Vendredi 22 Janvier 2021, 00:52     Connectés : 1      Membres : 0


Mot de passe oublié ?

Pas encore de compte ?

King's Bounty The Legend

par Etienne Navarre 24 Nov 2013 10:10 31

Le saviez-vous ? Abouni, notre ancien collègue et néanmoins ami, c’est un peu un Bounty à l’envers : blanc dehors et noir dedans. La comparaison vaut ce qu’elle vaut, elle me permet de le saluer (hé dude !) et d’aborder ce test avec gourmandise. Hmm… Quelle meilleure mise en bouche en effet que la douceur de la noix de coco, du reggae et du tour par tour ? Ça ouvre l’appétit, n’est-ce pas ? Mais vais-je vous gonfler tout au long de ce test avec mes parallèles chocolatés ou n’est-ce qu’une pirouette pour introduire le RPG de Katauri Interactive avec le talent (et la modestie) qu’on me connaît ?

 

King’s Bounty, le goût du paradis

 

Si, d’emblée, vous trouvez de nombreux points communs entre King’s Bounty The Legend et la série des Heroes Of Might & Magic, c’est normal, tout va bien. Ils ont le même géniteur (Jon Van Caneghem) et proposent des expériences ludiques similaires. D’ailleurs, King’s Bounty (l’original) a en quelque sorte donné naissance à HOMM dont le succès a permis de ressortir un nouveau King’s Bounty (The Legend, donc) qui se positionne en outsider. Dans les deux jeux, le monde est une sorte de grand plateau sur lequel on déplace son personnage tel un pion et où on combat des monstres belliqueux dans des phases stratégiques au tour par tour. A la différence (férence !!!) que dans King’s Bounty The Legend, les déplacements sont font en temps réel et que vous n’avez pas de ressources et de château à gérer. Est-ce que ça en fait un jeu plus simple et accessible pour autant ? Pas franchement non. Ce sont plutôt deux cousins germains qui assoient leur univers et leur gameplay respectifs avec une base commune.

 

    

Feuille de personnage, check. Univers enchanteur, check.

 

Nappage et enrobage

 

Dans King’s Bounty The Legend, vous incarnez un valeureux héros chevauchant son destrier à travers le monde d’Endoria. Au service du roi Mark, vous devrez déjouer des complots, libérer des princesses, embrasser des grenouilles, aider des brigands pour chasser des pirates, jouer les entremetteurs auprès d’un dragon… Difficile de s’ennuyer tellement les quêtes du jeu vous amènent dans des situations tantôt farfelues et franchement drôles, tantôt graves et plus sérieuses. Et c’est bien là ce qui m’a le plus agréablement surpris dans ce RPG : la liberté de ton de la narration ne laisse jamais indifférent. King’s Bounty parodie bon nombre de contes et légendes mais ne sombre à aucun moment dans la facilité d’écriture bas de gamme ou dans le déjà vu. Cependant, le jeu fait parfois dans le traditionnel avec des quêtes moins fouillées. Pas inintéressantes mais évidemment plus classiques. Cette balance entre humour et tradition permet un équilibre bienvenu qui évite la lassitude et dénote un certain sens du rythme narratif. Le seul reproche que je pourrais faire au scénario du jeu est son absence de trame principale vraiment passionnante : je me suis plus délecté des quêtes annexes que du fil conducteur qui se déroule en dents de scie.

 

        

Petits bateaux, petites cartes, gros bâton.


Cet exercice de jonglerie entre tradition et second degré se retrouve également dans la partie visuelle du jeu. Les proportions fantaisistes sur la carte du monde ou le coup de crayon de certaines unités tendent vers une certaine idée de la dérision. Votre héros a parfois la moustache à hauteur de toiture et les ours sont aussi petits que des nains. Je ne vous parle pas du nez que ces pauvres bougres d’épéistes se payent au milieu du visage. Des chaudrons à cachous. Levez les boucliers les gars, ça va pleuvoir du grumeau nasal ! Le plus bluffant au final, c’est que tout est parfaitement cohérent : il n’y a pas de vraies fautes de goût en terme de design. Qu’il s’agisse des unités, des différentes cartes du monde ou des détails de l’univers, on nage en pleine magie. Comme dans tout conte de fée qui se respecte, on croise une multitude de lieux communs : dragons dans leur cave, nains avides de pierres précieuses, amanites tue-mouches aux coins des sentiers, chaumières isolées en proie aux loups-garous… Mais l’alchimie fonctionne toujours merveilleusement car l’originalité guette à chaque coin de quête, l’humour est présent par touches bien senties et les graphismes colorés (ils ont bien vieilli, si si) emportent l’adhésion. Quant à la partie musicale, c’est tout simplement génial : les thèmes sont passionnés, leurs sonorités collent idéalement aux zones visitées et les bruitages font le boulot. J’ai retrouvé une vraie âme de gosse en jouant à King’s Bounty The Legend, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise… Ah, je suis peut-être fleur bleue, mais je suis aussi un fin stratège.

