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Inquisitor

par Andariel 12 Oct 2012 18:35 120

Je suis le grand gourou de la providence rôlistique ! Je suis investi d'une quête sacrée et j'entends prêcher la bonne parole à travers les terres païennes d'RPGFrance ! Tremblez goblins hérétiques et craignez le courroux de l'inquisiteur du jeu de rôle car son châtiment sera terrible ! Pendant trop longtemps vous avez succombé aux tentations blasphématoires des RPG next-gen et casualisés. Il est encore temps d'absoudre vos vils péchés et d'embrasser la grâce du sacro-saint RPG old school... Renouer avec les hauts commandements de la vieille école, c'est la croix et la bannière certes, mais j'ai foi en votre volonté de repentance. Tout n'est pas encore perdu parce que, figurez-vous, je brandis avec ce test de quoi faire voeu de pénitence. Car c'est en cette année bénie que la prophétie du petit studio Cinemax s'est finalement accomplie et que le tant attendu Inquisitor a fini par voir le jour. Alors, suivez assidûment mon sermon et gare aux somnolents !

 

Le tant attendu Inquisitor ? C'est bien peu dire ! C'est quand même carrément une petite arlésienne qu'on a là. En effet, Cinemax, le studio indépendant tchèque qui s'en occupe et à qui l'on doit notamment Numen et Daemonica a commencé à travailler dessus en 1999. Tout à fait Messieurs-dames ! Inquisitor nous vient directement du fameux âge d'or du RPG et il est donc old school à juste titre, puisqu'il a mis dix ans pour sortir et trois ans pour être traduit en anglais. Par contre, ceci ne traduit pas l'incompétence des développeurs pour autant, parce qu'il faut savoir que le titre fait fondamentalement office de "fan project" et qu'ils y travaillaient à leurs temps perdus. Et puis, on ne peut pas dire non plus qu'il s'agit d'un projet sans prétention pour qu'il soit vite expédié. A titre d'exemple, le jeu se targue de regrouper en son sein (saint ?) plus d'un million et demi de mots en guise de dialogues et autres. Autant dire que c'est un chiffre qui doit en faire frémir du All_zebest...  

 

     

 

In Nomine Rosa

 

Les révélations d'Ezéchiel avaient annoncé la couleur depuis les temps immémoriaux et le continent d'Ultherst n'en fut effectivement pas épargné. D'abord, c'était la famine décimant allègrement récoltes et bétail. Ensuite, ce fut le tour de la peste qui frappait à toutes les portes et s'abattait inexorablement sur jeunes et vieillards, riches et pauvres. Il s'ensuivit enfin une averse de roches embrasées venue des cieux qui semait désolation qu'aucun mur, qu'aucune palissade ne pouvait barrer. Les plus défaitistes évoquent alors l'apocalypse et la fin du monde, alors que les plus dévots parlent d'une épreuve divine. Les plus superstitieux, la majorité du peuple donc, pointent d'un doigt vindicatif les hérétiques et les sorcières. C'est dès lors que l'Inquisition de Sainte Mère Église sera perçue en tant qu'ultime salut de l'humanité, purifiant par le feu et le sang les vices enracinés de l'hérésie et gagnant ainsi les faveurs de dieu. Cette noble quête est partagée avec la Fraternité des Vertueux et ses paladins, mais un bras de fer de pouvoir et de juridiction envenime leur relation.    

 

     

 

C'est en ces temps pour le moins troubles que vous croupissiez au fond d'un cachot, avant d'être abordé par deux mystérieux individus qui vous offrent une deuxième chance inespérée. Vous êtes alors chargé d'enquêter sur le meurtre atroce d'un marchand d'artéfacts survenu dans un petit patelin où vous commencerez votre périple. Bien sur, à ce moment là, vous êtes loin de vous douter que cette affaire cache une longue série d'événements. Le genre d'événements impliquant de sombres machinations qui mettent en péril tout le royaume, de sérieux cas d'hérésie, d'êtres maléfiques et insidieux à confronter, des retournements de situations inattendus, des révélations et autres joyeusetés... Bref, vous l'aurez peut-être compris, Inquisitor s'inspire fortement d'oeuvres comme Le Nom de La Rose d'Umberto Uco et les bases historiques qui vont avec, même si on reste foncièrement dans un contexte fantasy avec de la magie et de l'occulte. De fait, la trame principale, sans être transcendante pour autant, est suffisamment intrigante, gorgée de mystères, de complots et de surprises pour tenir en haleine, faisant ainsi habilement son office de fil conducteur bien solide.

