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Mordheim : City of the Damned

par Ymir 22 Avr 2016 10:00 15

Premier titre du jeune studio Rogue Factor, Mordheim : City of the Damned est un RPG tactique adapté du jeu de plateau Mordheim de Games Workshop. Disponible depuis le 19 novembre 2015 et se déroulant dans la cité éponyme, le titre se veut une expérience difficile et impitoyable, où l'erreur est proscrite et la mort définitive.

Mordheim, capitale d'Ostermark et naguère cité prospère, fut un havre de paix dans une époque marquée par des conflits incessants. Mais avec la prospérité vint la corruption et l'hédonisme. Cette fortune démesurée fit sombrer le peuple dans la décadence la plus infâme, la cité était depuis longtemps synonyme de perfidie lorsque Sigmar en eut assez des excès de cette populace dépravée. Ne pouvant tolérer une telle déchéance dans l'empire qu'il eut fondé, le dieu de la guerre abattit son marteau vengeur sous la forme d'une comète à deux queues, purifiant par le feu l'ignominie qu'était devenue Mordheim. Mais les morts eurent le beau rôle, car les survivants connurent un sort pire encore : apportant mutation et démence, les abjectes émanations du chaos qui imprégnaient désormais les lieux transformèrent les derniers habitants en abominations.

Malgré l'horreur qui s'était abattue sur Ostermark, les restes de sa capitale attirèrent bientôt toutes les convoitises, car parmi les ruines, de curieux cristaux furent découverts. Ces pierres verdâtres, bien qu'empreintes de sombres énergies, pouvaient soigner les malades, rajeunir les anciens ou transformer les métaux vils en or. La soif inextinguible de pierre magique concentra toute l'attention sur la ville déchue. Désormais, un inlassable pèlerinage d'ambition et d'avidité alimente combats et massacres, jour et nuit les hurlements d'agonie et le fracas des armes retentissent au travers des rues délabrées de ces lieux maudits. Le sang coule à flot dans la cité des damnés, mais soyez certain que vous aurez votre content d'or si vous survivez aux horreurs qui vous y attendent.

 

Ne laissez pas vos ennemis s'unir

 

Abandonnez toute idée d'honneur, de gloire et de dignité, c'est la guerre. Pas celle romancée, qui parle de batailles épiques et de héros, mais la vraie. Celle qui vous amène à ramper à travers la fange et les cadavres, à abandonner vos frères d'armes à une mort certaine, à vous recroqueviller dans l'ombre, dévoré par la peur. Ce qui vous attend, ce sont des ruelles sombres et escarpées, empestant la charogne et grouillantes de créatures que seuls les esprits déments peuvent concevoir. Ce sont des escarmouches aussi sordides que sanglantes, ayant pour unique objectif de s'approprier les précieuses ressources dont les ruines regorgent. Quatre étendards flottent sous les bourrasques nauséabondes qui s'échappent de la cité, symboles des différentes factions qui s'affrontent, animées par la même ambition dévorante. Avant de vous engouffrer dans les entrailles de la ville, il vous appartient de prêter allégeance à l'une d'entre-elles. Décider de votre affiliation n'est pas un acte anodin, votre choix déterminera la nature des unités et des compétences auxquelles vous aurez accès, ainsi que les camps avec lesquels vous pourrez commercer. Ainsi, si chaque faction dispose de sa propre campagne scénarisée, c'est avant tout un choix tactique qui vous est imposé. Chacune dispose de ses propres spécificités, et il n'appartient qu'à vous de les exploiter pour remporter la victoire ou de rejoindre les cadavres de vos prédécesseurs qui jonchent les rues.

 

  

Des qui-brille ?

 

Les Skavens du clan Eshin sont une race d'hommes-rats dont l'ambition n'a d'égale que leur cruauté. Désireux d’accroître leur influence par tous les moyens, ces derniers ne reculeront devant rien afin de s'approprier la " malepierre " dont Mordheim regorge. Maîtres de la furtivité et de l'assassinat, ces vicieuses créatures excellent dans l'art de l'embuscade. Aussi mobiles que rapides, ils surgissent des vestiges, dévastent les rangs adverses et se réfugient dans l'ombre sans subir de riposte. Acrobates doués harcelant leurs adversaires au moyen d'armes de jet à courte portée, il est de coutume de surveiller les hauteurs face à eux.

