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Age of Wonders III

par Narakir 29 Avr 2014 09:00 25

C'est en 1999 que la saga d'Age of Wonders voit le jour, l'année durant laquelle Heroes III, héritier d'une noble franchise alors bien établie, sortait, lui laissant finalement peu de place. Pourtant AOW3 a fini par se faire une place dans le cœur des joueurs en digne successeur de Master of Magic. Au cours des années 2000, arriva un second opus, ainsi qu'une suite en 2003, Shadow Magic, aux graphismes 2D colorés et à l’ambiance transpirant la bonne vielle fantasy, mais hélas pas exempt de défauts comme un équilibrage discutable et une IA bien molle. 
Depuis, une bonne dizaine d'années sont passées et Shadow Magic a continué de vivre grâce à sa communauté. Avec le retour de la franchise, plusieurs questions se sont posées : pour ceux qui ont aimé les précédents opus comme moi, on peut se demander si Triumph a repensé quelque peu sa formule et si le jeu a été adapté à des standards plus contemporains. Et pour les nouveaux il s'agit de savoir ce qu'Age of Wonders III vaut face à la concurrence. Car dans ce domaine, il y a de quoi faire !

 

Je vais commencer ce test par un aveu : j'aime inconditionnellement Age of Wonders III (AoWIII), et ce malgré une ou deux déceptions. Maintenant que la chose est dite et que vous savez que je ne serai pas objectif, il est temps de commencer ce test...

Pour ceux qui ne connaissent rien au concept d'Age of Wonders, sachez qu'il s'agit d'un jeu de "Grande Stratégie" en tour par tour doté de deux phases : l'une stratégique où l'on déplace ses troupes sur une carte, construit et développe des villes ; et une phase tactique ou se déroulent les combats, eux aussi en tour par tour. Au premier coup d’œil, Age of Wonders ressemble à Civilization, mais bon, tous les jeux du genre ressemblent à Civilization. Là où AoWIII se démarque, c'est dans sa volonté de se focaliser sur un aspect particulier : la guerre et les salsifis. Ici on ne négocie sa victoire que par le feu et l'épée, point de victoire culturelle : le développement de vos villes ne sert qu'à créer et entretenir des armées et maintenir vos sorts. La diplomatie est présente, mais elle ne vous servira qu'à vous allier, convaincre les neutres de vous rejoindre et faire la guerre. Heureusement, ce qui fait le cœur du jeu, c'est-à-dire les batailles tactiques, est extrêmement bien fichu, complexe et intéressant sans être lourdingue, au point qu'on se passera souvent de l'option d'auto-résolution bien que celle-ci fonctionne parfaitement.

 

Une abondance de possibilités

 
Pour ce qui est des possibilités stratégiques, car c'est en général ce qui m'attire vers un jeu de stratégie, Age of Wonders III offre autant de décors et terrains variés que ceux-ci sont exploitables et modifiables. La carte stratégique possède un volet sous-sols, dont certains peuvent être creusés par les unités, permettant toutes sortes d'attaque surprise, là où l'on s'y attendrait le moins. De même, à la surface, les troupes volantes peuvent parfaitement mener des attaques surprises en passant par la chaîne de montagne que vous aviez négligée de surveiller. Les différents terrains apportent plusieurs modificateurs qui ne sont pas à négliger au cours de vos campagnes, surtout en ce qui concerne le moral de vos troupes. Et si cela ne suffisait pas, sachez que certains sorts sont capables de modifier le terrain sous votre aire d'influence, vous offrant donc la possibilité de tout recouvrir de forêts enneigées, ou de transformer un désert en prairie.
 
