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Consortium

par Jubei 03 Juin 2014 09:00 7

Consortium. Ce nom vous dit-il quelque chose ? C’est normal, c’est le titre du jeu financé sur Kickstarter il y a de cela quelques mois. On nous promettait une aventure qu’on n’oublierait pas de sitôt et à mon avis, le pari est plutôt réussi, mais pas dans le bon sens.

Quel dommage. Consortium est si près d'être un grand titre. Si proche et pourtant loin des attentes que l’on nous promettait lors de sa campagne sur Kickstarter. Malgré un financement réussi, le résultat laisse à désirer. Pourtant, le concept est bien trouvé, le scénario est un savant mélange de genres, entre Cluedo et Code Quantum, tout cela nous faisait saliver de plaisir. Mais le plaisir s’arrêtera à ce long écoulement de bave. Dans la lignée de jeux comme Alpha Protocol ou The Last Express, Consortium fait partie de ceux qui ont loupé le coche et crient pour une deuxième chance de briller.

 

A l’aventure compagnon ...

 

Le principe : de la même manière que dans Code Quantum, votre esprit est transféré dans un autre corps, à la différence près que le corps que vous allez posséder se trouve dans un univers parallèle, dans un avenir pas trop lointain. Vous entrez dans le corps d’un homme dénommé Bishop 6, membre d’une unité spéciale qui règle les conflits internationaux en jouant à un « jeu » appelé Consortium. Cela permet d’éviter les conflits mondiaux entre les nations. Et le lieu où toute votre aventure va se dérouler se situe à bord d’un appareil volant de dernière génération, appelé le Zenlil .

 

   

Un zolie n'avion.

 

La véritable aventure, cependant, est sans surprise. Après votre réveil, vous assistez à un meurtre commis à bord du Zenlil. Et vous allez être chargé d’enquêter et de résoudre cette affaire avant que cela n’entraîne de graves conséquences sur les rapports avec les organisations mondiales. À cela, il va falloir rajouter la gestion de l’équipage et des crises de chacun, bref une vraie nourrice sur ce foutu raffiot. Chaque choix que vous ferez dans le jeu apportera son lot de conséquences, plus ou moins bonnes. Et là vous vous dites : « GENIAL !»

 

Il y a toujours un « mais ».

 

Oui, sur le papier cela a l’air génial, mais dans la réalité, c’est autre chose. En effet, le jeu n’offre aucun temps de répit. Exclusivement en anglais, les dialogues du jeu s’affichent dans des menus défilants. À aucun moment on ne peut revenir sur la conversation pour voir ce que le PNJ vous a dit au début de son monologue. Pire encore, chaque fois qu’un PNJ vous parle, des choix de réponses apparaissent, vous laissant plusieurs façons de répondre et cela, dans un temps limité (30 secondes pour faire son choix). C’est chouette, surtout quand on ne sait pas ce que le PNJ vient de nous dire….

 

   
Réponse D, Jean-Pierre. C'est mon dernier mot.

 

Vous pourrez ainsi entrer dans des situations de combat tout feu tout flamme en laissant une traînée de cadavres, ou bien éviter des conflits en négociant avec l'équipage et ses ennemis. Il n'y a pas de mauvaises façons de jouer, simplement des choix à faire. De nombreux secrets, indices et détails de l'histoire seront là pour vous aider ou vous mettre sur une fausse piste. Mais attention, car en plus d’être un enquêteur hors pair, vous serez également un écolo.

En effet vous serez paré d’une armure technologiquement très poussée qui se répare en recyclant diverses choses. Les indices peuvent donc aussi être recyclés. Ce n’est pas mignon ? Un vrai piège à con pour ceux qui ne font pas attention.  Vous pouvez ainsi détruire les uniques preuves qui vous permettront d’appréhender un suspect.

Hormis cette absurdité, Zenlil est un lieu plein de vie, même si le jeu est entièrement scénarisé. Les personnages sont toujours en train de vaquer à leurs occupations, à se déplacer plutôt que d'être collés à leurs sièges, et de nouvelles catastrophes ne sont pas nécessairement au rendez-vous. Tout cela dépendra de vos choix. Les décisions présentées ne sont pas morales, mais elles sont importantes. Dans un espace restreint comme le Zenlil, garder des choses intimes ou les révéler peut très vite faire basculer cette charmante utopie dans un enfer des plus dantesques.