 

          

 

Le monde est à mi-chemin entre le médiéval typé Inquisition et le fantastique, oui certes, mais ce n'est pas pour autant qu'on verra de l'elfe/nain et du dragon dans la soupe. Non, Inquisitor prend le parti de faire du dark fantasy bien cru, sans concession et plus ancré dans la réalité. Ici, il est bien question du Christianisme, même s'il admet quelques variantes, et on est bien dans le Bas Moyen Âge avec la rigoureusité historique qui en découle. L'univers y est alors substantiel et le background dense. Tout ceci met en exergue la singularité du contexte du jeu mais il faut croire que cela va encore plus loin. Pour tout dire, l'univers se présente comme étant l'un des plus sombres et des plus osés qu'il m'a été donné de voir dans un RPG. Non content d'être aux antipodes du manichéisme, des thématiques sérieuses et audacieuses y sont abordées allant de l'obscurantisme, du fanatisme religieux, voire carrément de la métaphysique, jusqu'à un large éventail de déviances sexuelles et de perversités plus tabous les unes que les autres... Pensez un peu à l'univers de The Witcher un cran encore au dessus, en plus grave, plus pessimiste et plus dépravé. 

 

     

 

Donner vie à un tel univers et le meubler d'une ampleur qui lui fait honneur, c'est un exercice loin d'être évident. Force est de constater que les développeurs s'en sortent haut la main, arrivant à gratifier leur jeu d'un cachet artistique indéniable. C'est un soin magistral qui a été apporté au design esthétique. L'architecture gothique dans le genre de celle des cathédrales fait preuve d'une beauté effarante. Les décors médiévaux minutieusement dessinés à la main témoignent d'une grande cohérence et d'un talent certain. Finalement, les décors ne sont pas globalement si variés et dépaysants que cela, mais chacun d'eux a le mérite d'être authentique et harmonieux. De l'autre côté, il faut dire aussi que l'aspect sonore n'est décidément pas en reste : les orgues aussi pesants que solennels dans les églises, les envolées folkloriques avenantes à travers les cités et les musiques ambiantes lugubres des donjons. Les musiques sont toujours à la hauteur et seront souvent dotées de mélodies bien entraînantes. En somme, l'ensemble de ce tableau confère au tout une ambiance bien épaisse et goûteuse, même si certains effets sonores restent d'une qualité relative. Je pense surtout aux gémissements féminins dans les villes que l'on dirait tout droit sortis d'un téléfilm érotique...       

 

     

 

Nigor Mortis

 

Côté gameplay, Inquisitor se présente comme un mariage 2D isométrique entre Baldur's Gate et Diablo​, une rencontre qui n'est pas sans évoquer un certain Divine Divinity me direz-vous. Dans les faits, Inquisitor va plus loin qu'un simple mélange entre RPG et hack 'n slash dans ses mécanismes. Disons qu'il alterne entre ces deux facettes dans ses phases de jeu, plus qu'il n'entreprend de les fusionner, bien qu'il y ait effectivement fusion de certains de leurs éléments. Les notions de hack 'n slash pointent le bout de leur nez au niveau des contrôles (maintenir le click gauche pour avancer, click droit pour activer une compétence, ALT pour afficher les textes des objets...) et certains principes (divers niveaux de couleurs d'équipement, identification d'objets, durabilité...). En revanche, cela lorgne bien plus du côté du RPG dans l'essence du gameplay. Les combats, par exemple, sont loin d'atteindre le dynamisme et l'aspect jouissif d'un Diablo, les animations, les sensations et les effets étant plutôt rudimentaires. Les mauvaises langues iront même jusqu'à qualifier les combats de mous et bancaux, et on ne pourra pas trop les contredire là-dessus. En vérité, ils se rapprochent plus de ceux d'Arcanum et avouons qu'ils sont parfois tout aussi confus. Mais ils ont toutefois le mérite salvateur d'offrir une bonne vieille pause active et arrivent finalement à passer sans grande encombre.    

