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Dungeon of the Endless

par Leuffen 18 Nov 2014 10:00 4

Joueurs du dimanche et noctambules, avez-vous peur du noir ? Une question pas si anodine que cela, si on regarde la façon dont les survival-horror actuels parviennent à mettre en oeuvre cette terreur primordiale (tâtez un peu de Outlast ou même de Five Nights at Freddy's avant de rire, mécréants). Bien qu'il puisse être considéré comme un mélange de roguelike et de tower defense, le jeu qui nous préoccupe aujourd'hui titille cette corde sensible à sa façon. Quel jeu ? Je veux bien sûr parler de Dungeon of the Endless, dernier-né de Amplitude Studio paru sur PC et en français le 27 Octobre 2014 de cette année, s'il vous plait !

Vous ne me croyez pas ? Alors prenez cette batterie de voiture et suivez-moi.

 

L'Histoire sans fin, Falco en moins

 

Comme son titre l'indique, Dungeon of the Endless s'affirme dans la même lignée que les deux précédents titres à succès de Amplitude Studio, à savoir le jeu de stratégie 4x Endless Space et le plus récent civ-like Endless Legend. Plus précisément, ce jeu fait la jonction entre ces deux-là sans qu'il soit pour autant nécessaire d'y avoir joué puisqu'ils sont évoqués par petites touches : un concept par-ci, un élément par là... je ne m'avancerai cependant pas plus loin sur ce sujet pour la simple et bonne raison que je n'ai jamais tâté que du premier. Bref. Toujours est-il que l'histoire commence lorsque le vaisseau spatial où vous vous trouvez se disloque en plein vol pour une raison inconnue et chute le nez en premier en direction d'une planète proche. Seules deux personnes survivent à l'impact. Leur objectif ? Se servir du coeur de leur défunte nef encore intact pour remonter une à une les différentes strates techno-géologiques qu'il a perforé avant que sa course ne s'arrête. A partir de là, tout peut arriver.

 

   

Il y a longtemps dans une galaxie lointaine...

 

Pour découper les oignons, à chacun sa méthode

 

Vous allez en effet vous apercevoir que les entrailles de la planète où vos avatars ont atterri en catastrophe sont tout sauf quelconques : loin de n'être constitué que de roche et de fossiles concassés, chaque étage généré de façon procédurale possède son propre écosystème morcelé par un réseau de portes... un peu comme si vous exploriez un vaisseau titanesque où une vie autochtone et agressive aurait apposé son empreinte.

Mais commençons par le commencement. Avant de vous lancer dans cette course à la survie, il convient que vous choisissiez les modalités de celle-ci. D'abord le mode de jeu : il en existe une demie-douzaine, symbolisés par le type de la spationef à bord de laquelle vous vous plantez comme des poireaux et qui vous fournira des bonus ainsi que des malus qui changeront fondamentalement votre expérience de jeu d'une partie à l'autre. Évidemment, il y aura d'abord des objectifs à atteindre et certains consisteront même en de nouveaux modes de difficulté -seuls les trompeurs "trop facile" et "facile" seront disponibles au début- ou le mode "endless" si vous aviez eu le malheur d'embarquer sur un vaisseau-foreuse. De même, vous devrez choisir deux survivants parmi dix-sept. Hétéroclites, charismatiques et parfois très forts en gueule, chacun a sa petite histoire et seuls quelques indices vous seront fournis sur leurs spécialités et compétences. Qu'importe, puisque pour débloquer la plupart d'entre eux il faudra non seulement les découvrir au hasard des méandres du donjon mais également les faire survivre dans votre équipe pendant au moins quatre étages ou leur faire atteindre la sortie. Ce n'est qu'une fois que vous aurez accompli ces formalités qu'il vous sera permis de former un duo de base plus original pour votre prochaine partie.

 

   

Un vaisseau, quatre clampins, douze étages, une seule sortie

 

Le nerf de la guerre 

 

Une fois que vous aurez posé le pied dans les boyaux de cette planète vivante, que dans la légende et dans les faits on appelle le Mét... oups, mauvaise fiche. Voyons... ah, oui. Je voulais dire qu'une fois postés près du coeur énergétique de votre radeau de la Méduse, donc, vous pourrez d'abord vous apercevoir que vous avez plusieurs ressources à votre disposition : l'industrie, qui vous sert à construire des dispositifs de production et de défense; la science, qui vous permet de mener des recherches; et la nourriture qui vous permet de faire monter de niveau vos personnages en l'absence d'un quelconque système d'expérience. On n'oubliera pas non plus la Brume, qui sert à alimenter en énergie les salles que vous explorerez jusqu'à découvrir une sortie. Les trois premières ressources, vous pouvez les obtenir en construisant à des endroits spécifiques des modules de production, alors que la quatrième ne se recueille... qu'au hasard de l'ouverture des salles ou en abattant des ennemis. Pourquoi s'agit-il néanmoins de la plus primordiale de vos denrées ? Parce que chaque salle que vous ouvrez et n'alimentez pas, qu'elle soit vide ou susceptible d'accueillir une armée de modules, risquera de faire apparaître une meute de monstres à chaque fois que vous ferez coulisser un nouvel huis. A vous donc d'allumer les salles au fur et à mesure de façon stratégique, sachant que vous n'aurez jamais suffisamment d'énergie pour illuminer tout le donjon façon Versailles et que cela deviendra de plus en plus véridique au fur et à mesure que vous progresserez.

