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Avernum 2 : Crystal Souls

par Vaetrem 13 Mar 2015 10:00 9

Les jeux Spiderweb Software, les baroudeurs du RPG les connaissent bien. Voilà maintenant des années, deux décennies précisément, que le studio emmené par le célèbre Jeff Vogel nous offre des titres résolument old school souvent similaires mais aux qualités (et défauts) indéniables. Le studio est ainsi connu pour de nombreuses licences parmi lesquelles les très appréciés Geneforge, les récents Avadon ou encore l'hexalogie Avernum, auparavant connue sous le nom de Exile. 

Avernum 2 : Crystal Souls, dont nous allons aujourd'hui parler, est donc le second remake du deuxième opus de la série Exile, et est ainsi la suite directe de Avernum : Escape from the Pit, testé par les soins d'Andariel il y a maintenant près de trois ans. Voyons si à défaut de faire varier sa formule désormais bien rodée, le studio a su nous offrir un titre, et un remake, de qualité.

 

Crystal Chronicles

 

L'action d'Avernum 2, qui mentionnons-le peut tout à fait être appréciée sans que l'on ait bouclé le premier opus, prend place cinq ans après l'assassinat de l'empereur Hawthorne II par le groupe du premier jeu. C'est donc dans un contexte de guerre entre les Avernites, les habitants du royaume souterrain dans lequel se situe l'essentiel de l'action, et l'Empire de la surface que débute votre aventure.

Cette crise militaire s'accompagne de plus de l'apparition dans tout le royaume de grandes et mystérieuses barrières magiques empêchant toute circulation de troupes et de marchandises. Votre groupe de quatre personnages, fraîchement recruté pour construire des salles de stockage pour l'armée au fort Ganrik, va cependant rapidement aider à repousser une attaque, pour finir par partir à l'aventure pour le compte de l'armée Avernite afin de dénouer cette situation tendue. 

Le contexte narratif de la saga Avernum est clairement l'une de ses principales qualités : le monde ici dépeint est relativement sombre (un pays souterrain entier qui sert de prison – prends ça Arkham City !), les différentes races et nations à l'oeuvre sont assez singulières, et le développement général de l'intrigue sur les six épisodes est ma foi plutôt captivant. On se prend rapidement d'affection pour ce royaume souterrain opprimé, tout particulièrement dans ce second épisode, qui voit notamment l'apparition d'une nouvelle espèce inconnue dans le précédent opus et qui est souvent considéré par les joueurs comme le meilleur de la série, du moins sur le plan narratif.

Une opinion que l'on incline à partager, tant les nombreux textes et dialogues, bien que malheureusement souvent linéaires, parviennent à capter notre intérêt. Lorsqu'un événement aléatoire se déclenche, le texte nous décrit à la manière d'Un Livre dont vous êtes le Héros la situation en question, et bien souvent, malgré le certain classicisme des scènes, on est pris au jeu et intéressé par la situation. On est loin d'un jeu très narratif, on reste dans l'orientation porte-monstre-trésor de la série, mais c'est avec plaisir que l'on découvre les tenants et aboutissants de l'intrigue et de l'univers.

De plus, l'intrigue principale a le bon goût de se décomposer en trois parties qu'il n'est pas nécessaire de réaliser à chaque partie, chacune d'entre elles permettant de finir le jeu. Ce qui permet une certaine rejouabilité et liberté de choix, même si l'on reste loin d'une narration à embranchements multiples. Le jeu a tendance à mettre cette quête en avant, et les barrières limiteront dans un premier temps nos velléités d'exploration, mais nous laisse cependant agréablement libre de nos actions, avec notamment beaucoup de quêtes annexes et de lieux à explorer. 

 

  

Le contexte du jeu est expliqué par de superbes artworks, comme dans d'autres Spiderweb récents

 

Finirez-vous un jour Ze... Avernum 2 ?

 

Avernum 2 est en effet un jeu très vaste : il est probable qu'en prenant votre temps et en réalisant l'essentiel des quêtes annexes et principales, vous y passiez une bonne trentaine voire une quarantaine d'heures. Les quatre chapitres sur lesquels s'étend le jeu sont inégaux, tant en termes de taille que d'intérêt (le quatrième est au moins aussi long que les précédents, et le second n'offre quasiment que des combats vite agaçants malgré un enrobage narratif sympathique), mais offrent au cumulé un contenu et un challenge conséquents.