 

   

Nos hôtesses s'assureront de votre confort.

 

Idéalement, les choses pourraient finir ici, avec une salve d'applaudissements pour donner quelque chose de vraiment ambitieux et nouveau. Certes, le jeu mériterait une tape dans le dos. Malheureusement, aussi intelligent que soit Consortium sur ​​le plan conceptuel, de nombreux détails ne vont cesser de faire glisser, à plusieurs reprises, le jeu vers le bas.

 

Sous le capot…

 

Graphiquement, on ne peut pas dire que le jeu soit immonde, mais il n’est pas très beau non plus. On pourrait excuser ce détail pour un studio indépendant, mais pas en ayant reçu une source de revenus conséquente issue d’un système participatif, comme Kickstarter. Ainsi le jeu paraît lisse, sans textures, loin, très loin d’un Morrowind. Les expressions faciales des personnages sont figées, comme si les PNJ avaient reçu une intense dose de Botox. Mais tout ne s’arrête pas à ce malheureux détail. 

 

   

Y a-t-il un pilote dans l'avion ?     

 

Le jeu comporte de nombreux bugs. Presque autant que le nombre de pas que vous faites dans une journée. Et ce n’est pas peu dire. En effet, d’une partie à l’autre, les bugs n’apparaîtront pas aux mêmes endroits et dans les mêmes contextes. Ainsi, il est déconseillé de parler à un PNJ qui marche seul dans un couloir étroit. Ce dernier risquant de ne plus bouger et de bloquer l’accès à une partie importante de l’avion, ce qui vous empêchera d’avancer dans l’une de vos quêtes.

Ne parlons même pas des bugs audios lorsque des PNJ vous parlent. Il suffit de tourner la tête dans la mauvaise direction pour que certains mots disparaissent de votre audition. Nous passerons sur le fait que tous ces gentils PNJ portent des pyjamas bleus comme combinaisons et que chacun d’eux est déshumanisé au possible en remplaçant leurs vrais noms (si, si ils ont de vrais noms) par des pseudonymes tout pourris qui semblent sortis tout droit d’une vieille série B à deux euros le DVD. Pourtant chaque personnage de l’appareil possède sa propre personnalité et son propre caractère … Alors pourquoi ne pas les appeler par leurs prénoms ?   

 

   

Je ne suis pas un numéro !!!!!

 

C’est l’heure de la frite ?

 

Une lourde question que nous allons soulever maintenant est celle des combats. Il n'y en a pour ainsi dire pratiquement aucun. Si vous parvenez à trois affrontements armés dans tout le jeu, vous aurez été veinard. Parce que oui Monsieur ! Des combats il n’y en a pas dans ce jeu. Alors pour palier à cela, on vous offre un joli simulateur de combats possédant vingt-et-un niveaux différents. Chaque niveau vous permettant d’apprendre un mouvement particulier de combat, comme frapper avec ses poings, recharger, changer d’armes, etc ...  Mais que vient foutre un simulateur de combat dans un jeu où il n’y a pas de combat ? 

 

   

Enfin un combat !  Ah bah non c'est le simulateur.....

 

Pourtant, les développeurs ont poussé le truc assez loin, puisqu’on a le droit à un système d’endommagement et de gravité des blessures. Alors c’est gentil, mignon tout plein, mais ce n’est pas dans ce jeu que vous risquez de mourir... L’action n’est pas vraiment au rendez-vous, alors ce système ne vous servira pas à grand-chose. On va donc passer le plus clair de son temps à attendre que les esprits s’échauffent pour ensuite venir, tel le messie, apaiser nos ouailles.

Pour aller plus loin, on peut même parler de l’intrigue. Si le scénario de base tient la route, l’intrigue en elle-même ne fait que se construire autour d’un point culminant qui ne viendra jamais, et tout ceci pour terminer sur une fin qui ressemblera à un vrai pétard mouillé et qui donnera pour seule réaction : "Attendez, c'est tout ?".  Un bon gros What The Fuck dans votre tête. Vous avez perdu votre cerveau pendant ce jeu ? Non, ne vous inquiétez pas. Il suffit de regarder vos pieds pour vous rendre compte qu’il s’est juste liquéfié par votre nez et a fait splotch sur vos baskets. 

