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Jade Empire : Special Edition

par Montaron 19 Jan 2014 11:33 14

Petit scarabée, si tu te laisses flotter sur la rivière du jeu vidéo, tu verras moult choses. Sur les rives tu verras des artisans, des orfèvres et des roturiers. Et au fond de l’eau, des pierres, des déchets et des perles de l’Empire de Jade qu’ils y ont jetées. Petit scarabée Montaron au fond de la rivière tu as trouvé la perle de Jade de Bioware, est-ce un trésor d’artisan ou un tesson de mauvaise poterie ?

Sorti d’abord en 2004 sur Xbox tout court, puis porté trois ans plus tard sur PC, Jade Empire est peut-être le jeu le moins connu de Bioware, toutes proportions gardées bien entendu vu la réputation des sieurs. N’ayant jamais eu de console dans ma pagode, je le précise d’emblée, ce test se fera sur la version PC.

 

 

 

Wu-Tang-Clan RPG

 

La première chose qui frappe avec Jade Empire c’est son univers. En effet, loin des habituelles aventures moyenâgeuses européennes ou assimilées, ici les développeurs nous offrent une Chine impériale à la sauce soja et Tigre & Dragon. Oubliez les armures lourdes, les robes de mages, les hallebardes et les claymores. L’heure est aux incantations de Chi, aux cabrioles par-dessus l’ennemi, aux différents style de kung-fu et autres armes asiatiques. Dépaysement et fraîcheur de ton garantis.

La culture et le background sont au diapason de ce cadre culturel. Vous rencontrerez des démons crapauds des marais, des ogres des montagnes à la sauce asiatique, des esprits renards gardiens en passant par une bonne vieille bagarre à la maison de thé. Si la chose peut sonner un peu cliché, digne d'une vision stéréotypée et un peu rétrograde de l'époque, en jeu la pilule passe très bien. Notamment par une certaine légèreté de ton dans les personnages que vous rencontrez. On peut penser à l’ogre qui aime jouer à lancer en l’air son ami le bœuf ou l’un de vos compagnons qui vous raconte qu’il a attaqué une forteresse seul, nu comme un ver et ivre comme pas permis. Si en plus vous êtes un grand amateur de films d’arts martiaux (comme moi) vous allez vous régaler à vous prendre pour Wong Fei-Hong.

 

 

Certains jugeront ce détail mineur mais je tiens quand même à saluer l’initiative et vais donc lui dédier une petite place au sein de mon pavé. Le système d’alignement est cool. Pourquoi ? Parce qu’il est justifié scénaristiquement et cohérent avec le background du personnage. En effet, en tant qu’élève d’une école de kung-fu, on vous enseigne qu’il existe deux formes dans la pratique de celui-ci : la voie de la Paume Ouverte et celle du Poing Fermé. La première consistant à utiliser le kung-fu pour autrui et diminuer le chaos. La nuance étant que celui qui s’y dédie ne doit pas agir au-delà du but que l’univers (à défaut de meilleur terme) lui a fixé. A l’inverse, la voie du Poing Fermé amène ses adeptes à la focalisation sur eux-mêmes, à relever le moindre défi, qu’importe le prix. De nombreuses conversations ont lieu sur le sujet au fil du jeu et vous feront sûrement mieux comprendre la chose que moi. L’idée appréciable dans ce système est d’une part d’instaurer un système de karma qui colle avec l’univers du jeu et d’autre part de nuancer le coté bien/mal. Même si, dans la pratique, très souvent (tout le temps ?) coller votre savate dans le nez d’un type vous fera passer Poing Fermé et jouer le bon samaritain Paume Ouverte.

Je parle de nuances techniques et j’en oublie le scénario. Infâme petit bousier du Yang Tsé de Monty ! Il est malheureusement la preuve que bon univers et bon scénario ne sont pas nécessairement liés. Qu’on ne lise pas ce que je n’ai pas écrit. Il n’est pas mauvais. Il est juste très classique. Je n’ai pas envie d’en révéler trop mais pour les routiers du twist, du cliffhanger et de la quête un peu longue il n’y aura que peu de surprises. Jade Empire est conventionnel. Très conventionnel. Vous êtes un orphelin, entraîné depuis votre naissance dans une école de kung-fu retirée dans un village de province. Puis, celui-ci est attaqué par un mystérieux individu appartenant à la secte des assassins du Lotus. Peu après votre maître est kidnappé et vous vous lancez aux trousses des responsables. Le tout sur fond de prophéties et de divinités célestes qui semblent dans la panade à cause de la secte que vous traquez. Comme je le disais, très conventionnel. Rendons à Lao-Tseu ce qui est à Lao-Tseu, le jeu propose plusieurs fins, selon votre choix et votre alignement ainsi qu’un épilogue pour chacun de vos compagnons. C’est toujours agréable pour conclure une aventure, du moins de mon humble avis.