     
Le terraforming en cours
 
Comme on peut le voir, le jeu n'est pas avare en possibilités au niveau stratégique, mais c'est sans regarder tout ce qu'il offre au niveau des styles de jeu avec six races : Draconiens, Elfes, Nains, Humains, Gobelins et Orques, qui au premier abord sont relativement similaires car plus ou moins dotées des mêmes unités de base. Pourtant il existe des différences subtiles, comme une affinité ou une aversion pour certains types de terrain ainsi que des unités d'élite différentes. À vrai dire, la race de départ n'a pas nécessairement beaucoup d'incidence, mais c'est plutôt la classe de personnage que vous choisirez qui influera. Entre le Machiniste et ses troupes dotées d'armes à feu et de tout un arsenal technologique, le Théocrate et ses fanatiques exaltés, le Conspirateur et ses fourberies, l'Archidruide et ses créatures invoquées, le Sorcier et sa puissante magie, et pour finir le Belliciste et ses puissantes armées, il y a de quoi faire.
Chacune de ces classes possède en effet différents pouvoirs à rechercher qui confèreront différents bonus à vos unités de base, mais aussi des sorts ainsi que des unités spécialisées qui s'adaptent à chaque race. On arrive parfois à des situations assez comiques où l'on se retrouve avec des arquebusiers elfes, des succubes draconiennes, des berzerkers gobelins, des bardes orques et une cavalerie d'archers nains. Et si tous ces choix n'étaient pas assez pour vous, sachez qu'il existe aussi six sphères de magie que les habitués de la série connaissent bien : Eau, Terre, Feu, Air, Lumière et Ténèbres, qui vous offriront une pléthore de sorts différents. Cependant tout a un prix et chaque personnage ne dispose que de trois points de sphère de magie, sachant qu'il en faut deux pour être maître dans une sphère. 
 

Et l'aspect RPG dans tout ça ?

 
Le fait de vouloir conserver ou non votre race de départ ouvre cependant la possibilité au système d'alignement de se mettre en place. En effet, AoWIII dispose d'un système d'alignement relativement simple où vos actions vous feront pencher vers bon ou mauvais.  S'avancer à fond dans l'une des deux voies apportant certains bénéfices et vous permettant d’interagir plus facilement avec les villes neutres sur la carte ou encore de contenter votre population. En somme, les bonnes actions consistent à laisser l'ennemi fuir, user de diplomatie pour créer des alliances et être tolérant avec les différentes races. Le mauvais quant à lui n'hésite pas à poursuivre l'ennemi en fuite ainsi qu'à piller, raser ou déporter les habitants des villes conquises pour les remplacer par ceux de sa race. Les deux choix étant tout à fait viables, ils offrent une certaine dimension roleplay au jeu, de même qu'il sera aussi possible d'être neutre et d'adopter une approche plus pragmatique.
 
Si vous vous demandez encore pourquoi on teste un jeu de stratégie sur RPG france, sachez que les éléments de RPG abondent dans AoWIII. Votre héros/général de départ ainsi que ses sbires que vous recruterez en cours de partie sont dotés d'un inventaire où ils pourront équiper les différents objets trouvés en cours de partie, que ce soit dans les donjons ou sur les héros ennemis vaincus. La feuille de personnage est quant à elle assez conséquente, avec de nombreux sorts et compétences à choisir au fil de votre progression. Mais attention, les héros – à l'exception de votre général – sont mortels et guère plus puissants que les unités de base en début de partie, ils pourront de fait mourir très vite à cause d'une bête erreur de déplacement. Leur survie et leur progression feront d'eux un atout de poids, capable de faire de gros dégâts ou d'apporter des bonus à vos armées, mais ils seront rarement capables d'affronter seuls une unité très puissante comme un dragon.
 
     
Une création de personnage bien complète et une feuille de caractéristiques bien garnie.
 

Entre immersion et lacunes techniques

 
Sur le plan de l’ambiance, AoWIII fait honneur au reste de la série en nous offrant une ambiance qui, autant par ses graphismes que par une bande-son inspirée, nous offre l'occasion de nous immerger sans problème dans son univers de fantasy. La carte stratégique est belle à regarder même si parfois un peu trop chargée, de même que les champs de bataille. Tout ceci à condition qu'on ne zoome pas trop près pour y découvrir une modélisation et des textures assez grossières. Le pire étant les héros lors de l'écran de personnalisation de personnage des scénarios et parties aléatoires. De même, la direction artistique est assez mitigée et risque de ne pas plaire à tout le monde, malgré de très beaux artworks illustrant l'histoire des campagnes. Là où le bât blesse de manière totalement objective, c'est au niveau de l'optimisation. Impossible de faire tourner le jeu à fond tout en conservant un nombre de FPS raisonnables sur certaines configurations, surtout avec une carte NVIDIA. Je vous recommande de désactiver complètement le SSAO si vous rencontrez des problèmes.
 