Les sœurs de Sigmar, jadis renommées pour leurs arts guérisseurs et leur humilité, furent les seules épargnées par le cataclysme qui ravagea la ville. Déterminé à se montrer digne de la miséricorde de leur dieu malgré leur échec à remettre la populace sur le droit chemin, l'ordre s'est lancé dans une croisade contre la corruption qui menace d'engloutir la ville et de s'étendre au reste de l'empire. Armés de leur foi, de puissants marteaux de guerre et de lourdes armures, les malheureux qui croiseront leur route peineront à reconnaître les membres de cet ordre jadis empreint de compassion et de miséricorde. Négligeant les armes à distance au profit des pouvoirs de Sigmar, les sœurs invoquent le courroux de leur divinité sur leurs adversaires, apportant la paix aux âmes torturées de la cité et un châtiment brutal aux pilleurs qui sévissent dans les ruines.

Les mercenaires du Reikland, eux, ne s’embarrassent pas de scrupules. Désireux d'offrir le trône impérial à leur prince en échange d'or et de titres, ils voient en Mordheim le moyen idéal de réaliser leur ambition. Versatiles, les hommes du vieux royaume comptent parmi eux des vétérans expérimentés. Qu'il s'agisse des tireurs d'élites de l'empire, capables d'abattre les créatures difformes qui hantent les rues avant qu'elles n'approchent de leurs frères d'armes, ou de sombres nécromanciens, capables de faire appel aux secrets de l'arcane pour lancer de puissantes malédictions : les troupes humaines, forgées par les flammes de la guerre, sont passées maîtres dans l'art du massacre.

 

  

Un exemple des différents types d'unités disponibles.

 

Le culte des possédés, lui, n'a que faire des triviales préoccupations des mortels, pour ces fanatiques dépravés seule compte la volonté du seigneur des ombres. Accueillant parmi eux ceux portant les stigmates du chaos ou désirant les arborer, ces mutants dégénérés se rassemblent à Mordheim sous l'étreinte de la folie. À mesure que ces zélotes font couler le sang au nom de leurs sombres dieux, ils reçoivent des bénédictions : aussi ignobles qu'imprévisibles, ces sombres présents peuvent transformer un humain en une terrifiante manifestation du chaos, tout comme le rendre inapte au port de certaines armes et armures. Afin de conquérir Mordheim et répandre la corruption qui l'afflige, le culte peut compter sur des séides aussi brutaux qu'implacables, qui une fois transformés s'avèrent encore plus redoutables.

 

Tout le succès d'une opération réside dans sa préparation

 

Tout s'achète à Mordheim, surtout la loyauté. Ainsi, avant de partir à la conquête de la cité il vous faut recruter des guerriers dignes de ce nom. Afin de remplir vos rangs vous pouvez acquérir pour une modique somme des combattants inexpérimentés, mais également des francs-tireurs : mercenaires aussi chevronnés qu'onéreux. S'ils survivent aux escarmouches quotidiennes qui prennent place dans les ruines, vos subordonnés, une fois endurcis par les horreurs de la guerre, pourront être entraînés. Le titre propose alors une personnalisation complexe et captivante. Mordheim étant un jeu atypique tenant parfois plus du jeu de survie que du RPG tactique, il est loin de se jeter dans les archétypes. La vigilance, par exemple, vous permettra de percevoir plus aisément les anomalies aux alentours, qu'il s'agisse d'un piège ou d'une embuscade. Le commandement, lui, augmente les chances que votre unité réussisse les épreuves psychologiques inhérentes aux terribles affrontements dans la cité.

Ainsi votre factionnaire, face aux abominations qui parsèment les ruines, risque de céder à la peur. Sa main tremblante aura alors du mal à atteindre sa cible, il pourrait également être affligé d'une terreur telle qu'il fuira sans demander son reste, ou acculé par de trop nombreux adversaires et isolé de ses camarades, ne plus pouvoir agir. La victoire tient à peu de choses, parfois une simple compétence peut renverser le cours de la bataille, les nombreux éléments qui déterminent la nature d'une unité sont donc autant de synergies et de stratégies possibles. Avec l'équipement, les compétences et les sorts, deux combattants identiques à leurs débuts peuvent rapidement ne plus rien avoir en commun, si ce n'est que d'être d'effroyables machines de guerre. La profusion d'effets disparates concernant les équipements est un parfait exemple de la richesse du titre. Ainsi une dague augmentera les dégâts d'une embuscade, tandis qu'un fléau ignorera une partie de l'armure adverse. Une armure lourde gênera vos mouvements et vos incantations arcaniques, tandis qu' un vêtement vous permettra de mieux esquiver. Une hallebarde vous permettra de parer les attaques adverses alors qu'une lance ne pourra être maniée qu'avec un bouclier.