Un mot maintenant sur la science. Ne croyez pas que vous pourrez faire n'importe quelle recherche à n'importe quel moment ! Pour découvrir et améliorer chaque module, il vous faudra d'abord trouver un monolithe qui vous le permettra, sachant que chaque innovation a un coût proportionnel à son degré de sophistication -de I à V-, une durée équivalente à un certain nombre de portes à ouvrir... et qu'on ne vous proposera aléatoirement que quatre options à chaque fois que l'une d'elles sera terminée. Avantage notable, les structures construites seront automatiquement mises à jour et leur prix de construction demeurera le même. Enfin, il est intéressant de remarquer que les ressources sont conservées d'un étage à l'autre, alors un conseil : faites l'écureuil !

 

   

Planifiez vos recherches et vos défenses contre tout, et surtout n'importe quoi !

 

Bands of Bourrins

 

A présent, étudions de plus près les personnages que vous serez susceptibles d'incarner durant vos péripéties labyrinthiques. Comme nous l'avons vu plus haut, il en existe dix-sept, dont treize que vous devrez débloquer. Une fois en jeu, vous pourrez en apprendre beaucoup plus sur eux via leur fiche particulièrement complète : outre leurs statistiques -PV, puissance, vitesse de déplacement, d'attaque, etc-, vous vous apercevrez qu'ils pourront apprendre des compétences actives ou passives aux descriptions hautes en couleurs, non seulement en montant de niveau mais également en équipant des objets. Enfin, quand je dis ça, retenez plutôt que comme dans nombre de dungeon-crawlers vous aurez à découvrir par vous-même l'utilité de chaque item/équipement/loutre/skill ainsi que les synergies les plus souhaitables... alors que, je vous martelle encore et toujours, vous allez vous débattre dans un univers procéduralement généré, donc aléatoire. A vous donc d'essayer, de tâtonner, d'expérimenter et surtout de vous adapter à tout ce que le jeu pourra vous opposer. Après tout, vous devrez jongler avec les capacités de quatre infortunés que vous pourrez conserver jusqu'à la fin de votre périple ou virer comme des malpropres si vous trouvez quelqu'un de plus capable au détour d'un couloir. Tout dépend de votre façon de jouer et de la pertinence de la gestion de vos ressources, d'autant plus que vous ne saurez jamais ce que les éventuels marchands auront à vous proposer, et avec quelle monnaie ils vous demanderont de payer.

 

   

Entre les marchands et les héros errants, difficile de se sentir seul !

 

Si je meurs en faisant la ruse...

 

Or donc, quid des combats ? Et bien, le moins qu'on puisse dire qu'ils sont aussi stratégiques que nerveux. Il faut en effet savoir que si le déroulement du jeu se fait en tour par tour, vos personnages eux se meuvent en temps réel. Ainsi, si des ennemis jaillissent de la porte que vous venez d'ouvrir ou des ombres des salles non-alimentées, ils chargeront eux aussi en temps réel vers leur objectif. Objectif, vous entend-je sourciller ? Oui, car si la perte de votre coeur énergétique ou de l'intégralité de votre équipe est synonyme de défaite, certains monstres auront pour priorité la destruction des structures ou des faces de vos survivants, vous forçant à repositionner vos combattants en permanence ou à poser des tourelles en urgence puisque ceux qui ne les viseront pas les dépasseront en ricanant.

Par ailleurs, ce sera le même tarif pour vos mécanismes de défense : certains ouvriront le feu en priorité sur les monstres les plus puissants, d'autres sur les plus rapides... dommage que les paramètres de ciblage soient gravés dans le marbre, mais cela vous pousse à vous torturer les méninges pour maximiser mes dégâts et divers effets qu'ils occasionnent. Toujours est-il que vos héros seront le plus souvent en première ligne et que la mort définitive les attend au tournant. Problématique, surtout si aucun d'entre eux n'a à sa disposition une compétence de soin progressif ! Heureusement, vous aurez deux outils salutaires dans votre besace, à savoir la pause active et une option pour soigner partiellement vos joyeux drilles au prix d'une ponction dans vos réserves de nourriture. La seconde option est à user avec modération, cela va sans dire.

