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Planet Stronghold

par Leuffen 10 Fév 2015 10:00 4

Joueurs du dimanche et noctambules, ce n'est certes pas pour me vanter, mais il m'arrive de me battre pour des causes à priori désespérées. Rassurez-vous, je ne souhaite pas parler ici de Tibet libre ou de lutte des classes, mais plutôt d'un studio italien aux productions ambiguës... j'ai nommé Winter Wolves. Loren The Amazon Princess – RPG dont Killpower vous fait le détail ici – avait en effet su piquer mon intérêt dans le sens où on y retrouvait à la fois une qualité d'écriture correcte, les ressorts des RPG classiques, mais également les mécaniques de jeu de sim-dating pour lesquels les développeurs outre-alpins étaient connus avant de se lancer dans le genre vidéoludique, qui fait notre heur à nous autres gobelins. Déterminé à apporter mon écot aux avis plus que mitigés qu'avait suscité la sortie de ce jeu, j'ai donc décidé de m'intéresser de plus près à celui qui le précédait, alors même que vient de paraître le dernier-né de Winter Wolves sur Steam.

De fait Planet Stronghold, RPG blobber des familles sorti le 27 Mars 2011 uniquement en anglais sur PC, n'est-il qu'un brouillon pour Loren et ses successeurs ou s'agit-il d'une perle méconnue ? Suivez-moi pour le savoir, et ne touchez pas à l'hovercraft, la peinture est encore fraîche ! 

 

Welcome to Butcher Bay

 

Notre histoire commence en 3000 et des brouettes. L'espace est l'ultime frontière et l'humanité s'est répandue dans les étoiles pour former un glorieux empire encore inégalé par les races extraterrestres connues. Outre la planète-mère, le second cœur de ce royaume des cieux se nomme Planet Stronghold, qui comme son nom l'indique est un monde désertique où se trouve la base la plus fortifiée du dominion humain, dans laquelle sont entraînées les meilleures recrues que compte l'armée. C'est donc là que vous serez amenés à faire vos classes en tant que soldat de premier rang... du moins une fois que vous aurez choisi votre sexe, votre classe parmi quatre et que vous aurez réparti vos points de compétence dans un vaste panel de traits guerriers ou utilitaires. Notez au passage que le choix de votre genre équivaut à celui de votre apparence et de votre prénom, votre patronyme étant quoi qu'il en soit Nelson. Par soucis de commodité, nous dirons donc que nous nous trouvons dans la peau de Joshua Nelson – même si nous savons tous qu'il aurait préféré s'appeler Leuffen Mc Kernick –, fier gaillard blond aux yeux bleus, accoutré d'un uniforme moulant et d'un bandeau à la Rambo, brûlant de faire ses preuves.

 

   

Oui, dans le futur les tenues moulantes et l'hermine sont toujours à la mode

 

Accueilli par le très amical commandant de la base Tom Scheiss... je veux dire Shatz, vous êtes immédiatement amené à faire un test d'aptitude au combat, au côté d'un sniper à l'air aussi chafouin que rhénan nommé Phillip Koenig, lorsque soudainement l'alarme de la base se déclenche. Prétextant qu'il s'agit d'un simple exercice de routine, votre supérieur ne se rue pas moins au-dehors de la pièce avec sa plantureuse lieutenante Rebecca Fox sur les talons, tout en vous ordonnant de poursuivre le test. Il apparaît néanmoins rapidement que le danger est réel car les robots gardiens des lieux sont devenus fous et attaquent tout le monde à vue, tandis que des pirates en profitent pour mettre l'endroit à sac. Pire, vous vous apercevez que ceux-ci en ont après l'empereur et sa femme alors en visite de routine ! Après une âpre bataille, vous parvenez néanmoins à mettre tout ce petit monde au pas, même si notre ami Tom récolte dans l'opération une blessure qui va l'obliger à garder le lit un certain temps. Or il va falloir remettre les défenses saccagées en état de marche et partir à la recherche du prince qui a été enlevé. Nelson est donc promu par l'empereur au rang de commandant intérimaire parce que... pourquoi d'ailleurs ? Parce qu'il porte le même nom qu'un célèbre général depuis longtemps cané, pardi ! Non, je ne plaisante pas. Misère. Bref, c'est désormais sur vos épaules que va reposer le destin de Planet Stronghold, d'autant plus qu'il vous est impossible d'appeler des renforts d'outre-espace et que le dauphin paraît avoir suivi ses ravisseurs beaucoup trop docilement pour qu'il n'y ait pas anguille sous roche.

