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Dying Light

par Montaron 03 Avr 2015 10:00 11

Je dois bien l’avouer, Techland c’est le studio que je regarde un peu comme mon cousin qui squatte encore chez sa mère. Sympa, ça ne me dérange pas de passer chez lui, on peut même rigoler un peu, mais à part ça… La production Techland c’est un peu pareil, jamais mauvaise mais pas franchement le genre à marquer l’histoire. Du coup quand j’ai vu qu’ils annonçaient Dying Light, sorte d’enfant de Mirror’s Edge et Dead Island, j’ai eu un peu la même réaction que lors de l’annonce des reprises de Mobb Deep par Sick of It All sur la compil’ Loud Rocks (les vrais savent). Au final qu’en est-il ?

Fidèle à moi-même le test a été réalisé sur PC, avec une configuration plutôt honnête. Le jeu est également disponible sur console new et next-gen si vous êtes adeptes du pad.

 

Public Enemy

 

On va le dire d’emblée, l’histoire de Dying Light ne casse pas trois pattes à un canard. Un virus militaire est libéré dans une ville d’Amérique du Sud, s’y planque également un ancien agent du gouvernement qui détient des dossiers ultra-secrets sur ce virus. Histoire de sécuriser tout ce beau monde la ville est bouclée, survivants et infectés s’y partagent le terrain. Comme dans toutes les apocalypses zombies la moitié du genre humain pète un câble, l’autre s’organise et se scinde entre les innocents qui s’entraident et les infâmes pillards oppresseurs avec des goûts vestimentaires juste un peu Mad Maxien (et donc douteux). Autant dans son scénario que ses quêtes secondaires, Dying Light nous offre une énorme bouillabaisse de tout ce qu’on a pu voir dans les œuvres de fiction incluant nos amis mangeurs de chair humaine. De la famille brisée par le virus, aux théoriciens du complot, en passant par le leadeur contre son gré, l’agence gouvernementale aux motivations troubles, le chef de guerre sanguinaire, le scientifique dans son labo branché sur un groupe électrogène et le coup de la panne de courant. À la rigueur on peut les saluer de ne pas nous avoir fait le coup du téléphone portable qui sonne quand il ne faut pas…

 

 

La plupart des situations ont, hélas, un côté déjà-vu

À défaut de faire date dans l’histoire du genre, tous ces éléments assurent leur rôle : faire avancer l’intrigue et donner une toile de fond crédible à défaut d’être originale. On peut dire ce qu’on veut des poncifs, s'ils ne sont pas du ciment esthétique ils font tenir la baraque debout. Ce qui rattrape d’ailleurs ce ciment peu esthétique c’est la mise en scène. Si vous ne serez jamais surpris de voir ce qui arrive à l’écran, le jeu sait au moins vous rendre enthousiaste ou tendu pour ce qui va arriver. Les missions principales ont le mérite d’être peaufinées et bien rythmées. À défaut de s’offrir le rôle principal de  Lawrence d’Arabie , vous pouvez être certains que c’est autrement plus remuant et fun que Diary of the Dead. Quelques quêtes secondaires aussi s’offrent des bonnes ambiances, je pense notamment à une dans un sous-sol avec un dictaphone pour vous tenir compagnie ou une grotte de sorcière plutôt savoureuse dans l’ambiance. Ceci dit je reprocherais au jeu de se prendre un peu trop au sérieux, contrairement à son grand frère Dead Island qui, lui, assumait son scénar un peu naze et faisait passer la pilule en jouant sur l’excès de ses personnages. Dying Light, lui, garde le cap du dramatique d’un bout à l’autre, quitte à sonner soap.

 

Survival of the Fittest

 

Côté gameplay, comme je l’ai déjà dit Dying Light est l’enfant de Mirror’s Edge et Dead Island. Dead Island par les nombreux aspects qu’il reprend : le combat de zombies en milieu urbain, essentiellement au corps à corps avec des armes de fortune, le craft très présent et parfois assez invraisemblable et une tendance à la récup’ de tous les trucs de valeur qui traînent. Pour Mirror’s Edge c’est évidement l’aspect parkour qui a été retenu. Là où Dead Island était assez lent, voire statique pour certains, Dying Light se montre plus fougueux. Escalade effrénée, bond par-dessus les obstacles et autres sauts dans le vide sont au menu. Si sur le papier le résultat aurait pu être bâtard et assez disgracieux, les deux éléments se marient plutôt bien en jeu. Je n’ai trouvé qu’un seul défaut au système : il semblerait que les développeurs n’aient pas conçu la possibilité de descendre en grimpant. Soit j’ai loupé une touche, soit appuyer sur bas vous fera lâcher votre prise, ce qui à une quarantaine de mètres au-dessus du sol peut avoir des conséquences fâcheuses. Ça reste néanmoins mineur à l’échelle de tout un jeu. Pour en revenir au mélange des genres, le fait d’être plus mobile que la horde d'écervelés anthropophages ne vous dispensera pas de combattre.

