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Tahira: Echoes of the Astral Empire

par Kylelesage 19 Sep 2016 10:00 1

Tahira: Echoes of the Astral Empire est un jeu indépendant développé par trois Australiens appartenant au studio de Whale Hammer Games. Et oui, leur logo est vraiment un homme qui tient un marteau avec une baleine en guise de panne. Après un Kickstarter réussi en mars 2015, le jeu voit finalement le jour le 31 août 2016. Mais qu’est-il donc ? Se situant dans un univers librement inspiré des cultures du Moyen-Orient, Tahira est un jeu de stratégie offrant des combats tactiques au tour par tour mais disposant également d’une histoire agrémentée de nombreuses phases de dialogues. Ai-je attisé votre curiosité ? Tâchons d'avoir votre attention maintenant.

 

Tahira, Tahira écoute-moi…

 

Vous incarnez la jeune Tahira, princesse du royaume fictif d’Avestan, qui est en train de partager un bon feu dans les bois avec son fidèle destrier Iba. Si vous êtes loin du confort de la capitale, c’est parce que vous avez quitté le palais royal ainsi que votre père, le roi, car vous n'étiez pas en accord avec sa manière de s’occuper du royaume. Durant votre fuite, vous avez pu traverser de nombreux villages abandonnés ainsi que rencontrer moult bandits éparpillés au travers des chemins. Vous avez alors décidé de partir vers le sud, pour en découvrir plus sur ce qui se passe. Mais tout ne va pas se dérouler comme prévu car, alors que la nuit tombe, vous apercevez une lumière dans le ciel qui chute et qui vient s’écraser non loin de votre position. Une fois sur place, vous découvrez une vision fantasmagorique de votre père. Après de brefs échanges plus ou moins amicaux, il vous apprend que le royaume se fait attaquer par le mystérieux Empire astral, et vous commande de revenir au plus vite vers la capitale pour aider et guider votre peuple.

 

   

Soit le cheval de Tahira est déprimé, soit il ne l'a pas que mangée, son herbe.

 

Je n’en raconterai pas plus, car l’histoire étant très courte, je ne voudrais pas tout vous dévoiler. Du coup, nous allons tout de suite passer aux différentes phases du gameplay, qu’on peut séparer en trois parties. La première est celle des dialogues, et il y en a beaucoup, car vous serez rapidement accompagné par différents acolytes. Vu que la plupart d’entre eux connaissent bien le roi et que Tahira ne le porte pas particulièrement dans son cœur, ce sera l’occasion pour elle de découvrir les choses d’un nouveau point de vue et surtout d’apprendre quels sont ses devoirs en tant que fille héritière. Ces nombreuses discussions servent à en apprendre plus sur l’univers et l’histoire, sur laquelle le joueur n’a finalement pas beaucoup d’influence. Bien que vous ayez parfois le choix parmi deux ou trois réponses possibles, cela reste anecdotique car les répercussions sont très minimes, quand elles ne sont pas inexistantes. Le tout reste linéaire, avec quelques détails qui changeront par-ci par-là. Pour avoir fait deux parties en prenant soin de faire des choix différents, je n’ai pas vu de réelles divergences…

Par contre, on peut souligner une bonne qualité d’écriture. Je trouve que les différents personnages sont bien écrits et ont leur propre personnalité. J’ai bien aimé le fait que Tahira, qui réagit comme elle peut à tous les événements qui lui arrivent, ne soit pas tout le temps au centre de l’attention. De nombreuses fois, vos compagnons parleront entre eux en oubliant la princesse, qui semble parfois exaspérée. On évite aussi pas mal de clichés ou de situations trop communes. On le remarque notamment avec l’Empire astral, car nous avons droit à des moments où nous pouvons voir leur vision des choses et les développeurs ont évité le pire en ne proposant pas des envahisseurs sans cœur, assoiffés de sang, ne souhaitant que mort et destruction. Au contraire, ils pleurent leurs frères tombés au combat, savent rester solidaires et compréhensifs. En plus, ces passages-là se déroulent à des endroits où nous, joueurs, sommes déjà passés, donc l’armée voit le massacre que nous avons commis dans leur troupe. Mais bon, il paraît qu’à la guerre, il n’y pas de victimes innocentes…

 

Ça ne compte quand même que pour un !

 

La seconde phase de jeu, plus brève, est ce qu’on pourrait appeler l’exploration. Dans de très courtes séquences, vous contrôlez directement l’héroïne avec les touches du clavier, et vous pouvez vous déplacer dans une zone, très petite et limitée. Vous pouvez alors interagir avec des éléments du décor ou des personnages qui sont immanquables car il y a un point d'interrogation dessus. C’est juste un prétexte pour en apprendre un peu plus sur l’univers, car cela ne fait pas avancer l’histoire d’un iota, et à part discuter, vous ne pouvez rien faire d’autre. En plus, toutes les discussions sont purement optionnelles et vous pouvez directement aller à la fin d’une telle phase sans répercussions.

