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Chronique #11 : Do Androids Dream of Electric Sheep?

par Batman 23 Mar 2012 10:00 13

Chers gobelins, si vous aimez la science-fiction et les univers cyberpunk, la chronique du jour devrait vous faire plaisir ! Je vous propose aujourd'hui de parler de l'adaptation en bande dessinée de Do Android Dreams of Electric Sheep?

Adaptée au cinéma par Ridley Scott sous le titre Blade Runner, la bande dessinée reprend l’intégralité du roman. Et en accord avec la succession K. Dick, propose une nouvelle traduction dans le respect du style original de l’écrivain culte.

  

Synopsis :

Après le cataclysme nucléaire, seuls quelques hommes vivent encore sur Terre… comme Rick Deckard, de la brigade spéciale des Blade Runner. Rick, ce tueur qui poursuit un rêve : remplacer son mouton électrique par un animal vivant… Mais sa rencontre avec la belle Rachel, une androïde Nexus-6 à l’intelligence supérieure, bouscule ses convictions, et va le conduire à s’interroger sur la différence entre l’homme et la machine, la manipulation, et la réalité.

 

L'avis de RPG France :

 

Avec la sortie de Deus Ex Human Revolution l’année dernière, j’ai eu un regain d’intérêt pour les histoires de futur dystopique à l’inspiration cyberpunk. Après avoir craqué pour le roman « Blade Runner » trouvé pour une bouchée de pain en livre de poche, je remarque quelques mois plus tard l’apparition d’une bande dessinée publiée sous le titre d’origine du roman : « Do Androids Dream of Electric Sheep ? », littéralement : « les androïdes rêvent-il de mouton électrique ? ». Je me suis donc vu offrir cette adaptation en bande dessinée durant les périodes de Noël, les trois premiers tomes étant regroupés dans un coffret cartonné intitulé « cycle 1 ».
 
Je dois dire que j’ai été un peu déçu dans un premier temps. Je m’attendais à une adaptation qui proposerait une version revisitée du roman que j’avais acheté quelques mois plus tôt. A la lecture de la préface et des premières cases, le verdict tombe : la bande dessinée reprend à l’identique l’intégrale du texte du roman d’origine. Mieux, elle propose une nouvelle traduction, plus fidèle aux écrits de Philip K. Dick. Rapidement, ma petite déception a fait place à un véritable engouement pour cette adaptation en bande dessinée. En grand lecteur de BD et autres comics, le format ne pouvait que m’attirer, et finalement, cette retranscription au format BD de l’histoire d’origine s’avère du coup extrêmement fidèle, mais aussi plus abordable. Si les puristes peuvent être rebutés par le principe des illustrations qui ne favorise plus l’imagination du lecteur, ces images aident beaucoup à la compréhension des situations et à mieux cerner chacun des personnages. 
 
Tony Parker - l’illustrateur, rien à voir avec le joueur de basket auquel vous venez sans doute de penser - a fait un très bon travail. La narration reste très dynamique et est très bien adaptée au format « cases » de la bande dessinée. Le style de dessin reste assez agréable, rendant les personnages très expressifs malgré le côté un peu trop adouci et terne de la mise en couleurs réalisée par Blond.
 
Concernant l’histoire, difficile pour moi de résumer l’œuvre de Philip K. Dick en quelques lignes. C’est tout simplement fantastique, et tout amateur de science-fiction se devrait d’avoir lu du PKD au moins une fois dans sa vie ! Nous suivons les aventures de Rick Deckard sur une terre qui a été ravagée par la guerre nucléaire, où le mode de pensée est basé sur l’empathie dont est capable l’être humain. Il est nécessaire de posséder de l’empathie, indispensable même, si on veut espérer être considéré comme un être humain. Avoir un animal de compagnie auquel on s’attache et dont on sait prendre soin devient un élément social important dans l’univers de « Do Androids Dream of Electric Sheep? ». Et si Rick souhaite pouvoir se payer l’animal se ses rêves, il va devoir exercer au mieux son métier. Rick est un Blade Runner. Il pourchasse les androïdes en fuite, ces machines incapables d’éprouver la moindre empathie envers un être vivant, qui deviennent de véritables menaces pour l’humanité lorsqu’ils décident de vivre pour eux-mêmes. Pourtant, tout au long de l’histoire, Rick sera amené à se demander si ces androïdes qui se battent pour survivre ne sont finalement pas plus vivants que tous les êtres humains, las de rester sur terre, trop peu fortunés ou bien trop irradiés pour migrer vers les colonies spatiales.
 
Je me souviens de la première histoire de Philip K. Dick que j’ai lu. Elle m’avait marquée, malgré le fait que je sois incapable de me rappeler du titre et de l’histoire précise de la nouvelle concernée. Le style de l’auteur et les univers qu’il arrive à poser en quelques lignes ont quelques choses de particulier. Ce sont des mondes fantastiques, mais pourtant tellement réels, tellement cohérents, et « Do Androids Dream of Electric Sheep? » n’échappe pas à cette règle. Pour les curieux et les fans de l’auteur, chaque tome de la bande dessinée est accompagné de textes écris pas des personnes ayant connu ou approché Philip K. Dick de son vivant. Des témoignages de ses amis et de ses fans qui viennent ajouter encore plus de profondeur à cette œuvre majeur de la science-fiction, cette histoire fantastique pourtant si réelle et cohérente.
 