Les choses qui déçoivent

 
Il est venu ce moment où je vais enfin admettre qu'Age of Wonders III est une grosse bouse... ou peut-être pas. En tout cas le jeu n'est pas sans problèmes. En effet, l'IA est mi-figue mi-raisin, lors des batailles elle exploitera plutôt bien vos faiblesses et s'appliquera à tuer vos unités et vos héros dès qu'elle le pourra, souvent au prix de sa propre survie. Au niveau stratégique, elle saura exploiter vos erreurs et parfois vous poussera à en commettre, mais son comportement est trop souvent erratique. Elle ne comprend pas qu'elle peut gagner ou éventuellement vous retarder en tenant ses positions, et parfois elle abandonne ses villes en fuyant, vous laissant tout le loisir de la poursuivre en rase campagne où il suffira de l'encercler et de la réduire en miettes. Aux niveaux de difficulté les plus élevés où elle triche, comme c'est le cas dans beaucoup de jeux de ce genre, elle se contentera de spammer les unités les plus puissantes dès que possible pour venir vous rouler dessus si vous n'avez pas la bonne idée de faire pareil.
 
Si je devais faire ma petite théorie sur ce problème de spamming, je dirais que le problème est surtout dû au fait que l'économie du jeu est trop généreuse. En effet, une fois la partie bien entamée, il est rare que l'on manque de ressources pour produire et maintenir nos unités, ce qui rend le spam d'autant plus facile. Certes, je l'admets, il faut bien quelque chose pour que la partie se finisse, mais quand on voit le travail d'équilibrage entre les unités en début et milieu de partie où bien jouer la phase tactique est cruciale, on est déçu par la dose de bourrinage de fin de partie. Surtout que les unités de moindre niveau, ainsi que les héros que vous avez fait survivre jusqu'au rang or, ne feront pas le poids face à ces mastodontes. En somme, à l'heure où j'écris ces lignes, si vous voulez éviter cette phase pénible, vous pouvez faire une croix sur les grandes cartes et les modes de difficulté plus élevés. C'est là où l'on en vient à regretter que la guerre soit la seule option. Heureusement, les développeurs sont à l'écoute et sont déjà à l'oeuvre pour pallier ce problème et il est certains qu'on vous en reparlera.
 
    
Une IA qui bat en retraite pour bêtement se faire encercler hors de sa ville.
 

Les détails qui font la différence

 
Après ce coup de gueule, il est temps de parler de ces petites choses qui font qu'Age of Wonders III est un excellent jeu. Par exemple, le fait que tous les déplacements d'unités peuvent être accélérés, ce qui permet de jouer très rapidement, sans temps morts ou encore ses différents modes de jeu. Deux campagnes, dont la première sert de tutoriel, qui arrivent à être plutôt intéressantes et variées, et dans lesquelles vous aurez l'occasion d'essayer toutes les classes tout en profitant d'une histoire qui se laisse suivre, même si le fond "magie des anciennes races" versus "technologie et impérialisme des humains" est un cliché éculé, mais un bon cliché quand même. Le jeu offre aussi quelques scénarios, dont le nombre devrait rapidement augmenter grâce à la présence d'un éditeur qui, on l'espère, sera utilisé à bon escient. On a aussi ainsi un générateur de cartes aléatoires qui fonctionne très bien avec de nombreux paramètres configurables afin d'obtenir ce que vous désirez. Pour ce qui est du multijoueur, le potentiel est là, même si je n'ai pas encore eu le temps de l'essayer : il est certain que le jeu offre un intérêt indéniable malgré ses défauts d'équilibrage.
 