 

Un jeu fondant gourmand

 

Et la stratégie dans King’s Bounty The Legend, ça ne rigole pas (sauf avec les épéistes). On ne fonce pas sur le premier ennemi croisé comme un forcené qui court la baguette au vent. Au départ, vous devrez choisir la classe de votre avatar : guerrier, paladin (pour vous, les gonzesses) ou mage. Chacune de ces classes dispose d’arbres de talent assez proches mais étudiés pour coller au mieux au gameplay choisi. Ainsi, le guerrier se concentre sur l’attaque, le mage sur son livre de sorts et le paladin bouffe un peu à tous les râteliers. Les trois caractéristiques de base (attaque, défense et intelligence) évoluent au gré des prises de niveau et du stuff acheté, et sont d’une importance cruciale. Faire du mage un spécialiste de l’attaque ne sert pas à grand-chose bien que cela soit possible. Comme jouer un paladin : ça ne sert à rien mais c’est possible. Pour ma part, j’ai fait un mage très intelligent pour coller au mieux à qui je suis dans la réalité. Un personnage qui me ressemble si vous préférez.

 

      

"Et là mon bon Roi, je plante mon glaive dans la glotte !

- Vous vouliez dire dans la grotte Merlin?

- Non, non, c'était bien sa glotte, je vous assure."

Pour faire le tour du proprio rapidement : trois classes, des arbres de talent, un inventaire (sommaire mais présent), une jauge de mana et de rage, un livre de sorts et des emplacements pour son armée. La mana, on passe si vous le voulez bien. La rage en revanche amène un aspect intéressant. A chaque début de combat, votre jauge est vide et se remplit petit à petit. Dès que vous recevez un coup sur la caboche ou que vous collez une trempe à un ennemi, votre jauge augmente. Cette jauge est associée à quatre « esprits » qui viennent vous porter main forte en combat : un golem, un lézard, une dame de glace et la Mort. Chaque esprit dispose de quatre sorts qui peuvent être upgradés si vous faites appel à eux. Envie d’un mur volcanique, d’une boule de glace (à la pistache) ou d’un glaviot acide ? Pas de problème, utilisez votre rage et répandez la fureur sur le champ de bataille. Ces esprits ne sont pas des dieux mais peuvent faire la différence sur un combat. Les dégâts directs sont rarement les plus efficaces mais les sorts de protection ou de blocage peuvent faire pencher la balance.

 

     

Un tour par le livre des sorts permet l'érection de serpents de glace.


Le tatami du jeu, une grille hexagonale, oppose votre équipe (cinq unités) à votre ennemi (parfois plus de cinq unités, tricheurs) dans un système au tour par tour qui a fait ses preuves par le passé. Pas de grosses surprises à ce niveau-là si vous êtes habitués du genre. Les unités que vous pouvez enrôler sont très variées (épéistes, serpents géants, ours, nains, pirates, barbares, yeux maléfiques…) et disposent de particularités qu’il convient d’étudier afin d’obtenir l’équipe la plus performante possible. Attention également aux malus : des morts-vivants dans la même équipe que des humains vous pénaliseront (à moins de débloquer le talent qui permet d’annuler ce malus). L’inverse est possible aussi : vous obtiendrez des bonus en formant un groupe homogène.
Au milieu de ce réjouissant tableau, on pourrait croire que j’ai tout aimé dans ce jeu. Eh bien en fait oui. Il y a quelques détails qui fâchent mais qui n’entachent jamais le plaisir de jeu. Je pense notamment au besoin de faire de longs allers-retours pour regonfler son armée (pour peu que l’on souhaite continuer avec les mêmes troupes) ou au besoin de nettoyer certaines zones pour avancer sereinement dans l’aventure. La rejouabilité est quasi nulle mais le voyage se vit comme un aller simple donc rien de rédhibitoire. Arrêtez, arrêtez, je vous vois venir armés de vos confiseries choco-coco : vous pouvez me torturer jusqu’au bout, non, je ne trouve pas grand-chose à redire à ce jeu auquel j’ai joué comme un môme. Pas la peine.

