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Preview de Mass Effect 3

par Phenos 03 Fév 2012 13:36 32

Apothéose en compagnie du commandant Shepard, sur une Terre déclinant du bleu au rouge, Mass Effect signe son ultime retour. Pour que le final de la trilogie marque à jamais les joueurs de tous bords, Bioware a certainement développé le plus ambitieux des épisodes de la série, au profit de grandioses cinématiques et phases de shoots étourdissantes... Puisque vous lisez RPG France, et qui plus est ma preview, vous ne pouvez qu'être des gens biens, voici donc une présentation de Mass Effect 3 en exclusivité (partagée avec l'ensemble de mes confrères de la presse française), ainsi qu'un scoop, un vrai celui-là : mon avis.

 

"J'ai quitté la terre plein de regrets"

 

Avant d'en lire davantage, sachez que le premier paragraphe spoile les cinq premières minutes du jeu, vous voici prévenus. Contrairement à l'E3 et la Gamescom, la démonstration ne se composait pas de séquences distinctes sélectionnées par les développeurs, mais du début de Mass Effect 3 accessible pour les deux premières missions, même si ce fameux concept qu'est le "temps", par son obstination à ne jamais rester figé, ce goujat, m'a empêché d'achever l'ensemble. Avant même de prendre le pad en main, Xbox360 oblige, j'ai reçu une baffe technique, aller-retour la torgnole. J'en ai encore les joues chaudes. Quand des graphismes à la ramasse bousillent des ambitions de blockbuster, je l'évoque, mais on ne m'a que trop rarement offert l'occasion de souligner l'inverse : si Mass Effect 3 prend en partie place sur Terre, ses graphismes sont extra-terrestres. Des détails les plus infimes, à l'image de la peau des personnages, aux batailles dantesques, les pendants contemporains et animés d'une peinture d'Aniello Falcone, les graphismes transpirent le réalisme, et à s'y méprendre on se serait cru dans une production d'anticipation spielbergienne. Avant de virer dans la guerre totale, Shepard passe apparemment un sale quart d'heure, jugé devant une cour, jusqu'à ce que les Moissonneurs annihilent la salle du conseil, tirant Shepard de ce mauvais rêve pour nous transporter en plein cauchemar. Pas de demi-mesure pour les envahisseurs, de métropole opulente, la ville est rendue à feu et à sang. Désormais, il s'agit de progresser à travers les ruines fumantes, tandis qu'au second plan les buildings s'écroulent sous les tirs des vaisseaux, dans un fracas du tonnerre. Mention spéciale au son, qui nous arrache les tripes, participe au bonheur de nos oreilles et à l'immersion, tandis que le rumble de la manette s'agite comme un clubbeur recevant sa dose journalière de David Guetta. Je n'entre pas plus dans les détails, notamment narratifs, puisque Caparzo a déjà réalisé un excellent compte rendu, lors de la Games Com.

 

 

 

A peine parvenu sain et sauf au bord du Normandy, sauvé de l'enfer terrestre, que nous voilà reparti pour dézinguer du malfaisant en armure, en terre martienne. Un message a en effet été intercepté par le vaisseau, émanant d'un site de fouilles de la planète rouge. Entre 55,7 et 400 Millions de kilomètres plus loin, selon la période de rotation (wikipédia les amis, il n'y a que cela de vrai dans la vie), Shepard découvre la tête peu sympathique de ses nouveaux adversaires, auquel il s'est déjà frotté par le passé, la mystérieuse organisation Cerberus. Une connaissance de longue date, une certaine Liara T'Soni, nous explique en dix secondes chrono que la civilisation des Prothéens avait presque achevé de mettre au point une arme, ayant l'avantage de défendre l'heureux possesseur des assauts des Reapers. Bref, les vilains garçons de Cerberus convoitent aussi les plans du remède miracle, entreposés au cœur de la station scientifique. Dès lors, comme pour la première partie sur Terre faisant office de tutoriel, on fighte des méchants dans des couloirs tout de blanc et bleu vêtus, qui à l'image de notre planète chérie vireront bientôt au rouge, bienvenue dans l'univers de Mass Effect. Je plaisante, c'est mal, parce d'une part le game design est fignolé aux petits oignons, et d'autre part, le troisième opus présente l'avantage d'être moins linéaire que le second, ou en tout cas, il offre de véritables solutions au joueur qui ne souhaite pas rentrer bêtement dans le tas. Lorsqu'un pâté d'ennemis s'offre à vous, au lieu de vous le farcir frontalement, vous disposez parfois d'une alternative, un couloir annexe qui permet de les contourner. Rien de révolutionnaire, mais une option qui satisfera les aficionados aux couloirs "ouverts" du Mass Effect original, davantage que les rares accros aux chemins plus dirigistes du second, qui ne proposaient que d'avancer, ou reculer pour les mauvais, la droite et la gauche étant de vagues notions. Par ailleurs, lorsque vous entrez dans une pièce, et apercevez l'éventualité d'emprunter un autre passage, cela signifie souvent que vous allez rencontrer des unités coriaces, protégées derrière un bouclier type CRS par exemple, qu'il vous faudra soit abattre dans le dos, soit vider votre chargeur de face... Ou éventuellement utiliser un petit sort de lévitation, suivi d'un tir aux pigeons.

