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Valkyria Chronicles

par Leuffen 09 Jan 2015 10:00 10

Joueurs du dimanche et noctambules, il ne vous aura sans doute pas échappé que parmi les RPG que mes collègues gobelins et moi vous présentons avec ferveur chaque semaine, rares sont ceux où les affrontements n'ont pas une place prépondérante. Qu'il s'agisse de dégainer son glaive pour faire triompher la Lumière, le Mal ou le Culte de la Sainte Loutre, les occasions de répandre le sang, mais surtout le tripou chaud au raisiné, ne manquent pas. Et cela tombe bien puisque le jeu qui nous intéresse aujourd’hui va nous amener à faire une indigestion de charcuterie au nom de la liberté avec un L majuscule. Ce jeu, il s'agit de Valkyria Chronicles, réalisé par SEGA en Octobre 2008 pour la PS3 et qui a connu un portage le 11 Novembre 2014 sur PC. Ayant connu une suite sur PSP en Septembre 2010 puis un troisième opus sur PSP en Février 2011 - lequel n'est par ailleurs encore jamais sortis en Occident -, cette série est réputée à la fois grâce à son ambiance steampunk très particulière de même que son système de combat innovant mêlant tour par tour et temps réel. S'agit-il d'une réalité ou d'une mystification née des vapeurs dont ce genre de fantasy est prodigue ?

Suivez-moi pour le savoir. Et souvenez-vous... ALL HAIL BRITANNIA !

 

Aux armes, citoyens !

 

Notre histoire débute dans un monde inconnu mais ressemblant diantrement à ce qu'était le nôtre durant la première moitié du XXe siècle sur le continent en guerre d'Europea. Le titanesque Empire, mené par son souverain Maximilian Gaius Von Reginrave, s'est lancé dans la vaste entreprise de conquérir l'ensemble du continent - tout en exterminant les darcsens, espèce d'ersatz local de boucs émissaires caractérisés par des cheveux noirs corbeaux et qui n'ont pour tort que de faire partie d'une ethnie qui avait failli asservir le monde bien des siècles auparavant -. Sur son chemin se trouve le petit royaume de Gallia, sorte de mélange improbable entre la Suisse et la Belgique qui en sus d'être gouverné par une très altière princesse est pourvu d'un sous-sol extrêmement riche en ragnite. Qu'est-ce que la ragnite ? Un métal magique. Non, je n'ai pas de meilleure explication malgré le fait qu'il n'y ait quasiment pas un gramme de fantastique dans l'univers de Valkyria Chronicles... mais excusez-moi du peu : une espèce d'énorme quartz bleu luminescent qui une fois raffiné constitue une source d'énergie propre suffisamment puissante pour faire tourner une camionnette voire un tank une fois intégrée à un moteur, j'appelle ça de la magie. Notez cependant que tout le monde n'y a pas accès, et que le bois ainsi que le charbon demeurent les ressources principales des gens du commun.

Bref. Toujours est-il que l'empire pseudo-teuton ne rencontre que peu de résistance et que certaines de ses unités sont déjà en vue de Randgriz, la capitale du royaume. Mais ce qui nous intéresse est plutôt le sort d'un petit village se trouvant à environ une journée de voyage de la ville et vers lequel se dirige un jeune homme nommé Welkin Gunther - pas de blagues à propos de chanteurs allemands, soyez indulgents - revenant au pays après avoir fini son service militaire obligatoire.

Arrêté à cause de sa fascination suspecte pour la nature sous toutes ses formes, par une milice locale sur les dents à cause de l'approche de fantassins ennemis, notre ami rencontre celle qui sera sa compagne de tous les instants, je veux parler d'Alicia Melchiott la boulangère - et accessoirement chef de la milice -. Prenant le mors aux dents et surtout le fusil sur l'épaule alors que des soldats adverses épaulés d'un tank commencent à se tailler un chemin sanglant à travers les défenseurs du village, il parvient néanmoins à repousser les envahisseurs avec un coup de pouce bienvenu de sa petite sœur - adoptive - Isara qui lui livre clé en mains le tank lourd que leur père utilisait lors de la dernière guerre et qu'elle a entretenu depuis sa mort. La victoire n'est cependant que de courte durée puisque les estiens parviennent tout de même à s'emparer du village vidé de ses habitants quelques heures plus tard. Jurant de revenir un jour, Welkin, Alicia et Isara prennent alors le chemin de Randgriz où ils intègrent l'armée régulière avec un grade d'officier conscrit d'office pour leurs faits d'armes. A moins que ce ne soit le fait qu'ils se ramènent avec un engin de guerre d'élite en parfait état qu'ils savent conduire, ou que Gunther est le nom du héros le plus décoré de la dernière guerre, je ne sais plus.