 

     

       

De toute évidence, on ne peut pas dire que la technique soit vraiment un atout dans Inquisitor. Et d'ailleurs, qui ne s'en doutait pas un peu, vu sa nature de petit indé d'Europe de l'Est ? Les premiers abords seront sans doute les plus déconcertants particulièrement du côté des animations de déplacement rigides rappelant un peu ceux d'Avernum/Avadon, et une bonne pelletée d'autres animations. ​Pourtant, ce serait de la mauvaise foi d'impétieux de déclarer que cette rugosité technique compromet l'appréciation du jeu tant on aura vite fait de n'en voir que du feu avec l'habitude (et un brin de tolérance)... Une grosse part de votre boulversement viendra aussi de l'initiative du jeu à vous jeter dans la gueule du loup, sans didacticiel, sans scripts, sans voix off, sans rien. Ben oui, vous incarnez un gars comme les autres et il n'y a pas de raison pour que vous ayez droit à une quelconque intervention divine guidant vos premiers pas dans un monde aussi malmené. Dés lors, un petit passage par le manuel, ma foi bien fourni et superbement illustré, s'impose et vous devrez alors prendre vos marques par vous-même comme tout hardcore gamer qui se respecte.  

 

     

 

Et on est bien parti pour en feuilleter du manuel, tant les mécanismes du jeu se révèlent fournis. Bon, ce n'est pas tout à fait ce que vous en penserez quand vous verrez que la sélection de classes ne se limite qu'à trois archétypes notamment le paladin, le prêtre et le voleur. Mais il faut savoir que ce choix relativement maigre est largement compensé par un potentiel RP non négligeable, induisant ainsi une honorable rejouabilité. En effet, selon une classe donnée vous aurez accès à du contenu et  même des endroits exclusifs. Le paladin pourra accéder aux locaux de la Fraternité à partir d'un certain rang, le prêtre pourra gravir les échelons de l'Inquisition gagnant ainsi davantage de pouvoir exécutif, alors que le voleur s'immiscera au sein de la noblesse, et pourra même devenir baron et se voir assigner un domaine ! Bien entendu chaque classe aura droit à son lot de prédispositions et de compétences dédiées, aussi bien actives que passives. Et bien évidemment à chaque prise de niveau, on aura à répartir des points de caractéristiques et des points de compétences qui serviront à débloquer divers seuils de maîtrise, en corrélation avec le niveau du personnage. Les mécanismes sont ainsi d'un classicisme évident, mais demeurent quand même redoutablement convaincants.    

 

     

 

On ne nous épargne pas non plus les bonnes vieilles compétences sociales, qui sont elles aussi propres à chaque classe. A certains moments et quand la maîtrise de la discipline le permet, le prêtre pourra intimider son interlocuteur, tandis que le voleur fera jouer son éloquence. Dans le cas échéant, on pourra toujours soudoyer les récalcitrants, mais vous vous doutez bien de la relativité de l'initiative... En revanche, la magie, elle, est disponible pour toutes les classes, bien que le prêtre en soit favorisé, et il est même possible d'en acquérir les divers ouvrages. Ceci dit, les disciplines arcanes admettent les écoles sacrées (magie divine, magie des miracles...) approuvées par l'église d'un côté, et les écoles prohibées (magie païenne, magie infernale...) peu orthodoxes de l'autre. Le jeu est dés lors pourvu d'un système d'alignement qui influe sur les dites disciplines magiques. En ce sens, avoir un alignement penchant du côté de l'hérésie, puisqu'on est du genre à prendre des partis douteux, fait qu'on lancera les sorts hérétiques plus efficacement, et caetera... Et puis d'ailleurs, franchement, avoir un sort "Crucifixion" et une compétence "Flagellation",  ça n'a pas de prix !      

 

      

          

Inquisitio Haereticae Pravitatis

 

Quelles que soit la classe et les compétences adoptées, on aura à collaborer étroitement avec la fameuse Inquisition, et il faut dire qu'on n'en attendait pas moins. En effet, au fil de notre périple, on sera porté à enquêter sur moultes affaires cabalistiques et à démanteler diverses couvertures hérétiques. La chasse aux indices s'ouvre alors à vous : Un détail équivoque sur le lieu d'un rituel, une pièce à conviction négligée, un témoignage accablant... Le détective qui sommeille en vous devra se déchaîner, scrutant les pistes, confrontant les suspects et accumulant les preuves. Une fois l'inculpation suffisamment garnie, il sera temps de faire appel à l'autorité inquisitoire, arrêter de gré ou de force les (présumés) coupables et les envoyer à la geôle. Dès lors, on pourra se délecter à volonté des plaisirs sadiques de la chambre de torture entre Strappado, Vierge de fer et autres douceurs, sollicitant ainsi les confessions meurtries des victimes. Pour finir, c'est bien au bûcher et à la place d'exécution que se conclura votre lutte contre les infâmes mécréants, purgeant une fois pour toutes leur sacrilège... Tout un programme !    