 

   

Alors, qui sont les méchants et qui sont les gentils ?

 

Enfin, la partie la plus importante, la cuisi… non, les combats ! Enfin, je devrais plutôt dire batailles tellement le jeu ne fait pas dans la demi-mesure. En effet, dans les moments les plus forts, vous vous retrouvez à vingt contre une bonne cinquantaine ! Essayons de vous parler du déroulement sans trop se mélanger. Première chose à savoir, le terrain est formé d’une grille à cases carrées. Les différents tours ont un début, une fin, et entre les deux, toutes les unités ennemies et alliées peuvent jouer. Par contre, il y a bien un ordre de passage, mais tant que le tour n’est pas fini, on peut reprendre n’importe quelle unité qui n’a pas écoulé toutes ses actions. Par exemple, si votre premier personnage à contrôler n’est pas en bonne posture pour attaquer, vous pouvez passer, attendre que les ennemis et que vos autres compagnons se déplacent, puis retourner sur votre première unité et lui faire effectuer ses actions. Cela change pas mal de choses au niveau de la stratégie car ne rien faire tout de suite et attendre est une vraie tactique, la plupart du temps, pour laisser les adversaires se mettre à votre portée. Une fois que toutes les unités ont effectué leurs actions (ou précisé qu’elles ne faisaient rien), on passe à un nouveau tour.

Par unité, je parle plutôt de bataillon. En effet, à part l’héroïne Tahira qui est toute seule, vous contrôlez des escouades plus ou moins grandes. Une escouade est constituée d’unités de base et d’un héros, qui est comme le reste mais avec plus de vie et de puissance. Vous et l’ennemi en avez plusieurs. Par exemple, les chevaliers d’Avestan ont pour héros le capitaine de la garde, et pour unité quelques soldats. Lorsque vient leur tour de jouer, vous les contrôlez tous séparément. Quand vous en manipulez un, vous n’êtes pas obligé de tout lui faire faire d’un coup. Vous pouvez juste le déplacer, puis déplacer les autres, et enfin, tous les faire attaquer. Il est même conseillé de faire comme cela car, quand plusieurs alliés entourent un adversaire, ils confèrent un bonus de dégâts. Il en va de même pour les bonus de défense quand vos compagnons sont côte à côte. Tout cela est également valable pour vos ennemis.

 

   

300 : Rise of the Astral Empire, c'est le sous-titre de l'image de gauche.

 

Chaque membre des escouades et Tahira disposent de caractéristiques. La vie, dont je suis sûr que vous connaissez déjà l’utilité, et la garde, qui est en quelque sorte les points de bouclier. Tant qu’elle n’est pas à zéro, vous ne perdez pas de points de santé et faites plus de dégâts. Il y a également les points de mouvement ainsi que des points de volonté limités à cinq. Ces derniers servent à utiliser des pouvoirs. Pour Tahira, il s’agit de… magie de la lumière ? Des sorts de zone très pratiques. Pour tout le reste, on a du classique avec des coups de bouclier ou des attaques puissantes. Chaque escouade a des pouvoirs différents mais tous leurs membres ont les mêmes. Ils consomment des points de volonté, mais vous pouvez en récupérer en tuant des adversaires. Chaque unité dispose de deux pouvoirs. Il y en a un troisième, mais tout le monde le possède : il permet de se redonner des points de garde. J’ai trouvé cela assez maigre. Quand on sait qu’en plus il n’y a pas d’inventaire, pas d’évolution de personnage, seulement trois escouades différentes (sans compter Tahira) au niveau des alliés et de même pour les ennemis… Cela ne semble pas très diversifié.

 

Tahira ou ira pas ? ... Bon, je suis fatigué, OK ?!

 

Et pourtant, les combats se suivent mais ne se ressemblent pas. Laissez-moi vous parler de quelques fonctionnalités supplémentaires. Il y a tout d’abord un système d’attaques d’opportunité, c’est-à-dire que si une unité juxtaposée à un ennemi tente de partir, l’adversaire donnera un coup d’épée nonchalant au passage. Sauf si celui-ci est étourdi, ce qui est possible grâce aux pouvoirs de volonté. Autre élément, moins classique, la notion d’embuscade. Vous trouverez sur les différents terrains des sortes de caches, comme des cabanons par exemple, où placer vos hommes en début de bataille. À n’importe quel moment, même quand c’est à l’IA de jouer, vous pouvez démarrer l’embuscade et faire sortir une unité. Cette dernière, surprenant l’adversaire, est immunisée aux attaques d’opportunité et pourra agir normalement. Quand elle a fini, vous pouvez faire sortir d’autres alliés de leur cachette, ou bien mettre fin à l’embuscade pour en faire une autre plus tard.

 

   

Embuscade et pouvoir de Tahira.