 

   

Une guerre terrible en vue pour nos deux jeunes gens

 

Vous voilà donc pris au milieu d'une guerre de conquête qui n'aura rien à envier à celle des deux guerres mondiales, les lance-roquette en forme de hallebarde, l'artillerie montée sur train, et les valkyries en plus.

 

Sous le feu de l'ennemi
 

A défaut d'être révolutionnaires, il faut avouer que les mécaniques de combat en vigueur dans Valkyria Chronicles sont uniques en leur genre. J'ai d'ailleurs beau me triturer la cervelle, je ne lui trouve pas vraiment d'équivalent, à part peut-être le type de pause active présent dans les jeux Games of Thrones et Of Orcs and Men de Cyanide, et encore. Je m'explique.

Lorsqu'une mission débute, un personnage - le plus souvent le capitaine Varrot coiffé de son increvable képi - commence par vous expliquer les modalités de la mission à l'aide d'une carte papier réaliste du terrain d'affrontement. Quand je dis réaliste, je veux dire qu'elle n'est pas en 3D et ne montre pas plus la position de vos adversaires que la constitution de leur armée, mais comporte de nombreuses annotations sur les variations de dénivellations du terrain et sur les structures déjà en place qui vous seront utiles pour progresser - maisons, ruines, tranchées, ponts, tours de guet, etc -. Les objectifs de mission en eux-même sont assez peu variés puisqu'ils consistent le plus souvent en la capture du drapeau planté au cœur du camp principal de vos adversaires... avec des spécificités comme la destruction préalable d'un pont, une approche furtive, ou la mise à mort d'un ennemi spécifique. Certains éléments imposés viendront de surcroît compliquer ou simplifier les affrontements selon l'usage que vous en faites : une tempête de sable se déchaînant tous les trois tours pourra protéger l'avancée de vos fantassins, des tirs de mortier vous obligeront à être mobile, des champs de mine vous obligeront à surveiller attentivement vos pieds, certains ennemis requerront une approche spécifique, j'en passe et des meilleures. Les missions se suivent et ne se ressemblent pas.

Revenons à nos moutons. Après l'étude des conditions de victoire et de défaite vient une phase tout aussi cruciale, à savoir les unités à déployer. Selon le scénario, vous pouvez caser entre 2 et 11 d'entre elles sur vos zones de départ, en incluant forcément le lieutenant Welkin Gunther à bord de son char l'Edelweiss puisque celui-ci commande les opérations sur le terrain. Vous pouvez sélectionner les unités que vous désirez parmi toute la septième compagnie - non, pas de référence cinématographique, cessez d'être dissidents -, chacune d'entre elles appartenant à l'une des cinq classes suivantes : les scouts, dotés d'une grande mobilité et d'une certaine précision ; les shocktroopers, résistants et armés d'une mitrailleuse ; les snipers, qui comme leur nom l'indique sont armés de fusil de haute précision tirant une seule balle dévastatrice par action ; les ingeneers, aux caractéristiques moyennes mais aussi bien capables de retaper des tanks que de refaire le plein de munitions en passant près de leurs alliés ou de déminer ; les lancers, armés de lance-roquettes, véritables chasseurs de tanks armurés de la tête aux pieds. Vous obtiendrez en plus au cours de la campagne de libération de Gallia l'opportunité de déployer un second tank, léger celui-là, mais qui ne compte quand même que pour une seule unité. Un dernier point à prendre en compte durant cette phase est le fait que certains personnages dans votre groupe de gueulards ont, ou vont, trouver le moyen de gagner une médaille du mérite, ce qui signifie qu'une fois sur le terrain ils vous procureront un avantage tactique significatif pour la suite des opérations.