 

     

 

Vous devez sans doute l'avoir compris, Inquisitor s'avère aussi intellectuel que vicieux. Le potentiel RPG y est pour le moins satisfaisant entre dialogues à répliques bien touffues et choix plutôt cornéliens. Qui condamner ? L'éplorée qui dit s'être fait violer par un libidineux ou bien celui-ci qui affirme avoir affaire à une tentatrice sorcière ? Qui croire ? La duchesse haut placée ou le loqueteux croque-mort ? Qui innocenter ? Le commandant des paladins ou le haut représentant de l'église ? On vous donne l'occasion de prendre des partis ayant leurs répercussions sur votre alignement et sur votre réputation auprès de certains personnages. A côté de ces choix bienvenus, le jeu vous laisse une certaine latitude RP : Jouer les pieux, jouer les prêcheurs, jouer les corrompus, en faire un mélange lunatique ? Vous le pouvez, dans une certaine limite... Il y en a vraiment pour tous les goûts et ce même du côté des quêtes, entre besognes expéditives classiques, exercices nettement plus intrigants, voire même des quêtes très particulières comme procéder à un exorcisme ou encore sanctifier un temple.    

 

     

 

Et croyez-moi, on ne sera pas en manque de quêtes et autres activités chronophages du genre. Parce que pour peu que vous preniez un minimum votre temps, la partie d'Inquisitor vous promet plus d'une centaine d'heures en perspective. Dans chacun de ses trois actes, on aura accès à une bonne tripotée de zones ouvertes à explorer, à tous moments et à vos risques et périls... Par contre, à aucun moment le jeu ne vous tiendra par la main, et malgré un journal de quêtes assez généreux, vous n'êtes pas à l'abri de vous retrouver bloqué, ne sachant plus où aller. Il vous faudra alors basculer du côté hardcore de la force et chercher... Comme je l'ai évoqué plus haut, après l'aspect très RPG des phases urbaines, c'est au cours de ces explorations que le jeu laisse transparaître sa facette hack  'n slash. On est même tenté de dire qu'il s'aventure carrément dans le dungeon crawler au niveau des donjons parsemés ici et là. Ceux-ci sont souvent longs, labyrinthiques, gorgés de pièges et de menaces, mais aussi bien évidemment de trésors. On y progresse souvent à coup de leviers à actionner, de clés à ramasser pour en débloquer les accès, et même parfois d'énigmes à résoudre. On n'échappe pas non plus à des passages secrets, quelques fois cruciaux, disséminés un peu partout. Et on se retrouve vite à longer les murs à coup de chasse aux pixels comme au bon vieux temps !    

 

        

 

Pas si hack 'n slash que cela quand même, hein, vu que foncer dans le lard conduit irrémédiablement à une mort cruelle. Oui, figurez-vous qu'Inquisitor est un peu l'analogue RPG old school de Dark Souls cette année... Il a beau proposer trois niveaux de difficulté (qui influent sur la qualité du loot disponible), le challenge sera relativement omniprésent. Par exemple, les effets négatifs momentanés dont sera affecté votre personnage passeront rarement inaperçus : le poison est aussi hantant que mortel, alors que la désorientation fera dérégler les contrôles de votre curseur de souris, là où l'aveuglement le fera tout bonnement disparaître de l'écran ! Dés lors, on veillera à matraquer la pause active et à contrôler le flux d'ennemis en les attirant un par un ou en usant la panoplie de sorts prévus à cet effet. Rien d'insurmontable pour autant, puisqu'on pourra se faire épauler de compagnons chair à canon, autonomes à la Fallout mais réceptifs à certains ordres, utiliser les sceaux magiques dévastateurs, voire même faire appel au génie de la boite de ravioli...  

 

     

 

Finissons-en par mentionner les petits oublis du côté de l'interface dont on aurait bien aimé s'en passer. Inquisitor s'acharne à montrer qu'il est bien un oldie avec son interface qui ne se met pas à l'échelle des très hautes résolutions et qui parait dans ce cas limite microscopique. Ensuite, il est aberrant de constater que les touches de clavier ne peuvent pas être réassignées alors que l'option figure dans les menus du jeu. Heureusement, qu'il nous reste les moyens détournés pour y remédier. Par ailleurs, on aurait aimé voir plus d'intuitivité moderne dont nous sommes désormais habitués : avoir un bouton "Ramasser tout" pour les coffres, avoir un bouton pour mettre de l'ordre dans l'inventaire, pouvoir lancer les sorts sur les compagnons directement via leurs icônes et autres... Mais bon, sérieusement, au prix où il est disponible et avec tout ce qu'il a dans le ventre, est-ce qu'on peut encore se sentir lésé?      

