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Devoid of Shadows

par Caparzo 02 Aoû 2017 10:00 2

Le vampire a acquis ses lettres de noblesse dans la littérature, mais aussi dans le cinéma – et ce depuis maintenant plusieurs décennies –, en nous proposant des chefs-d'oeuvre absolus que je ne citerai pas ici. Le jeu vidéo a quant à lui toujours eu plus de mal à nous proposer des choses intéressantes mettant en scène ces êtres aux dents longues, si ce n'est quelques exceptions que je ne prendrai toujours pas la peine d'évoquer. Devoid of Shadows, pour sa part, ne restera pas gravé dans nos mémoires, et si dans l'avenir je me prends à ne pas le mentionner, c'est parce que cette fois-ci je l'aurai bel et bien oublié.


Partir d'un bon sentiment est toujours une chose merveilleuse pour accomplir ses projets. Les développeurs ukrainiens de chez N-Game Studios l'ont bien compris, et c'est avec de multiples idées telles que des éléments de roguelike et de RPG ou bien un retour en arrière en évoquant la belle époque que furent les années 2000, que Devoid of Shadows devait voir le jour. Choisir comme thème le vampirisme était également un bon moyen pour le studio d'attirer les joueurs les plus friands du genre. Qui n'a jamais rêvé, en effet, d'arpenter des rues miteuses en pleine nuit pour se confronter à la dure réalité et chasser de pauvres rats pour quelques litres de sang au goût vicié ? Je dois bien l'avouer, ma réalité autour de ce mythe millénaire est beaucoup moins glamour que ce que nous avons l'habitude de voir. C'est donc avec ces quelques éléments de base intéressants que les développeurs nous ont dévoilés pour la première fois il y a quelques mois Devoid of Shadows. Malheureusement, ce dernier aurait dû rester bien au chaud au fond de son cercueil et laisser bien en paix nos fantasmes quant à une certaine époque du jeu vidéo et à ces créatures.

 

Des vampires pas agiles

 

Devoid of Shadows nous conte l'histoire de Galidon, un royaume aux mains de vampires dans lequel se trame un mystérieux complot. Après avoir survécu à un coup d'état et étant vampire de noble sang, notre héros se retrouve piégé dans un labyrinthe sans nom dans lequel il devra partir à la recherche du Pouvoir du Sang, la source d'où est tirée la puissance de tous les vampires. Ce dédale est également la demeure du Grand Ancien, le père de tout ce qui est éternel. N'étant pas forcément déplaisante en soi, l'histoire se montre tout de même sans grand intérêt, quand bien même elle évoluera au fur et à mesure de notre terrible descente.

 

  

La sélection du héros et ses caractéristiques.

 

Avant de se lancer dans cette trépidante aventure, le jeu nous propose de choisir parmi l'un des trois personnages disponibles. Nous pourrons effectivement choisir de jouer Adelard, enfant de la lune spécialisé dans le corps à corps et les grosses épées, Celina, enfant de l'ombre qui mettra sa dextérité en avant grâce à ses couteaux, ou bien Regard, enfant des étoiles qui quant à lui prendra plaisir à occire ses adversaire à distance avec sa magie. Chacun de ces personnages propose un gameplay très différent ainsi qu'une difficulté pouvant très largement évoluer. Adelard pourra effectivement recevoir bien plus de coups que ce pauvre Regard à la robe de mage bien trop fine pour être efficace.

Toutefois, et quel que soit le personnage que nous choisissons de jouer, ces derniers sont confrontés à de nombreux problèmes techniques rendant Devoid of Shadows particulièrement frustrant. Celui-ci propose un système de combat rappelant les hack'n'slash, et se battre ici au corps-à-corps avec le guerrier se montre d'une extrême lenteur et est aux antipodes du fun. Se battre à distance avec le magicien est bien plus flatteur, mais c'est prendre le risque de mal cliquer sur les ennemis et de voir son personnage se jeter en toute allégresse sur ses adversaires. Il n'existe en effet aucun système de ciblage et seul le changement de forme du pointeur nous indique réellement si nous cliquons bel et bien sur un adversaire. Cliquer quelques millimètres au-dessus ou sur les côtés de la cible fera désespérément bouger notre personnage au lieu de combattre. Le joueur passera donc ici plus de temps à se battre avec le gameplay plutôt que contre les différentes créatures parsemant les niveaux.