 

Chaque terrain de combat est unique et demande une stratégie différente pour en sortir victorieux. Parfois, vous devez vous dépêcher pour aller secourir des citoyens, d’autres fois vous devez défendre une position alors qu’une horde d’ennemis fonce sur vous. Les cartes étant assez grandes, vous devez souvent séparer vos troupes pour attaquer/défendre à plusieurs endroits simultanément. Les ennemis sont toujours en surnombre et parfois des renforts arrivent en plein combat, si jamais vous vous ennuyez. Il peut également y avoir plusieurs étapes à la suite dans un combat, chacune ayant sa propre carte. Par exemple, vous devez d’abord défendre l’entrée d’une ville, puis les hauteurs pour enfin trouver un moyen de fuite. Entre ces trois étapes, il n’y aura pas de régénération de points de vie ou de volonté pour vos alliés, et les unités perdues au combat ne seront pas remplacées. Heureusement que se trouvent sur le terrain des endroits pour récupérer tous les points de garde, mais pas les points de santé hélas.

Par contre, entre deux combats, tous vos points sont remis à leur niveau initial et le nombre d’unités contrôlables est imposé, histoire de partir sur un bon pied. C’est-à-dire que, hormis les héros, vos unités sont éphémères et ne passent pas d’un combat à un autre. Vous pouvez très bien terminer une bataille avec cinq membres d’une escouade pour en retrouver seulement deux dans celle d’après. Néanmoins, il y a une petite exception à cela car, si leur nombre ne peut pas changer, leur rang le peut. Leur rang ? Lorsqu’une unité tue suffisamment d’ennemis, elle augmente automatiquement son rang et ainsi gagne plus de points de vie et de garde. C’est une fonctionnalité très cryptique du fait qu’on ne sait pas combien d’ennemis il faut tuer pour passer un rang, ou quelle unité a déjà vaincu tant d’ennemis… Donc si vous avez X membres de votre équipe avec un rang supérieur, vous aurez X unités avec le même rang pour le combat d’après, tant que le nombre de soldats imposé n’est pas dépassé. Les héros, quant à eux, ne peuvent pas s’améliorer et ne peuvent pas mourir, dans le sens où cela fait partie des objectifs de combat que de les garder en vie.

 

   

Les placements en début de combat sont très importants.

 

Derniers petits mots sur les graphismes qui, comme vous pouvez le voir sur les images, sont plutôt réussis. Les dessins et la direction artistique correspondent parfaitement à l’histoire qui est racontée et, sans nous faire voyager, nous dépaysera un peu. Du côté technique, rien de spécial à signaler. Les animations sont fluides et le jeu a le bon goût de proposer une fonction ‘avance rapide’ lors des combats, si la vitesse de base est trop lente à votre goût. Les musiques et les bruitages ne font pas défaut au titre et respectent la qualité du reste. J'ai joué avec une version presse et j'ai croisé un seul bug, survenu dans un cas un peu particulier, qui a corrompu ma sauvegarde. Et c'est problématique car le jeu ne fonctionne qu'avec des sauvegardes automatiques et il n'y en a qu'une par partie. Néanmoins, le studio est au courant et devrait déjà avoir réglé le problème à l'heure où vous lirez ce test. Dernière chose à savoir, Tahira est très court ; trop court. En mode de difficulté normale, il m'a fallu une dizaine d'heures pour terminer l'aventure. Vous pouvez bien sûr passer à difficile ou très difficile si vous n'avez pas peur des challenges, car certaines batailles sont loin d'être évidentes. Ultime précision, le jeu est entièrement en anglais.

 

Version presse fournie par le développeur.

Tahira est avant tout un jeu de combats tactiques où vous contrôlez plusieurs escouades pour affronter des hordes d'ennemis. Sans évolution de personnage, sans inventaire, sans équipements et avec trois compétences par unité, son côté RPG est très limité. Cela dit, les différentes batailles proposent des terrains et des objectifs suffisamment diversifiés pour ne pas s'ennuyer ou trouver cela répétitif, car elles vous demanderont d’adopter des stratégies différentes. En outre, on a aussi affaire à une histoire bien écrite, aidée par de nombreuses phases de dialogues, bien que les choix qui vous sont proposés n’ont, malheureusement, que peu d'influence. Finalement, on a droit à un jeu sympathique mais qui manque un peu d'ambition, ou du moins, qui ne les affiche pas.

LES PLUS
  • Histoire bien écrite
  • Combats tactiques et évolutifs
  • Batailles immenses jusqu'à 20vs50
  • Animations fluides et réussies
LES MOINS
  • Trop court (~10h en mode normal)
  • Pas beaucoup d'éléments de RPG
  • Les choix n'ont pas beaucoup d'influence

6/10

Commentaire (1)

#2

xanathes
Villageois

Perso j'avais commencé en me disant que c'était bien sympa. Surtout le niveau tactique puis j'ai basculé sur l'alpha de for honnor(qui est terminé maiktenant) et divinity original sin 2 que je viens de débuter ;




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