 

Ah, toujours d'aplomb à ce que je vois ! Peut-être êtes-vous tenté par une ultime vidéo gameplay :   

 

 

Finalement, Inquisitor c'est un peu comme de l'eau bénite façon RPG old school : les fervents apôtres y verront une consécration et une bénédiction, les peu croyants l'aborderont avec plus ou moins d'indifférence, mais les hérétiques et les possédés hurleront de douleur à son contact. Il n'en demeure pas moins un petit bijou cérémonial qui promet une expérience unique, viscérale et copieuse. Une expérience qui nous change du paysage vidéoludique actuel de par son approche anti-consensuelle, exigeante, punitive mais ô combien gratifiante.

Néanmoins, c'est un bijou qui n'est pas destiné à orner toutes les mains tant il requiert quelques concessions et pré-requis : que ce soit vis-à-vis de sa technique d'indie, de sa barrière linguistique ou de sa démarche résolument hardcore. Oui, Inquisitor est clairement en déphasage avec son temps, reste alors à voir si on le perçoit comme un jeu atemporel ou bien plutôt comme un jeu passéiste... En ce qui me concerne, je dirais que si, à plus de 18 ans, étant bilingue et se disant amateur d'old school, on n'a pas un Inquisitor dans sa ludothèque virtuelle, c'est qu'on a raté sa vie !  

LES PLUS
  • Univers sombre, gothique et riche
  • Investigation/torture/exécution
  • Durée de vie divine (140 h+) et bonne rejouabilité (RP !)
  • Prix béni (12 €)
  • Old school et hardcore !
LES MOINS
  • Quelques petits péchés coté interface et technique
  • Anglophobes au bûcher !
  • Old school et hardcore ?

9/10

L'AVIS DE ABOUNI

Les amateurs de grands RPG Balduriens ne devraient pas être déçus par Inquisitor. D'autant plus qu'il propose une aventure cousue main vraiment jouissive à travers ses nombreuses quêtes imbriquées les unes aux autres. Bref, pour une fois, on va y aller direct et concis :

Coté points forts:

- Brillant mélange RPG/H&S. Une belle formule.
- Système de build vraiment RP, avec ses autorisations/restrictions.
- Très riche système de magie, avec ses écoles blanches et noires en accord avec un système d'alignement.
- Un côté Sherlock Holmes dans les investigations où chacun tente de vous influencer en bien ou en mal, venant démontrer une belle maîtrise du coté "social" de ce RPG.
- Un bon background religieux.
- Une notice qui fera couler beaucoup d'encre (ou pas).
- Un coté hardcore quand des PNJs donneurs de quêtes peuvent mourir et ainsi vous faire échouer certaines quêtes.
- Une durée de vie et une rejouabilité RP convaincante.
- L'exploration, les pièges, les labyrinthes où rien n'est fait pour aider le joueur comme dans un parcours fléché. Encore que certaines compétences peuvent faciliter la vie du chasseur de trésor.

Coté points faibles:

- Les animations basiques signe d'un manque de moyens. Mais sachant la nature indy du titre, on ne peut pas vraiment en tenir rigueur.
- Une interface et un HUD qu'on aurait souhaité plus aboutis. En pause active notamment, mais aussi au niveau du choix des sorts qui ne figurent pas dans les raccourcis et qui se révèle finalement laborieux.
- Un journal de quêtes, bien que complet, manquant de profondeur.
- Puis bon, des problèmes de "memory leak" reconnus provoquant la malédiction du Retour Bureau.
- Une gestion minimaliste des compagnons de route et qui se limite à de simples ordres.

8/10

Commentaires (120)

#26

Chapoire
Garde

@Abounl : Ahah, ouai, c'est vraiment laid... les couleurs, l'architecture, la finition... C'est fait sans aucun goût. (et c'est pas lisible en plus... )

Le screenshot que tu as mis est une parfaite illustration de ce que je dit. Ces peintures plaqués grossièrement sur des cadres moches, ces motifs aberrants... Et je ne parle même pas de l'interface ! (tu aurais pu trouver moins laid comme décors quand même pour illustrer ton propos ! A moins de conciderer le dégueuli graphique incoherent comme magnifique... mais là c'est que tu as de la merde dans les yeux... )

Baisse un peu la résolution et c'est du arcanum ! Mais arcanum on lui pardonne vu qu'il a 10 ans... Les DA jeux vidéo PC de l'époque etaient souvent à chier... (ah non pardon : Daté !)