Il sera ainsi possible d'explorer une immense carte du monde, assez touffue en lieux d'intérêts, donjons et rencontres aléatoires, que l'on pourra notamment arpenter en navire. On regrettera cependant le manque de vie dans les villes et l'absence quasi générale d'interactions (sociales ou violentes) avec les PNJ non marchands ou donneurs de quête. Il existe notamment dans les villes, conformément aux traditions ancestrales du jeu de rôle, des tableaux d'affichage proposant des quêtes annexes à la pelle. Les donjons, en plus de proposer du loot et des combats de boss parfois assez âpres, voire fastidieux, nous permettent également à l'occasion d'obtenir de nouveaux sorts que l'on n'aurait pas pu acquérir chez les marchands.

On jouit donc d'une certaine liberté, toujours appréciable, dans l'exploration de cet univers qui sait de plus varier ses environnements avec une certaine maîtrise malgré les faiblesses évidentes du moteur graphique et le coté troglodytique inhérent au contexte de la saga.

 

  

  Le jeu vous offre de vastes et nombreux environnements à explorer de diverses manières

 

Character Body-Building

 

Bien entendu, comme il est de coutume dans le genre, votre exploration de l'univers vous gratifiera de points d'expérience et de niveaux vous permettant de personnaliser plus avant votre groupe de quatre personnages. Ceux-ci peuvent être de 3 races (Homme chat, reptilien, humain) et exercer 9 professions, parmi lesquelles les génériques sorcier et guerrier, ou d'autres comme le Shaman, qui malheureusement n'impliquent qu'une répartition de statistiques, traits et skills différente. En réalité, les différences concrètes entre les personnages ne tiennent qu'aux trois principaux archétypes, dans lesquels sont regroupées les autres classes, que sont le mage, le clerc et le guerrier. 

Le premier est comme de coutume orienté vers les sorts de dégâts et de crowd control à distance, tandis que le clerc sera plutôt orienté vers le perfectionnement de ses nombreux buffs et sorts de soins, et que le guerrier bénéficie de capacités actives particulièrement puissantes nécessitant un cooldown de plusieurs tours.

Mais évidemment, tout joueur investi sera plutôt attiré par la possibilité de répartir soi-même ses points d'attributs ou de skills et ses traits. Il sera ainsi possible de choisir entre quatre caractéristiques (Force, Endurance, Dextérité et Intelligence), une vingtaine de skills (regroupant tant des capacités augmentant les dégâts effectués avec un certain type d'arme que des compétences pacifiques permettant des activités comme le crochetage ou la découverte de passages secrets) et un nombre similaire de traits (que l'on peut faire progresser sur plusieurs niveaux, et offrant également divers bonus passifs). Signalons également la présence d'entraîneurs qui permettent d'augmenter l'efficacité de différents skills et sorts.

Dans l'ensemble, le système fonctionne relativement bien et offre une liberté de progression assez appréciable. On prend plaisir à faire évoluer ses personnages au fur et à mesure de ses combats, même si la rejouabilité et le re-roll ne seront peut-être pas suffisamment intéressants pour motiver à relancer de multiples parties. 

 

  

Le système de développement de nos personnages se révèle assez profond et gratifiant

 

Donjons, Dragons... Baston !

 

Les combats, parlons-en. Ceux-ci peuvent principalement survenir de deux manières : à la faveur d'un événement aléatoire sur la carte du monde (voir image de droite) ou lors de l'exploration d'un donjon (gauche). Dans les deux cas, le jeu passe en tour par tour et les personnages se mettront à agir en fonction de leur valeur de dextérité. 

Si la plupart des affrontements contre les trashmobs seront aisément surmontés – lorsqu'ils ne sont pas en surnombre –, certains combats de boss ou rencontres particulières pourront se révéler autrement plus corsés. Je pense notamment au premier combat difficile du jeu, contre Tyossa, illustré ci-dessous, qui est un petit pic de difficulté bien que loin d'être comparable avec certaines rencontres postérieures.

Il vous faudra user sagement de toutes vos ressources en termes de buffs, debuffs et autre sorts de contrôle pour vous en sortir contre les plus puissants ennemis. On reste loin d'un Baldur's Gate ou d'un Temple of Elemental Evil, mais les combats ne sont pas dénués d'intérêt et de stratégie, avec un challenge plutôt motivant bien que parfois un peu brisé quand l'IA décide de spammer ses sorts les plus cheatés ou à l'inverse de très mal "jouer" avec des prises de décision hautement contestables.

 

  

Les combats sont parfois difficiles, mais toujours assez intéressants

 

Et pour les briscards... 