Les déplacements ne valent pas mieux, et notre personnage a la fâcheuse tendance à se retrouver coincé par un élément du décor, une pente un peu trop raide, ou bien alors par rien du tout, mis à part le fait d'avoir cliqué sur un ennemi en étant bien trop loin de lui. Les vampires ne semblent malheureusement pas pouvoir cibler un adversaire au-delà de cinq mètres. Quoi qu'il en soit et malgré des déplacements erratiques et des combats souffrant d'une imprécision extrême, les ennemis de Devoid of Shadows ne nous posent pas d'énormes problèmes – enfin, pas tout à fait.

 

La mort n'est que le commencement

 

Tout au long des différents niveaux du jeu, le joueur sera emmené à croiser de multiples adversaires aussi éclectiques que des rats, des chevaliers, des trolls, des squelettes, ou bien des vers inoffensifs sortant du sol. Ils possèdent tous une aire d’agressivité particulièrement réduite nous permettant de se libérer très rapidement d’un combat mal engagé. Toutefois, ces derniers pourront rapidement nous prendre en traître et faire perdre en quelques secondes à peine tous les points de vie de notre personnage en nous attaquant par exemple à distance, ne se souciant guère des murs en travers de leur chemin. Un guerrier pourra évidemment rester en vie bien plus longtemps et donc se poser moins de questions face à cette difficulté, mais sa faible rapidité d’attaque aura certainement raison de votre patience.

 

  

Les compétences du mage et le fameux château pour le craft.

 

Heureusement, et bien qu’aucun choix ne soit disponible au lancement d’une partie, nous pourrons tout de même faire évoluer notre personnage. Celui-ci possède en effet de caractéristiques dans lesquelles nous pourrons distribuer des points pour faire évoluer par exemple sa vie, son pourcentage d’esquive ou bien encore son mana. Ces statistiques viennent quant à elles influencer d’autres éléments comme le vampirisme et les dégâts qui lui sont liés ou bien la rapidité d’attaque. Des compétences sont également de la partie, offrant au joueur la possibilité d’influencer des mécaniques particulières, en augmentant par exemple l’efficacité des parchemins ou en proposant des attaques spéciales. S’ajoute à cela la possibilité de porter des bijoux améliorant des points précis comme l'endurance ainsi que d’équiper notre personnage avec de nouvelles armes et amures.

Devoid of Shadows possède un système d’artisanat assez complet s’effectuant via la peinture d’un château. Oui, je n’invente rien, et au lieu de nous avoir proposé une simple téléportation, un atelier portatif ou bien encore des salles dédiées à cet art, les développeurs ont préféré mettre en avant une peinture magique. Il y a des choix qui ne s’expliquent pas. Quoi qu’il en soit, ce château nous offre la possibilité d’améliorer les différents systèmes de craft comme la forge ou l’alchimie et bien évidemment de les utiliser en usant des matériaux récoltés tout au long des niveaux. Le système est donc classique, mais c’est peut-être bien ce qui semble être le mieux fini dans le jeu.

 

Une descente en enfer en 21 niveaux

 

Pour venir à bout de ce labyrinthe et trouver la source de ce pouvoir divin, nous devrons parcourir pas moins de 21 niveaux générés procéduralement. Qui dit aléatoire, dit level design inintéressant, et c’est bel et bien le cas dans Devoid of Shadows. Le joueur aura en effet l’occasion de traverser de longs couloirs sans âme possédant tout de même des styles architecturaux différents. Contenant un point d’entrée et un point de sortie, chacun de ces niveaux nous proposera également d’effectuer des quêtes secondaires nécessaires pour débloquer la sortie. L’une d’entre elles nous demande par exemple de trouver des statues, de les détruire, puis d’affronter leurs âmes. Cela n’aurait pas été si déplaisant si le système roguelike n'avait pas été si présent.

