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Path of Exile

par skoeldpadda 09 Nov 2013 18:51 51

Il semblerait que le hack'n slash redevienne à la mode ces dernières années. Après le fratricide conflit entre Torchlight 2 et Diablo 3 qui anima 2012, de nombreux indépendants se sont engouffrés dans la brèche, offrant des jeux aux fortunes et aux qualités diverses. Dans sa catégorie, Path of Exile est un original. Free to play, sombre et adulte, le jeu des kiwis de Grinding Gear Games se veut le William Wallace du Edouard Ier de Blizzard. Libéré, façonné par sa communauté et gratuit, sans céder le moindre pouce de qualité. Un voeu pieux ?
 

Men and people will fight ya down

 

Path of Exile prend de toute façon le parti de s'adresser à des gens qui savent et/ou à des joueurs qui ne vont pas rester ignorants bien longtemps. Le jeu ne s'embarrasse d'aucune sorte d'introduction et, passé le choix du personnage, on démarre le nez dans la vase. On ne sait pas où l'on se situe, on est à poil sur une plage et il faut trancher son chemin vers la ville la plus proche à grands coups de sabre dans les zombis du rivage. Je vous avouerais n'avoir porté aucune attention au background, aussi attardons-nous sur le nerf de la guerre : le gameplay. Celui-ci est simple, comme tout hack'n slash qui se respecte : un clic pour taper, d'autres pour magiquer et quelques touches du clavier pour afficher le loot, la map ou divers écrans de personnage. Tout est évidemment configurable à l'envie et l'interface, très claire, ne posera aucun problème d'ergonomie.

Tant mieux, car l'entrée en matière rude et pluvieuse de Path of Exile ne pardonne absolument rien. On prend des coups. Beaucoup. Les petits groupes de noyés et les cochoneries crabesques qui infestent le rivage peuvent en effet poser pas mal de problèmes au combattant distrait. Trancher vite sera salutaire et boire des potions de soin deviendra vite obligatoire. A ce sujet, on n'en trouvera pas au sol, de ces potions : on possède une certaine quantité de flasques à la ceinture qui, une fois vides, se remplissent automatiquement à chaque coup donné.

 
   
 

We gonna walk through the roads of creation

 

La vie est simple dans Path of Exile : on tue, on fait grimper la barre d'expérience, on fait monter son niveau.
Et c'est là que tout devient très très intéressant, lorsqu'entre en scène la sacrale notion de build. A chaque niveau, des points de caractéristique (force, intelligence, dexterité) sont distribués automatiquement et un point de compétence (ou skill, parce que le jeu est en anglais) est alloué pour personnaliser son avatar. Les points de skills, c'est la colonne vertébrale du hack'n slash tel que défini par Diablo II : dans un jeu où le but est de survivre à des programmeurs retors qui font tout pour avoir la peau du joueur, se bâtir un personnage à même de supporter n'importe quel défi est essentiel. C'est aussi là que Path of Exile choisit de se démarquer le plus radicalement de ses modèles.

Vous aurez à disposition sept classes, chacune tirant vers une caractéristique particulière (intelligence, force et dextérité, disais-je plus haut) ou à cheval sur plusieurs. Ayant plutôt tendance à jouer des voleurs, j'ai choisi de me faire deux personnages et jeté mon dévolu sur le duelliste à la seyante chemise rouge et l'assassin/ninja à demi nu, espérant trouver mon saoul de compétences furtives et de sournoiseries du genre. Sauf que non. Le choix de la classe n'offre malheureusement aucune capacité prédéfinie : hormis un look différencié et un accès à certaines armes et équipements (le templier peut utiliser de grosses armures, le bretteur n'a pas accès aux masses...), tous disposent du même arbre de compétences, toutes passives. Pas de pouvoirs différenciés, pas d'aura de soin +10, pas de backstab, rien.
Si l'arbre de caractéristiques est partagé, il a pour lui d'être gigantesque. Il doit bien y avoir dix mille cases, chacune se débloquant en fonction des sélections précédentes. Pour un peu plus de piment, chaque personnage démarre à un endroit différent du skill tree.