 

  

Un peu de shopping entre deux massacres.

 

Quant aux compétences, elles ne sont pas en reste. Certaines sont passives et permettront à vos sbires d'êtres promus, de se déplacer plus loin, ou encore les rendront plus résistants. D'autres compétences, elles actives, feront office de techniques de combat : certaines diminueront l'armure de l'adversaire, sa capacité à se mouvoir ou à parer. D'autres le forceront à passer une épreuve qui en cas d'échec l'obligera à fuir, ou vous permettront d'effectuer de meilleures embuscades et esquives. Bref, il serait trop fastidieux de faire une liste exhaustive des variations possibles, sachez donc que le titre fait très fort lorsqu'il s'agit de la gestion et de l'évolution de vos subordonnés.

L'économie interne au titre, bien que moins développée, reste intéressante. De nombreux marchands se sont installés aux abords de votre camp, guidés par l’appât du gain et la promesse d'une relative sécurité, et renouvellent leur inventaire à mesure des jours qui passent. Des enchanteurs seront également heureux d’appliquer des runes sur vos armes et armures si vous avez découvert les recettes appropriées lors de vos explorations. Chaque semaine un événement aléatoire accompagnera la rotation du marché, pouvant aussi bien être bénéfique que desservir vos intérêts. Sachez d'ailleurs que vous pouvez effectuer une mission au maximum chaque jour, et disposez de la possibilité de passer au jour suivant à tout instant dans votre campement. Quant à la pierre magique, vous aurez la possibilité d'envoyer des chargements de cette dernière à trois factions différentes selon votre affiliation. L'une d'elle étant votre faction principale, il vous faudra satisfaire à ses requêtes dans le temps imparti sous peine de sanctions. Pour chaque transaction, vous recevrez votre content d'or et augmenterez votre réputation, vous obtiendrez ainsi des délais supplémentaires, débloquerez de nouveaux types d'unités et des récompenses diverses à chaque rang de réputation atteint. Mais la rivalité est de mise entre ces clans, votre inconstance sera mal perçue et vous peinerez à vous faire apprécier aisément de tous. Il vous appartient donc de faire des choix et d'assumer les conséquences que ces derniers auront sur le commerce de cette ressource si désirée.

Mordheim est une lutte incessante pour la survie, le titre ne manquera pas de vous arracher vos acquis à la moindre erreur. En effet, l'une des spécificités de l’œuvre consiste à affliger vos unités de malus permanents si elles sont vaincues lors d'un affrontement. Le jeu s'avère – hélas pour vous – très inspiré lorsqu'il s'agit d'accabler vos conscrits. Il ne fait d'ailleurs pas bon être sentimental à Mordheim, car ces mutilations s’avéreront parfois trop graves pour que votre brave poursuive l'aventure, vous obligeant alors à brûler sa dépouille méconnaissable sans cérémonie. De plus, il sera nécessaire de payer les soins de vos blessés, qui seront alors indisponibles plusieurs jours en fonction de la gravité de leurs maux. Ainsi, si vous ne prêtez pas suffisamment attention à vos soldats, le titre vous fera habilement payer votre erreur au moyen d'éléments qui vous obligent à assumer les conséquences de vos actes. Cependant Rogue Factor, dans sa volonté de rendre l’expérience toujours plus laborieuse, accouche parfois de mécaniques aussi agaçantes qu'absurdes. Ainsi, si vous échouez à satisfaire les délais de livraison de pierre magique imposés par votre faction à quatre reprise, c'est le game over.

 

 

La victoire appartient au plus vicieux.