 

On retrouve le craft et le commerce quasi à l'identique de ce qu'ils étaient dans Dead Island

 

Car Dying Light fonctionne avec un triple système d’expérience : un de combat, un d’agilité et un dernier de survie. Les deux premiers se remplissent, à la manière d’un Elder Scrolls, en pratiquant. Toute action impliquant la grimpette fera monter votre agilité, tandis que les gestes belliqueux profiteront à votre jauge de combat. Le jeu a d’ailleurs la bonne idée de récompenser les efforts des joueurs. Que ce soit dans les enchaînements de morts qui rapportent bien plus qu’un jet de cocktail Molotov sur un groupe sans jamais se remonter les manches, ou à une suite de bonds et de glissades fluides sans s’arrêter. Si ce système n’empêche pas un peu le farm, il a le mérite de faire un certain effort pour rompre la monotonie que le genre impose. Monotonie qui avait été pour moi le gros problème du grand frère Dead Island.

 

Les différents arbres de compétences, notez que je suis un vrai bourrin

 

Une autre mécanique très importante de Dying Light, toujours pour rompre la monotonie, c’est son cycle jour/nuit. Les non-informés me diront que ça fait bien longtemps qu’on a inventé le changement de lumière et l’horloge interne. Ayant découvert l’eau chaude depuis bien longtemps, les plus malins auront compris que c’est bien plus compliqué que ça. En effet, outre le fait que le jeu devient noir comme un four, la nuit dans Dying Light est le moment où vous rentrez la tête dans les épaules et priez. Parce que des bestioles nettement plus dangereuses que les zombies lambins sont de sortie. Baptisés Mordeurs par les personnages du jeu, ces sieurs arpentent les rues et on se met à avoir un ressenti proche d’un jeu d’infiltration. En effet, plus question de bondir dans tous les sens. On rampe dans les allées, on passe par les hauteurs tout en essayant d’éviter leur champ de vision. À la manière d’un jeu d’infiltration, si vous êtes grillés c’est toute la population locale qui se lance à vos trousses, pareille à Benny Hill mais plus vorace et légèrement décomposée. Bien évidement certains éléments ne sont disponibles que de nuit et chaque action offrant de l’expérience voit son gain doublé. C’est certes un peu artificiel, mais au moins la chose a le mérite d’éviter que les joueurs passent toutes les phases nocturnes par peur de flipper encore plus que dans une nuit de S.T.A.L.K.E.R. Call of Pripyat.

 

Le même endroit de jour et de nuit. Le poids des mots, le choc des photos

 

À noter que le jeu inclut deux composantes multi-joueurs. Le premier est un mode où l’on peut incarner les zombies. J’avoue ne pas avoir testé la chose en profondeur, je réserverai mon jugement sur la question. L’autre est un mode coopératif. Pour l’avoir essayé pendant quelques heures avec une certaine loutre hardie, il est hélas peu satisfaisant. Non pas qu’il soit mal fait en soit, mais à l’inverse de Dead Island où les builds étaient multiples, ici tout le monde joue le même personnage avec le même arbre de compétences. Donc fatalement le style de tout le monde se ressemble à une arme ou un flingue d’écart et mine de rien ça rend la chose assez monotone à force. De plus la coopération n’est disponible qu’en dehors des missions principales et ce n’est pas un système de défi assez boiteux qui rend la balade en ville plus excitante que ça. Fort dommage je dois dire, ça m’aurait beaucoup plu de jouer aux yamakasis avec notre loutre number one tout au long de l’aventure.

 

It Ain’t Easy

 

Dying Light tourne sur le Chrome Engine 6, moteur maison de Techland. Et si vous avez fait les précédents Techland vous savez sans doute que ça n’a jamais été sublime. Et chez Techland on n’aime pas le changement. Dying Light ne marquera pas l’histoire pour ses graphismes, vous avez déjà dû vous en rendre compte en voyant les screenshots disséminés en amont. Sans être hideux les graphismes sont moyens, les textures assez lisses ou répétitives. Les éclairages par contre sont plutôt travaillés et font le gros du boulot pour vous faire apprécier le passage du temps et la flipette qui va avec. Au niveau de la modélisation des personnages c’est dans l’ensemble honnête, rien de monstrueux ou de difforme. Mais une fois sorti des PNJ principaux, c’est entre la fête des clones et le festival du quidam. D’ailleurs puisqu’on parle de PNJ, le doublage de ces derniers ne fera pas non plus date. Si rien n’est violemment raté, le casting comporte une certaine dose de sous-jeu et de lecture de texte en regardant la pointeuse. Ma préférence ceci dit va au méchant qui se sent le besoin d’accentuer le A du prénom du héros à chaque fois qu’il beugle son nom, le plus drôle c’est que ça arrive très souvent.

