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Zenith

par Caparzo 29 Sep 2016 10:00 6

Les jeux qui semblent être sortis de nulle part sont de plus en légion de nos jours, surtout grâce à la plateforme de téléchargement Steam. C'est en effet l'occasion pour nous de découvrir d'innombrables jeux indépendants aux qualités parfois clairement discutables, mais aussi de mettre la main sur des jeux semblant un peu plus ambitieux. C'est le cas de Zenith, développé par les Espagnols de chez Infinigon.

Il y a encore deux semaines, je ne connaissais pas Zenith et c'est via un communiqué de presse provenant du distributeur indépendant espagnol Badland Games que j'ai pu apprendre son existence. J'en ai bien évidemment fait immédiatement une news et je dois bien vous avouer que le pitch de base était particulièrement tentant. Zenith a en effet l'ambition de nous faire vivre une aventure épique se jouant de tous les clichés habituels que nous pouvons découvrir dans les RPG. L'humour est le maître-mot du jeu et le personnage principal Argus, sous ses airs de clown, est en fait un mage trentenaire voulant enfin mener une vie paisible. Le bougre semble avoir en effet tout vécu tout au long de sa jeunesse et c'est d'ailleurs plus ou moins à ce moment-là que le jeu d'Infinigon débute. C'est l'occasion pour nous de découvrir dès les premières minutes du jeu les différentes particularités qui nous suivront tout au long de notre aventure, comme des dialogues humoristiques et des situations particulièrement loufoques. Le ton est donc donné et je vais maintenant devoir rentrer dans les détails.

 

Rire aux éclats

 

L'humour dans le jeu vidéo est une chose difficile à maîtriser, tout comme d'ailleurs dans le cinéma. Faire rire les gens n'est pas à la portée de tout le monde et de très nombreuses productions plus ou moins importantes se sont déjà cassé les dents dessus. Toutefois et avant de rigoler de bon cœur devant les très nombreuses blagues du jeu, jetons un œil sur l'univers de Zenith, qui se veut quant à lui bien plus sérieux. Le titre de Infinigon se déroule dans un monde imaginaire pas bien original, dans lequel un empereur un peu trop ambitieux a récupéré un sceptre caché à l'aide de mages. Par excès de confiance, le pauvre homme s'est transformé en un gros dragon voulant tout détruire sur son passage.

 

  

Gerard Riviera et un bandit vert. Mais de qui peut-il bien s'agir ?!

 

Plusieurs années après ce tragique événement ayant vu la fin de l'empire, une coalition entre les mages et l'armée règne sur le monde, mais de vives tensions se font ressentir entre les deux entités. Au milieu de tous ces différents problèmes politiques mettant beaucoup trop en avant les égos des uns et des autres, se trouve Argus, notre mage devenu depuis quelques années un simple potioniste bien rangé et sans histoire. Malheureusement pour lui, il va être sorti de sa longue torpeur par une bande de jeunes aventuriers à la tête de laquelle se trouve un personnage se croyant l'élu. Je ne vais bien évidemment pas vous raconter toute l'histoire, mais sachez que celle-ci n'est pas désagréable à suivre, même si elle ne révolutionnera pas le genre.

Des clichés, nous en rencontrerons énormément dans Zenith et cela de manière totalement voulue. Argus profitera en effet de ses 999 points de sarcasme présents dans les attributs du personnage pour nous faire d'innombrables remarques sur les différents éléments présents à l'écran. Pourquoi se trouvent perdus en pleine forêt des panneaux indiquant des banalités ? Mais que font ces coffres déposés non loin du chemin principal ? Pourquoi ce bois brûle-t-il depuis des jours et des jours dans ce camp ? Il s'agit en effet de bois magique pouvant être également utilisé pour éclairer les ruines antiques depuis des milliers d'années. On s'est tous en effet demandé pourquoi les ruines perdues sont toujours éclairées dans les jeux vidéo.

Les différents PNJ ne sont pas non plus en reste et n'hésiteront pas à nous faire diverses remarques jouant une fois de plus sur les clichés que nous pouvons retrouver dans les RPG. Un ouvrier aux abords de la capitale Thélos nous conseillera de ne pas traîner à côté des très nombreux tonneaux parce qu'il n'y a tout simplement pas d'or dedans et qu'il ne veut surtout pas qu'ils soient bêtement détruits par un aventurier bas du front. Une autre fois, c'est un aubergiste qui nous demandera de lui ramener des breloques en échange d'une récompense minable. Bien évidemment, Argus et sa langue aiguisée lui fera savoir qu'il n'est pas intéressé et que de toute façon cette requête est d'un classicisme déprimant.