 

   

"Il est où l'épisode de fin ?" 
"Y'en a pas, on n'avait plus assez de pognon ..."

 

Comment ? J’ai oublié de parler de la durée de vie du jeu ? Seulement trois, voire quatre heures de jeu intensives si on se focalise sur la quête principale. Mais malgré tous ses défauts, on est obligé d’admettre que Consortium offre une nouvelle approche du RPG, ou du moins qu’il essaye. C’est louable, mais cela ne suffira pas à faire prendre la mayonnaise. On pourra passer un peu plus de temps dans le jeu pour découvrir quelques secrets cachés, ce qui rallongera le temps de jeu d’une à deux heures grand maximum.

 

On ne peut pas dire que Consortium soit foncièrement mauvais, mais il ne fait pas partie de ces jeux qui apportent une grande évolution au style du RPG. C’est une tentative courageuse de la part des développeurs de vouloir sortir des sentiers battus, mais le jeu nous laissera sur notre faim. On est bien loin d’un Oblivion, Skyrim ou d’un Mass effect et cela pourra en faire crier plus d’un. Mais c’est une expérience, plus ou moins douloureuse, à tester et à se rappeler en tenant compte de la quantité d’efforts et de tentatives d’innovation apportées par l'équipe de Consortium

LES PLUS
  • De belles idées rafraichissantes
  • Des choix qui ont un réel impact sur l'histoire
  • Des PNJ très travaillés sur leur personnalité
LES MOINS
  • De nombreux bugs très agaçants
  • Qualité graphique pas très engageante
  • Très peu d'action
  • Une intrigue de mauvaise série B

5/10

Commentaires (7)

#2

kerlyenai
Garde

J'avais participé au financement du jeu et avais grand espoir. Je n'y ai joué que 10 minutes... Je crains qu'ayant lu ce test, je ne m'y remette jamais. En effet, les défauts que je lui trouvais sont exactement ceux qu'énumère Jubei.
#3

TrollTraya
Garde royal

Globalement d'accord avec ce test. Je reposte ici l'avis que j'ai publié il y'à plusieurs mois :

Bon, après avoir attendu les patch pour que le jeu tourne de façon optimale, je viens de terminer ma première partie. pourquoi ne pas faire un petit bilan à chaud ?

Pour commencer, rappelons ce qu'est Consortium : un jeu narratif en vue subjective qui se veut un pont entre Deus-Ex et The Walking Dead. Un jeu que j'ai backé plus pour soutenir le concept (qui d'après moi alors avait un sacré potentiel) plus que pour le jeu en lui même, qui me paraissait sympa sans plus.

Maintenant, farfouillons un peu plus dans les entrailles de la bébête. Tournant sous le moteur Source version Portal 2, le jeu se déroule dans un futur alternatif ou vous incarner un agent d'une organisation de maintien de la paix mondiale, le Consortium. Enfin, quand je dis un agent, c'est faux, vous vous incarnez vous même qui prenez possession de l'esprit et du corps de ce fameux agent (ce que tout le monde autours de vous ignore)... Nomad's Soul Spirit, my friends... On aurait tendance à croire que ce pitch est là pour faire gadget (ce qui n'est pas faux en un sens) mais je reviendrais sur ce point plus tard.

Donc vous prenez le contrôle de ce malheureux, appelé Bishop 6 (son grade et son numéro d'identification dans l'organisation), et vous prenez part à sa première journée dans sa nouvelle affectation, l'avion futuriste de taille relativement normal appelé Zenlil, qui sera le cadre de toute l'aventure. Oui, j'ai bien dit toute l'aventure, vous ne poserez pas un pas en dehors de ce foutu zinc.

Restricif ? ça ne le serait pas si le prix du jeu n'était pas si élevé (moi j'lai eu a moitié prix via KS, donc j'ai pas mal au f***, mais les autres...) car l'aventure (compter 5 heures si vous jouer aussi lentement que moi) vaut pour son ambiance proche des séries SF "à équipage" (ou vous nouez relations avec vos camarades de différentes façons) et sa rejouabilité (un système de dialogue à la Walking Dead, différentes façon de résoudre un problème, des événements différents se produisant selon les choix du joueur.)