Dans l'absolu, cet arbre de passifs ce n'est pas une mauvaise idée mais la notion de build en devient pratiquement abstraite : certaines cases (bon, en fait, c'est des ronds, c'est plutôt un "sphérier des passifs" mais on ne va pas chipoter) offrent un bonus de force, d'autres augmentent les coups critiques, d'autres encore les dégâts à deux mains. C'est bien fait, relativement intelligent, car demandant un minimum de stratégie fort bienvenue, mais ce n'est pas du build. Et question magie, l'aurait-on dans l'os également ?
Fort heureusement, non. C'est même précisément là que Path of Exile devient excellent grâce à une ingénieuse variation du traditionnel système de gemmes à sertir dans son équipement. Ici, les gemmes offrent un pouvoir associé aux caractéristiques de vos personnages (force, intelligence et dexterité pour ceux qui ne suivent pas), chaque classe étant plus susceptible de ramasser des gemmes liées à sa caractéristique principale. Évidemment, chacune d'entre elles donne accès à des capacités de types différents : la force permet de balancer des coups surpuissants, on peut faire des boules de feu avec l'intelligence et envoyer de multiples coups avec une gemme de dextérité (ou des flèches enflammées si on joue un ranger, les possibilités sont nombreuses).

 
   
 

Chose agréable, les gemmes se retirent aussi facilement qu'elles s'emboîtent dans l'équipement et on peut transférer ses sorts sur de meilleures armes si tant est qu'elles aient des sockets correspondants. Une once de stratégie sera nécessaire pour profiter au mieux de ses gemmes et de son équipement. Notez qu'une gemme offrant la capacité de tirer une boule de feu peut aussi bien être sertie sur une arme qu'une pièce d'armure, là où d'autres comme le Ground Slam devront obligatoirement équiper une arme contondante. Un dernier détail : les gemmes gagnent elle aussi en expérience et sont de plus en plus efficaces au fil de leur utilisation.
Le problème de ce système est néanmoins double : l'arbre des passifs étant relativement identique pour chaque personnage, il permettra certes de choisir des voies défensives ou offensives, modifiant sensiblement votre approche des combats, mais restera dans l'absolu trop peu marquant pour avoir un réel impact sur votre façon de penser vos personnages. De même, les gemmes tombant au petit bonheur la chance, il ne sera pas rare de se retrouver à utiliser les mêmes d'un personnage à l'autre. C'est d'ailleurs le cas de mes deux héros que je joue, peu ou prou, exactement de la même façon, en leur faisant balancer des boules de feu (oui, des voleurs qui font des boules de feu. Ne rigolez pas, vous le faites aussi dans Skyrim). De fait, si vous vous attendez à jouer comme dans Diablo, ne rêvez pas : de build différencié il n'y a tout simplement pas dans Path of Exile.

Ce qui est intéressant, toutefois, c'est que la plupart des gemmes étant utilisables sur n'importe-quel type d'équipement (j'ai une gemme Firestorm sur mon casque et une Fireball sur mes bottes, par exemple), on finit par se balader avec une bonne dizaine de sorts qu'on peut lancer à tout bout de champ (pour peu qu'on ait le mana nécessaire, évidemment).

Tant qu'on parle de l'équipement, il y a deux manière de se protéger : équiper des éléments d'armures de plus en plus solides ou utiliser des objets disposant d'un bouclier d'énergie. Celui-ci se matérialise sous la forme d'un liseret bleu sur le bord de la jauge de vie et absorbe des dommages directs jusqu'à épuisement, puis se recharge selon un ratio déterminé par la qualité de l'équipement. Evidemment, utiliser un habile mélange des deux devient vite nécessaire.
De fait, les possibilités de build proprement dits, quasiment nulles, sont largement compensées par la recherche de matériel toujours plus efficace et, surtout, l'utilisation des gemmes et leur propre progression au fil du temps.

 
   
 

A l'image d'un Torchlight, vous aurez également tout loisir d'utiliser un coffre commun à tous vos personnages et d'y stocker doubles et pièces magiques d'importance. Ce coffre, c'est le Graal. Si.

Pourquoi, me demanderez-vous ? Au profane intrigué par ce genre de pratique je ne répondrais qu'un mot : collectionnite. En effet, qui dit loot dit objets magiques et qui dit objets magiques dit objets rares et légendaires. Ces uniques, n'apparaissant que sous certaines conditions et une seule fois par partie, sont le petit plus qui pousse le joueur assidu à casser tous les tonneaux et à pourfendre tous les mobs qui traînent. Qu'il s'agisse de l'Armure Dorée du Pourfendeur de l'Aube ou des Outils du Boucher d'Ebene, Path of Exile est plein de ces objets qui offrent des bonus délirants aux proportions dantesques. Pour les petits malins anglophones, les forums officiels du jeu fourmillent d'infos et de ratios de drops aux savants calculs, transformant un fortuit hasard en véritable quête monomaniaque.