Les livres :

Série en plusieurs tomes
Prix : environ 18€ par album
Dispo : Tomes 1 à 4 disponibles (d'autres tomes à venir)
Format : 170 x 260
Fiche éditeur

Les auteurs :

Philip K. Dick (scénario original) :

Philip Kindred Dick, dit Le Maître, né le 16 décembre 1928 à Chicago dans l'État de l'Illinois aux États-Unis et mort le 2 mars 1982 à Santa Ana en Californie aux États-Unis, est un auteur américain de romans, de nouvelles et d'essais de science-fiction.

De son vivant, il a reçu plusieurs prix de littérature, comme le prix Hugo pour "Le Maître du Haut Château", et le prix John Wood Campbell Memorial pour "Coulez mes larmes, dit le policier". Alors qu'il a passé la majorité de sa carrière dans une quasi-pauvreté, son apport à la science-fiction est important, et certaines de ses œuvres ont été adaptées au cinéma pour devenir des films culte : Blade Runner, Total Recall, Planète hurlante, Minority Report...

 

Tony Parker (illustrations) :

Tony Parker a placé son œuvre sous le signe de Philip K. Dick. En plus des titres de Boom Studios : Warhammer 40000 : Fire and Honour, Warhammer 40000 : Defenders of Ultramar et le roman graphique numérique inédit Warhammer Online : Prelude to War, Parker a travaillé sur 125 livres de jeux de rôle, notamment pour des couvertures à la peinture. Parker a aussi prêté sa main à la société Upper Deck pour les cartes des best-sellers de Marvel, Conan, The Ultimate Spider-man 100 Project et The Hulk 100 Project.

 

Blond (couleurs) :

Blond est l'un des coloristes actuels les plus prolifiques et talentueux de l'industrie du comics. En dehors de Do Androids Dream of electric Sheep?, il a mis en couleurs Hunter-Killer, Witchblade, The Darkness pour Top Cow, New Avengers/Transformers pour Marvel et IDW, et Ultimate Fantastic Four pour Marvel.

 

Commentaires (13)

#2

Etienne Navarre
Gobelin

Ce mec a vécu pauvre, seul et malheureux. Et au même titre qu'Asimov, Bradbury, Brown ou Van Vogt, il a révolutionné la SF dans son approche philosophique des grands questionnements humains et technologiques.

Visionnaire sur bien des points, il commence seulement à être pris en considération au travers de ses réflexions sur la société et le rapport à l'homme. Il est d'ailleurs dommage de voir que ses pensées et traitements philosophiques ne fassent pas l'objet d'une plus grande attention de la part du milieu littéraire et enseignant. La SF souffrira toujours de sa condition de littérature de seconde zone, écrite par de grands rêveurs, des grands enfants qui sont tout autant de grands penseurs. La philosophie moderne et contemporraine souffre d'une volonté stérile de traiter la réflexion selon les mêmes vecteurs qu'il y a deux mille ans. Or, K. Dick (entre autres) a su transposer les grands thèmes philosophiques dans nos sociétés, les adapter aux questionnements d'une condition humaine qui, elle, a évolué au fil des siècles, à l'inverse d'une pensée philosophique générique nombriliste qui fait du sur-place.

K. Dick me fera toujours penser à un autre auteur maudit (l'un de mes préférés), Charles Bukowski car ils se rejoignent dans leur façon de vivre et dans leur rapport au monde: à leurs lecteurs mais également dans leurs rapports conflictuels avec leurs éditeurs. Il est d'ailleurs marrant de voir à quel point tout le monde connait K. Dick en l'ignorant. Et tandis que, pour citer Brel, "j'ignore de l'ignorer", je me plais à penser en souriant et le coeur chaud que son oeuvre traverse les époques, les générations et soulève toujours autant d'admiration, consciente ou pas. Il a sa place dans tous les Panthéons du monde.



Et merci à Batman d'avoir rédigé cet article.
#3

Batman
Grand gobelin

Et merci à toi Etienne pour ce sympathique complément d'info sur l'auteur.
#4

ZED
Guerrier

Batman et Etienne merci pour tous ces éclairages sur le grand PK Dick, en ce qui me concerne, il est le maitre de l'anticipation. Chacune de ses nouvelles (et ne parlons même pas des romans) recélent des dizaines d'idées originales et tellement proche de notre société présente ou futur. Blade Runner est un excellent film et, par certains aspects, a su capter la richesse du propos de K Dick, mais le livre est tellement plus profond. Un abîme.