Mais encore une fois, si le contenu est à la hauteur alors ça va... Pas la peine de s'enflammer pour ça, je sais voir la... heu... la beauté intérieur d'un jeu...

@Skoelpadda : Oui, il y'a surement une explication pour cette DA, si le jeu a démarré il y'a 13 ans alors c'est logique que ça ait cette gueule...
Propre et détaillé ? Certes.

Bref, sujet clos pour ma part. Je sais déjà que sur ce site vous n'y connaissez rien en matière esthétique de toute façon, alors autant éviter les débats inutiles... C'est pas moi qui vais refaire votre éducation avec 3 post...

Message édité pour la dernière fois le : 14/10/2012 à 01:42

#27

skoeldpadda
Garde royal

Message édité pour la dernière fois le : 14/10/2012 à 02:09

#28

Caldanath
Gobelin

J'avoue que là c'est du pur troll

Un peu trop voyant peut-être mais pas trop mal, mais j'ai vu mieux dans ma vie de modo

Je devrais faire une thèse sur les différents types de trolls, après on pourrait l'adapter dans un genre de "Chasse et pêche" où tu les observes dans leur milieu naturel et tout.

Et je toucherais des royalties.

Oh punaise c'est à creuser !

Message édité pour la dernière fois le : 14/10/2012 à 03:16

#29

all_zebest
Héros

Moi, j'aime bien l'esthétique gothique (au sens premier) de ce jeu. Après, les goûts et les couleurs...
Quant à une traduction française, les dévs ont bien précisé qu'il n'y en avait pas de prévu. La traduction anglaise a failli les faire devenir chèvre. Si traduction française il doit y avoir, elle viendra des fans. Et pas de moi, car j'ai déjà bien assez à faire avec Discord Times ! En tout cas, je suis content de parler et lire l'anglais (et le japonais), c'est bien pratique.

Message édité pour la dernière fois le : 14/10/2012 à 04:17

#30

Etienne Navarre
Gobelin

Message supprimé le 14/10/2012
#31

Killpower
Gobelin

Message supprimé le 14/10/2012
#32

eronman
Garde royal

La vache ! super notes et très bon test, ça me fait bien envie finalement... alors qu'au départ j'avais à peine regardé ce jeu du coin de l'oeil
#33

Etienne Navarre
Gobelin

Message supprimé le 14/10/2012
#34

Armancia
Chevalier

Test très sympa, pour un des rares rpg qui me fait de l'oeil, mais vu les critères du dit jeu, il me semble pas mal chronophage, d'autant que la prise en main n'a pas l'air des plus aisée, je pense passer mon chemin en attendant d'avoir un peu plus de temps.
#35

AE0n
Chevalier

Ce qui est moche pour Chapoire, reste beau pour les autres.Soit tu chapottes, soit tu as de la merde dans les yeux
C'est je crois sur cette phrase qu'il a réagi. Et je le comprends. Décréter ce qui est universellement reconnu comme "beau" (et moi, je fais parti de tous ces "autres"? qu'est-ce t'en sais d'abord.)
S'il faut être artiste-star des Beaux-Arts pour oser se permettre un avis critique, je veux dire on n'a pas exigé qu'Andariel nous prouve qu'il ait été juge à l'E3 pour lire son test.
Il y a mieux pour inciter à des arguments plus développés que de le qualifier de troll et l'enjoindre a se taire et partir.
#36

AbounI
Grand gobelin

[quote name='AE0n' date='14/10/2012 - 16:38']
Ce qui est moche pour Chapoire, reste beau pour les autres.Soit tu chapottes, soit tu as de la merde dans les yeux
C'est je crois sur cette phrase qu'il a réagi. Et je le comprends. Décréter ce qui est universellement reconnu comme "beau" (et moi, je fais parti de tous ces "autres"? qu'est-ce t'en sais d'abord.)
S'il faut être artiste-star des Beaux-Arts pour oser se permettre un avis critique, je veux dire on n'a pas exigé qu'Andariel nous prouve qu'il ait été juge à l'E3 pour lire son test.
Il y a mieux pour inciter à des arguments plus développés que de le qualifier de troll et l'enjoindre a se taire et partir.[/quote]

j'ai sciemment utiliser le terme des autres, parcequ'il y a Chapoire, et les autres justement. Seen?
#37