Autant faire cesser le suspens tout de suite : le système marche et effectivement, on pourrait croire que le jeu est digne descendant du couple Deus Ex/ The Walking Dead. "Pourrait", seulement, parce que si le jeu regorge de bonnes idées (univers moins conventionnel que la moyenne très bien développé (on sent l'amour des dévs pour l'univers), trés bon dialogues bien doublés (english only par contre, même pour les sous titres), l'impression participer en JV à une murder party, etc...) le jeu à beau nombre de défauts qui gâche l'expérience.

Passons sur les graphismes (on aime ou on déteste), mais la technique est plutôt mal maîtrisée (Jamais vu un jeu tournant sur Source être aussi gourmand...) et le gameplay action réussirait à faire passer Deus Ex pour un shooter exaltant (c'est vous dire à quel point c'est mauvais). Heureusement, selon sa façon de joueur, on peut esquiver les (rares) combats. Et c'est là ou pour moi arrive le gros défaut de ce titre : on à clairement l'impression qu'il y'à "LA" bonne voie à suivre, et les autres. En gros, qu'on peu faire une partie parfaite, et que ce doit être le but du joueur, et je trouve ça très limitatif si on prends en compte le concept du jeu (qui est je le rappelle, de forger sa propre histoire). être "puni" systématiquement par ce qu'on ne choisi par la meilleure solution prévue par les scénaristes, je trouve ça vraiment limite, et cette impression à un peu gâché mon expérience de jeu (sans parler des répliques très agaçantes ou vous pouvez claironner sur tous les toits que vous n'êtes pas Bishop 6. Au bout d'un moment, ça m'à franchement gavée.).

De même, pas de gestion de PJ (pas d'XP et de compétences à gérer) (et ou, c'est un défaut pour un jeu qui se veut de la mouvance DX) et une gestion de l'inventaire... étrange, même si je ne doute pas qu'après plusieurs parties cela me semblera naturel.

Bon, pour conclure, bien que malgré ses défauts, le jeu est sympathique, je ne vous le conseille pas au prix actuel. Par contre dés qu'il sera à moitié prix et que vous recherchez une expérience qui sort un peu de la moyenne, foncez.

Pour ma part, je ne regrette pas d'avoir backé. Le jeu prouve que son concept en lui même à du potentiel, mais qui mérite d'être plus creusé que ça.

Message édité pour la dernière fois le : 03/06/2014 à 09:56

#4

kerlyenai
Garde

Très bon commentaire/bilan de Troll Traya.
Le jeu prouve que son concept en lui même à du potentiel, mais qui mérite d'être plus creusé que ça.

Je suis d'accord et j'aurais du préciser que moi non plus je ne regrettais pas d'avoir soutenu ce jeu.
#5

Andariel
Grand chevalier

Moi je me suis arrêté aux visuels et ça me suffit. Aucune envie de jouer. Je trouve ce jeu hideux artistiquement avec sa surabondance du bleu stérilisé mélangé avec des touches de vert fluo dégueulasses dessus et son character design qui fait très poupée Barbie à la Sims. Et techniquement, ça n'a pas l'air mieux.

Message édité pour la dernière fois le : 03/06/2014 à 12:03

#6

Colinet
Noble

Gloups, bon ben je laisse tomber consortium, alors. J'ai appris à ne pas me fier à l'allure mais j'ai aussi appris à me fier aux avis exprimés sur RPGFrance...
#7

Montag
Citoyen

Bon, si le scénario ne vaut pas le coup et si les choix sont mal fichus, je ne pense pas que ce jeu soit un investissement intéressant. Tant pis, c'était prometteur...
#8

Jubei
Chevalier

Et oui sur le papier c'était prometteur, mais voilà, le résultat est assez décevant. C'est fort dommage parce que y'avait du potentiel.
Certains testeurs américains pensent même que ce jeu serait un prologue quand à de futurs opus. Mais de futurs opus paraîtront-ils après ce fiasco ?





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