personnalité vous permettra de maximiser votre gain d’expérience lors des quêtes, en tuant des monstres ou encore en lisant des livres, mais aussi de marchander plus facilement, d’améliorer les capacités offensives de vos compagnons, ou encore, selon votre score de froideur, de gagner des bonus d’attaque pour différents types d’arme. En outre, le score total de chacun de ces quatre arbres vous permettra de débloquer de nouvelles options de dialogue. Enfin, chacune des trois factions principales dispose d’un arbre de compétence débloquant des crafts spécifiques ainsi que des compétences de faction. Les Berserkers vous donneront accès à la magie – avec des sorts aussi variés que l’invocation d’un loup spirituel, un sort d’aura toxique ou encore d’armure – ainsi qu'à l'enchantement de vos armes permettant de réaliser des attaques élémentaires. Les Hors-la-loi, eux, sont spécialisés dans la production de stupéfiants, les prods, aux effets divers et variés : résistance élémentaire, immunité aux altérations. En bons survivants du wasteland, ils vont permettront également de fabriquer des munitions et de démonter des armes.

 

  

Statistique et compétences. Et oui, l'interface est... Pour le moins immonde.

 

Notons que certaines autres prods seront à vendre chez des marchands, mais il vous sera impossible d’accéder à celles de l’arbre de compétence dédié. Enfin, les Clercs useront eux de pouvoirs psychiques allant de la suggestion – permettant, via des options de dialogues, d’influencer des PNJ – aux sorts de résistance élémentaire et aux phases pour s’éloigner des combats, ou encore un sort pouvant tromper la mort. Comme le veut la coutume, pour débloquer ces compétences, il faudra trouver des maîtres pour vous les apprendre, et les payer en monnaie sonnante et trébuchante. Malheureusement, ce système perd ici de sa superbe en matière de roleplay puisque les maîtres sus-cités ne commenteront plus vos choix de perks – le menu s’ouvre et vous cliquez, un point s’est tout – et que chacun pourra vous apprendre toutes les compétences de son arbre. Puisque vous êtes un Albe, vous pourrez également looter ou crafter – pour peu de trouver ou d’acheter les recettes – des potions d’Elex. Les petites vous rapporteront simplement de l’expérience, les moyennes vous offriront deux points de statistiques par potion, et les puissantes un point d’apprentissage.

En outre, il existe aussi des sorts Albes – sous la forme d’objets utilisables – vous permettant par exemple d’invoquer un drone de combat pour vous soutenir durant quelques dizaines de seconde, d’améliorer votre armure, de détecter les objets présents dans le décor, ou bien de repousser vos adversaires. Si la perte non négligeable de roleplay lors des phases d’apprentissage m’attriste, certains points ont, eux, subi des améliorations notables et bénéfiques. C’est, par exemple, le cas des combats. Le monde de Malagan étant varié, cela sera aussi le cas de votre attirail militaire : épée, hache à deux mains, lame-tronçonneuse, lance-flamme, fusil plasma ou laser, ou encore lance-roquette : nul doute qu’ELEX regorge d’un arsenal plaisant ; les armes à distance ayant, par ailleurs, plusieurs modes de tir. Ainsi, un fusil plasma ordinaire pourra aussi bien servir à lancer des munitions classique qu’une attaque EMP paralysant les robots, méchas ou drones pour quelques secondes, ou même à envoyer une boule de plasma interrompant les ennemis, voire les envoyant au sol. Et, si vous ne trouverez pas dans ELEX un feedback de TPS extraordinaire, il reste que les sensations de tir font leur boulot.