 

Si j’apprécie beaucoup l'idée de rendre chaque unité vulnérable aux aléas de la guerre, le principe de forcer les perdants à d'interminables et ennuyeuses séances de farming contre l'IA dans le seul but de pouvoir retrouver son niveau, dans un titre principalement multijoueur, me laisse sceptique. Malgré l'existence d'un système permettant de faciliter la création d'une nouvelle bande, je reste sur l'impression qu'il s'agit là d'un moyen artificiel de rendre l’expérience plus ardue. Pourquoi établir un mécanisme aussi punitif quand de simples pénalités commerciales – aussi lourdes soient-elles – suffiraient ? Le titre reste trop mal rythmé et trop maladroit pour créer autre chose que de la lassitude par l'usage de cette mécanique. Il est d'ailleurs probable qu'au vu du temps nécessaire pour avoir une bande suffisamment expérimentée pour affronter d'autres joueurs, ces derniers cessent simplement d'y jouer par manque de temps, découragés par la lenteur du titre. Pour finir, la fonctionnalité qui consiste à verser un salaire après chaque mission à chacun de vos combattants me laisse également circonspect. Il aurait été bien plus pragmatique et intéressant d'augmenter les tarifs des soins à la place, ce qui aurait forcé les joueurs à être encore plus précautionneux.

 

En tuer un pour en terrifier un millier

 

Mordheim est d'une laideur sans nom. Suite au cataclysme, ce qui reste de l'architecture médiévale s'est lié à des tumeurs chaotiques. Parodies de vie aussi ignobles que troublantes, ces amas de chair répugnants parsèment rues pavées comme bâtisses calcinées. Il n'est pas inhabituel de percevoir un œil accroché à un mur vous suivre du regard, ou un cadavre écorché dont le ventre ouvert et difforme répand lentement ses entrailles aux alentours, telles de monstrueuses racines. Les cieux, quant à eux, sont troublés par d'étranges tempêtes pourpres, amas de magie chaotique aussi instables que terribles. Ainsi, certaines cartes ont bénéficié d'une excellente direction artistique et sont aussi réussies que glauques, reflétant avec perfection la déchéance de la cité et l'horreur que dégage celle-ci. Le level design renouvelle l’intérêt des affrontements en forçant les joueurs à prendre en compte de nouveaux éléments dans leur plans. Tel un ancien fort militaire permettant de condamner certaines issues au moyen de herses, ou encore la place d'un marché parsemé de flaques d'acides. Malheureusement, une grande partie des lieux disponibles ne se distinguent entre eux que par l'agencement des édifices encore debout, ainsi seule la moitié de la petite vingtaine de cartes disponible est digne d’intérêt.

Le titre propose une vue TPS en 3D temps réel qui pourra en surprendre plus d'un. Refusant l'usage d'une vue de dessus presque distinctive des T-RPG, cette décision à contre-courant est pourtant justifiée. Car Mordheim joue énormément sur la verticalité et la nature du terrain. Chaque corniche, balustrade et parapet peut sceller votre sort ou celui de l'adversaire. Il est nécessaire de prendre en compte chaque aspérité du terrain pour survivre. Le déplacement de vos unités s'avère d'ailleurs d'une simplicité bienvenue. Je n'ai rien trouvé à redire à la caméra, et il est heureusement impossible de profiter de cette dernière pour déterminer la présence de l'adversaire. Si votre unité ne dispose pas d'un angle de vue suffisant pour l'apercevoir de son actuelle position, l'adversaire sera rendu invisible à vos yeux. Quant à la vue tactique, elle est hélas aussi mal conçue qu'inutilisable, le seul intérêt de cette dernière est d'en user comme d'une carte avant de mouvoir vos conscrits en vue 3D.

 

  

Certaines cartes se démarquent des autres.

 

Le titre propose une campagne scénarisée ainsi que des escarmouches entre joueurs. Concernant la campagne, celle-ci est peu marquante et le scénario, uniquement constitué d'un texte au début et à la fin de chaque mission, est si léger que le terme prétexte serait plus approprié. La seule différence avec les interminables missions aléatoires quotidiennes est que cette fois il ne faut pas vaincre l'adversaire mais accomplir les objectifs indiqués, tout en parvenant à protéger votre supérieur des hordes interminables d'ennemis. Sachez que le PVE de Mordheim est atroce, l'IA est si prévisible que le seul moyen que le studio ait trouvé pour vous mettre en difficulté est de toujours lui attribuer une puissance supérieure à la vôtre. Ce qui d'ailleurs s'avère totalement inefficace, car il suffit de trouver un point d'étranglement pour s'assurer la victoire. La seule difficulté consiste à être en mesure de ramasser suffisamment de pierre magique avant le début des affrontements et à éviter de croiser les monstres neutres. Pourquoi dans ce cas le mentionner autant, me direz-vous ?