Andariel
Grand chevalier

Avant tout, merci à tous pour vos encourgaments qui font vachement plaisir

Maintenant pour répondre à la quéstion de Skoel. Oui, maintenant que tu le mentionnes et que tu m'y fais penser, ça évoque un peu Lionheart. Bon, je t'avouerais que j'ai pas trop accroché au point d'en étre un minimum marqué. Mais vis-à-vis du contexte historique/fantastique, le mélange RPG/H&S et tout, il y a un lien. Maintenant, contrairement à Inquisitor, je trouve Lionheart un jeu batard, les fessiers entre deux chaises tellement tout ce qu'il entreprend est baclé et superficiel : le coté RPG trop basique, le coté H&S trop rébarbatif, le scénario bateau, l'univers trop radin... Mais bon, même si je trouve finalement les 2 jeux nettement différents dans leurs exécutions, vouloir s'inspirer dans les principes d'un jeu Black Isle, n'enléve rien au mérite d'Inquisitor. Au contraire même !

Sinon concernant l'avis de Chapoire, j'y vois aucune raison de se sentir offusqué. L'ésthétique, et l'art en général, est une notion subjective mais aussi et surtout consensuelle. Quand 9 personnes sur 10 s'accordent à juger une piéce donnée comme étant belle, et qu'il y a un qui monte sur ces grands chevaux et la juge moche. Il aura beau étre le grand gourou de la science infuse de l'art, son avis ne pourra jamais faire pencher la balance de la majorité. Dans les meilleurs des cas, on le cataloguera comme marginal et on ne pourra sciemment pas se référer à son jugement. C'est comme ça que marche. Contrairement à la science par exemple, dans l'art l'inné, quand il est majoritaire, l'emporte toujours sur l'acquis minoritaire... Si je-ne-sais-quel compositeur contemporain reconnu vient et balance que Tchaikovsky c'est de la fiente de loutre, est ce qu'il aura une quelconque crédibilté? Non, il se ridiculiserait, on le traiterait de troll, on lui dirait qu'il a de la fiente dans les oreilles. Il resterait une bonne poire aux yeux de la majorité, quoi...

Message édité pour la dernière fois le : 14/10/2012 à 20:02

#38

AbounI
Grand gobelin

Notons qu'on devrait avoir incessamment sous peu un peu un patch rajoutant des descriptions (Résistance Magique, ou es tu?), corrections de dialogue ou autres chose.Pour ma part, je croise les doigts sur mes problèmes de retour bureau (on doit pas être une majorité à être damné de la sorte).Et que ce patch sera compatible avec les sauvegardes en cours.Ouf
Sinon, comme l'avais précisé Andy dans son test, il s'agit bien d'un Fan Project, le "studio" s'étant disloqué:


The thing is that Inquisitor was originally released in Czech language in 2009 and after several patches in the ensuing months, there were no other reasons for the developers to stay in the gaming industry. This was always a fan project and the authors got together just to create this game with no plans to build a regular development studio and develop more games.


Si bien que pour ceux qui espèrent une version française officielle, bah ce serait sans doute plus simple de gagner à l'euromillion.Pour ce faire, il ne faudra donc compter que sur la communauté française, mais vu l'ampleur de la tache, je ne me risquerais pas à m'avancer la dessus:

they said their tools were totally undocumented and very user-unfriendly which makes them unusable for anyone else, meaning we won't be able to make any mod tools available, unfortunately. It will definitely be up to the community to come up with something.
#39

Megamat
Gobelin

Etienne, calme toi stp... tu en dis trop là

Pour ma part, il a l'air super, mais je n'aurai jamais le temps de le faire, surtout en anglais pur comme cela, c'est trop chaud pour moi, mais c'est dommage, ça donne super envie, surtout qu'il a l'air vraiment soigné.
#40

Montaron
Seigneur

Ca donne envie à lire, la patte graphique qui me rapelle le meilleur des deux premiers Diablo avec un coté à la Arcanum, du choix rp, de la grosse durée de vie et des choix qui pésent sur l'aventure. Aprés le coté 100% en britannique ça me fait un peu peur (j'avais des fois du mal à suivre totalement Arcanum avant de trouver un patch VF). En wishlist gog, on vera bien si jamais une promo, un énorme temps libre ou un patch FR arrive, en tout cas chouette test Andy