 

Faisons enfin le tour de ce qu'apporte cette nouvelle monture du titre afin de motiver les plus anciens d'entre nous à se procurer cette nouvelle version. En plus de la compatibilité avec les OS récents et d'une modernisation évidente (toute proportion gardée) de l'aspect graphique et de l'interface, dont témoignent ces screens issus du premier remake de Exile 2, le développeur a pris soin de rééquilibrer quelques sorts abusés et de corriger certains bugs (d'ailleurs, le jeu fonctionne de façon tout à fait propre). 

On note également l'ajout de nouveaux éléments plus conformes à notre époque, tel que le journal de quête ou des tutoriels plus complets, qui permettront de guider efficacement les nouveaux venus. Un remake qui s'impose donc aisément comme la meilleure version d'Avernum 2, une version modernisée et légèrement enrichie, de plus désormais aisément accessible sur les plateformes de distribution modernes. En outre, comme pour le premier opus, Spiderweb parle déjà de l'éventualité de porter le jeu sur tablettes, ce qui correspond à mon sens plutôt bien à l'orientation techniquement spartiate mais indéniablement riche du titre. 

 

  

Je pense que personne ne contestera l'intérêt visuel du remake


Avec Avernum 2, vous ne vous poserez pas trop de questions. Soit vous connaissez et appréciez déjà les titres issus de Spiderweb, auquel cas vous savez déjà à quoi vous attendre tant la formule reste aussi savoureuse qu'inchangée, soit vous serez rebuté par la propension du titre au bourrinage et son enrobage dépassé.  

Mais pour ceux qui adhérent, c'est l'occasion de profiter d'un jeu nous offrant un riche contenu, de surcroît plutôt intéressant, et une certaine liberté d'évolution et d'exploration, devenant de fait assez captivant et addictif.

 

LES PLUS
  • Le contexte de la série
  • Une certaine qualité d'écriture
  • L'évolution des personnages
  • Un gros contenu
  • Beaucoup de liberté et une histoire non linéaire
LES MOINS
  • Bourrin
  • L'IA aléatoire
  • Enrobage visuel et sonore dépassé

7/10

Commentaires (9)

#2

mOshman
Villageois

Total fan des jeux Spiderweb, pour les combats et la qualité des textes
#3

DAlth
Garde royal

Une certaine qualité d'écriture ? Non.

Une qualité d'écriture certaine.

Bourrin c'est vrai mais c'est le contexte qui veut ça...
#4

Remontoir
Villageois

Spiderweb c'est quand même assez unique comme démarche.
Depuis 20 ans, il fait vivre ses séries fétiches en leur offrant régulièrement des ravalements pour les remettre (presque) à niveau graphiquement et en gardant le fond quasi inchangé. je ne crois pas que avoir vu cette démarche ailleurs.

La sensation de lire un bouquin est très agréable, avec les graphismes assurant juste le minimum syndical pour laisser toute sa place à notre imagination...

Malheureusement uniquement en anglais, ce qui finit par être fatigant et rebuter le soir après le boulot, vu la quantité de texte...
#5

ninheve
Grand chevalier

une fois passée les graphismes planplan, j'avoue avoir aimé les jeux spiderweb pour justement une qualité d'écriture, mais là le coté bourrin me refroidi un peu.
#6

targus
Noble


Malheureusement uniquement en anglais, ce qui finit par être fatigant et rebuter le soir après le boulot, vu la quantité de texte...

J'avais regardé la possibilité d'une traduction, mais le jeu n'accepte pas les lettres accentuées.
#7

all_zebest
Héros

J'aimais bien le character design des vieux portraits, mais à part ça, le ravalement est bienvenu.
Une autre compagnie qui ravale régulièrement ses titres, c'est Falcom, au Japon, mais ils sont autrement plus gros que Spiderweb.
#8

pouicoss
Seigneur

Clairement, les jeux SpiderWeb sont chouettes surtout les récents avec les artworks magnifiques et des textes vraiment cools. Mais j'ai vraiment vraiment du mal avec les graphismes et je décroche souvent vite à cause de ça C'est nul, je sais .
Merci pour le test en tout cas, comme d'hab, ça fait envie et je vais surement craquer. Mais faudrait que je finisse les Avadon avant ...

Message édité pour la dernière fois le : 19/03/2015 à 16:57

#9

targus
Noble

> pouicoss
tu peux tester avant de l'acheter - il existe une démo
#10

DAlth
Garde royal

> pouicoss
tu peux tester avant de l'acheter - il existe une démo


Oui et une démo suffisamment longue pour apprécier ou pas le jeu.




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