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Demon Gaze

par Leuffen 06 Jan 2015 10:00 5

Joueurs du dimanche et noctambules, ce n'est pas pour me vanter, mais sachez qu'il faut une sacrée dose de grivois pour me voir rougir. Néanmoins, le jeu dont je vais vous parler est parvenu à réaliser l'exploit de me prendre la garde baissée. En effet, si Demon Gaze, dungeon-crawler estampillé Kadokawa Games et sorti aussi bien en anglais qu'en japonais le 25 Avril de cette année sur PSVita s'avère très léger si on s'en tient à sa couverture, il recèle à la fois une profondeur surprenante et la légèreté d'une brise d'été. Vous ne me croyez pas ? Alors suivez le guide, et n'oubliez pas votre carte !

 

Sauvé... mais à quel prix ?

 

Le début de Demon Gaze, qui sert également de didacticiel, peut servir d'exemple d'introduction-type de J-RPG : votre personnage, dont vous ne pouvez encore discerner les détails à cause d'une vue à la première personne, se retrouve dans ce qui ressemble fort à un donjon, traqué par une présence invisible mais dont la létalité transpire de chacun de ses lointains ricanements féminins. Après une course éperdue dans un dédale de couloirs, vous sentez la chose brusquement surgir dans votre dos, puis un choc, puis les ténèbres.

Surpris d'être encore en vie, vous vous réveillez dans un endroit inconnu que vous soupçonnez de se trouver dans une autre dimension. Plus précisément, vous êtes entre les draps d'un lit, lui-même entre les quatre murs d'une auberge cossue mais pas comme les autres puisque uniquement fréquentée par des aventuriers de tous poils. C'est en tous cas ce que vous explique celle qui se présente comme votre sauveuse,  une solide guerrière du nom de Lancelorna. Elle vous informe en même temps qu'elle est votre égale, à savoir une gazer. Rien à voir avec de quelconques problèmes d'estomac, mais plutôt avec un talent permettant de capturer l'essence de démons à l'aide de son œil droit. Votre protectrice est néanmoins à la retraite puisqu'ayant perdu ses pouvoirs, et le fait qu'elle soit si prodigue en conseils dissimule ce qui va être le cœur du jeu : en profitant des services de l'hostellerie durant votre convalescence, vous avez contracté une dette envers la propriétaire, Fran. Dette qu'il va falloir rembourser tout en réglant jour après jour le montant sans cesse croissant de la location de votre chambre. La solution ? Explorer les donjons de la région protégés par des démons majeurs, pardi ! Pourquoi croyez-vous qu'il y ait autant d'aventuriers dans le coin ? 

 

   

Entre Fran, Lancelorna et les autres, le Demon Gazer est loin d'être mal entouré !

 

Rassurez-vous, ce scénario simpliste et saupoudré de fan-service aussi ponctuel que hilarant ne tardera pas à gagner en profondeur lorsque vous serez amenés à mieux connaître les personnalités hautes en couleur qui peuplent la taverne, et en particulier votre terrifiante mais charmante hôtesse.

 

Tu touches, tu payes !

 

L'auberge – qui par ailleurs n'a pas de nom – va en effet vous servir de camp de base. C'est là que vous pourrez sauvegarder, acheter de l'équipement, faire évoluer l'intrigue en discutant avec les résidents, améliorer vos armes et armures, recruter des compagnons... le tout pour une somme de moins en moins modeste au fur et à mesure de vos allez-retours entre les territoires de chasse et ce lieu. Notez néanmoins que la patronne vous allégera la bourse avec le plus aimable des sourires et qu'elle en viendra même à vous faire de menus remises et cadeaux si vous vous appliquez à régler la note en temps et en heure régulièrement. Dans le cas contraire, votre ardoise s'allourdira jusqu'à ce que vous ne soyez plus solvables, et alors il ne vous restera plus qu'à prier pour votre âme.

Attention, je ne dis pas que vous serez obligés de casquer pour tout et n'importe quoi entre ces quatre murs, car les principaux services sont gratuits... mais prenez par exemple le cas du recrutement : lorsque le besoin s'en fera sentir, vous pourrez aller voir Fran dans son bureau et lui demander de louer une chambre supplémentaire pour une somme non-négligeable et qui de surcroît augmente le loyer. Elle vous proposera alors  alors les services d'un ladre qu'elle estime en adéquation avec vos besoins, mais que vous pouvez ignorer pour créer de A à Z celui qui répondra le plus à votre idée d'un groupe équilibré, du sexe jusqu'au nom en passant par le job et la race !  Certes, il s'agit là d'une occasion supplémentaire de cracher – même si l'aventurier l'aventurier représente en l'occurence un investissement –, mais vous pourrez aménager la chambrette en achetant ou en découvrant des fournitures aux bonus divers. Vous ne pouvez imaginer l'effet que peut produire une bonne nuit de sommeil passée sur un matelas de plumes !