Message édité pour la dernière fois le : 14/10/2012 à 20:47

#41

AE0n
Chevalier

dans l'art l'inné, quand il est majoritaire, l'emporte toujours sur l'acquis minoritaire... Si je-ne-sais-quel compositeur contemporain reconnu vient et balance que Tchaikovsky c'est de la fiente de loutre, est ce qu'il aura une quelconque crédibilté? Non, il se ridiculiserait, on le traiterait de troll, on lui dirait qu'il a de la fiente dans les oreilles. Il resterait une bonne poire aux yeux de la majorité, quoi...Amen! C'est pourquoi je fais acte de contrition et suis fermement décidé à apprécier "Bienvenue chez les Ch'tis" comme chef d'oeuvre du 7e Art (ce qu'il a toujours été en dépit de ma réticence initiale).
#42

AbounI
Grand gobelin

@ Andy: tu te souviens du palouf Rieven d'Adrieux?
Bah, j'ai trouver une solution
(oui enfin un cheat via la console quoi)

Ca me faisait trop mal de laisser un confrère tomber comme ça, bêtement

Edit: je viens de découvrir la vrai pause active via la touche "Pause" du clavier.J'utilisais jusque la l'ouverture de l'inventaire, qui mets aussi le jeu en pause, mais avec ce gros défaut de cacher le décor.


Alors que la, maintenant, c'est un délice.Mais pourquoi y z'ont pas préférer la bonne vieille barre d'espace?
Quand je disais que l'interface n'est pas forcément intuitive.

Message édité pour la dernière fois le : 15/10/2012 à 01:31

#43

Maruk
Villageois

Merci pour ce test qui donne envie. J'en ai rajouté le lien sur mon blog.
#44

Andariel
Grand chevalier

Bonne nouvelle ce patch! S'ils gomment les petites lacunes de l'interface, on n'en sera que plus heureux !

Sinon pour la pause active, sans le manuel j'aurais certainement pas pu la remarquer, la touche de base étant la plus improbable de mon clavier.

C'était d'ailleurs pas gagné pour la réassigner cette touche vu qu'il n'y a méme pas de fichier .ini à bidouiller.

Mais comme je suis d'humeur serviable, je vous passe le moyen détourné auquel je faisais référence. Un petit tuyau salvateur, non seulement pour Inquisitor mais pour tous les tracas avec la réaffectations des touches : Il faut télécharger Windows Server 2003 Resource Kit de chez Microsoft. Dans ce kit, il y'a un fichier remapkey.exe, qui permet de assigner n'importe quelle fonction à n'importe quelle touche. Il suffit juste d'assigner la fonction pause à la barre d'éspace et c'est réglé sans trop de bobos.

Message édité pour la dernière fois le : 15/10/2012 à 22:35

#45

ZED
Guerrier

je m'y suis mis et mon abbé commence à peine à découvrir les joies de ces terres désolées.

je vais devoir retrouver mes lunettes car je sens que la somme des dialogues à lire dans ce titre est plus importante qu'une anthologie de rabelais. Ceci dit, c'est bien écrit et plutôt prenant. merci pour cette belle découverte.
#46

Phoenix
Paladin

Effectivement ,ce titre à l'air vraiment très prenant et complet, et se rapproche beaucoup à un style Arcanum . Mais le fait que tout sois en anglais... arf cela risque d'être assez dur à tout bien comprendre quand on ne maitrise pas entierement l'anglais à la perfection...

Mais bon je pense quand même l'essayer car il me tente pas mal quand même ! mais c'est clair que si, un jour, sur la toile on nous propose un patch tout traduit en français je serais preneur !
#47

Bacab
Paladin

On m'a sérieusement mis en garde contre le systéme de combat qui paraît-il est nul: complexe, trop dur, pas intéressant.
#48

skoeldpadda
Garde royal

Moui... Sorti de 2-3 paramètres à prendre en compte (résistances, armes, tout ça) avant d'aller taper un vilain, c'est du button mashing. J'ai du mal à saisir ce que le massacre de bouton gauche de souris a de complexe
#49

prypiat
Paladin

Encore un jeu qui faudra que je tente... quand traduction fr il y aura. Si le background me botte pas plus que ça, tout le reste a vraiment l'air d'envoyer du lourd ! Un RPG oldshool...
#50

TrollTraya
Garde royal

ça y'est, je l'ai acheté. Je vais prendre mon temps, commencer par lire la nouvelle et les autres "extras" pour me mettre dans l'ambiance (soit dit en passant, si les dialogues du jeu ne sont pas plus difficile à lire que cette nouvelle, ça devrait aller pour moi) avant de me lancer dans le vif du sujet (et étudier minutieusement le manuel, le "game's companion".)




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