 

   

Quand ça commence à clignoter de partout, c'est qu'il est temps de filer !

 

Du pixel, encore et toujours... 

 

Mais foi de Leuffen, c'en est du bon ! Regardez-moi cette direction artistique, ces détails aux petits oignons, ces animations aussi fluides que pixellisées ! Superlatifs à part, il est vrai que l'on ne peut qu'apprécier l'univers détaillé qui s'étale sous nos yeux, qui devient d'ailleurs de plus en plus organique au fur et à mesure que l'on s'approche de la sortie tant convoitée. Chaque partie s'ensuit et ne se ressemble pas, et on prend autant de plaisir à admirer le soucis qui a été apporté à l'apparence des créatures comme à celles des personnages... quoi de plus normal me direz-vous, puisque nous sommes dans un dungeon-crawler fournissant des informations à la petite cuillère sur tout, même les mécaniques les plus basiques, et qu'il nous appartient de reconnaître rapidement qui est capable de quoi pour envisager la survie. Comme si cela  ne suffisait pas, les musiques d'ambiance électro et les bruitages sont d'excellente facture, hélas sans doublage.

A mon sens, cela met d'ailleurs en exergue le principal point noir de ce jeu. Depuis le début de ce test, je vous parle d'optimisation, d'exploration, d'expérimentation... mais alors que vous savez à présent que vous pouvez incarner une petite vingtaine de personnages dont je vous ai vanté la diversité et la qualité, quelque chose doit vous faire tiquer. Hélas oui, comme dans un dungeon-crawler de la vieille école, il n'y a que peu d'interactions entre les protagonistes. Oh, c'est raccord avec le fait qu'il n'y a pas réellement d'histoire et on peut contrebalancer le fait que certains d'entre eux peuvent avoir des interactions parfois originales avec ceux qu'ils sont déjà sensés connaître, mais ces réactions demeurent très limitées et marginales. Leurs quelques répliques ont beau être bien écrites, on ne peut s'empêcher de penser en lisant leurs biographies qu'il y aurait eu moyen de faire bien plus, surtout en lisant les croquis et notes que les développeurs laissent en pâture à notre curiosité dans un carnet qui s'étoffe au fur et à mesure que l'on progresse dans le jeu.

 

   

Les artworks sont bien sûr à débloquer, sinon c'est moins drôle 

 

L'enfer, c'est les autres

 

Comme vous le savez, il est rare que votre humble serviteur s'attaque à des jeux proposant des fonctionnalités multijoueur, et pour l'heure il n'en a pas découvert où une telle option vaille le détour. Est-ce la même chose pour Dungeon of the Endless ? La réponse est en l'occurence plutôt mitigée : le mode en ligne se décline en effet selon le seul mode coop qui reprend dans les grandes lignes les règles du mode solo, mais avec des spécificités qui rendent l'ensemble bancal. Je m'explique.

Le créateur de la partie choisit le mode -le vaisseau avec lequel on se crashe- et par conséquent le mode de difficulté et son propre personnage parmi tout le pannel de ceux qu'il a déjà débloqué. Après quoi ce sera au tour de trois autres joueurs de choisir leur avatar selon leur capacité, et la partie pourra être lancée. Les compagnons d'infortune devront donc coopérer et surtout se coordonner à l'aide d'un tchat inclus puisque les ressources peuvent être échangées mais pas partagées. Qu'est-ce que j'entend par là ? J'entend que les revenus des modules de production n'arrivent que dans l'escarcelle de celui qui les a construit et que seul celui qui a lancé une recherche aura droit à l'amélioration débloquée ... d'où un problème existentiel : faut-il donner toutes les ressources à un seul joueur et réduire les autres à l'état de main-d'oeuvre, ou les répartir équitablement pour que tout le monde fasse son petit truc faiblard qui sera pis qu'inutile à haut niveau ? Dans un cas comme dans l'autre, la notion de coop en prend un coup dans l'aile.

 

   

Ah c'était l'bon temps : un cristal, une épée, un pote et c'était l'aventure ! 

 

Un autre détail technique agaçant est le fait que les serveurs en ligne aient du mal à gérer les quelques parties qui se déroulent simultanément, ce qui occasionne des plantages aussi nombreux que déprimant lorsqu'on sait qu'il faut entre deux et trois heures pour qu'un groupe efficace termine l'aventure. Gageons que les développeurs viendront à bout tôt ou tard de ce problème, mais en attendant essayez de jouer avec des amis ou des types se trouvant dans la même région du monde que vous.