 

   

Planifiez autant que possible, puis mettez-vous en chasse !

 

Une fois cette opération terminée, la bataille commence avec un discours aussi bref qu'inspirant de Welkin avant que celui-ci ne s'enferme dans sa forteresse roulante. Vous vous retrouvez alors sur la carte précédemment évoquée, cette fois annotée par la position des drapeaux signalant les camps d'où peuvent provenir des renforts ennemis - et alliés si vous parvenez à les prendre - ainsi que la position des unités adverses se trouvant dans votre champ de vision, chacune estampillée de l'insigne de sa classe. Notez d'ailleurs que si durant un tour un ennemi s'approche de votre position tout en restant hors de vue, une petite animation de bruit vous indiquera la direction approximative qu'il a emprunté, et que si l'individu commet l'erreur d'entrer et sortir de votre champ de vision, sa position approximative sera alors plus précise et notée avec un « ? » bien visible sur la carte.

Arrive enfin le moment de bouger votre premier pion, que vous devez sélectionner, puis activer au prix de l'un des Points d'Action visible en haut de l'écran sous forme de médaille - deux sont nécessaires pour faire bouger un tank -. Le jeu passe alors du mode tour par tour à une sorte de TPS où vous pouvez bouger votre personnage dans toutes les directions dans la limite de la jauge d'endurance jaune au bas de l'écran. Soyez néanmoins prudents car vous ne pouvez en aucune façon annuler un mouvement, sans parler du fait que les ennemis deviennent actifs en même temps que vous ! Enfin, « actifs » est sans doute beaucoup dire : tout au plus réagiront-ils selon leur classe et leur équipement au passage de votre personnage et l'assaisonneront-ils d'une salade aux pruneaux jusqu'à ce que leur chargeur soit vide et qu'ils doivent recharger. A vous donc de courir de couvert en couvert pour minimiser les dégâts, surtout en vous servant de votre capacité à vous accroupir derrière les sacs de sables ou dans les tranchées, ce qui réduira considérablement les risques de vous faire toucher. Une fois que vous vous trouvez à l'emplacement souhaité - si vous êtes toujours vivant -, vous pouvez alors passer en mode « visée », ce qui a pour effet de mettre l'action en pause pour vous donner le temps d'aligner l'un des pignoufs en face. S'affichera alors en haut de l'écran le nombre de tirs dont votre unité est capable et celui nécessaire pour venir à bout de sa proie, nombre qui peut varier si vous visez la tête ou le reste de son anatomie.

Le reste est une question de chance : pendant que vous tirez, toutes les balles ne toucheront pas, et parmi les chanceuses, toutes n'atteindront pas la tête même si vous vous êtes appliqué tandis que vous épauliez votre arme. Cela dépendra de facteurs tels que la précision de votre arme, les spécificités du personnage en action et celles de sa cible... il adviendra même que celle-ci, sans doute assistée au dernier moment par la divine protection de Steven Seagall, se jette brusquement au sol et esquive l'intégralité de votre assaut. Le cas est rare, mais toujours impressionnant. Une fois que vous avez vidé votre chargeur, c'est à votre adversaire de vous rendre la politesse s'il le peut - les lancers et les snipers ne peuvent contre-attaquer -, puis le temps reprend son vol, vous laissant l'opportunité de vous déplacer et d'encaisser d'autres attaques d'opportunité jusqu'à ce que vous mettiez fin au tour de l'unité. Libre à vous ensuite d'utiliser tous vos P.A. ou non, sachant que ceux restant seront transférés jusqu'à une certaine limite pour le tour d'après. Remarquez également que vous pouvez tout à fait claquer des points pour faire agir l'un de vos grognards à plusieurs reprises, ce qui impliquera simplement de relancer l'assaut avec moins d'endurance que précédemment.