 

Un peu plus près des étoiles

 

A l'instar d'un certain RPG bien connu impliquant un militaire au nom de chien, vous allez devoir gérer non seulement votre personnage mais également sept équipiers, grâce à des fiches pour le moins simplistes. En effet, si les statistiques brutes augmentent automatiquement, vous récupérerez à chaque passage de niveau quatre points à répartir entre une vingtaine de compétences passives divisées en deux catégories, à savoir utilitaires et guerrières. Notez que par "guerrières", j'entends celles permettant d'augmenter les dégâts d'un type d'arme spécifique, la précision ou l'esquive d'une façon générale – un facteur important car tout équipement de meilleure qualité que celui que vous trouverez dans votre paquetage de départ requerra un certain niveau dans certaines d'entre elles. Quant aux autres, elles peuvent être considérées comme purement utilitaires, dans le sens où elles refléteront les points forts des personnages qui vous permettront d'augmenter vos chances de résoudre des situations de trois façons au lieu d'une. À titre d'exemple, supposons que vous tombiez sur un groupe d'ennemis en embuscade grâce à la capacité "Survie" de notre ami Phillip, préférerez-vous les charger bille en tête, tenter de les abattre à distance un par un comme des loutres enragées ou faire sauter tout un pan de la colline voisine pour les ensevelir, au risque de perdre le butin qu'elles protègent ? Certes, vous vous apercevrez vite que ces choix s'avèrent relativement limités, mais au moins ont-ils le mérite d'exister.

 

   

Les heurs de la spécialisation à outrance

 

Du côté de l'exploration, on a affaire à du rustique : le groupe peut certes se déplacer sans contrainte, mais uniquement d'un point clé à l'autre. Vous aurez ainsi le choix entre les différents lieux de votre camp de base – où vous pourrez demander à votre sexyborg Lucille de vous bricoler des armes et armures à partir de morceaux de métal ramassés sur vos ennemis, discuter avec vos hommes, les entraîner un peu et régénérer tout le monde – et différents sites que vous pourrez explorer en tour par tour en dévoilant progressivement une sorte de brouillard de guerre, le tout aux commandes d'une sorte de hovercraft aux allures d'avion furtif. Comme ce véhicule est heureusement nanti de tout le confort moderne, vous pourrez y changer la composition de votre équipe active de quatre soldats, son équipement et même pioncer un coup pour vous requinquer. Notez d'ailleurs que si fuite il doit y avoir, celle-ci ne pourra avoir lieu qu'avant de croiser le fer, et ce au prix d'une partie d'une barre de carburant qui se remplit à nouveau dès que vous refaites le plein à la base. 

 

   

Croyez-moi, il y a davantage à faire qu'il n'y paraît

 

À la rigueur, retournons plutôt à nos pénates. Une fois de nouveau à l'abri vous pourrez, comme nous l'avons vu précédemment, jeter un coup d'œil plus critique sur vos recrues et vous apercevoir qu'entre autres elles sont réparties dans les quatre mêmes classes que l'on vous a proposées au début du jeu. À savoir le soldier spécialisé dans les fusils et pistolets, l'enforcer en armure lourde et maître des mitrailleuses, le sniper au nom équivoque et le psionic disposant d'une pléthore de compétences surtout utilitaires – et en particulier celle de soin. Histoire de devenir de véritables machines à tuer, vos larrons pourront se soumettre à un entraînement sélectif qui pourra améliorer dans de très faibles proportions leurs quatre compétences principales... du moins jusqu'à ce que le générateur de la base ne soit à sec et que vous lui donniez le temps de se remplir un peu tandis que vous effectuez une mission. Car oui, missions il y a ! Certes, elles ne sont guère nombreuses et leur difficulté est plus irrégulière que des montagnes russes déboutonnées, mais du moins sont-elles variées dans leur formulation et abreuveront-elles l'intégralité de votre équipe de Points d'Expérience, qui feront souvent cruellement défaut.