Pour ajouter une autre dimension à la chasse à l'équipement qui tue, on peut également tabler sur le commerce. Il ne vous sera pas compliqué de vendre les tonnes de loot que vous ramasserez au fil de vos pérégrinations, mais n'espérez pas devenir le Crésus du coin : il n'y a pas d'or dans les environs et en fait de monnaie, on utilisera quelques rares parchemins d'identification et diverses orbes. Ceux-ci se ramassent aussi au fil des tueries mais se pose vite un gros souci. Parchemins et orbes sont en effet utiles directement puisqu'ils vont identifier du stuff magique ou carrément augmenter leur qualité (et donc leurs caractéristiques -et bonus/magies s'ils en ont). Du coup, commercer devient curieusement risqué et nombreux sont ceux qui seront tentés de tout simplement ne rien acheter, se contentant du loot. Heureusement, le jeu est prévu pour et des machins à équiper, vous allez en ramasser. Ca oui.

 
   


Open your eyes and look within

 

Voilà donc pour le gameplay. A côté, le système MMO tributaire du F2P est finalement peu palpable. On croisera bien des gens dans les campements mais contrairement à la plupart des jeux du style, pas de problème de kill steal ou de loot : les zones sont instanciées et à moins de créer un party, on les parcourt seul. Le bonheur. Des microtransactions sont bien sûr possibles mais, aussi loin que je puisse voir, elles n'entrent pas en tant qu'élément essentiel dans la progression du joueur : le gameplay est équilibré et on progresse vite. Les monstres n'ont d'ailleurs pas d'autolevelling (leur niveau est indiqué en affichant la carte) et une fois équipé correctement les one hit kills sont légion.

Le jeu propose également de nombreux modes de jeux participant au côté multijoueur. A la création du personnage, il vous sera proposé de participer à différentes ligues, sachant bien évidemment que seuls les personnages d'une même ligue peuvent interagir entre eux.
La version par défaut est largement suffisante en elle même et vous proposera l'aventure plus ou moins solo avec donjons instanciés et copains à inviter que je vous décrivais quelques lignes plus tôt. Vous y développerez votre personnage à votre rythme et selon vos envies. Les plus téméraires s'essaieront à la version "hardcore" sur laquelle règne la fée permadeath. Ce mode a ceci d'intéressant qu'il fonctionne sur un modèle de score : tant que vous survivez, vous grimpez le ladder et, quand vous mourrez, vous retombez dans la ligue "standard". Si la punition est moins lourde que celle de nombreux autres jeux proposant le même mode (on ne perd pas son personnage, juste l'accès à la ligue), il a au moins le mérite d'être encourageant pour le débutant. Et puis si vous êtes un vrai, rien ne vous empêche de supprimer le personnage déchu et de reprendre à zéro.
D'autres ligues viennent également agrémenter les parties, du classique PvP à l'intrigant "Ironman" dans lequel il vous est impossible de commercer. Parallèlement à toutes ces joyeusetés, les développeurs ajoutent un peu de piment à la vie communautaire au travers de compétitions limitées dans le temps, avec rankings dédiés et prix à la clé.

 
   
 

Côté durée de vie, même sans compter les différentes ligues, vous pouvez poser un RTT, vous allez en avoir besoin. Path of Exile est addictif, très, et avec ses actes fournis et étendus, il vous faudra au bas mot une bonne vingtaine d'heure en ligne droite pour en voir le bout. Mieux encore, sachant qu'il vous est parfaitement possible de revenir sur vos pas, si vous vous mettez à fouiller dans les coins, le jeu est potentiellement infini.

Question réalisation, c'est beau, propre et fluide, les personnages sont gigantesques (je n'aurais rien contre la possibilité de dézoomer, d'ailleurs) et l'angle de caméra est fixe, à l'ancienne. Qui plus est, malgré des serveurs bien remplis, le jeu souffre rarement de ralentissements (tout juste vous sera-t-il plus long d'accéder auxdits serveurs au démarrage du jeu).

 
  
 

Wipe away transgression, set the captives free

 

Avec Path of Exile, on a enfin droit à un vrai hack'n slash gratuit en ligne. Jusqu'à un certain point. Intelligemment compensé par une gestion d'inventaire très poussée et non dénuée d'une grande part de profondeur à haut niveau, le build n'en reste pas moins limité dans les premières heures et la progression du personnage très étriquée du fait de l'absence de compétences de classes, laissant sur le carreau les joueurs les plus old-school. Et les plus pressés.