 

   

La victoire ne tient parfois qu'à une roquette bien placée ou à une charge héroïque

 

C'est ensuite au tour des simili-germains d'en face de jouer, le plus souvent avec une certaine intelligence malgré des tendances parfois lemmingesques. Un autre bon moyen pour parvenir à contourner vos ennemis - donc sans affronter une pluie de balles et leur infliger des dommages supplémentaires - est de profiter des hautes herbes qui camoufleront votre avance tout en vous assurant une protection certaine. Pour tout dire, la meilleure solution pour débusquer un ennemi rencogné derrière un plant d'herbe-de-bison ou des sacs de sable est encore celle-ci : une bonne grenade sur le coin du museau et on en parle plus.

Oui, une grenade. Car la bonne nouvelle est que vos chiens de guerre pourront emporter au combat non seulement leur arme principale, mais également une grenade et une ampoule de ragnite qui fera office de potion de soin. Vous ne pourrez utiliser que l'un de ces objets par tour, mais vous en récupérerez un exemplaire de chaque au suivant à moins que vous ne preniez le contrôle d'un ingeneer pour ravitailler votre unité en détresse. Détresse, vous avez dit détresse ? Bien évidemment, car contexte de pseudo-guerre mondiale oblige, vous allez être pris dans des affrontements meurtriers et vous allez avoir fort à faire pour maintenir vos petits gars - et amazones - en vie. Cependant, l'un d'entre eux dut-il mordre la poussière que ce ne serait pas encore la fin des haricots : le corps de l'infortuné peut encore gésir pendant un tour avant de rendre l'âme, et pour peu que l'un de ses camarades vienne à son secours - sans qu'il ne lui en coûte une action - il pourra être évacué en toute tranquillité et être soigné durant plusieurs tours. Dans le cas contraire, il mourra.

 

Lettres de poilus
 

Passons à présent à un sujet plus joyeux. Valkyria Chronicles se présente comme une chronique de guerre écrite par l'un des protagonistes secondaires - une journaliste - et est très logiquement découpé en chapitres, eux-même divisés en une grosse demie-douzaine de cinématiques ainsi qu'une ou deux batailles. Un opus particulièrement exhaustif, puisque pourvu de plusieurs encarts détaillant non seulement la biographie de chaque personnage si peu important soit-il - avec une figurine en 3D du plus bel effet à l'appui -, mais également une histoire abrégée d'Europea ainsi qu'un lexique sur les technologies communément en usage dans ce monde. Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne c'est le genre de petite attention de la part des développeurs que j'apprécie.

A partir du moment où les personnages principaux rejoignent Randgriz et intègrent l'armée, vous aurez l'opportunité de sortir du mode « livre » pour visiter la capitale et gérer votre bataillon de multiples façons. Pour commencer, à l'aide des points d'expérience globaux gagnés à la fin des affrontements - en quantité variable selon votre prestation sur le terrain - vous pourrez vous rendre sur le terrain d'entraînement géré par le plus borgne et fort en gueule des adjudants, qui vous permettra de les dépenser pour faire monter de niveau d'un bloc toutes les unités ayant la même classe... en conséquence de quoi, leurs statistiques augmenteront significativement et elles développeront des traits de caractère avantageux ou non en combat, comme une bonne vue, une allergie au pollen ou le fait d'être surexcité par des adversaires en surnombre. Grâce à l'argent gagné au combat, vous pourrez faire modifier votre équipement dans une usine tenue par deux originaux, de l'uniforme jusqu'aux différentes parties de l'Edelweiss en passant par les fusils. Enfin, quand je dis « modifier », je veux plutôt dire que chaque pièce de celui-ci dispose de son propre arbre technologique et que chaque spécialisation possède ses avantages et ses inconvénients, que vous ne pourrez évidemment acheter et équiper qu'en nombre limité pour une certaine somme. Il vous arrivera par ailleurs en terrassant certains ennemis - reconnaissables à leurs noms - de pouvoir débloquer des armes uniques en passant soit sur leur cadavre encore chaud, soit des mains même de la princesse Cordelia.