De plus, au corps à corps, les combats sont plus dynamiques, jouant une fois encore sur l’esquive et le contre. Le titre met en place des coups classiques et puissants en vous encourageant à varier les deux pour réaliser des combos. Chaque enchaînement chargera une barre débloquant une attaque spéciale, dépendante de votre arme. Les affrontements sont ainsi plus nerveux et bien moins rigides qu’avant, sans être pour autant totalement fluides. Lorsque nous parlions d’exploration, il y a quelques paragraphes, j’évoquais la possibilité de fuir et d’éviter les combats en usant de son jetpack : une obligation pour le joueur, surtout en début de partie. En effet, ELEX n’use d’aucun level scaling ; les ennemis, forts comme faibles, sont là où ils doivent être et n’hésiteront pas à vous anéantir d’une simple attaque. Aussi, courir dans tous les sens et vider la carte de son contenu ne se fera qu’au fur et à mesure des niveaux, et, même à la fin du jeu, il suffira que vous ayez plusieurs ennemis sur vous pour rapidement porter un genou à terre si vous bourrinez – ceux-ci interrompant vos séquences d'attaque lors des leurs, ce qui n’est pas forcément réciproque. Un équilibrage qui ne sera pas sans rappeller Gothic 3 et qui pourra facilement frustrer certains joueurs lors des premières heures de jeu, mais qui, en contrepartie, vous offrira une réelle et tangible montée en puissance.

 

  

Les sous-titres, c'est utile pour beaucoup, mais qui a décidé de les mettre là ?

 

Pour conclure, un point sur la partie technique. Il suffit d’un coup d’œil aux screens qui illustrent ce test pour s’apercevoir du gap graphique effectué entre Risen 3 et le dernier-né de Piranha Bytes. Bien sûr, le titre reste loin des standards AAA – logique, puisqu’il n’en est pas un –, mais reste très agréable à l’œil en ce qui concerne ses paysages. Les PNJ quant à eux sont bien moins réussis, en particulier les personnages féminins assez mal modélisés, et surtout certaines animations restent excessivement rigides – en particulier celles secondaires, comme la montée d’une échelle. Pour autant, le jeu est techniquement au niveau de nos attentes et, si sa direction artistique reste excessivement classique et peu inspirée, c’est bien les paysages et les compositions qui attirent notre rétine. Étonnamment pour un jeu Piranha Bytes, les bugs sont peu nombreux, sinon quelques problèmes de pathfinding concernant les compagnons et parfois les ennemis, et il est bien optimisé sur PC. La bande-son fait son office, sans être particulièrement marquante, et les doublages sont de bien meilleure facture que ceux de leur précédent titre, sans là encore être d’une qualité à couper le souffle. Le réel point noir technique est à chercher du côté de l'interface qui est catastrophique : ni ergonomique, ni belle, ni même lisible.

 

Version presse fournie par l'éditeur

Disons-le tout de suite, ELEX me laisse un sentiment mitigé. Si je ne peux nier la qualité de sa trame, son univers atypique et la minutie des développeurs sur le world design, ainsi que les diverses possibilités de gameplay offrant des styles de jeux radicalement différents, il n’est pas à la hauteur de certaines promesses. ELEX, selon les dires de ses créateurs, est leur titre le plus ambitieux depuis Gothic 3. Pourtant, je ne puis voir qu'un aveu d'échec dans ces factions réduites à peau de chagrin, dans son manque de rejouabilité, ou dans son contenu secondaire finalement vite bouclé comparativement à la taille de sa carte. Il semble également avoir perdu les phases roleplay liées au système de progression qui offraient une réelle identité aux titres du studio, et l'absence de villages et de bastions secondaires, certes cohérente avec le contexte, est cependant regrettable car ceux-ci sont nécessaires pour créer un monde tangible et vivant. En ce sens, oui, ELEX est malheureusement décevant.

Néanmoins, en cette année – et période – assez pauvre pour l’A-RPG occidental, ELEX reste l’un des titres à faire, et l’un des rares bons sur le marché. Il mérite le détour, ne serait-ce que pour découvrir son univers passionnant et vivre son exploration contemplative, ses dialogues et ses choix, mais aussi pour encourager un petit studio qui, pour la première fois depuis bien longtemps, sort de sa zone de confort. Car, bien entendu, le titre est loin d’être mauvais. Mais malheuresement, en désirant enfin renouveler sa formule, Piranha Bytes semble avoir mis sous le tapis certaines propositions de game design qui faisaient, pourtant, sa force.