La réponse est simple : vous ne connaîtrez que ça. Rogue Factor à rendu le PVE si nécessaire que c'en est risible lorsque l'on connaît la qualité de ce dernier. Le studio a réussi le triste exploit de rendre le PVP si dissuasif que trouver un joueur suffisamment courageux pour risquer de mettre en péril toute sa progression devient un cauchemar. Pire encore, si vous avez la chance de ne pas avoir à attendre plusieurs heures ou jours avant de rencontrer un courageux camarade, vous découvrirez qu'il vous faudra, après votre défaite ou votre victoire, remplacer vos unités mortes ou infirmes avant de pouvoir recommencer. Et par quel moyen ? Le PVE bien sûr ! S'ensuivra d'interminables et ennuyeuses séances de farming qui se solderont parfois par la mort malchanceuse d'autres de vos unités, qu'il vous faudra alors remplacer également. Tout cela dans le simple but d'avoir une escarmouche digne de ce nom.

L'art de la guerre, c'est de soumettre l'ennemi sans combat, le titre ne déroge pas à cette maxime. S'il vous est possible de vous reposer sur des affrontements directs et brutaux, c'est une stratégie qui provoque son lot de blessés et de pertes. Dans Mordheim la victoire peut être obtenue de nombreuses manières et il est bon de faire preuve de subtilité. Chaque faction dispose d'une réserve de moral qui diminue à chaque unité vaincue. Ainsi, vous pourriez être défait si le courage venait à manquer à vos hommes : trop affectés par les pertes subies, ils pourraient forcer une retraite honteuse, quitte à se faire décimer ou perdre leurs armes dans leur fuite. La quantité de moral retirée à la réserve dépend également du rôle de l'unité, aussi certaines, tel le roi d'une partie d’échecs, sont aussi puissantes que cruciales. Il vous est également possible de démoraliser les troupes adverses en vous emparant de leur idole, soyez cependant averti car la position du porteur sera alors connue de tous.

Pour finir, les créatures ignobles qui furent jadis les habitants des lieux patrouillent dans les ruines, assaillant sans distinction ceux assez fous pour s'aventurer dans la capitale. Ces monstres peuvent se mettre en travers de votre route comme décimer les rangs adverses, par conséquent, si vous êtes suffisamment habile il vous sera possible de provoquer l'affrontement entre vos adversaires. Les combats justement sont agréables, si leur prise en main prend du temps, on en apprécie rapidement la complexité. Des points d'attaques et de stratégie, diverses actions et postures, quelques compétences et sortilèges, le tout agrémenté d'épreuves. De quoi réjouir le rôliste que je suis et, à n'en pas douter, la plupart de mes semblables.

 

  

La faune locale est assez agressive.

 

Ignorant où se situe l'adversaire, craignant de se faire surprendre à tout instant et de voir un conscrit disparaître définitivement suite à une embuscade dans un décor cauchemardesque, le titre a tout pour créer une sensation d'oppression permanente. Il paraît difficile de garder son sang froid lorsque résonne le lourd pas distinctif des terribles créatures qui hantent les lieux, capables de transformer votre troupe en charpie aisément. Pourtant c'est le cas, car Rogue Factor n'a rien trouvé de mieux que de faire en sorte que chaque unité se mettant en posture d'embuscade produise un effet sonore caractéristique et facilement repérable. Ainsi, tout le travail effectué en ce sens est réduit à néant, les possibilités de se laisser surprendre en deviennent même risibles. Alors certes, un titre n'est jamais exempt de maladresses, mais parvenir à laisser un tel élément, aussi inutile que nocif, après plusieurs patchs reste aberrant.

Cependant, le principal défaut du titre reste son rythme : Mordheim est lent, très lent. Le début d'une partie reste particulièrement pénible, surtout lorsque vient le tour de l'adversaire, car celui-ci étant hors de votre vue, vous ne pouvez qu'attendre avec impatience que son unité ait terminé son tour, sans pouvoir espérer une quelconque distraction. Autant préciser que contre l'IA, les retours bureau sont légion sous peine de mourir d'ennui. Le pire aspect de l’œuvre à mes yeux reste le temps nécessaire pour disposer d'une troupe expérimentée. Si ce genre de phénomène ne me dérange pas en général, découvrir que tout ce temps consacré à faire attention aux moindres détails des builds de mes sbires et à accumuler de très rares recettes d'enchantement pouvait être réduit à néant, sans aucune justification autre que le désir des concepteurs de rendre la tache toujours plus ardue, eut raison de mon enthousiasme. Personne ne mérite de subir à nouveau tant d'affrontements contre une IA si prévisible. Mordheim est terriblement chronophage et peut réduire tous vos efforts à néant en un instant, principalement par simple manque de chance.