 

Dark side of the Moon

 

Du côté des combats, nous sommes en terrain connu puisque les développeurs ont misé sur une interface de blobber classique, comme vous pouvez le voir sur les images : votre meute de quatre chiens de guerre au bas de l'écran, symbolisés par des encarts regroupant leurs informations principales, les ennemis représentés par des artworks statiques au centre et leurs propres fiches techniques – comprenant en particulier leurs forces et faiblesses "élémentaires" en haut de l'écran. Suivant la même logique, les personnages agissent à tour de rôle un camp après l'autre ; et si les cadavres des ennemis sont déblayés immédiatement, il est toujours possible de relever vos hommes tombés au champ d'honneur avec l'équivalent local de la queue de phénix. Là où les choses deviennent intéressantes, c'est que le jeu prend à rebrousse-poil les règles du genre en vous laissant l'accès à pas moins de dix emplacements d'inventaire de chacun de vos tirailleurs et en vous permettant d'interchanger vos trois pièces d'équipement ou d'en passer une partie à un autre personnage, en l'espace d'un claquement de doigts. Votre psion commence à s'épuiser ? Troquez sa potion de soin contre une lotion régénérant son endurance mentale ! Bref, cela vous permet un certain degré d'adaptation à des combats qui s'avèrent un peu longs, tant vos adversaires font preuve de résilience. Chaque type de ceux-ci est d'ailleurs détaillé par une fiche très complète lors de sa première apparition (qui est alors cataloguée dans le serveur de la base) et est caractérisé par une technique spéciale qui vous dictera d'elle-même une priorité logique dans l'ordre des cibles à abattre. On ne laisse pas survivre un type de bloquer régulièrement les pouvoirs psy pendant deux tours ! 

 

   

Même si les modèles se répètent parfois un peu, les ennemis restent variés

 

On peut d'ailleurs regretter que les psions aient jusqu'à huit "sorts" ayant trois niveaux de puissance, alors que les unités les plus classiques n'en ont aucun, mais on ne ressent pas pour autant un manque et cela pour deux raisons. Primo, fondamentalement parce que toutes les classes ont accès aux sorts mentaux et que bien que vous ne calerez jamais assez de points dans le domaine pour en faire des sous-mentalistes valables, vos personnages auront toujours suffisamment d'énergie sous le coude pour utiliser au moins une fois une technique qui peut s'avérer salvatrice sans qu'il y ait besoin de l'apprendre au préalable. Secundo parce que les belligérants peuvent alterner entre quatre attitudes : déchaîner un tir de barrage au détriment de la précision et en attirant l'attention des opposants, attaquer normalement, maximiser vos chances de toucher et d'infliger un coup critique tout en s'exposant à une contre-attaque plus certaine... ou se rouler en boule pour augmenter sa défense et regagner quelques Points de Vie. À mon sens, bien que la sainte trinité "tank-heal-dps" de ce genre de jeu puisse être respectée, tout cela apporte suffisamment de variations aux combats pour ne pas les rendre trop répétitifs. 

 

   

Deux types de gestion. Devinez laquelle est la plus délicate ?

 

Cela nous ramène néanmoins au problème que nous avons évoqué précédemment, les Points d'Expérience trop rares. Il vous faut en effet savoir que si l'intégralité de votre groupe bénéficie de ceux gagnés lors de la résolution des quêtes – ce qui tombe bien puisqu'en général, vous pouvez utiliser indifféremment la compétence fétiche de n'importe qui pour résoudre un certain type de situation –, seule l'équipe active en gagne lors des combats. Il en résulte donc un écart grandissant entre vos personnages fétiches et les laissés-pour-compte, ce qui devient d'autant plus problématique lorsque vous abordez la question de leurs quêtes personnelles. Pourquoi ne pas multiplier les affrontements dans ce cas ? Parce qu'il n'y a pas de réapparition des ennemis, pardi. Ergo, la dépense de chacun de vos points de compétence doit se faire avec d'autant plus de minutie que vous pouvez sauvegarder n'importe quand en-dehors des combats.