 

   

L'elfe Lezerem vous fournira de quoi changer les chambres en nids douillets

 

Mon p'tit donjon

 

L'exploration des donjons se fait selon les canons du dungeon-crawler. Votre groupe – donc d'au maximum six individus – avance au tour par tour dans des environnements plus ou moins ouverts, un indicateur en haut de l'écran vous permettant d'estimer quels sont les risques qu'un ennemi vous saute dessus.  Sont également présents à l'écran l'état des personnages et le plus important, la chaîne qui vous lie à vos démons rétifs, détail sur lequel nous reviendrons plus tard. Chose appréciable pour un joueur casual comme moi, la carte se dessine à chaque pas supplémentaire sur votre terrain de chasse ; elle n'est cependant pas anotable en tant que telle, mais un certain objet peu cher permet d'écrire des post-it succints que vous pouvez laisser au sol comme dans la série des Souls​. Si vous voulez pousser le vice encore plus loin, vous pouvez autoriser lors de votre entrée dans le donjon l'accès aux mémos laissés par d'autres joueurs ; anonymes et pas toujours pertinents, je trouve néanmoins cette option d'autant plus agréable quand ils me préviennent d'un passage secret accessible uniquement lorsque j'aurai les capacités ad hoc.

Sur le terrain apparaîtront également des marqueurs difficiles à manquer qui vous préviendront tantôt d'un événement potentiel, d'un affrontement impossible à éviter, d'un objet par terre ou d'un sceau. Ces sceaux ont de multiples utilités. La première est d'invoquer aléatoirement des monstres en sacrifiant ou non des pierres – à acheter ou trouver – qui inciteront vos victimes à lâcher des équipements de même type que vos offrandes. La seconde est de pouvoir sauvegarder, tout simplement. La troisième est qu'il faudra en débloquer pas moins de huit pour faire apparaître le boss de zone – l'un des fameux démons à capturer – ; heureusement, ces sceaux seront toujours utilisables lors de vos futures explorations. Pratique. 

 

    

Les sceaux, ou le principe amélioré de la roulette

 

Une autre fonctionnalité inestimable pour un dungeon-crawler de ce genre, selon moi, est le pilote automatique : vu que vous serez amenés à revenir dans certaines zones pour découvrir des passages dissimulés ou des objets une fois une compétence débloquée, pouvoir vous y rendre automatiquement sans avoir à consulter sa carte en cours de route et en sachant que vous aurez l'opportunité de vous faire tout de même attaquer par des monstres errants s'avère des plus intéressants. 

 

Démons-tagnes jeunes, satan-paiera nos yeux...

 

Les combats en eux-même sont de prime abord très classiques. Si de votre côté vous pouvez aligner deux rangs de trois combattants, les ennemis pourront opposer jusqu'à trois lignes, lesquelles pourront échanger leurs places d'un bloc en cas de danger. Les combats se déroulent au tour par tour et les belligérants agissent en fonction de leur initiative, même si on remarquera que le comportement des monstres se fera de plus en plus erratique – ils hésiteront même à attaquer – si l'écart entre le niveau des héros et le leur vient à se creuser. L'équipement aura bien entendu une grande importance, de l'arme jusqu'au sous-vêtement, puisque les caractéristiques de chaque pièce pourront varier du tout au tout et même devenir obsolètes d'une zone à l'autre selon les affinités élémentaires du cru. À vous de voir ensuite si vous préférez vendre votre ferraille inutile ou la désenchanter pour améliorer d'autres pièces du même genre.

Mais revenons à la baston. Vous avez sûrement compris que les démons  avaient une place prépondérante dans le jeu ? Et bien figurez-vous que contrairement à un Persona vous ne serez amenés à capturer que les boss de zone, répondant principalement à un nom de dieu  – Mars, Jupiter, Hermès ou Neptune à tout le moins – et qui une fois intégrés seront susceptibles d'être équipés puis invoqués en plein combat. Nantis de pouvoirs variables, ils n'en feront  qu'à leur tête durant l'affrontement, dans le sens où ils attaquent les ennemis et utilisent  leur magie sans logique. Ils font néanmoins de bons boucliers, puisque dotés de PV, même s'ils deviennent impossibles à réinvoquer jusqu'au combat suivant si ils sont vaincus ou révoqués. Il s'agit donc de soutiens utiles... mais à double tranchant, puisque si le démon n'est pas banni avant la fin du compteur du tour en haut à gauche de l'écran – et qui se régénère en général à chaque tour de combat où il n'est pas présent sur le terrain –, c'est la rébellion !

