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Styx : Master of Shadows

par Caparzo 14 Oct 2014 10:30 11

Apparu la première fois dans le RPG Of Orcs and Men développé par les français de chez Spiders, le gobelin Styx est aujourd'hui de retour dans un tout nouveau titre développé par les autres français de chez Cyanide et misant cette fois-ci sur l'infiltration et la sournoiserie.

L'infiltration semble être en ce moment particulièrement à la mode. Il suffit de jeter un œil sur Deus Ex : Human Revolution, sur Dishonored ou bien plus récemment sur Thief, même si ce dernier n'est pas vraiment un bon exemple, pour s'en rendre compte. Pour autant et si je vous parle de Dishonored dès le début de ce test, c'est bien parce que je vous en reparlerai plus tard puisque le titre d'Arkane Studios semble avoir inspiré celui de chez Cyanide, et c'est une très bonne nouvelle. Voyons maintenant de quoi il en retourne réellement.

 

Vertical Limit
 

Nous mettant dans la peau d'un gobelin particulièrement moche, au langage châtier et répondant au doux nom de Styx, celui-ci semble être particulièrement obstiné par l'ambre provenant de l'Arbre-Monde se trouvant dans la tour d'Akenash. Notre but sera ici de récupérer le cœur de l'Arbre-Monde, et je dois bien avouer que cette histoire n'est pas vraiment passionnante. Il y a bien quelques détails plus intéressants comme la vie des elfes ainsi que la politique entre le peuple susmentionné et les humains, mais on peine réellement à s'intéresser à tout ceci, et ce ne sont pas les quelques cinématiques dessinées à la main qui viendront relever le niveau. Toutefois, si l'histoire passe au second plan malgré un twist bienvenu à un moment donné, ce n'est que pour mieux nous laisser apprécier le level design très réussi du jeu. Avant d'aborder ce point, jetons un œil sur le gameplay qui nous permettra d'exploiter la verticalité des niveaux à merveille.

Malgré sa petite taille, Styx est un gobelin très agile aimant s'accrocher n'importe où et faisant des bonds particulièrement hauts. Il peut courir, mais générer un bruit important, il peut marcher silencieusement, mais lentement et il peut surtout avancer en toute discrétion. Styx est également très habile au niveau des roulades, compétence qui lui permettra de passer dans de petites zones tout en continuant de courir ou bien de tenter d'esquiver des coups lors des combats. Pour explorer les niveaux, Styx peut bien évidemment escalader les nombreuses façades d'Akenash, que ce soit via des croix de soutien parsemant les murs ou bien en s'accrochant sur des zones plus difficilement identifiables. Le tout se fait avec une certain facilité, mais il vous arrivera souvent de voir votre gobelin ne pas attraper la corniche voulue lors d'un saut ou bien encore avoir des difficulté pour descendre au bord d'un mur. Grâce à cette palette de mouvements, Styx est paré pour explorer cette immense tour comme il se doit.
 


   
Des environnements nous faisant prendre de la hauteur.

 

L'un des gros points forts de Styx : Master of Shadows est de proposer un level design particulièrement réussi, mais desservi par une direction artistique assez quelconque. Se décomposant en plusieurs très grandes zones, généralement quatre, les niveaux du jeu sont un régal à explorer. La verticalité permet d'élaborer des plans d'infiltration parfois tordus, d'autres fois très intelligents, mais nous réservant toujours des surprises. Les escaliers s'entrecroisent, les passages dans les murs sont très nombreux mais bien cachés, et nous pouvons aisément nous servir des objets se trouvant dans les différents décors pour nous créer de nombreux types de passages différents. Je citais un peu plus haut Dishonored, et un de ses points fort était bel et bien la verticalité de son level design, eh bien Styx nous propose d'aller encore plus loin à ce niveau-là, et c'est une vraie réussite.
 


   
La carte d'un niveau et ses différents objectifs. Une infiltration de jour fastidieuse.
 

Tout au long de ces très longs niveaux, le joueur sera mené à réaliser des quêtes secondaires n'étant pas indiquées sur la carte, rendant la difficulté encore plus accrue, et il devra également récupérer des trophées permettant de gagner un peu plus de points d'expérience. Vous devrez être ici très observateur puisque les seules indications fournies nous montrent seulement quelques croquis des lieux où se trouvent ces trophées (un par mission). Au vu de l'immensité et de la verticalité des niveaux, la tâche et parfois assez difficile et on en vient réellement à se perdre dans ce dédale pour tenter de récupérer l'objet tant convoité. Malgré ces quelques objectifs secondaires, l'interaction dans ces niveaux montre vite ses limites et nous ne ferons malheureusement rien d'autre de plus, si ce n'est s'amuser avec les gardes. On aurait aimé avoir beaucoup plus de lore et de la lecture, mais d'un autre côté la lecture ne doit pas être la passion numéro un d'un gobelin hideux. Une fois un niveau fini, Styx retourne dans sa planque faisant ici office de hub nous permettant d'augmenter les compétences du gobelin et de rejouer les missions déjà terminées.