Côté ambiance sonore, c’est… discret. Pas raté, je n’ai aucun souvenir de musique mauvaise ou à côté de la plaque, mais je n’en ai aucun de musique tout court en fait. À l’exception d’une espèce de chœur masculin assez léger qu’on entend dans le menu de chargement, je serais bien incapable de vous fredonner un air. Niveau bruitages il n’y a rien qui choque, les crânes explosent, les armes font pan, les machettes tranchent et les zombies hurlent toutes dents dehors. C’est propre, clair et net.

 

Quel bilan tirer de Dying Light ? Dire ni chaud ni froid serait injuste dans le sens où le jeu ne laisse pas indifférent et n’est pas fade. Dying Light est un jeu agréable mais dont le défaut est de ne rien bousculer ou réinventer en marchant sur les pas d’aînés respectables et recommandables sans essayer de chambouler tout ça, pour le meilleur comme pour le pire. C’est peut-être ce qu’il lui manque : un peu plus d’âme et de prise de risque.

LES PLUS
  • Le parkour agréable
  • Le level design urbain vraiment bien fait
  • Un système de combat hérité de Dead Island…
LES MOINS
  • Scénario assez fadasse
  • Visuellement moyen
  • … qui n’a pas beaucoup changé

6/10

Commentaires (11)

#2

Sowatt
Paladin

Il est encore trop cher pour moi pour le moment, mais dès qu'il est en solde je me le prends :)
#3

Borgrolf
Guerrier

C'est un jeu très fun en coop comme Dead Island.
#4

Cedric82
Garde

J'ai eu l'occasion de le faire en coop.. et on s'est bien marré !
Le système de parcours avec le grappin.. un plaisir indéfini..
On a tout fait, quêtes principales, annexes, défis, zone de quarantaine..

Après malgré le bon moment passé en coop avec un ami.. je n'en garde aucun souvenir mémorable(je parle du jeu). Si dans une zone de quarantaine avec des trains, il faisait noir, et des milliers de zombie. C'était au début et on avait bien flippé. Aussi, escalader un pont qui faisait 4584m de haut à coup de grappin et d'équilibre de nuit. génial.

Sans doute aurait il été différent de le jouer en solo pour l'immersion.


De plus la coopération n’est disponible qu’en dehors des missions principales

Gné? pas compris là.. tout est faisable en coop sauf la fin du jeu...

Message édité pour la dernière fois le : 03/04/2015 à 17:08

#5

neurosol
Citoyen

"Visuellement moyen" : Alors d' accord, pour une fois qu'un blockbuster n'a pas ses 20 gigas de texture à télécharger, avouons que c' est un peu limite pour un FPS...
Mais quelle pâte artistique!! Une ambiance vivante, dynamique, une profondeur de champ à tomber, un jeu de couleur que je trouve personnellement inédit, surtout de nuit, des intérieurs fouillés et variés...C'est de l' apocalypse à mille lieu de Rage et de ses décors statiques.

A part le scénario, les voix horribles et les quètes-prétextes, ce jeu est juste une tuerie.
#6

mophentos
Paladin

merci pour le test, finalement je vais me laisser tenter quand il sera en promo
#7

Alexfaz
Villageois

Cela m'a convaincu de ne pas l'acheter de suite et d'attendre des promos. Bref, c'est un peu le premier dead island, de bonnes idées, un jeu sympa mais pas exceptionnel.
#8

Lukin
Villageois

Je le trouve sous noté comme jeu sur votre site.Certes l'histoire n'est pas digne d'un the witcher 3 mais reste comme même accrocheur. Mais c'est surtout les graphismes pour un open world il reste comme exceptionnel.Moi je mettrai plus un 7 voir 8.
#9

D_Inquisitor
Garde

Au-delà de la note (je mettrai facilement 7 aussi pour le gameplay déjà, très agréable), j'avoue avoir pris grand plaisir à faire ce jeu (sans avoir fait les Dead Island). D'ailleurs le "visuellement moyen", ça doit être un ressenti PC car sur PS4, je le trouve franchement pas mal. On est loin d'être dans le bas du panier des jeux actuels quand même (Compile Heart si tu nous regardes).

Du coup, après The Division, je compte bien me prendre le DLC The Follow, ne serait-ce que pour faire quelques sessions en coop que je m'étonne de ne pas voir dans les points forts, car bien intégré et non intrusif.
#10

Lukin
Villageois

Bonne pour tout ce qui sont allergie aux drm ou steam (comme moi).Le jeu est dispo sans drm sur gog dans sa version enhanced avec dlc inclus.Le jeu est dispo en francais.
#11

D_Inquisitor
Garde

Aller hop, mon avis sur The Following que j'ai terminé pour de bon.
#12

Nemrod
Citoyen

Ce jeu c'est l'éclate en coop pour celui qui aimes castagnés du zombie sans modération.




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