Le suppôt des abysses adopte alors la forme qu'il avait revêtue lors de votre confrontation finale et vous attaquera tous les tours jusqu'à ce que vous le terrassiez à nouveau ou qu'il ne vous abatte, ce qui est synonyme de game over. Encore heureux qu'une seule invocation soit possible à la fois, n'est-ce pas ? De même, le grief entre vous et la créature dissidente n'aura qu'un temps puisque vous serez de nouveau les meilleurs amis du monde lorsque le compteur précédemment évoqué sera de nouveau dans le vert – ou dans le bleu dans le cas présent. Dernière caractéristique appréciable, le combat semi-automatique : puisque ce dungeon-crawler va par définition vous amener à multiplier les affrontements, les développeurs ont pensé à implanter une option permettant au début d'un tour de répéter les actions effectuées lors du précédent. Pratique quand vous affrontez des sacs à PV ou de multiples adversaires médiocres.

 

   

Et oui, ces dames n'aiment pas être délaissées

 

Vous aussi, vous appréciez les rayons lingerie des galeries... ?

 

D'un point de vue strictement esthétique, Demon Gaze s'avère plus agréable que beau : en donjon, les environnements des zones de chasse sont clairement identifiables les uns par rapport aux autres et la monotonie que l'on pourrait éprouver en constatant le manque de variations des environnements en eux-même est contrebalancé par le fait que l'on sonde chaque mur à la recherche du moindre secret. Qu'il s'agisse d'une ville en flammes, d'un marécage pourpre suppurant, d'un espace extra-dimensionnel glauque ou d'une forêt verdoyante, chacune possède une thématique sympathique qui ressort fort bien en 3D. Les ennemis, quant à eux en 2D mais vaguement agités s'ils sont censés flotter ou voler, sont suffisamment variés/inhabituels/loutresques pour encore une fois chasser le risque d'ennui qui est est le fléau de ce genre de jeu.

 

   

Des périls sans nombre vous attendent... sortez préparés à tout !

 

]A côté de cela, l'auberge de Fran apparaît en 2D et vivement colorée, tout autant accueillante que ses habitants sont éclectiques et sympathiques. Quant aux musiques, bien que relativement peu nombreuses, elles sont d'excellente qualité et apportent par exemple un souffle épique à chaque affrontement... parfois même trop lorsque vous serez dans une phase où vous massacrez des ennemis qui ne vous arrivent même plus à la cheville parce que vous cherchez un élément particulier sur l'un d'entre eux pour une quête. Je vous laisse par ailleurs seuls juges de la qualité du fan-service, mais en ce qui me concerne, y'avait rien de trop ou de trop peu dans tous les artworks qui me sont passés sous le nez.

 

Alors au final, Demon Gaze, bon ou mauvais jeu ? Et bien, foi de Leuffen, je dirais qu'il s'agit d'un excellent cru pour un dungeon-crawler sur PSVita : en sus de mécaniques de jeu originales, l'univers a priori léger dans lequel évolue votre avatar parvient en définitive à trouver le juste milieu entre humour, poses sexy et sérieux. Les personnages sont attachants, l'univers est agréable et vous avez toute latitude pour monter une équipe que vous devrez de toute façon faire progresser. Chose appréciable enfin, Kadokawa Games nous gratifie à défaut d'un scénario très intéressant d'un fil rouge cohérent que l'on ne peut que suivre avec plaisir, à savoir le mystère nommé Fran qui se dévoile par petites touches au son du tiroir-caisse qui s'ouvre. Il faut bien ça pour nous tenir en haleine pendant une cinquantaine d'heures – plus si vous cherchez à arracher tous les secrets de ce monde délirant.

Puissiez-vous y trouver votre Carthage.

LES PLUS
  • L'univers
  • Les mécaniques de farm intelligentes
  • Le fan-service bien dosé
  • La présence d'un pseudo-scénario
LES MOINS
  • Les combats un peu aléatoire à cause des démons
  • Le manque de variété des musiques

7/10

Commentaires (5)

#2

Nallitsac
Guerrier

Eh ben dis donc, que de test de ta part ces derniers temps Leuffen . Pense à te ménager confrère noctambule, et fait attention avec ce genre de jeux : le déshonneur supreme pour un gobelin serait d'etre converti à la doctrine du rpg japonais !

Plus sérieusement (ou presque), ce jeu m'a l'air ma foi bien symphatique, mais est-tu sur que l'univers et le fan-service soient deux points positifs différents ?
#3

Chinaski
Grand chevalier

Le nom de ce jeu me fait rire, à un niveau très puéril
#4

Wolphoenix
Guerrier

Je suis le seul a se demander pourquoi la jolie demoiselle neko en haut de la page renifle allègrement une petite culotte?
#5

Borgrolf
Guerrier

Et moi qui pensait que c'était un masque de chirurgien !
#6

Leuffen
Guerrier

hum, comment dire... techniquement, c'est expliqué dans le jeu par le fait que sa race d'homme-bêtes est très sensible aux odeurs. Vu qu'elle est femme de chambre, elle a un peu tendance à s'attacher aux fringues de personnes qu'elle aime bien. Mais elle se soigne, et on va d'ailleurs l'y aider dans le jeu !
Bon, y'a aussi le fait qu'elle est raide dingue amoureuse de Fran, aussi... mais c'est un détail. Je crois. Peut-être. Arrêtez de me posez des questions !




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