 

King’s Bounty The Legend, c’est le jeu qui m’a permis de faire se rencontrer le gamin et l’adulte qui vivent en moi. Féerique mais bourrée de second degré, l’aventure est un petit délice qui se déguste tranquillement. Efficace dans ses mécaniques de jeu, vraiment role play quand il s’agit de résoudre certaines quêtes (gare aux surprises) et enivrant, ce RPG en a assez sous le capot pour plaire aux néophytes et aux joueurs chevronnés. Un jeu qui s’apprécie pleinement sur la durée (belle durée de vie au passage), même si vous jouez paladin. Disponible régulièrement à petit prix sur la toile, vous n’avez que peu de chances de vous louper à moins que vous soyez médicalement allergique au tour par tour et aux jeux de qualité. Hélas, ça arrive, parfois. Et non, tout le monde n’a pas autant de goût que moi.

LES PLUS
  • Univers féerique unique
  • Quêtes très bien écrites
  • Evolution du héros prenante
  • Durée de vie
  • Patte artistique
LES MOINS
  • Quelques allers-retours longuets
  • Les tarins humains
  • Jouer paladin (sérieux...)

9/10

Commentaires (31)

#2

skoeldpadda
Seigneur

Le dimanche (manche !!!) c'est détente. Merci Etienne.
#3

Sowatt
Paladin

Wah, ça me donne envie de me le prendre !!
#4

AbounI
Grand gobelin

Merci pour ce test Etienne, et franchement c'te comp-à-raison,

Ca me donne envie de m'y essayer, mais c'est quoi le problème avec le palouf?
#5

elButor
Noble

Sympa le test
#6

reebob
Noble

"Ca me donne envie de m'y essayer"

Attend les soldes steam il est souvent en promos avec tous les autres jeux estampillés King's bounty.

Sinon vous êtes un peu à la bourre pour le test il est quand même sortie en 2008.

Je me rappelle mon premier jeu de ce type sur Megadrive. Un jeu réellement chronophage. Cependant ils ont quand même du mal à se renouveler. Surtout qu'ils n'ont pas changé de moteur graphique entre les différents opus. Et sur la durée c'est le genre de jeu qui devient un poil répétitif surtout que contrairement aux Heroes il n'y a pas de partie gestion des ressources pour diversifier un peu le gameplay.
#7

skoeldpadda
Seigneur

Ca me donne envie de m'y essayer, mais c'est quoi le problème avec le palouf?

Il est juste chiant à jouer le palouf. La classe est complètement pétée et surpuissante, c'est n'importe-quoi. En plus, son leadership grimpe vite et tu peux avoir de plus grosses armées donc tu te retrouves à rusher et à jouer beaucoup plus bourrin avec ce mec là qu'avec un babar.

T'emmerde pas, joue un mage. C'est de loin ce qu'il y a de plus rigolo. Et comme dit Etienne, il a un gros bâton. Très important, ça.

Message édité pour la dernière fois le : 24/11/2013 à 12:19

#8

AbounI
Grand gobelin

Ok, merci Skoel.Forcément ça gâche le plaisir
#9

Etienne Navarre
Gobelin

Le seul avantage du paladin, ce sont ses bonus qu'il obtient dans les combats contre les démons et les morts-vivants. Sinon, il a une tronche à sortir d'un night club new yorkais des années 80 alors forcément, c'est pas possible.
Autant prendre un guerrier dont l'armée frappera vite et fort avec une réduction des dégâts reçus ou un mage dont les talents lui permettront de supprimer plusieurs unités alors qu'aucune troupe n'a encore fait un pas.

Message édité pour la dernière fois le : 24/11/2013 à 12:31

#10

Baalka
Grand chevalier

Merci pour le test, Etienne, agréable à lire. C'est toujours sympa aussi de voir un test d'un jeu un peu plus ancien reparaître, ça nous change de la morosité de ces derniers temps en RPGs.