De même, dans l'absolu, Path of Exile n'a que très marginalement évolué depuis ses premières phases beta et, si vous n'aviez pas apprécié l'aventure à l'époque, inutile d'y revenir. Le commerce est en place, une nouvelle classe est apparue, les gemmes et l'équipement ont été rééquilibrés, l'interface a été repensée et plein de petites choses sont venues rendre l'expérience de jeu plus agréable. Le fond, lui, n'a pas bougé d'un iota. L'arbre des actifs, un temps envisagé, n'est jamais arrivé, et les gemmes dominent toujours le build. Il est bien évidemment possible de beaucoup s'amuser avec, mais ne comptez pas sur vos personnages pour dicter le gameplay. C'est votre chance et la nature des pierres que vous looterez qui feront le jeu. Pour peu que vous ramassiez les mêmes, il sera parfaitement envisageable de jouer un templier comme une sorcière.

Néanmoins, la difficulté générale du jeu et les nombreuses statistiques lisibles dans la fiche de personnage offrent largement de quoi s'amuser. Mieux encore, la réactivité des développeurs laisse toujours entrevoir de nombreux ajustements et évolutions. Il le faudra, sinon Path of Exile, aussi bon soit-il, risque de devenir quelque peu lassant sur le long terme.

 

Alors, au final, ce Path of Exile ?
Mérite-t-il le battage que les cercles instruits en font ? Assurément. Est-il un des meilleurs hack'n slash de ces dernières années ? Sans doute. Est-il au niveau de Diablo et Torchlight ? Pas encore.
Path of Exile est un excellent hack'n slash et même un excellent jeu, mais il souffre de ses audacieux choix de game-design. Entre le build aléatoire reposant sur la découverte de gemmes, le système économique étrange et le peu de réelle différenciation entre les classes, le jeu de Grinding Gear est aussi agréable et accessible qu'il pourra paraître étriqué et monotone.

 

LES PLUS
  • les gemmes, idée amusante...
  • l'ambiance
  • gratuit
LES MOINS
  • ...mais vite redondante

8/10

L'AVIS DE BATMAN

Quand on me parle de jeu free to play, je fais souvent la grimace. J'ai toujours peur de me retrouver face à une communauté pourrie, un jeu aux finitions pas terribles ou un système de pay to win où il faut forcément passer par la caisse pour éviter la frustration. Path of Exile, ce n'est rien de tout ça ! Tout d'abord, parce qu'on peut fermer le chat général et se retrouver tout seul dans les instances. Ensuite, parce que le jeu a d'excellentes finitions, que ce soit l'aspect visuel vraiment réussi ou le gameplay. La difficulté est bien dosée, les builds variés, les pouvoirs funs et sympa à utiliser, bref, que du bon ! En plus, on peut facilement y jouer à plusieurs et rejoindre ses amis, ce qui reste important pour un jeu de ce type.

8/10

L'AVIS DE KILLPOWER

Path of Exile, plus hack'n slash que free to play, m'a offert un vent de renouveau dans le monde du Action-RPG. Le système de troc, l'arbre de compétences, les runes évolutives, le monde bien gore, les potions de santé et de mana, et j'en passe. De bonnes idées qui m'ont fait passer un bon moment avec mes amis. Vis-à-vis de la note, j'aurai pu être plus dur avec des compétences passives, mais quand on sait qu'il est gratuit et qu'il n'y a pas besoin de mettre la main à la poche pour avancer, je ne peux que l'acclamer des deux mains. Dommage que notre personnage n'ai pas de combos actifs comme le maître D2 a su si bien le proposer en son temps. Oui, dommage.

8/10

Commentaires (51)

#51

oAmyoAmyo
Paladin

J'aimerais tellement qu'ils dézoom un peu tout ça, j'adorerais y jouer mais j'ai la nausée à chaque fois
#52

Phoenix
Paladin





"Atlas of Worlds" est la nouvelle extension annoncée pour le 02 Septembre 2016. De nouvelles zones sont bien entendues aux rendez-vous. Plus de 30 cartes de hauts niveaux augmentant de plus de 50% le "end game" de Path of Exile. 19 nouveaux boss. Pleins de nouveaux objets en tout genre, des améliorations sur le moteur de jeu lui-même, divers nouvelles choses dans le magasin en ligne, ainsi qu'une nouvelle league.

Lien : ATLAS of WORLDS

à bientôt





Ca fait un bon moment que je n'y ai plus remis les pieds, Il n'y avait que 3 actes quand je l'avais fini, ça a du grandement avancer depuis, et cet Atlas va apporter beaucoup de nouveauté. Je vais m'y remettre bientôt




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