 

  

Une référence de plus et un humour pas toujours de haut niveau.

 

Zenith déborde également de références provenant tout aussi bien du monde vidéoludique que cinématographique. Ne vous étonnez pas de croiser un marchand se plaignant d'un étrange bandit vert passant son temps à casser des vases ainsi que les buissons. Ne soyez pas non plus surpris lorsqu'en entrant dans une ruine vous devrez effectuer trois épreuves portant les noms de souffle de Temperus, de nom de Temperus ainsi que du saut de la foi. Les connaisseurs auront reconnu Indiana Jones et la Dernière Croisade. Je pourrais vous citer encore d'innombrables exemples, mais sachez que les développeurs ne prennent pas de gants lorsqu'il s'agit de faire de l'humour. Celui-ci en général fonctionne bien, mais il est particulièrement pauvre, n'hésite pas à utiliser un langage familier, et parfois les blagues pourraient directement provenir de Julien, élève de 5ème au collège Saint-Exupéry à Trifouilly-les-Oies. Notons que je n'ai rien contre les personnes utilisant ce prénom. Sachez également que le jeu est extrêmement bien traduit en français, ce qui nous facilite grandement la tâche pour la compréhension générale du texte. Vous ne pourrez d'ailleurs que vous appuyer sur celui-ci puisque Zenith ne nous propose aucun doublage.

 

Éclater en sanglots

 

Si l'humour est donc une belle réussite, même s'il ne plaira clairement pas à tout le monde – et que celui-ci peut devenir un brin lassant sur la durée – il en est tout autrement pour ce qui est du gameplay en règle générale. Zenith est un action-RPG dans lequel nous évoluons dans des environnements utilisant une caméra aérienne dynamique, mais ne pouvant pas être contrôlée par le joueur. Cela pose déjà un très gros problème puisqu'on en vient facilement à se demander pourquoi la caméra semble vouloir faire autant sa vie, alors que celle-ci a normalement été étudiée pour proposer les meilleurs angles possibles. Le level design des différents lieux que nous pouvons visiter n'aide pas non plus à se repérer dans l'espace puisqu'on devrait plutôt parler ici d'absence de level design. Tout semble plat, pas étudié et le joueur n'aura quasiment jamais l'occasion de visiter les abords du chemin principal. Toutefois, il sera beaucoup plus libre de se déplacer sur la carte en 3D représentant le monde principal dans lequel le joueur peut rejoindre des auberges, des ruines ou bien encore la capitale portant le nom de Thélos.

 

  

Un point de sauvegarde ainsi qu'un aperçu de la carte du monde en 3D.

 

Celle-ci est également mal fichue. Je n'ai aucune honte à l'avouer et je vais être sincère avec vous. Pendant près d'une heure, je suis parti à la recherche d'une auberge se trouvant en ville, tout simplement parce que je ne la voyais pas. Entre le mauvais level design, les angles de caméra horribles et l'absence de la moindre indication, cela a été un vrai calvaire. Il en va de même pour les indications de quêtes qui, bien que présentes, ne nous disent jamais réellement où il faut se rendre. Là encore, je devais rejoindre un bâtiment pour une quête en étant toujours dans la capitale, mais à aucun moment le jeu n'a fait mention du fait que ce bâtiment se trouvait en fait à l'extérieur de la ville. Il s'agit peut-être d'une façon d'augmenter la durée de vie du jeu, mais je ne suis pas convaincu.

Si tous ces problèmes deviennent très vite agaçants lors des phases d'exploration, ils le sont encore plus lorsqu'il s'agit de combattre. Ajoutez en effet à tout ceci une pincée de très mauvais gameplay et d'une imprécision à faire hurler, et vous aurez un bel exemple de ce que propose Zenith au niveau des affrontements. C'est mou, ennuyeux et la possibilité de récupérer de nombreux objets augmentant nos différentes statistiques n'amuse guère plus. Le jeu nous propose également d'augmenter nos niveaux après avoir tué un certain nombre d'ennemis, mais celui-ci semble avoir honte des différentes compétences qu'il nous propose. Seul un petit signe "plus" bien discret vient essayer de nous réveiller pour nous signaler qu'il est grand temps de choisir de nouvelles compétences. Ces dernières se basent sur l'eau, le feu et la terre, tout comme pour vos trois armes principales, et vous viendrez à toutes les augmenter sans y réfléchir plus que de raison.