 

Protect ya neck !

 

Comme je l’ai déjà dit, qui dit Chine impériale dit Kung-Fu. Et tous les amateurs de la Shaw Brothers vont être gâtés. Parce que des tatanes, on en distribue un paquet. Le jeu se joue à la troisième personne et vous gambadez librement. Lorsque vous rencontrez des hostiles, vous passez automatiquement en mode combat, la caméra ayant la sympathique idée de prendre de l’altitude pour vous laisser un peu mieux estimer le champ de bataille. Le bouton gauche de la souris permet d’attaquer rapidement. Le bouton droit correspond à une attaque chargée. La barre espace sert à se mettre en garde. Une double pression directionnelle vous fait faire un bond ou une roulade selon la direction. Pour vous battre vous disposez de plusieurs emplacements de technique (10 sur PC). Autrement dit, plusieurs façons de se battre. Vous pouvez choisir entre différents styles d’arts martiaux, qui sont des attaques pures, plus ou moins violentes (certains styles cachés peuvent avoir des effets particulièrement dévastateurs). Puis viennent les styles de soutiens, lesquels n’infligent que peu ou pas de dégâts, mais mettent des malus à l’adversaire, La Vague Céleste, par exemple, ralentit l’adversaire, vous donnant ainsi un avantage tactique. Viennent ensuite les magies. Là où les techniques précédemment citées ne coûtent rien, chaque usage de magie consomme votre barre de chi (qu’il vous incombera de recharger soit à un autel soit via un style qui en pique à votre ennemi). Et enfin les armes, qui, elles, rognent votre barre de concentration (qui se recharge de la même façon que le chi). A noter que vous pouvez charger vos différents styles de Chi, ce qui ajoute des effets additionnels à vos coups selon le style. Très accessoirement ça peut transformer des styles déjà violents en machine à baffes atomiques, mais je vous laisse le plaisir de découvrir quoi fait quoi.

 

   

Pendant votre pérégrination vous rencontrerez plusieurs joyeux drilles qui se joindront à vous. Je ne vous ferai pas le casting, histoire de garder le plaisir de la surprise, mais il y a du beau monde. Jeu Bioware oblige. Vous pouvez choisir un compagnon pour vous suivre dans vos pérégrinations. Celui-ci ira de son petit commentaire selon vos choix et décisions (positivement ou négativement) et bien entendu vous accompagnera au feu lorsqu’il faut faire parler le kung-fu. Et c’est là que ça devient intéressant sur la complémentarité des personnages. En effet, chaque compagnon possède son propre build, découpé en deux aspects : l’aspect de combat, où il se bat à vos côtés avec son style personnel, et le style de soutien où, au lieu de se battre, vous offre un bonus différent selon le personnage. A vous de voir ce qui colle le mieux avec votre style de jeu et vos affinités.

 

    

 

La progression pourra faire grincer des dents certains. En effet, on est dans quelque chose d’assez linéaire. Le jeu fonctionne par chapitres assez cloisonnés tournant autour d’une sorte de hub qui est en général un village. Si je voulais faire de l’étude généalogique de Bioware je dirais qu’on y retrouve le grand père du camp de Dragon Age et du Normandy. Marqué par un feu de camp sur la map c’est là que vous pourrez notamment tailler le bout de gras avec vos compères que vous ne traînez pas avec vous au feu. Mais revenons-en à nos fameux chapitres et ces hubs. En gros, à peu près tous les aspects de l’intrigue se jouent autour de ces derniers. Un petit peu comme Neverwinter Nights : un truc à l’ouest, un truc à l’est et un truc au nord. Ce n’est pas un défaut monstrueux en soit, juste que ça sonne un peu archaïque comme conception de level-design. Néanmoins, aussi linéaires que soient les zones, elles sont en général agrémentées de livres et d’estampes avec des petits bouts de background sympathiques pour l’immersion. On peut également mentionner pas mal de petits trucs cachés à droite à gauche, comme des bonus sympathiques ou des cristaux de bonus un peu plus bourrins que la moyenne. Le genre de choses qui plaira aux retourneurs de pierres j’en suis certain. D’autant que ça peut pas mal gonfler la durée de vie, qui tape dans la vingtaine d’heures si vous êtes du genre à tout faire dans les moindres détails. Sinon ça tournera autour de la quinzaine d’heures, ce qui peut faire un peu short mine de rien.