 

La nuit nous appartient
 

En plus de son gameplay réussi nous permettant d'explorer les immenses niveaux du jeu, Styx nous verra également faire face à de nombreux gardes parsemant la tour d'Akenash. Encore une fois, Cyanide semble avoir étudié la chose judicieusement et nous propose des compétences et des possibilités très satisfaisantes. Il existe ici de très nombreuses façons de tuer un garde ou bien de tenter de l'esquiver en toute discrétion. Grâce aux différentes compétences que nous pourrons débloquer via des points qui se cumuleront en réalisant tout aussi bien des objectifs secondaires que la mission principale, le joueur pourra tenter de personnaliser son assassin comme il le souhaite. Si vous êtes par exemple du genre à laisser faire le sale boulot à votre clone, alors vous pourrez ajouter des points dans cette branche et le rendre bien plus efficace. Petit à petit, il pourra en effet apprendre à se cacher dans un coffre et y attirer un garde, à s'agripper sur un garde pour laisser à Styx le temps de passer ou bien encore exploser et laisser derrière lui un nuage de fumée. Vous pourrez également profiter des différentes compétences d'assassinat pour tuer un ennemi directement à partir d'une couverture ou bien en lui sautant dessus d'une hauteur acceptable. Le lancer de couteau fait également partie de la panoplie de Styx pour tuer les différents gardes de la tour, mais le nombre de couteaux transportables se montre vite limité.
 


  
Le choix des compétences et l'écran de fin de niveau.
 

Si vous êtes du genre à laisser en vie les ennemis et à profiter de l'immensité des niveaux pour mieux vous y faufiler, alors vous mettrez en avant les compétences d'infiltration permettant par exemple de faire moins de bruit lors d'une chute. Ces compétences sont généralement passives, mais il en existe des actives comme la création du clone, la vision de nuit ou bien encore l'invisibilité temporaire. Lorsque le joueur utilise une compétence active propre à Styx, celui-ci verra son taux d'ambre baisser petit à petit. Heureusement, les niveaux ne sont pas avares en fioles et vous trouverez toujours des fioles d'ambre ou de vie pour, respectivement, regagner de l'endurance ou vous guérir d'une mauvaise chute.

En plus des gardes lambda pouvant réagir tout aussi bien en vous voyant ou en vous entendant dans une mesure assez réduite, d'autres ennemis viendront également varier les plaisir comme ces espèces de cafards complètement aveugles, mais à l'ouïe extrêmement fine. Pour autant, il est dommage de voir que malgré cette petite variété dans le bestiaire, ce dernier se montrera beaucoup trop redondant, et rendra malgré lui le jeu de plus en plus facile à cause de l'habitude que pourra prendre le joueur au fil de la partie. Il en va de même pour l'IA qui se montre beaucoup trop répétitive dans ses réactions, tout du moins quand elle souhaite réagir comme elle le devrait. Il y a en effet quelques errances à ce niveau-là, mais rien de bien handicapant.

 

Moi, moche et méchant
 

Comme je vous le signalais plus haut et malgré un level design exceptionnel (oui je me répète), la direction artistique de Styx n'est malheureusement pas à la hauteur de nos espérances. Là où un Dishonored avait su marier à merveille conception des niveaux et parti pris artistique, le titre de Cyanide s'embourbe dans un visuel beaucoup trop brouillon ainsi que très peu marquant. Il semble y avoir des inspirations provenant de différents univers lorgnant parfois dans le médiéval fantastique ainsi que d'autres fois dans le steampunk. Cette approximation ne nous permet pas réellement de nous plonger visuellement dans le monde de Styx, et c'est bien dommage. Pour appuyer encore plus mes propos, l'Unreal Engine ne fait pas ici des merveilles. Bien évidemment, les développeurs ont très certainement préféré mettre en avant l'immensité des décors plutôt que les effets visuel, mais on aurait préféré des textures plus fines ainsi que beaucoup plus de détail au niveau de l'environnement. Heureusement, il arrive quelquefois de croiser un très beau panorama ou bien un décor beaucoup plus réussi que les autres nous redonnant l'envie d'explorer et de découvrir le maximum d'un niveau.
 