 

Version presse PC fournie par l'éditeur. 

Au final, Dungeon of the Endless vaut-il le détour ? Oui. Je dirais même plus que cela, il vaut un crochet après un dîner au dernier restaurant avant la fin du monde ! Certes, il n'est pas exempt de défauts, et son côté gestion de personnage peut paraître assez faiblard par rapport à d'autres dungeon-crawler... mais il représente également une nouvelle façon d'appréhender le genre, un défi addictif qui vous fera réagir au quart de tour à chaque fois qu'un de vos aventuriers prendra le risque d'ouvrir une porte et de jeter un oeil aux ténèbre au-dela. Chaque run apporte son lot de surprises, d'événements aléatoires vous amenant à repenser une partie de votre stratégie à long terme. Vous en redemanderez toujours plus en tentant de faire survivre vos personnages préférés, tout en dodelinant de la tête au rythme de la musique planante qui sortira de vos enceintes. En bref, un jeu à la longévité aberrante à ne pas rater. Puissiez-vous y trouver votre Carthage.

 

 

LES PLUS
  • Le gameplay addictif à la croisée des genres
  • Le pixel-art magnifique
  • Les musiques
  • Rakia Pulmoni
LES MOINS
  • Le multijoueur à éviter sans amis
  • L'intéraction limitée entre les personnages

8/10

L'AVIS DE IOSWORD

Dungeon of the Endless est un mélange entre plusieurs genres : tower-defence, roguelike et dungeon crawler. Une mixture étonnante qui aurait pu être facilement peu ragoutante, mais Amplitude Studio démontre encore une fois son talent rare : celui de faire non seulement de bons jeux mais des jeux originaux et frais.

Ainsi, cet opus se targue de jouer non seulement avec nos réflexes mais aussi avec nos neurones. La rejouabilité est excellente : entre le hasard qui régit chaque partie sur de nombreux points et la diversité de personnages ainsi que de vaisseaux. Autre point positif, la difficulté qui est bien dosée. Outre cela le jeu a une grande qualité, à mes yeux : ses graphismes. Le pixel-art nous en voyons désormais à outrance, DotE me rappelle qu’il peut en exister du beau, surtout quand les effets de lumière arrivent aussi en scène. De même pour la BO de très bonne facture. Voici donc un jeu brillant, simple à prendre en main et riche dans ses mécaniques. Le tout avec un coté addictif qui fera que vous ne le lâcherez pas facilement.

En revanche, comme tout n’est jamais parfait, on pourra regretter la longueur des runs (4h en moyenne). Ce qui n'est pas un problème en solo, mais en multijoueur où sauvegarder est pour le moment impossible. D'ailleurs, la manière dont ce dernier a été pensé est aussi étrange que critiquable (partage des ressources). Et pour ne rien arranger, les lobbys multijoueur sont instables. Mais nul doute que des patchs viendront améliorer les choses ; en attendant, le solo fait son office et c’est là l’essentiel.

8/10

Commentaires (4)

#2

Shaam
Grand chevalier

Cette année noël va être chargé et français : styx et les deux endless seront miens ! Amplitude c'est vraiment des bons !
#3

eronman
Garde royal

Le jeu était déjà très sympa dans sa version alpha lors de la PGW 2013, je ne suis pas surpris que la version finale confirme cette tendance !

Un vrai jeu fait par de vrais passionnés
#4

Cornotopia
Novice

J'ai joué aux deux autres "endless" et finalement mon problème est le même qu'avec Spiders : plein de bonnes choses à en dire mais le gameplay n'est pas au rendez-vous.

Dans le cas de Spiders ce sont des gameplays fastidieux et manquant de fun, dans le cas d'Amplitude leurs 4x ont un gameplay "plat" : sans vraie profondeur, identique du début à la fin du jeu, et passé la première victoire je n'ai plus envie de le relancer car il n'y a aucune surprise ou vraie variation. Il y a de bonnes choses, des innovations bien trouvées au genre, mais ça ne prend pas. Je ne sais pas si c'est un problème français avec le game design mais quel dommage car le reste est impeccable...

Du coup je ne pense pas acheter le jeu. Mais si je peux mettre la main sur une démo je lui laisserai sa chance.

Message édité pour la dernière fois le : 18/11/2014 à 11:51

#5

Gelukpa
Guerrier

Une mixture étonnante qui aurait pu être facilement ragoutante, mais Amplitude Studio démontre encore une fois son talent rare : celui de faire non seulement de bons jeux mais des jeux originaux et frais.


Tu voulais surement dire "peu ragoûtante" non ?

Définition ragoûtant :
ragoûtant, adjectif
Sens : Appétissant. Synonyme : engageant

Désolé, la phrase me paraissait bizarre




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