C’est assez anecdotique à l’échelle du jeu mais je pense qu’il est bon de le préciser. A partir du chapitre 2, vous récupérerez un véhicule volant. Ledit véhicule servant surtout de prétexte scénaristique pour permettre des sacrées transitions de lieux. Mais pour ceux qui le souhaitent, ils peuvent émailler ces voyages de phases de shoot’em up en scrolling vertical comme à l’ancienne. Hormis la première, toutes sont optionnelles. N’étant point un shmupeur aguerri comme mon compère Skoeldpadda, je m’en suis dispensé dès qu’on me le proposait. Je suis donc incapable de vous dire si c’est bien ou mal fait, s’il y a du rank, si la courbe de difficulté est bien faite et tous ces sujets d’initiés, mais ça a le mérite d’être là pour ceux qui en veulent.

 

 


8 Diagrams

 

Sur le plan technique il n’y a pas grand-chose à dire. Jade Empire n’est plus une Rolls et étant trop jeune à l’époque je ne saurais vous dire s’il l’a jamais été. Triste sort de la 3D qui prend mal ses rides. Si je devais établir une comparaison, je dirais qu’il est un peu plus beau que Prince of Persia : les deux Royaumes, après c’est une comparaison qui vaut ce qu’elle vaut. L’appréciation du vieillissement technique est le genre de critères hautement subjectifs encore plus brûlants qu’une patate sortie des braises. Dieu sait que c’est dangereux la subjectivité.

Néanmoins la technique ne fait pas tout. Et en l’occurrence sur le plan artistique Jade Empire se porte encore bien. La Chine Impériale a bonne mine, on s’y croirait sans trop de mal et c’est le plus important. Certains n’aimeront pas les couleurs assez chaudes des décors ruraux -Je dois moi-même admettre qu’il y a des moments où j’ai trouvé qu’ils avaient forcés sur les verts et les jaunes – mais c’est un parti pris. Et comme tous les partis pris, s’ils divisent, c’est qu’ils ont au moins réussi à avoir une identité propre. On pourra regretter une tendance aux PNJs clonés avec trois différences selon ceux qu’on rencontre. Je pense notamment aux assassins du Lotus qui sont quand même une belle armée de jumeaux. On va attribuer ça à l’âge du jeu et aux supports qui ont vu sa naissance, la Xbox première du nom ce n’est pas un alienware non plus.

 

  

 

Niveau ambiance sonore c’est tout bon. La bande son signée par Jack Wall, qui donnera le ton pour Mass Effect 1 et 2, vous met d’emblée dans le bain. Résolument asiatique sans ressembler à une musique de resto chinois, on se laisse facilement emporter. Discrète quand il faut, épique quand il faut, intime quand il faut. On sent que le p’tit Jack savait ce qu’il faisait. Coté doublages il n’y a pas à se plaindre, comme à l’accoutumée un certain nombre de voix semblent familières, milieu du doublage français oblige. A part quelques personnages dont l’acteur semble avoir un peu outré la performance, je pense notamment à Gao au début, la qualité est très honnête.

Jade Empire est un voyage sympathique. Oui, sympathique est sûrement le mot qui le décrit le mieux. Pas de révolution, pas de de pierre blanche dans l’histoire du jeu de rôle. Pas non plus une honte ou un mètre étalon du naze. Non, juste un agréable voyage, le genre qui vous fait vous coller tranquillou dans le canapé, à jouer sans trop se fouler. Loin du hardcore old-school et autre considérations roguelikesque de build. C’est fun, c’est sympa, des fois il n’en faut pas plus.

LES PLUS
  • Ambiance asiatique
  • Aventure rythmée
  • Gameplay agréable
  • Casting de compagnons savoureux
LES MOINS
  • Assez court
  • Linéaire
  • Trèèèès A-RPG
  • Scenario assez conventionnel

7/10

L'AVIS DE CALDANATH

Jade Empire fait partie de ces jeux aux univers peu explorés vidéoludiquement, et donc sacrément rafraichissant entre un héroic-fantasy et un post-apo. J'ai donc trouvé ce jeu fort sympathique, c'est un ticket d'entrée pour un voyage enchanteur au sein de l'orient. Les dialogues sont très bien écrits, et les compagnons attachants, le background et les à-côté sont aussi des gros plus pour ceux qui aiment s'attarder un peu partout. Je reprocherais juste un scénario global assez convenu, bien qu'intéressant, et des combats assez rigides et dont les limites sont visibles dans certains combats ardus comme les tout derniers combats dans l'arène. Vous râlerez souvent contre la portée des coups. Et de même certains styles de combats sont beaucoup trop puissants et rendent certains combats de boss ultra faciles.
Ayant fait toutes les phases de shmup, je peux ajouter qu'elles sont plutôt bien faites et permettent une petite pause avec un gameplay différent entre deux coups de tatane. Elles permettent même de débloquer des quêtes secondaires et des objets. Mais la plupart d'entre elles ne donneront aucune difficulté au joueur aguerri.
Globalement, j'ai beaucoup aimé ce Jade Empire, et je recommande à tout ceux qui sont en mal d'un BioWare sympa à jouer. On retrouve d'ailleurs dans celui-ci beaucoup de mécanismes qui reviendront dans Mass Effect et Dragon Age.
zhù nǐn wán de yú kuài !