   
De nombreux passages existent pour atteindre ce mécanisme. Un moment de détente.
 

Si graphiquement et artistiquement Styx ne devrait pas rester dans les annales, il devrait en être tout autre pour la musique. Bien qu'assez discrète une fois dans le jeu, celle-ci se montre très efficace et crée à elle seule une ambiance propre au monde de Styx alors que le visuel n'y arrive malheureusement pas. Le doublage est quant à lui également assez bon, surtout celui de Styx qui n'est pas avare en jurons, mais on regrettera l'absence d'une version française comme ce fut le cas pour Of Orcs and Men.

 

Si, un soir, vous étiez sur le point de surprendre dans un lit un certain Dishonored ainsi qu'un Of Orcs and Men, alors neuf mois plus tard vous verriez débarquer de ces ébats amoureux Styx : Master of Shadows. N'apportant rien du tout à la partie RPG puisque ne proposant à ce niveau-là qu'un choix de quelques compétences, Styx se montre le digne successeur de Dishonored en ce qui concerne l'infiltration. Si la hauteur ne vous fait pas peur, que le die & retry ne vous rebute pas et que vous êtes prêts à passer plus de 15 heures à explorer les immenses niveaux du jeu, alors ce titre de Cyanide est fait pour vous.

LES PLUS
  • Un très bon level design
  • Des niveaux immenses
  • Une très bonne musique
  • Un gameplay bien étudié...
LES MOINS
  • ...mais ayant quelques faiblesses
  • Une direction artistique sans direction
  • Une I.A perfectible
  • Trop peu d'ennemis différents

6/10

L'AVIS DE IOSWORD

Styx : Master of Shadows n’est pas un RPG. Ceci étant dit, si vous cherchez un jeu d’infiltration de qualité plus que correcte, alors Styx est votre homme… Pardon, votre gobelin.

Le jeu d’infiltration est un genre qui a du mal à renaître, surtout que rares sont les réussites dans le domaine. C’est sans doute pour cela que j’ai pris un réel plaisir à jouer à Styx qui fait partie des meilleurs jeux d’infiltration de ces dernières années – sans pour autant égaler un Dishonored à mes yeux. En effet, le jeu a nombre de qualités, il fait preuve d’un bon level-design où l’accent est mis sur la verticalité et offre des maps de grandes tailles où les chemins sont divers et variés. De ce fait, et malgré le peu d’objectifs secondaires, Styx nous offre une grande rejouabilité. Mais il reste regrettable qu’il n’y ait pas grand-chose pour nous pousser à l’exploration. Surtout que si le jeu n’est pas particulièrement beau techniquement, la direction artistique est agréable, sans être transcendante, et l’on appréciera autant la gestion des lumières par rapport à la furtivité que les effets qui en découlent.

Autre point positif, Styx dispose d’une IA qui, sans être très fine, est loin d’être idiote et qui vous repérera très facilement dans les modes de difficulté élevés. Modes que je vous conseille, Styx n’étant pas un guerrier, loin de là, autant se faufiler dans l’ombre avec quelques entraves. Pour mener à bien ses missions, Styx dispose d’un attirail de compétences et d’objets qui vous permettront de jouer de bien des manières différentes.

Mais comme tout n’est pas parfait, parlons des points négatifs : malgré des personnages charismatiques, le scénario n’éveillera pas chez nous grand intérêt – sans pour autant être mauvais ou mal écrit. Autre problème, le moteur physique prendra un malin plaisir à faire voler au loin tout objet avec lequel vous entrerez en collision, le tout dans un vacarme qui alertera les gardes de votre présence. De même, les sauts de notre cher gobelin sont extrêmement imprécis, ce qui pourra être un facteur de frustration. Néanmoins, Styx : Master of Shadows est un bon jeu d’infiltration avec de bonnes idées et un coté die and retry qui plaira aux puristes, je ne peux donc que vous le conseiller.

7/10

Commentaires (11)

#2

Shaam
Grand chevalier

Faudrait rajouter que Styx est a 30 euros, qu'il est fait avec les moyens du bord, alors que Dishonored (par exemple :p) est fait avec les moyens de Bethesda ! Rien que pour ca, un ptit gg cyanide :p
#3

Xaem
Citoyen

Il était à 23 € sur Steam jusqu'à hier.
#4

Demoniakor
Noble

Bon test, hormis le "Une direction artistique sans direction" auquel je n’adhère pas. Mais chacun a sa propre sensibilité je sais...


la mienne est mieux, ma maman me l'a toujours dit ...