 

Version Presse fournie par l'éditeur.

Mordheim : City of the Damned est un excellent T-RPG qui malgré une accumulation de maladresses reste rempli de bonnes idées. Si le titre est loin d'être exempt de défauts, la volonté d'innover tout en restant fidèle à l’œuvre originale est manifeste, ainsi que la passion qui anime les membres de Rogue Factor. S'il est vraisemblable que tout amateur du genre appréciera Mordheim, il est également probable que voir tous ses efforts réduits à néant encore et encore risque d'en décourager plus d'un. Le grand potentiel du titre est gâché par la volonté du jeune studio de toujours vouloir rendre l'expérience plus ardue, au point d'accoucher d'un jeu déséquilibré et ingrat au possible.

LES PLUS
  • Personnalisation des unités
  • Importance du terrain
  • Infirmités et trépas des unités
  • Difficulté
LES MOINS
  • Rythme
  • Titre déséquilibré et ingrat
  • IA trop prévisible
  • PVE trop nécessaire

6/10

Commentaires (15)

#2

pibola
Citoyen

Excellent test, très détaillé et très bien écrit
#3

mophentos
Paladin

très bon test.

j'en suis déjà à 150h de jeux ... et je ne me lasse pas pour le moment.

contre l'IA :

le début est très difficile et on souffre beaucoup ...

mais ensuite on roule sur les autres bandes

chaque bande à un style de jeu unique et il faut toutes les tester pour savoir laquelle nous correspond le mieux.
#4

redd
Seigneur

j'ai acheté le jeu la semaine dernière, je vais m'y mettre bientôt aussi
#5

Sarakin
Villageois

Très bon test.
Néanmoins, je ne suis pas vraiment d'accord avec la fin de celui-ci. Ce jeu n'est pas facile, mais il n'est pas si punitif que ça. Je ne me considère pas comme un hardcore gamer, et je m'en suis pas trop mal tiré jusque là. Mais, c'est vrai qu'il est très lent (et chronophage!), j'ai joué une trentaine d'heures et j'ai du arrêté par manque de temps (mais je compte bien reprendre dès que possible!).
Durant ce temps j'ai du faire 2 missions de la campagne, le reste en escarmouches. Seulement voilà, les escarmouches sont fun! Notamment grâce un système de combat super complet (comme indiqué par Ymir). Depuis le début de ma partie, j'ai du perdre 3 ou 4 hommes (dont un héros), rien d'irremplaçable. La plupart du temps, lorsqu'un homme tombe hors-combat, il s'en tire avec quelques jours de repos et parfois un handicap. Et c'est justement ces handicaps qui sont super fun, cela donne de la personnalité à tes hommes, cela leur donne un histoire.
J'ai pas fait une seule partie multi, mais ça me manque pas, j'ai jamais été un multi-player-guy. Je préfère jouer seul.
Je ne trouve pas que les temps d'attentes lorsque l'IA joue soit agaçant. En effet, il faut rester alerte car si un de tes personnages aperçoit un ennemi pendant qu'il se déplace, ça sera indiqué. Et lorsque les ennemi sont en vu, il vaut mieux surveiller ce qu'il font. En outre, les tours IA sont rapides je trouve.
Enfin, c'est vrai qu'on ressent une petite appréhension avant de lancer une escarmouche, car on sait que mal gérée, elle pourra tourner à la catastrophe. Mais ce "thrill" fait parti du plaisir. De plus, même si l'IA n'ai pas une lumière je n'ai pas trouvé qu'elle avait "une puissance supérieure" à la mienne. Mais je choisis toujours mes escarmouches avec soin.
Ceci dit, je suis un grand amateur du jeu de plateau (j'attends toujours les chasseurs de trésors nains!), mon avis n'est donc pas forcément objectif.
#6

Cyrus Redguard
Noble

En fait tout se passe bien jusqu'à ce qu'il t'arrive une tuile et là... Attention! De plus tu n'es pas avancé encore dans le jeu, certaines missions peuvent être assez... ardu. Toupiloutou: démon de khorne ?