7/10

Commentaires (14)

#2

Lohengrin
Garde royal

祝您玩得愉快


Tu as raisons ! C'est un très bon jeu, et ceux qui vont le découvrir vont effectivement l'apprécier, comme ce fut le cas pour moi en son temps , mais en revanche le 7 de la note collective est un tantinet réducteur.

Bravo cependant à tous les deux, pour l'avoir exhumer et lui redonner par vos commentaires l'éclat qu'il mérite!
#3

micka321
Citoyen

Je confirme pour ma part super jeu. Un grand merci pour le test qui nous permet de replonger dans ce superbe univers !
#4

Baalka
Grand chevalier

Jeu très sympa mais au gameplay fort lassant pour moi. Le scénario est de plus fort prévisible et toutes les ficelles se devinent longtemps à l'avance.

Ce qui fait que j'ai fort apprécié le jouer, mais que je n'ai pas vraiment envie de le refaire.
#5

ninheve
Grand chevalier

Je me souviens qu'après KOTOR 1 et 2 j'étais en manque , avec jade empire , je pensais retrouver la richesse des deux KOTOR et finalement, même si j'ai beaucoup apprécié ce jeu, il a souffert de la comparaison avec les deux autres. Son univers était original, ils avaient essayé avec les combats d'ajouter quelques nouveautés, mais il était court et son histoire relativement simple. bref un bon jeu, mais un jeu auquel je n'avais pas envie de rejouer après l'avoir fini.

Message édité pour la dernière fois le : 20/01/2014 à 12:17

#6

redd
Seigneur

J'avais bien aimé ce jeu, même si je ne lui aurais pas donné 4 points sur 5 pour le côté "RPG".

J'ai trouvé les combats intéressants au début, mais répétitifs et pour finir ennuyeux. J'avais plus l'impression de jouer à un beat'em all qu'à un jeu de rôle.

Mais sinon l'univers est plaisant, le scénario classique mais intéressant.
#7

cabfe
Seigneur

Les points sont donnés par rapport à leur grille de notation.
C'est un jeu de rôle un peu allégé, mais un RPG quand même.

Perso, j'ai bien aimé ce jeu et fais partie de ceux qui attendent un Jade Empire 2.
D'ailleurs, je garde précieusement mon boîtier métal
#8

Falloutnwo84
Villageois

Un petit rpg-kung-fu sympa, c'est du Bioware-Light
en quelque sorte.
#9

flofrost
Héros

Et chez Bioware on continu encore régulièrement de parler d'un successeur à Jade Empire, mais faut croire que chez EA on est pas très chaud.
#10

Glenn
Novice

Je ne connaissais pas... et le jeu ne me tente pas vraiment : /
Merci pour la découverte.
#11

TrollTraya
Garde royal

C'est con, mais magré tous les défauts du jeu, c'est le dernier titre de Bioware qui m'ait fait triper. Tous les suivants m'ont laissée sur ma faim, ou m'ont fait hurler au scandale plus récemment (depuis ME2, en fait^^)
#12

Baalka
Grand chevalier

Hurler au scandale, je sais pas. C'était justifié pour DA2 et ME2, mais ME3 est vraiment excellent (même si je regrette qu'il y ait de moins en moins de 'petits choix mais qui importent quand même', qui même s'ils ne changent rien à la grande trame du jeu, font sentir l'impact qu'on a sur le monde – chose que j'avais particulièrement adoré dans DA:O, et qui selon moi est une des forces des bons jeux BioWare).
#13

Shaam
Héros

Pas vraiment de justification pour ME2, ca reste un très bon jeu, même excellent pour certains truc comme Mordin par exemple ou Cerberus ! (par contre certes DA2 faut vachement mauvais, mais en 8 mois de devs faut pas s'attendre a beaucoup plus qu'une démo de moteur physique)

Pour jade empire tous ces truc chinois ca me donne pas envie...oui je suis chauvain :p
#14

Caldanath
Gobelin

J'avoue avoir senti une certaine lassitude vers les 3/4 du jeu (le passage dans la cité impériale) mais ça repart assez rapidement avec un bon rythme.

C'est une bonne surprise, et si vous aimez le style BioWare (centré sur les compagnons, les relations entre eux, et les dialogues de quêtes) foncez !
#15

pouicoss
Seigneur

Je regarde enfin la série animée Avatar The Last Airbender (qui a pour suite Legend of Korra). Et je me dis qu'un Jade Empire-like dans cet univers ça pourrait être trop de la balle




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