LES PLUS
  • L'univers mêlant avec brio les genres
  • World Design et paysages contemplatifs
  • Système de jeu ayant fait ses preuves
  • Un arsenal varié
  • Trame principale
LES MOINS
  • Froideur mal implémentée
  • Factions ayant perdu de leur superbe
  • Un monde vaste, un contenu qui l'est bien moins
  • Une interface imbuvable

7/10

TestsELEX

Commentaires (169)

#2

Marcheur
Seigneur

A la lecture, le système de faction est dans la droite lignée de Risen 3, qui laissait beaucoup de liberté avant de restreindre le choix à l'impact sur l'histoire principale.

C'est dommage mais ça suit une tendance globale. Au final je ne m'en plaindrai probablement pas et ça sera bien un achat assez rapide pour ma part, ça me manquait vraiment le RPG Allemand
#3

Shaam
Grand chevalier

Marrant mais les RPG de cette année, Andromeda et DoS 2 m'auront vraiment déçu, a voir si Elex suit le même chemin, vivement demain ! :D
#4

thotgaia
Novice

salut à tous

La lecture de ton test me fait plaisir et confirme ce que je pense et écrit de Pyranha bytes depuis le début : leurs jeux ne sont pas faciles au début et c'est ce qui fait leur charme.
C'est entre autres pour cela que je dis que ce sont des "vicieux" (mais dans le bon sens du terme)
Bien sur ils ont leurs petits défauts mais il y a toujours un scénario cohérent et le côté exploration n'est jamais négligé et toujours intéressant.
Quand tu dis que la plupart des quêtes peuvent être avant de choisir sa faction, cela a toujours été le cas dans leurs jeux précédents.
Je me répète mais le chemin le plus court n'est pas toujours la ligne droite.
Dans un open world je trouve normal de trouver des monstres "faciles" et d'autres moins en même temps, c'est ce qui pousse à explorer pour augmenter son XP et donc ses compétences.
Quand aux graphismes, je me dis que pour un studio de 30 personnes....
Quand on voit le plantage de certains jeux avec 10 fois plus de monde moi mon choix est vite fait. à titre d'exemple je viens de faire la trilogie ESCHALON rpg old scholl et bien je me suis éclaté (je la conseille bien volontiers à tous ceux qui veulent des petits jeux très sympathiques), que celui qui m'a pas aimé FALLOUT 2 soit jeté du haut de la roche Tarpienne (c'est ma minute culture du jour), tout ça pour dire : la question graphisme est un faux problème.
J'attends avec impatience de pouvoir le télécharger sur GOG et d'y jouer, ton test m'a rassuré.

#5

GodOfNipples
Garde

Merci pour le test losword, ça a l'air de correspondre à ce à quoi je m'attendais. Un jeu loin d'être exceptionnel, mais qui reste sympathique !
Il me tarde également que le téléchargement sur GOG soit lancé !

Message édité pour la dernière fois le : 17/10/2017 à 11:32

#6

thotgaia
Novice

pour compléter mon post précédent :

eschalon 1 est ..... GRATUIT oui, oui vous avez bien lu GRATUIT
le 2 est en promo régulièrement sur GOG à 1.5E et le 3 à 2.5E
donc aucune raison de se priver à ces prix là.
#7

Pixel
Novice

Merci infiniment pour ce test qui sait mettre entre parenthèses ce que l'on sait déjà depuis longtemps (la réalisation technique dépassée) pour se concentrer sur des critères essentiels, a fortiori dans un jeu PB : background, immersion, possibilités de roleplay, système de progression, factions etc.