Zenith nous propose plusieurs façons de combattre en utilisant soit des gants magiques, soit des épées magiques ou bien encore des marteaux, mais ne vous attendez pas cependant à découvrir d'innombrables armes différentes. Ces dernières sont, comme dit plus haut, attachées à vos compétences et il n'en existe alors que trois de chaque dans chacune des trois catégories magiques. Il en va de même pour les attaques à distance proposant soit des effets de feu, d'eau ou de terre, ainsi que des parchemins à effet de zone fonctionnant une fois de plus de la même façon. Quoi qu'il en soit, les combats sont tristes à mourir et ce ne sont pas les ennemis loufoques comme ces araignées ténors qui vous feront changer d'avis, ni même les quelques boss.

 

  

Un des quelques environnements du jeu ainsi que l'inventaire.

 

Pour finir encore une fois sur d'autres mauvais points, sachez que le jeu comporte de nombreux bugs et que l'interface est réellement irritante. Il en va de même pour le système de sauvegarde qui nous permettra seulement de sauvegarder notre position à un point donné symbolisé par une gemme. Les musiques sont également très étranges malgré des thèmes plus réussis que d'autres, mais les écouter en boucle pendant plusieurs heures enlève cependant les quelques petites qualités que l'on avait pu y trouver. Le titre d'Infinigon est donc une sorte d'ovni proposant une quinzaine d'heures de jeu pour le prix finalement très doux de 12€99.

 

Version presse fournie par l'éditeur.

Zenith souffle le chaud et le froid dans une seule et même bouffée. On prend facilement plaisir à découvrir un scénario sérieux s'appuyant sur des situations rigolotes et des personnages comiques. Les très nombreuses références font toujours mouche et nous pouvons aisément comprendre ce qu'ont voulu proposer les développeurs de chez Infinigon. Malheureusement, la démarche est très incomplète puisque bien qu'ayant toujours le mot pour rire, nos Espagnols ont oublié qu'un jeu vidéo c'est avant tout du gameplay et pas seulement de l'écriture. Lors des plus longues séquences nous faisant ratisser des donjons semblant interminables, on en vient à espérer de vite tomber sur une cinématique et un dialogue pour découvrir avec joie une situation invraisemblable qui fait tout le charme du jeu.

Si vous êtes réellement à la recherche de ce type d'humour, alors Zenith est clairement fait pour vous, mais n'oubliez pas que vous devrez vous infliger obligatoirement des séquences de gameplay qui sont quant à elles imbuvables.

LES PLUS
  • De l'humour omniprésent
  • Des clichés détournés
  • De nombreuses références
  • Une histoire principale qui tient la route
  • Un monde pas déplaisant à découvrir
LES MOINS
  • Un level design raté
  • Un gameplay manquant cruellement de précision
  • Des combats tristes
  • Des musiques pouvant devenir très désagréables
  • Un système de progression qui ne sert à rien

4/10

Commentaires (6)

#2

Jughurta
Chevalier

Je ne m'attendais pas à un test de ce jeu et donc merci pour ce dernier.

En général ces RPG qui sortent de nulle part sans tambours ni trompettes sont rarement des bonnes surprises, les défauts énoncés sont rédhibitoires pour moi, je passe mon tour et je relance les dés.
#3

patacrep
Villageois

Et bin didon ca donne pas envie :

LES MOINS

Un level design raté
Un gameplay manquant cruellement de précision
Des combats tristes
Des musiques pouvant devenir très désagréables
Un système de progression qui ne sert à rien



Merci Caparzo .o)
#4

Marcheur
Seigneur

Encore un jeu qui pense qu'on peut se passer d'un bon gameplay pour être un bon jeu.
#5

Aleph
Chevalier

Encore un jeu qui pense qu'on peut se passer d'un bon gameplay pour être un bon jeu.


Alpha Protocol?
#6

Caparzo
Seigneur

Le gameplay d'Alpha Protocol est loin d'être un modèle du genre, mais il fonctionne malgré tout. Celui de Zenith, non.
#7

Yolix
Novice

je l'ai acheté pour seulement quelques euros, le seul "+" de ce jeu reste son humour sinon tout le reste a été dit plus haut^^




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