 

  

Le style graphique bel et bien dans le ton des années 2000.

 

En effet, Devoid of Shadows possède comme nous venons de le voir de très nombreux problèmes nous empêchant de combattre efficacement ou tout simplement de se déplacer paisiblement. Tout ceci s’ajoute au fait de devoir recommencer le niveau en cours à chacune de nos morts. Mourir signifie ici perdre ses points de compétences dûment récoltés auprès des ennemis. Vous perdrez également vos attributs augmentés en cours de niveau ainsi que vos compétences débloquées. Votre inventaire sera à son tour vidé de tous les éléments trouvés sur les ennemis, ces derniers ne faisant d’ailleurs que distribuer des matériaux pour l’artisanat. Seul le coffre se trouvant dans notre château imaginaire pourra préserver nos trouvailles.

Il est donc particulièrement frustrant de mourir dans Devoid of Shadows à cause de tous ces éléments cumulés rendant le gameplay particulièrement imbuvable. Je n’ai pas encore parlé de la caméra ayant le chic de nous montrer en gros plan des éléments du décor plutôt que le chemin – une raison de plus de mourir bêtement et perdre notre loot. Finalement, le seul moment idéal pour améliorer son personnage et récupérer les objets laissés au sol par les ennemis se trouve à la fin d’un niveau après avoir débloqué la sortie. Seule la transition d’un niveau à l’autre enregistrera effectivement nos améliorations et notre inventaire. Opter pour un système plus classique à base de sauvegardes rapides s'effectuant à tout moment aurait rendu l'expérience bien moins périlleuse.

 

Devoid of Shadows a vraisemblablement été développé de bon cœur et possède un système qui aurait pu très bien fonctionner. Arpenter les différents niveaux, mourir, recommencer et faire évoluer notre personnage est toujours quelque chose de très gratifiant, mais ça l’est seulement quand le gameplay est bien rôdé et exempt de bugs. La difficulté de combattre des ennemis ne repose pas ici sur notre manque d’agilité à manier la souris, mais sur une finition exécrable rendant chacun des coups périlleux. Se déplacer, simplement, est également un exercice qui saura mettre vos nerfs à rude épreuve à cause d’un pathfinding inexistant. La caméra mal positionnée, bien que paramétrable au niveau du zoom, n’arrange rien à l’affaire. La réalisation est quant à elle quelconque, mais ne dénote pas avec les ambitions initiales de ressembler à un jeu des années 2000. Devoid of Shadows n’arrive donc pas à concrétiser ses rêves à cause d’une finition inexistante. Un travail plus avancé à ce niveau-là aurait au moins pu rendre le jeu jouable. Dommage.

LES PLUS
  • Le craft
  • Des caractéristiques et compétences
  • Les graphismes sauce années 2000
LES MOINS
  • La finition globale très pauvre
  • Des combats imprécis
  • Des niveaux inintéressants
  • Un système roguelike mal choisi

3/10

Commentaires (2)

#2

Jughurta
Chevalier

Encore un jeu qui aurait mérité encore de longs mois de développement qui sort trop tôt et qui va se ramasser (quoique vu les défauts j'ai l'impression qu'il aurait mieux valu ne jamais le sortir), tu as oublié de dire que le jeu est dispo en 6 langues mais pas en français.

J'ai regardé quelques stats concernant steam : environ 1000 joueurs possèdent le jeu et sur les 2 dernières semaines le nombre de joueurs n'a pas dépassé 5 simultanément, pas besoin d'en rajouter je pense.
#3

topmmorpg
Novice

Tout a fait d'accord avec Jughurta. Le jeu ressemble plus a un coup d'essai..




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