 

Fly me to the moon

 

Chers lecteurs, je vous suggère de mettre vos lunettes de protection car nous allons à présent attaquer la partie la plus sanglante de ce test. Commençons en douceur. D'un point de vue strictement esthétique, le jeu peut être caractérisé au mieux d'imparfait : les environnements sont de simples fonds à peine colorés, les musiques sont peu nombreuses et donc d'autant plus redondantes... rajoutez à cela le fait que le design des personnages a l'air d'être issu de l'union illégitime du premier Mass Effect avec un épisode de l'une des premières saisons de Star Trek, et vous comprendrez mon désarroi. Attendez, la comparaison est sans doute un peu trop glauque. Disons plutôt que tout, de l'allure des extraterrestres en passant par les technologies qui nous sont montrées, jusqu'aux dialogues et aux exclamations de vos soldats en plein combat – les seuls moments où ils seront doublés – donne l'impression d'avoir sous les yeux l'un de ces magazine pulp des années 1940. C'est kitsch et il vaut mieux se placer dans le bon état d'esprit pour l'apprécier, mais au final cela peut avoir son charme.

Dans ce cas, cela ne devrait pas vous étonner d'apprendre que le contenu s'avère tout aussi cliché que le contenant. Que le scénario soit un imbroglio de retournements scénaristiques passe encore... mais les rares fois où le choix nous est donné, l'une des solutions nous est proposée avec la finesse d'un ornithorynque tombant dans un saladier de ponch ! Cela se ressent d'ailleurs particulièrement dans les quêtes qui deviennent accessibles au fur et à mesure que les relations entre Nelson et ses équipiers évoluent au travers de dialogues ou d'événements : on en apprend certes davantage sur tout ce petit monde et c'est parfois bien écrit, mais on enchaîne le plus souvent poncif sur poncif. De ce fait, aucun ne se détache vraiment du lot, à moins que vous n'ayez brusquement le coup de foudre.

 

   

Michelle, Jacob et Lucille la sexyborg, mes trois personnages favoris

 

J'espère que vous aurez noté ma transition subtile pour aborder le détail qui donne véritablement sa griffe au studio Winter Wolves, à savoir les romances. Vous ai-je déjà précisé que les développeurs n'avaient sorti que des jeux de drague auparavant ? Eh bien laissez-moi vous dire que les gaillards connaissent leur sujet puisque celles-ci seront nombreuses et variées, et ce quel que soit votre sexe ou vos préférences en la matière. Toujours amenées par une série de quêtes et de discussions variées, elles ne présentent aucun autre intérêt que de donner un peu de corps à votre personnage qui en a bien besoin. Donc pas de bonus au menu, juste un peu d'amour, de drame et des artworks glamours à se mettre sous la dent... mais au moins est-ce bien tourné.

 

Au final, s'agit-il d'un bon ou d'un mauvais jeu ? Bien que cela me peine de le dire, Planet Stronghold est au mieux une œuvre que l'on peut ignorer sans peine : le système de combat a beau être particulier et les romances bien tournées, l'ensemble est desservi par un scénario sans saveur, des graphismes fades et une difficulté qui vous fera par moment serrer les dents au point qu'on aura l'impression que vous vous les êtes fait limer. Elle ne vaut clairement pas le coup à moins d'être en soldes, auquel cas je vous conseille d'y jeter un œil pour les quelques pépites qu'elle recèle. Plus important, j'estime qu'il faut considérer cette œuvre comme celle marquant la transition de genre d'un studio de développement, un premier pas qui donne les prémices de quelque chose qui ne peut aller qu'en s'améliorant. Nous en reparlerons vraisemblablement avec leur dernier-né, Seasons of the Wolf.

Puissiez-vous néanmoins y trouver votre Carthage.

LES PLUS
  • Bestiaire original
  • Variété dans la résolution des quêtes
  • Romances variées
LES MOINS
  • Histoire faiblarde
  • Difficulté en dents de scie
  • Background peu développé
  • Graphismes et ambiance peu mémorables

5/10

Commentaires (4)

#2

Lisakooo
Citoyen

merci pour le test je passe mon tour alors ^^

Message édité pour la dernière fois le : 10/02/2015 à 13:44

#3

all_zebest
Héros

J'avais fait la démo et passé un bon moment. C'est tout comme tu dis dans ton test !
#4

Gelukpa
Guerrier

Test très intéressant, merci.
J'ai l’impression qu'il va falloir attendre encore la sortie de un ou deux jeu chez ce studio avant de voir arriver une perle.
#5

Chinaski
Grand chevalier

Michelle Lafleur, elle a l'air d'abuser des médicaments de l'infirmerie...




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