 

 

 

"Mais je n'peux plus rien faire"

 

Quel ringard ce Pierre Bondu, toujours un train de retard. Non, Shepard n'est pas impuissant. Oui, il peut encore sauver le monde, et n'a jamais eu autant d'options à sa disposition pour réaliser un carnage. Notamment une nouveauté présentée pendant le prologue, une lame bionique plus badass que fadasse, qui se marie parfaitement avec le gameplay, je rassure les quelques puristes éventuellement réticents répétant déjà leur argumentaire "anti". Répondant au doux nom d'Omni-Blade, elle nous est présentée au cours d'un QTE, un zombie futuriste pointant son nez dans l'entrebâillement d'une porte, dans laquelle nous plongeons la terreur bionique, qui lui démonte gentiment la face, merci d'avoir joué. L'engagement au corps à corps prend dès lors une toute autre tournure, et globalement les échanges de feu, plus nourris que dans les précédents opus, dégagent une intensité dans les rixes qui rabiboche Mass Effect 3 avec des références du TPS, Gears of War en modèle, la testostérone en moins. Toujours en ce qui concerne la bonification du gameplay, les grenades sont de retour, sans leur trajectoire loufoque inhérente au premier épisode, mais décrivent désormais des courbes coquettes pour parvenir sans trop de difficultés à l'endroit désiré, pour un résultat qui éclabousse, faut-il le préciser. Leur usage se révèle souvent indispensable, car nos chargeurs se videront à la vitesse de l'éclair ; ça où des affrontements moins spectaculaires. Du coup, les développeurs ont disséminé à droite et à gauche des cartouches, nécessaires à la fin de chaque gunfight mineure, mais terriblement risibles - sérieusement imaginez cinq secondes un employé du labo criant : "damned, j'ai oublié mes cartouches sur la table d'opérations, j'en ai besoin demain pour la chasse au rhinocéros". Merci Bioware d'avoir soumis l'idée, mais cela ne fonctionne définitivement pas. Si je m'y attarde autant, c'est que toutes ces broutilles, insignifiantes dans un RPG lambda, valent leur poids dans un titre aux influences plus troubles, qui zieute avec envie vers les shooters.

 

 

 