Et si ton meilleur héro, meurt aie aie aie :p
#7

Toupilitou
Garde royal

Tactique testée et approuvée, en multi, lorsqu'il y a un monstre neutre : Se cacher, laisser l'équipe adverse s'esquinter sur la bestiole, et sortir de l'ombre pour finir tout le monde sournoisement, vite fait bien fait :P
#8

redd
Seigneur

Mes "Hell's Redd Raiders" (possédés) progressent bien.
Finalement le fait de ne pas avoir de vue de dessus (hormi la map) est une bonne idée car ça renforce l'immersion et le stress, vu qu'on ignore où se trouve l'ennemi si on ne le voit plus directement.

Les points que je trouve ratés ou dommages :

- impossible de laisser tomber un objet quand ce n'est pas dans un coffre ==> des fois, on se retrouve bloqués car il faut ramasser X objets spéciaux pour une quête, mais c'est con, on a une connerie dans la main et notre personnage ne sait pas quoi faire pour échanger les deux :-/

- impossible de voir en jeu ce qu'un personnage a dans son inventaire (je parle des objets ramassés). Pas pratique dans les missions spéciales. "Qui a le sang de l'ogre, déjà ?" / "personne ? youhou ?"

- les victoires par déroute. c'est sympa, mais ça devrait être soumis à décision du vainqueur. Le nombre de fois où je n'ai pas pu finir des objectifs secondaires car l'équipe était en déroute... surtout quand mon objectif se trouvait face à moi, assommé, je n'avais qu'à l'achever et ramasser son médaillon...

- l'initiative c'est bien, mais je trouve que la fonction "retarder" devrait être gratuite. Quand on a l'initiative, on devrait pouvoir choisir d'agir tout de suite ou après quelqu'un qui a moins d'initiative
#9

Otyloth
Citoyen


- impossible de voir en jeu ce qu'un personnage a dans son inventaire (je parle des objets ramassés). Pas pratique dans les missions spéciales. "Qui a le sang de l'ogre, déjà ?" / "personne ? youhou ?"


Il est possible de voir les objets ramassés par les personnages, je n'ai jamais eut ce problème, en jeu tu appuies sur espace et tu as plusieurs possibilités proposées dont regarder les objets ramassés tout en bas.

Moi ce qui me dérange c'est de trouver des joueurs pour le multi, jamais eut l'occasion d'en faire, si vous avez des liens vers un forum francophone que j'ai loupé je suis preneur.
#10

Shizam
Grand chevalier

Vois avec l'Equipe Sportive de RPGF , les 2 Gobelins juste au dessus

Quand Redd & Toupi se casse pas la mâchoire sur un terrain de BloodBowl, c'est pour se démonter à coup hache dans la gueule..!
#11

Toupilitou
Garde royal

@Shizam : J'vais m'permettre de reformuler ton assertion : je me fais rouler dessus par Redd / Mophentos / Cyrus Redguard à coup de hache dans la gueule

@Otyloth : Tu peux m'ajouter sur Steam si tu veux

#12

mophentos
Paladin

Il est possible de voir les objets ramassés par les personnages, je n'ai jamais eut ce problème, en jeu tu appuies sur espace et tu as plusieurs possibilités proposées dont regarder les objets ramassés tout en bas.


je ne le savais même pas, alors que j'ai 174h de jeux ...

merci pour l'info

et sinon pour l’instant, je n'ai fait que du multi avec la loutre.
#13

Cyrus Redguard
Noble

Redd tu as vraiment bien pointé du doigt les problèmes du jeu. Je suis à 100% d'accord avec toi.

Ensuite vu que ce sont toujours les mêmes cartes, plus ou moins, au bout d'un moment plus de besoin de mini-carte.

Sinon j'ai pas de hache moi, des marteaux. C'est plus propre. On est des soeurs de sigmar, pas des bouchers. On le fait avec tout le tac qui s'impose.

Sinon notre dernière partie je ne l'ai gagné que grâce à mon moral élevé! Sinon j'étais bon pour finir au dos d'un ogre si tu vois c'que je veux dire.
#14

redd
Seigneur

Merci pour l'astuce de l'inventaire, je vais tester ça

partant aussi pour tester le multi :)
#15

Otyloth
Citoyen

@Shizam : c'est noté :).

@Toupilitou : avec plaisir, si d'autres personnes cherche quelqu'un pour du BloodBowl 2, Mordheim ou Xcom voici mon steam : http://steamcommunity.com/profiles/76561197997485100
#16

redd
Seigneur

Otyloth, on a une ligue RPG France pour Bloodbowl 2 si ça t'intéresse




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