Attend les soldes steam il est souvent en promos avec tous les autres jeux estampillés King's bounty.


Sinon il est disponible ici pour 1.92€ (ainsi que sa séquelle Armored Princess pour moins d'un euro). Le site est fiable, j'y ai déjà acheté des trucs en quelques occasions. Maintenant, les sites de ventes de clés sont ce qu'ils sont, et on s'y adonne ou non... Attention que c'est une version Steam aussi, d'autres sites le proposent le drm-free (il y a des -75% sur tous les King's Bounty tous les 6 mois sur GamersGate par exemple).

Message édité pour la dernière fois le : 24/11/2013 à 13:09

#11

skoeldpadda
Seigneur

Moi, j'attends Warrior of the North sur GoG. J'ai le temps, j'suis pas pressé...
#12

Munshine421
Garde royal

Merci pour le test. Je confirme que la durée de vie est énorme.
#13

Offen
Garde

Ah on m'avais offert ce jeu à sa sortie : a l'époque j'ai abandonné vers le royaume Nain : je me faisais littéralement démolir par tout ce qui passait.
#14

Sabrina
Chevalier

Dommage, sur Steam il est en anglais et russe...

Merci pour le test..
#15

skoeldpadda
Seigneur

Sur les autres sites aussi, Sabrina. Y a pas de VF. Ils ont probablement un patch sur traductionjeux.com, ceci dit.
#16

Sabrina
Chevalier

Ah bon ?... Ok je vais faire une recherche pour voir si je trouve...

Merci !!
--------------------------------------

EDIT
Sur http://www.jeuxvideo.com c'est écrit en français.. .. je continue ma recherche..

Message édité pour la dernière fois le : 24/11/2013 à 14:55

#17

Tirnanog
Chevalier

J'ai de douloureux souvenirs de la VF dispo en boîte. En anglais, ça allait beaucoup mieux. La trad française était, disons... approximative. Les dialogues et l'humour passaient mieux en anglais. Par contre, je ne sais pas ce qu'il en est advenu après, s'il y a eu des patchs. J'étais passé à Armored Princess en anglais.

A noter que la rejouabilité trouve son intérêt dans le scoring, principe fidèle à l'original. J'avais adoré faire péter les scores.



La VF n'est disponible qu'en version physique, pas en dématérialisé, j'ai l'impression.

Message édité pour la dernière fois le : 24/11/2013 à 14:59

#18

Sabrina
Chevalier

J'ai trouver un patch (sous-titre) pour mettre le jeu en français.. je vais peut-être le me laisser tenter, sur Steam il n'est pas très cher...

Merci !!
#19

skoeldpadda
Seigneur

La VF n'est disponible qu'en version physique, pas en dématérialisé, j'ai l'impression.
En effet. Comme on parlait de Steam et consort, je n'ai pas pensé à préciser.
Pour l'intérêt que ça a, de toute façon... La VF officielle est dégueulasse.
#20

Sabrina
Chevalier

Ben finalement je laisse tomber, le jeu est plus un jeu de stratégie avec un soupçon de rpg.. j'ai été voir quelques vidéos du jeu pour avoir une idée du gameplay.
Mais je garde en réserve au cas où..
#21

Empereurraf
Citoyen

c'est quoi le problème avec le paladin ?
#22

Chinaski
Grand chevalier

Paladin ça craint.
#23

FoolEcho
Garde

Un petit jeu très sympa et techniquement éprouvé.
Moins de contexte et d'histoire que pour les Heroes of Might of Magic, mais il y a vraiment une ambiance très agréable.

À jouer en mode impossible avec un mage ou un paladin (dont le problème est sa sale tronche ^^ ) justement pour bien comprendre sa douleur...

Je lui préfère quand même Armored Princess/Crossworld, un tantinet plus dur et avec des petits bonus sympas (du genre bonus sur les stats pour certaines réalisations).

Pareil que certains, j'me ferai Warriors of the North, un jour... peut-être...
#24

Empereurraf
Citoyen

Non c'est pas vrais, c'est la classe les paladin , bon oui sa tronche n’empêche que ...

Message édité pour la dernière fois le : 24/11/2013 à 19:28

#25

elButor
Noble

Paladin ça craint.


N'est-ce pas?...

Sinon il y a un paladin que j'aimais bien c'était le Troll de Kroc le Bô, ça doit parler à certains...




Voir tous