Pour un soft clairement branché action, il est paradoxal qu'on nous soumette en amorce de partie une sélection entre différents modes : Action, RPG ou Histoire... Au lieu de greffer des innovations exclusivement à un profil, les développeurs écrèment l'expérience de jeu, en nous privant d'éléments essentiels pour un Mass Effect normalement constitué. Par exemple, choisir l'option Action ne renforce pas les combats, mais désactive tout bonnement les dialogues, qui par ailleurs m'ont semblé très restreints, des rares échanges que j'ai eu, deux répliques étaient disponibles, maximum trois. Espérons donc que la gâchette ne soit pas notre seule possibilité d'influer sur le jeu. Aussi, si les combats squattaient la démonstration, Mass Effect 3 s'offre les moyens de satisfaire ses ambitions, en reprenant des composants du Mass Effect original, tels que les améliorations d'arme, ajoutant ce qui faisait défaut au second, un scénario promis haletant, et une I.A. globalement améliorée, un des rares composants qui a su évoluer de manière constante sur l'ensemble de la série. Les ennemis ont conservé les mêmes techniques d'attaque, l'aberration en moins. Ce sera à vous de les pousser à sortir de leur cachette, ils ne se lèveront plus pour se planter dans votre viseur, et ainsi vous faciliter la tâche. Si vous adoptez également une stratégie défensive en vous dissimulant derrière un abri, sachez que désormais l'I.A. vous provoque par le flanc, tandis que leurs frères de guerre couvrent la percée en vous canardant abondamment. Afin de contrer toute manoeuvre, le recours aux pouvoirs de vos co-équipiers sera plus que jamais indispensable, ou si vous souhaitez appliquer les techniques employées par vos adversaires, à savoir opérer un contournement dans les règles de l'art, vos soutiens serviront de couverture. Le seul point où j'émettrai des réserves sera le corps à corps, où face à votre Omni-Blade, les adversaires n'esquisseront pas une tentative de défense ou de fuite, la passivité étant de mise bien que leur vie artificielle soit en jeu. Pour ce qui est des déplacements de Shepard, ils sont bien plus fluides et aisés, notamment lorsque vous passez d'abri en abri, une flèche d'un bleu fluo vous indique les actions envisageables. Sans grand chambardement, en toute efficacité, les améliorations de-ci de-là contribuent à rendre l'expérience toujours plus agréable, dans une mixture mélangeant avec succès combats à volonté, ainsi que narration relevée. Mass Effect 3 est au jeu vidéo, ce que les blockbusters sont au paysage audiovisuel américain : fédérateurs (auprès du grand public), coûteux (et rentables), mais ne ciblant pas prioritairement les cinéphiles, qui pourront malgré tout y trouver un plaisir coupable.

 

 

 

"argh, ar, aaaaaaar"

 

Je vous apprends le décès de Pierre Bondu, qui a définitivement cessé de chanter. Malgré tout, pas de fête nationale avec fanfare, majorettes et tout le tralala, vous écouterez de la musique décente une autre fois, car je suis en réalité bel et bien en deuil. Ne me chargeant pas du test de Mass Effect 3, c'était mon dernier article sur ce cher Shepard, voilà pour ma petite vie de rédacteur à deux sous. Quand à la révérence finale de Shepard, elle a des penchants spectaculaires totalement assumés, mêlant narration et gameplay avec la maîtrise propre aux productions Bioware, mais si j'évoque ses qualités, en filigrane les rôlistes décèleront l'abandon de l'aspect RPG, dans la droite lignée du second épisode. A chaque département de développement auquel Mass Effect 3 se confronte, le jeu excelle, il nous déçoit en réalité en ce qu'il renie. Inattaquable sous toutes les coutures, le soft de mon point de vue de rôliste ne conserve qu'un défaut : celui de ne pas assumer un statut de RPG.

 

La tête dans les étoiles, les pieds sur Terre, tu seras à jamais dans mon coeur, camarade Shepard. Je t'aimais (davantage sous ton jour féminin). D'ailleurs, une jalouse furax se dirige dans ma direction, la tête bien sur les épaules, un gun à plasma dans les mains. Adieu, Shepard, je partirai en premier. Décidément, monde de m...

 

Commentaires (32)

cerberus     Il y a 4 mois

au fond, j'y crois pas plus que vous au retour du RPG à la sauce que beaucoup ici souhaiteraient moi y compris. Mais si au moins ça pouvait avoir la même gueule que ce qu'on a eu sur ME1 ... ça serait déjà vraiment pas mal !

AbounI     Il y a 4 mois

Ben finalement, il semble que BioWare a trouvé la solution à cette roue de dialogues tant décriée et critiquée.Solution de facilité, comme toujours, plutot que de chercher à améliorer un point sensible, on l'erase, on l'éradique en rendant son intéret vraiment à la limite du dispensable, et le problème n'est plus.

Cela dit, j'ai du mal à cerner alors qu'il y a pas si longtemps, on nous annonçait un contenu presque record en terme de nombre de lignes de dialogues.


Espérons donc que ce manque de choix dans les quelques trop rare dialogues ne soit qu'inhérant 'au format restreint ayant servi pour ta bonne preview, auquel cas l'intro de ce message devrait s'autodétruire

Message édité pour la dernière fois le : 04/02/2012 à 14:44

Sloth     Il y a 4 mois

Le 03/02/2012 - 19:58, Phenos a dit :Après, je ne sais pas comment tu considères ME2, comme un RPG ou un action/game, du peu que j'ai approché c'était avant tout du dézinguage bête et méchant, la comparaison avec le jeu original fait peine à voir.