Message édité pour la dernière fois le : 14/10/2014 à 12:55

#5

Montaron
Seigneur

Et dire que moi en infiltration-RPG j'ai du me taper Dark. T'es qu'un salaud Capar ...
#6

Caparzo
Seigneur

D'ailleurs j'ai oublié de le citer dans ma liste au début du test. Boarf, il m'est déjà sorti de la tête.... :p

Message édité pour la dernière fois le : 15/10/2014 à 03:41

#7

eronman
Garde royal

Et dire que moi en infiltration-RPG j'ai du me taper Dark. T'es qu'un salaud Capar ...


Ah oui, d'ailleurs je me souviens que je m'étais tâté pour en faire le test... du coup je t'en suis tout à fait redevable Montaron : grâce à toi j'ai échapé au pire !!!

Quoi qu'il en soit et au prix de lancement ce Styx m'a l'air d'être un très bon rapport qualité/prix !

Message édité pour la dernière fois le : 14/10/2014 à 14:08

#8

Darll62
Garde

Arf donc un avis un poil mitigé sur ce jeu que je pensais me faire du coup je vais ranger ma bourse car mes pièces d'or ne seront point pour lui.

Ceci dit dans un futur plus ou moins proche je me laisserai peut-être tenter par la grenouille verte qui grimpe au mur et qui d'un geste de lame remercie ces adversaires d'avoir la gorge si tendre.
#9

Moussur
Citoyen

Ahlala, je te trouve sévère pour le coup!
La direction artistique est pour moi géniale, pour le coup, le jeu a une vrai identité graphique et m'a fait passé la pilule des textures clignotantes.
Quant à l'IA, je la trouve bien foutu, je dirais même que si je devais faire un classement, elle serait sans doute dans les 5 meilleures IA.

Par contre il y a un truc que je ne comprend pas, c'est certain problèmes de maniabilité quant il s'agit de sauter sur les crochets ou de se suspendre sans tomber sur le bord d'une "falaise".

Bref un très bon jeu d'infiltration pour moi, à 23 euros! Néanmoins, cela met en évidence une question simple, qu'est-ce que la définition du RPG? Ca m'a surpris de voir ce jeu chroniqué sur rpgfrance.com, il faudrait un jour trouver une définition au genre...
#10

Caparzo
Seigneur

Eh bien on va dire que tous les goûts sont dans la nature et je peux te comprendre pour la direction artistique. Il s'agit ici d'un avis strictement personnel, mais puisque c'est mon test et bien ça compte. Pour autant je ne suis pas vraiment d'accord au sujet de l'IA. Par moment elle réagit bien, parfois non. Elle fait son boulot, mais elle n'est pas non plus surprenante.

Au passage, Styx vient de recevoir un tout premier de plus de 400 mo.

· Improved ledge detection when jumping toward ledges.
· Enhanced the anisotropy option.
· Refinement of the mouse sensitivity of the camera when it is set to maximum (100%).
· Added new bindable buttons (mouse button 4 & 5, Home, End, Ins, Del, PageUp / Down, Alt, AltGr).
· Quick-save / quick-load controls are now displayed in the options menu.
#11

Arturburtz
Garde

Un 6/10 que je trouve un peu sévère mais bon, p'têt que Caparzo est accablé par un horrible ulcère stomaccable, ou des héorroides trans-efficientes verculacinnées ... bref, des p'tites choses peu sympas qui lui font voir la nuit et le jour en place l'un de l'autre comme il faut pas.

Une fois de plus Cyanide montre qu'il a le talent certain mais aussi qu'une fois de plus il manque de, de, de ... Oui de quek'chose. Du blé, peut être ... Mais j'y crois pas. J'pense plutôt à une volonté délibérée de ne pas prendre de risque.

Bon jeu, bonne ambiance, plein d'idées de gameplay verticale et sournois mais pourquoi cette putain d'imprécision des sauts dans un jeu comme ça. Merde, à chaque fois qu'on saute on a le sentiment de jouer au loto. Grrr

Un p'tit anti-aliasing interne au jeu serait aussi le bien venu, merci. Grr
#12

AbounI
Grand gobelin





Le pauvre mec en sale posture me fait penser à certains perso qu'on avait dans Dark Messiah

Message édité pour la dernière fois le : 15/10/2015 à 01:53





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