 

   

Vous allez haïr ce type autant que vous allez l'adorer

 

Au cimetière de la capitale, vous aurez non seulement la possibilité de payer vos respects à vos unités tombées au combat, mais également de rendre visite à un vétéran blanchi sous le harnais de la précédente guerre qui se fera un plaisir de vous enseigner contre une dose d'expérience ce qu'il nomme des « ordres ». Ceux-ci, pour un coup variable en P.A., vous permettront de doper significativement une caractéristique de l'une ou de l'intégralité de vos unités pour un tour. Dans les baraquements, vous pourrez changer l'équipement de vos fantassins et analyser clairement leurs statistiques de façon à définir le noyau de votre équipe de choc, ainsi que procéder à la sélection de recrues plus prometteuses - ou vivantes -. Enfin, vous pourrez vous rendre à la gazette locale pour acheter le numéro du jour et faire des donations, pour débloquer des missions alternatives d'escarmouches que vous pourrez effectuer à répétition, ce qui vous permettra entre autre d'approfondir l'histoire de certains personnages.

 

Arts of War

 

D'un point de vue purement esthétique, Valkyria Chronicles constitue à mon sens une petite perle. Qu'il s'agisse du choix des développeurs de représenter l'évolution du scénario via l'écriture progressive d'un mémoire de guerre ou le fait d'avoir préféré un style graphique rappelant aussi bien l'estampe orientale que la gravure occidentale, je ne trouve absolument rien à y redire. Oh bien sûr, on pourra toujours arguer que les environnements ne sont pas si variés que cela et qu'ils manquent parfois cruellement de détails pour un jeu se déroulant principalement en vue TPS, mais je trouve qu'un style épuré donne un cachet... disons « approprié », pour un univers où le canon semble être l'Europe du début du XXe siècle à base de moulin à vent et de ponts hydrauliques. Si aberration il y a, ce serait plutôt du côté des quelques bugs graphiques que j'ai pu rencontrer et qui faisaient parfois voler comme des pinsons certains éléments décoratifs des personnages, ce qui m'a semblé plus drôle qu'ennuyeux puisque dû au portage. Ensuite, je gage que vous hausserez bien un sourcil perplexe en voyant la puissance démesurée de la première Valkyrur que vous rencontrerez ou du charisme sans limite du soldat Hans, mais passons.

 

   

Ne luttez pas, vous voudrez à tout prix Jann dans votre équipe

 

En ce qui concerne la pertinence des personnages en eux-même, il y a à boire et à manger. Certains ont une classe à damner un George Abitbol tandis que d'autres sont des caricatures d'officiers de la Wehrmacht, mais presque tous sont mémorables... alors que les interactions avec la piétaille sont très limitées, à notre grand dam, tandis qu'on nous a appâté avec des biographies prometteuses. On ne peut pas dire non plus que l'aspect moral des protagonistes soit très travaillé - on oscille entre le pragmatisme froid de l'empereur Maximilian et l'absence totale de réaction d'Isara lorsque celle-ci abaisse un levier, ce qui plonge vers la mort des dizaines de soldats ennemis -, mais rien de vraiment choquant. Détail non-négligeable, alors que le jeu n'est disponible qu'en anglais et en japonais - sous-titré et audio -, les doublages d'Outre-Atlantique sont d'une qualité exceptionnelle, au point que je vous les préconise vivement. Au niveau acoustique, là encore peu de fausses notes sont à dénoter : la musique symphonique est de rigueur, remarquable aussi bien dans les périodes de calme que de combat.

Bref, voilà de quoi vous occuper pendant la cinquantaine d'heures que comporte le jeu en comptant les missions, les escarmouches et les divers défis que vous pourrez vous mettre sous la dent aussi bien à la manette qu'au combo clavier-souris.

Si vous souhaitez réellement pousser le vice, sachez également que ce jeu a été adapté en un série animée d'une honnête qualité sous le nom de Senjou no Valkyria : Gallian Chronicles en 2009, que je me permets de vous conseiller.

 

Au final, s'agit-il d'un bon ou d'un mauvais jeu ? Foi de Leuffen, il s'agit d'un jeu excellent qui méritait amplement son portage sur PC : le principe des combats à mi-chemin entre le tour par tour et le temps réel si bien pensé qu'il permet de varier les approches tandis qu'on serre les fesses en priant pour qu'un passage en force ou qu'une manœuvre osée ne se solde pas par un hachis de fantassin. Le manque d'interaction avec nos grognards - alors que leurs amitiés leur permettent de se couvrir mutuellement en jeu - n'empêche pas la magie de prendre et on se surprend à trembler pour le sort de nos unités favorite, à la manière d'un Fire Emblem, à relancer inlassablement une sauvegarde rapide à cause d'un résultat funeste.