Je dirais que c'est d'abord un jeu d'action (ça, en principe, ça n'aura échappé à personne), saupoudré de RPG et de jeu d'aventure. "Un livre dont vous êtes le héros", disent d'autres. Oui, pourquoi pas.

Le 04/02/2012 - 14:05, Caparzo a dit :
Le 04/02/2012 - 01:13, AbounI a dit :Ce que j'attends de ce ME3, c'est qu'il sorte enfin pour qu'ils puissent commencer à lacher quelques brides d'info sur DA3,


Je suis exactement du même avis que toi même si il est vrai que je suis assez impatient de terminer l'aventure de Shepard ! En ce qui concerne Dragon Age 3, j'espère que l'on aura plus d'informations à l'E3 2012 ou bien au Gamescom, ce serait logique, mais avec Bioware rien n'est vraiment logique.


Je plussoie ces messieurs! Si on part du principe qu'ils restent sur le même moteur et qu'ils s'alignent cette fois sur un cycle de développement "standard" (hum), on pourrait tabler sur une sortie au printemps 2013. Donc, ça collerait avec des infos au prochain E3.

Mais avant, j'attends une conclusion pour l'histoire du héros du second volet. Pour un peu, je l'aurais déjà oublié (peut-être ce que veulent les dev !).

Message édité pour la dernière fois le : 04/02/2012 à 19:01

Sloth     Il y a 4 mois

Message supprimé le 04/02/2012

Hayden     Il y a 4 mois

De toute façon les début d'un jeu ne sont jamais vraiment RP (a part les Open World) Mais dans Dragon Age on t'impose tes choix pendant un bon petit moment, dans Mass Effect premier du nom pareil, on t'impose beaucoup de chose. Pour juger le coté RP il faut un peu plus de matière (comme dirais Joueur du grenier : "Il faut un peu plus de temps pour se rendre compte que sa pue")

Kartibaldy     Il y a 4 mois

Tiens du FPS sur chez RPG France Bon ok je déconne .... ou pas.

Vu que j'ai déjà joué aux deux, je me sent obligé de finir la trilogie mais cette fois que lorsque qu'il sera goty.

Ils ont quand même un talent énorme chez Bioware : ils te pondent des idées géniales, des mondes super sympa, ils n'hésitent pas à mettre le paquet et une fois que le succès est là : bing pétage de boulot ils font n'importe quoi.

Black Isle I neeed You !!!!!

Killpower     Il y a 4 mois

A noter qu'ils n'ont pas intérêt de se rater avec ME3, car après le décevant DA2, EA risque de faire de la coupe méchante dans l'équipe Bioware et se serait vraiment dommage... quoique.

Baalka     Il y a 3 mois

Le 04/02/2012 - 14:05, Caparzo a dit :
Le 04/02/2012 - 01:13, AbounI a dit :Ce que j'attends de ce ME3, c'est qu'il sorte enfin pour qu'ils puissent commencer à lacher quelques brides d'info sur DA3,


Je suis exactement du même avis que toi même si il est vrai que je suis assez impatient de terminer l'aventure de Shepard ! En ce qui concerne Dragon Age 3, j'espère que l'on aura plus d'informations à l'E3 2012 ou bien au Gamescom, ce serait logique, mais avec Bioware rien n'est vraiment logique.


Pareil! Étonnament, j'ai confiance en Bioware pour DA3... Je crois qu'ils se sont rendu compte (aussi bien qu'EA, ce qui est peut-être encore plus fondamental) qu'ils sont partis dans le mauvais sens avec DA2, même au niveau des ventes... Mais, ma foi, il y avait de bonne choses et une certaine volonté de modernisme dans le second, alors s'ils savent unir ça et la qualité rôlistique du premier, le tout avec un scénar béton et un peu moins de linéarité... Je pense qu'ils ne s'en priveront pas, et ça sera bien mon bonheur!

Pour revenir à ME, je n'en ai jamais essayé aucun... Mais vu que pour la sortie de ME3, les bundles 1 & 2 vont sans doute fleurir apacher dans les boutiques, je vais sans aucun doute me laisser tenter!



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