Comme tu l'as dit Etienne, K Dick été un écrivain tourmenté (existe t'il vraiment des auteurs qui ne le sont pas ? Je suis prêt à débattre la dessus), sa paranoïa (et sa conssomation de LSD) l'a mené aux portes de notre réalité et il a su parfois nous donner des bribes de cette dimension. Je pense notament à Ubik, un véritable livre clef pour moi.

Bref, vous l'aurez compris, je n'ai pas lu la BD (j'en lis presque plus), mais si vous ne vous êtes pas encore plongé dans l'univers K DICK, courez ! Je vous envie.
#5

Zarat
Villageois

Je pense notamment à Ubik


Autant je n'ai pas trop de mal avec ses autres romans/nouvelles, autant j'ai eu du mal à rester accroché à Ubik...

Globalement, j'aime beacoup les thèmes abordés par Dick, mais je trouve son style d'écriture parfois brouillon . En tout cas, cette BD viendra alimenter sans problème le rayon SF de ma collection.

Si d'autres auteurs de BDs s'y mettent sérieusement, ça va être chouette... Hep, les gars pensez au Space Opéra svp , j'attends les cycles Fondation, Dune et autres Hypérion avec impatience...

Message édité pour la dernière fois le : 23/03/2012 à 11:51

#6

maldone
Seigneur

K.dick c'est l'un des rares auteurs que j'ai presque la totalité de ces oeuvres dans ma bibliotheque et que j'ai pris plaisir a lire. Même l'intégralité de ces nouvelles sont de tres bonne qualité et recelle beaucoup beaucoup d'idée novatrice qui sont repris alégrement aujourd'hui. Bref pour moi c'est l'auteur par excellence de science fiction.
#7

murlock
Citoyen

Pour ceux qui veulent poursuivre l'histoire de Blade Runner, il existe deux tomes (traduits) écrits par K.W. Jetter, un fils spirituel de P.K.Dick



Du même auteur, je vous conseille Noir, un policier SF assez déroutant
#8

Andariel
Grand chevalier

Merci à K. Dick d'étre la piérre angulaire du mouvement Cyberpunk (auquel je tiens), à coté de William Gibson et Bruce Sterling, et d'avoir servi de source d'inspiration pour de nombreux chef d'oeuvres. K.Dick, un écrivain torturé, instable (paranoiaque, schizophréne, mysogine et junkie) et marginal, qui a réussit à depeindre un univers glauque et pessimiste à son image mais qui est profondément ancré dans la réalité et dans les problématiques palpables. La dualité réalité/fiction est un théme récurrent chez lui d'ailleurs,ce qui fait qu'il maitrise vraiment cet aspect à plusieurs échelles. Surtout par le fait de nous impliquer aussi profondément dans une fiction, mais une fiction qui entretien un lien trés étroit avec la réalité. Et du coup, son monde dystopique est finalement tout aussi prophétique, qu'il n'est une parabole de notre réalité d'aujourd'hui, et ça, ça force l'admiration.

Message édité pour la dernière fois le : 23/03/2012 à 14:24

#9

ZED
Guerrier

[quote name='Zarat' date='23/03/2012 - 11:50']
Je pense notamment à Ubik


Autant je n'ai pas trop de mal avec ses autres romans/nouvelles, autant j'ai eu du mal à rester accroché à Ubik...

[/quote]



C'est normal, tu as oublié de mettre un coup d'aérosol Ubik pour dématérialiser tes doutes !
#10

vilko
Citoyen

Puisque l'on parle de Blade Runner et de Philip K. Dick par içi. J'en profite pour conseiller à ceux que ça intéresse de voir un peu le travail d'illustrateur de Syd Mead, qui fut entre autre responsable des story-board du film de Ridley Scott. Et qui proposa à l'époque (1980) une vision de la SF très original.

[/i][i]Démonstration par l'exemple :

Message édité pour la dernière fois le : 24/03/2012 à 12:55

#11

Batman
Grand gobelin

Merci pour cette info Vilko !

J'ai retrouvé la citadelle de Mass Effect !

#12

ninheve
Grand chevalier

tres belle présentation, je ne connaissias pas cette adaptation. personnellement autant j'ai adoré le film Blade Runner, autant le roman m'a laissé de marbre, je lui préfèred'autres romans de P.K Dick. Mais j'aime beaucoup les image que tu nous présentes ici, et le travail dans la couleur est magnifique, le coloriste semble très bon sur ces quelques planches. je vais jetter un oeil lors dun prochain passage en librairie
#13

ZED
Guerrier

Je ne peux pas croire que vous soyez resté de marbre ma chére devant cette magnifique fable sur la condition humaine.
#14

Munshine421
Garde royal

Peut être que Ninheve a été déçue de ne pas retrouver dans le roman l'adaptation très éloignée qu'en a fait Ridley Scott. En effet, avec le roman on est très loin du polar noir futuriste mais plus proche d'une vision très pessimiste typiquement Dickienne sur l'avenir de la vie sur Terre et de la possible évolution de l'espèce humaine vers une vie artificielle comme moyen de survie.

Message édité pour la dernière fois le : 28/03/2012 à 22:36





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