Ensuite, il faudra attendre le second opus de la série pour assister à l'apparition de fonctionnalités intéressantes, comme celle des sous-classes ou des missions spécifiques à telle ou telle unité, mais ce jeu demeure pour moi un classique d'autant plus indispensable que vous le trouverez sur Steam accompagné de tous ses dlc pour un prix plus que raisonnable. De quoi vous passionner pour un bout de temps, et vous pousser probablement à remettre le couvert par la suite pour l'une ou l'autre des missions, même si la rejouabilité du titre au niveau scénaristique est nulle.

Puissiez-vous y trouver votre Carthage.

 

LES PLUS
  • Les combats extrêmement dynamiques
  • L'univers européen
  • Les musiques symphoniques
  • Waifu simulator 2014
  • Vendu avec tous les dlc
LES MOINS
  • Bugs graphiques surprenants
  • Absence de véritable interaction avec les personnages secondaires

7/10

L'AVIS DE ERONMAN

Délicieusement naïf et simple à prendre en main, Valkyria Chronicles n'en est pas moins un RPG tactique de qualité. Le gameplay, très abordable avec son système de points d'actions matérialisés par une simple barre dans le hud, se laisse dompter sans problème, et comblera les amateurs de combats au tour par tour.

Si l'histoire, très linéaire en fin de compte, ne permet pas réellement d'exprimer les composantes RPG du jeu, les personnages très attachants sauront sans aucun doute vous séduire, notamment par leurs mimiques toutes plus japano-clichesques les unes que les autres. Notez tout de même que malgré tous les dialogues présents dans le jeu, aucun (ou presque) véritable choix scénaristique n'est laissé au joueur, faisant finalement de Valkyria Chronicles un jeu assez dirigiste.

Bref, une vraie partie de bonheur qui se déguste comme une bonne barbe à papa, vous laissant un goût sucré sur les lèvres pendants des heures. Pour ceux qui cherchent des combats complexes, faisant appel à beaucoup de compétences différentes sur des champs de bataille très ouverts, vous vous êtes trompé : la barbe à papa ne vous plaira pas, prenez autre chose.

7/10

Commentaires (10)

#2

Wothan
Citoyen

Les personnages Aika, Vyse et l’infirmière ( Fina ) sont des références au héros de Skies of Arcadia.

C'est dommage que le test ne s'attarde pas trop dessus, mais les ordres changes completement la donne pendant la bataille. Bien utilisé c'est possible de boucler la plupart des missions en un / deux tours ( surtout si on a la chance d'avoir Awaken ( all ) Potential dés le début. ) et change completement l'approche des batailles.

Avec les bons ordres, très peu d'unités sont nécessaire pour finir une mission. Souvent et même vers la fin, un seul scout ( avec un bon niveau ) est suffisant avec un combo "Defence / Caution / Awaken Potential".

Même si ça y ressemble, c'est pas vraiment un gamebreak, vu que c'est de toute façon la seul possibilité pour avoir toutes les missions en rank A.

Oh bien sûr, on pourra toujours arguer que les environnements ne sont pas si variés que cela


Ah j'avais pensé l'inverse justement, entre les plaines, forêts, déserts, mines, tranchés, ... les environnements changent souvent je trouve.

Message édité pour la dernière fois le : 10/01/2015 à 00:34

#3

Leuffen
Guerrier

C'est sûr. Un rush avec un scout survitaminé aux ordres permet d'obtenir la victoire en quelques tours pour avoir le rang A ainsi que des récompenses bonus... mais j'aime aussi prendre mon temps pour les batailles.
Pour ce qui est des décors, ce que je veux dire c'est que certes ceux de champs de bataille sont assez variés (y'en a où tu peux presque te mettre dans la peau de ce que les poilus ont subis au Chemin des Dames), mais qu'ils manquent de détails. J'aurai aussi préféré pouvoir avoir une vue de dessus de Randgriz pendant que je sélectionnais ma destination en ville, question d'immersion.