Il me rappelle pourquoi quand je veux un test de jeu de rôle, je viens sur RPGFrance !
#8

Nehria
Citoyen

Très bon test... merci
Depuis de nombreuses années je suis le travail de Pyranha Bytes. J'ai toujours aimé me plonger dans leurs univers et surtout dans celui de Risen (de la piraterie... enfin !).
C'est vrai que techniquement il y a pas mal de petites choses à améliorer mais au bout de quelques heures, je mettais de coté ces petits détails car j'étais vraiment absorbé par l'ambiance, l'histoire, les décors...
Je pense vraiment passer un très grand moment avec Elex et je l'attend avec impatience. Plus que quelques heures à souffrir
#9

D_Inquisitor
Guerrier

Un avis un peu moins enthousiaste :




De ce que j'en vois, ça commence mal: perso imposé mâle et sans charisme. La tech bon... ils n'ont pas les moyens des gros développeurs, ça se voit, mais ça passe. De là à dire "c'est beau", faut pas déconner. Vu le grand écart des avis sur ce jeu, c'est compliqué du coup.
#10

Iosword
Grand chevalier

Quand tu dis que la plupart des quêtes peuvent être avant de choisir sa faction, cela a toujours été le cas dans leurs jeux précédents.

Non, c'est inexact. C'est en effet un virage qui a commencé avec Risen 2/3 et qui continue ici. Dans les Gothic et Risen 1, il y avait de vrais arcs exclusifs. Surtout, pour avoir accès à certaines quêtes il fallait, sinon rejoindre les factions, au moins se faire bien avoir d'elle avec un système de réputation progressif qui a ici totalement disparu (d'ailleurs, c'est notamment via ces réputations qu'on rejoignais les factions et montions en rang).

Pour le reste, je suis d'accord avec toi

J'en profite pour préciser ici quelque chose qui n'avait pas sa place dans le test, pour ceux qui y joueront : le jeu met en place un "journal des conséquences". En gros, un système à la Telltale qui informe le joueur, sans subtilité aucune, ce que machin ou bidule a pensé de toi lors que tu as dit si ou ça et que tel choix aura des conséquences. C'est désactivable dans les menus (catégorie jouabilité) et je vous recommande fortement de le faire pour conserver une bonne expérience de jeu.

De ce que j'en vois, ça commence mal: perso imposé mâle et sans charisme. La tech bon... ils n'ont pas les moyens des gros développeurs, ça se voit, mais ça passe. De là à dire "c'est beau", faut pas déconner. Vu le grand écart des avis sur ce jeu, c'est compliqué du coup.


Les personnages principaux des titres PB ont, de tout temps, été imposés. Aussi bien pour des raisons scénaristiques, budgétaire, mais aussi pour livrer des personnages neutres et prompt a être roleplayé par le joueur. C'est un débat que nous avons souvent ici (Technomancer par exemple), mais personnellement je trouve que c'est une bonne solution quand une création de personnage ne peut être proposée. En outre, oui, le jeu est beau, comme l'était les précédents, mais (comme dit dans le test) pas en terme technique, en terme de composition, de relief. Sur des screens ça ne se voit pas forcement, mais en jeu lors de l'exploration tu le ressens.

Après, soyons clair, si l'expérience proposée par les Gothic et/ou Risen ne vous plaisent pas, voire est frustrante - ce qui est parfaitement compréhensible -, Elex n'est pas un jeu pour vous.

Message édité pour la dernière fois le : 17/10/2017 à 12:12

#11

agrooty
Garde

Merci pour le test, hâte de mettre les mains dessus
#12

Jymboh
Citoyen

Merci pour ce test. Le jeu semble bon, et ton retour correspond parfaitement avec mes impressions suite au visionnage des differents streams que j'ai pu trouver.

Vivement !
#13

skoeldpadda
Seigneur

Donc, c'est buggé et clunky, ça fait râler et ça n'se joue pas très bien, mais c'est intrigant et attachant, avec un curieux goût de reviens-y.
Un jeu Piranha Bytes, quoi.
#14

keath
Villageois

Merci pour le test

Je commençais à désespérer de ne pas voir un retour positif coté français.
#15

Lonely
Citoyen

Merci pour ce test, j'ai eu peur vu les autres test sur le net.
#16

Marcheur
Seigneur

Donc, c'est buggé et clunky, ça fait râler et ça n'se joue pas très bien, mais c'est intrigant et attachant, avec un curieux goût de reviens-y.
Un jeu Piranha Bytes, quoi.


dix huit ans de jeux vidéo pour cette boîte, toujours le même ressenti, toujours la même attirance.
On dira ce que l'on veut des jeux PB, faut bien reconnaître qu'ils sont les seuls à avoir cette constance, et c'est fascinant.