Age of Wonders III est un excellent jeu dont les très nombreuses possibilités, l'aspect RPG poussé ainsi que l’ambiance fantasy omniprésente sauront vous emporter sans que vous sentiez le temps passer au cours de longues campagnes. Attention cependant à ce qu'elles ne le soient pas trop, et que vous restiez à un niveau de difficulté raisonnable, sinon gare au endgame aussi bourrin que déséquilibré, mais qui sera heureusement patché sous peu par les développeurs. L'IA fait son boulot, mais n'en espérez pas trop non plus. Vous pouvez aussi passer votre chemin si vous cherchiez autre chose que des combats.

 

LES PLUS
  • Bonne ambiance fantasy
  • Beaucoup de possibilités
  • Aspect RPG bien fichu
  • Très bon rythme de jeu
  • Batailles tactiques excellentes
LES MOINS
  • Direction artistique et graphismes inégaux
  • Performances discutables
  • Comportement erratique de l'IA
  • Endgame perfectible et en cours d'amélioration

9/10

L'AVIS DE ANDARIEL

Je vais commencer cet avis par un aveu : J'aime Minecraft. Enfin, je détestais cette immondicité mais là j'ai désormais une bonne raison de l'aimer. Ben oui, sans Minecraft, son créateur Notch n'aurait pas investi dans Age of Wonders III et on n'aurait peut être pas eu cette merveille !

Depuis mon précieux Heroes of Might & Magic III, je n'ai eu de cesse que de lui chercher un remplaçant moderne, celui-ci se faisant quand même vieux. Pourtant, entre Disciples, King's Bounty et autres Fallen Enchantress, ça clochait toujours quelque part et je suis souvent rentré bredouille. Jusqu'à ce que je mette la main sur Age of Wonders III... Enfin un digne successeur de HoM&M III ! A croire que le "trois" est un chiffre béni avec ce genre de jeux (à part Disciples III, beurk)...

Je retrouve dans Age of Wonders III le fameux syndrome addictif du "Allez, encore un tour avant de quitter le jeu" et ce truc m'a entraîné dans de sales nuits blanches sans que je me rende compte. Je le trouve très beau (même si le character design des humanoïdes est quelconque), je trouve son univers fantasy aux relents Steampunk plutôt intéressant (des pingouins-garous et des flame tanks qui se mettent sur la tronche, que demander de plus ?) et je le trouve surtout riche. La diplomatie est limitée oui (mais on s'en fiche, on n'est pas à l'Elysée !) et l'aspect gestion est honnête au possible, mais le côté RPG et les combats m'ont laissé sur le cul !

La création de personnage de AoW III est tellement complète qu'elle en ferait pâlir bien des RPG ! La customisation des personnages est solide et les subtilités bienvenues du genre ne manquent vraiment pas. En outre, la campagne scénarisée s’avère être étonnement bonne avec notamment des choix/conséquences qui admettent des répercussions significatives, et pour moi c'est juste du jamais vu dans un jeu de stratégie de ce genre... De l'autre côté, contrairement aux apparences, le jeu est plus dans l'optique d'un Heroes que celle d'un Civilisation et les combats, la moelle épinière du jeu, sont pour le moins profonds et constituent pour moi une intarissable source de plaisir.

Les seules lacunes mineures que je relève tournent autour de l'optimisation graphique discutable (le SSAO est un monstre !) et le déséquilibre au niveau du comportement extrémiste de l'IA dans la carte stratégique. Heureusement, les patchs disponibles ainsi que ceux qui sont prévus vont dans le sens à corriger ces soucis... Mais vous savez quoi ? Entre les deux grosses campagnes scénarisées, la dizaine de scénarios escarmouches, les cartes aléatoires customisables, le hot seat, le multijoueur et l'éditeur de niveaux, vous en aurez pour des mois et des mois de Age of Wonders III. Et les éventuelles extensions ne pourront que rendre le jeu encore meilleur. Du coup, pour un jeu indépendant de ce genre vendu une petite trentaine d'euros, on peut dire que le bébé de Triumph est un sacré triomphe !

9/10

Commentaires (25)

#26

Dwilaseth
Seigneur

Ah oui c'est clair, comme tout bon 4X qui se respecte c'est un titre très chronophage et si c'est t'es déjà sur d'autres jeux c'est pas la peine car comme tu le dis si bien "il faut choisir".. Impossible de jouer à tout !




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