Message édité pour la dernière fois le : 09/01/2015 à 15:19

#4

Chinaski
Grand chevalier

Est-ce que ce jeu peut constituer un bon substitut à X-Com ?
Je suis en manque. Grave.

Edit : non, je viens de mater un vidéo de gameplay, c'est pas ma came.

Message édité pour la dernière fois le : 09/01/2015 à 22:47

#5

Squall46
Citoyen

J'y joue depuis quelques jours et il reste quand même assez simpliste, même si le système peut paraître rafraichissant au premier abord. On est loin, très loin, d'un X-Com (surtout si on parle d'un X-Com Apocalypse :)).
#6

DemKin
Guerrier

Un gros 9 en ce qui me concerne, j'ai adoré ce jeu et le recommande au fan de T-RPGs.
#7

Gelukpa
Guerrier

Un jeu vraiment très bien avec un gameplay et une ambiance unique.
Il n'est pas aussi tactique qu'un X-com mais il propose des challenges relevés.

Un point m'a toutefois parfois énervé, le syndrome du Boss, tout les 2-3 niveaux un objectif du type "détruire le boss" apparait. Détruire un gros tank, détruire un encore plus gros tank, arrêter ce véhicule qui n'a qu'un point faible minuscule...
Au final ces niveaux rajoutent un challenge artificiel pas toujours bien amené.
#8

Leuffen
Guerrier

Gelukpa : du côté ambiance, j'ai globalement préféré le premier Valkyria Chronicles parce que même si certains personnages ou situations ont l'air tirées d'un doujin classique (d'ailleurs je crois que le character designer en était un), le côté pseudo-européen a un charme certain. Ensuite, du point de vue gameplay je préfère amplement le second opus qui oblige à compléter des missions de façon variées pour monter de niveau ses persos qui ont davantage de classe et de subclasses.
Pour ce qui est des batailles de boss, au moins sont-elles globalement bien amenées, ce qui compense à mon sens le manque de variété global des objectifs de mission.
#9

Gelukpa
Guerrier

D'après ce que tu dis, j'espère que le 2 sera aussi porté sur Steam, en tout cas je découvre la série animée en ce moment avec beaucoup de plaisir, vraiment sympa merci de me l'avoir fait découvrir.

Pour ce qui est des boss, c'est vrai qu'ils sont amenés par l'histoire et qu'ils permettent de varier les conditions de victoire (éviter de capturer la base ennemi, encore et encore...). Ce qui m'a ennuyé avec ces boss c'est la difficulté du jeu qui connaissait un pic artificiel à cause d'une durée limitée, un ennemi trop fort ou qui encaisse beaucoup trop (200 balles à tirer dans le radiateur pour arrêter un véhicule blindé, interdiction d'utiliser les grenades ou les roquettes sur les chenilles alors qu'on peux sur d'autres véhicules... qui a parlé de logique ici ?). Cette difficulté artificielle qui force à recommencer le même niveau plusieurs fois jusqu’à trouver une/la stratégie qui marche.
J'aurai préféré des niveaux normaux plus difficiles avec des ennemis plus coriaces ou plus nombreux que ces niveaux de boss.

Ça n’empêche pas que le jeu est très bon et que j'y ait pris (et prend encore) beaucoup de plaisir.
#10

flofrost
Grand chevalier

Et le troisième qu'on a jamais vu chez nous, niveau scénario il a l'air prometteur, car on fait parti d'une troupe de repris de justice, composée de criminels et autres soldats supportant mal l'autorité, bref le grand écart avec le second ou on dirige une troupe d'ados.
#11

Wothan
Citoyen

Ce qui m'a ennuyé avec ces boss c'est la difficulté du jeu qui connaissait un pic artificiel à cause d'une durée limitée, un ennemi trop fort ou qui encaisse beaucoup trop (200 balles à tirer dans le radiateur pour arrêter un véhicule blindé, interdiction d'utiliser les grenades ou les roquettes sur les chenilles alors qu'on peux sur d'autres véhicules... qui a parlé de logique ici ?)




Les boss sont en fait tous très facile à battre, même le boss final est faisable en 1 tour.. mais il faut les bonnes armes et les bons ordres.

Message édité pour la dernière fois le : 13/01/2015 à 13:54





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