C'est un studio qui doit survivre, ça c'est une certitude par contre.
#17

Kerdh
Novice

Le réel point noir technique est à chercher du côté de l'interface qui est catastrophique : ni ergonomique, ni belle, ni même lisible.

Euh, je comprends pas. Les screens que je vois et la vidéo d'Exserv montrent en apparence une interface agréable visuellement, lisible et espacée. Pour l'ergonomie ça se jugera en jeu, mais là je ne comprends pas l'écart entre les mots forts utilisés et le résultat.

Parce que des interfaces comme tu en décris, ça existe. Encore aujourd'hui. Et loin de ce résultat-là.
#18

Iosword
Grand chevalier

Le réel point noir technique est à chercher du côté de l'interface qui est catastrophique : ni ergonomique, ni belle, ni même lisible.

Alors :
- les icônes sont difficilement reconnaissables, particulièrement celles de l'inventaire ou des différents journaux
- le blanc sur bleu foncé peu agréable pour les yeux (surtout pour les gens, nombreux, qui ont comme moi des problèmes de vue). De même, pour les textes (livres, lettres & cie) par ailleurs à peine mis en page.
- l'effort est minimal en termes de design
- il manque pas mal de détail, notamment sur les compétences
- l'ATH n'est pas dynamique
- la mini-map (ou plus exactement le radar, puisqu'on ne visualise pas la carte) peu lisible, sans icône (les TP sont un petit point rose) et le choix des couleurs de marqueur contestable (outre le jaune pour la quête active).

Bien sûr, il y a pire, encore aujourd'hui et les RPG n'ont jamais été des pionniers en matière d'ergonomie. Pour autant, ce n'est pas parce qu'il y a pire, que c'est bien. Surtout de nos jours, où nous avons aussi de très bonnes interfaces et de bon ergonomes. Après, je suis assez intransigeante en matière d'interface, ça joue en partie.

Message édité pour la dernière fois le : 17/10/2017 à 15:37

#19

Poutounours
Villageois

Mouais depuis Risen 2 et 3 moi je confie plus du tout mon argent à ce studio =)
#20

D_Inquisitor
Guerrier

Du coup, le test écrit d'ExServ qui va avec... https://www.gamekult.com/jeux/elex-3050495723/test.html

J'ai d'autres jeux à fouetter donc c'est clairement pas une priorité. Surtout comme dit plus haut, leurs jeux m'ont toujours laissé de marbre.
#21

Marcheur
Seigneur

Du coup, le test écrit d'ExServ qui va avec... https://www.gamekult.com/jeux/elex-3050495723/test.html

J'ai d'autres jeux à fouetter donc c'est clairement pas une priorité. Surtout comme dit plus haut, leurs jeux m'ont toujours laissé de marbre.


Je pense que quand un jeu PB te laisse de marbre... difficile d'avoir ne serait-ce que l'espoir qu'un autre t'intéresse ^^
#22

Kerdh
Novice

Merci pour la réponse.

Attention c'est Piranha, pas Pirahna :p
La map c'est une cata, impossible de s'y retrouver, là je suis dans la première ville, et j'hésite à semer des cailloux pour retrouver mon chemin.
#24

Iosword
Grand chevalier

Attention c'est Piranha, pas Pirahna :p

Ah oui, j'ai fais un mélange des deux, la fatigue. Merci.
#25

elButor
Noble

Donc, c'est buggé et clunky, ça fait râler et ça n'se joue pas très bien, mais c'est intrigant et attachant, avec un curieux goût de reviens-y.
Un jeu Piranha Bytes, quoi.


Ha! C'est exactement ça; le premier jaguar dans Risen 2, le premier sanglier dans gothic 3 quand tu les vois tu commences déjà
à serrer les fesses.
Faut dire que le système de combat le pire de la série me semble celui de Risen 2, une vraie tanée...
mais lorsque la nuit tombe sur Tacarigua et que l'ambiance vous submerge, le jeu prend toute sa saveur...

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