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Duel

par Phenos 19 Nov 2009 22:47 0

Quart d'heure douloureux pour le géant américain EA Games. Dans une affaire stupéfiante, l'opinion prend position sans un instant analyser les tenants et aboutissants, tout en prêtant une oreille attentive à ceux qui se vendent comme la voix de la presse affranchie. La presse affranchie, ou des journalistes à l'affût d'un bon vieux ragot?

 

Dans le petit milieu du jeu vidéo, l'histoire a fait grand bruit. A l'origine, EA Games, multinationale américaine éditrice de Dragon Age, a essayé d'influencer l'appréciation du soft par un journaliste de Canard PC, célèbre rédaction indépendante. EA, le pseudo-méchant aux dents longues, a tenté de se farcir le civet de Canard, mais le palmipède, manifestement échauffé, a vite été épaulé par d'autres camarades, et a opéré un passage à tabac par les voies éditoriales. David versus Goliath, le duel qui en jette. Sur Factornews, on retrace au coin du feu le folklore des journalistes achetés, en rappelant avec complaisance, que oui chez Factornews, l'info est certifiée plus que libre, assurément libérée. Et puisque la sacro-sainte liberté d'expression est devenue un fond de commerce, on marque le coup en déconnant, paraît que ça plait aux lecteurs.

 

Si les râleurs de la profession prennent du recul, ils discerneront combien le geste d'Electronic Arts semble insensé. Jusqu'à maintenant, hormis une douloureuse mésaventure avec le mag PC Gamer, EA a été exemplaire dans sa campagne marketing. Alors, à quoi bon aguicher le diable? Une peur inavouée de la critique aurait poussé l'éditeur à risquer sa réputation en pervertissant la presse? Effectivement, qui ne se rappelle pas de cette note honteuse décernée à The Witcher, par un El Gringo myope... Omar Boulon, le preux défenseur de nos valeurs nationales, se confie: il s'agirait de l'influence néfaste du marketing américain. Au pays de l'oncle Sam, ces pratiques douteuses seraient en vogue. EA France à la botte de sa maison-mère? Déplorable état d'esprit si cela s'avérait véridique, même si dans le doute, on accorde à l'éditeur de Dragon Age la présomption d'innocence.

 

Quand à la presse, il semble évident qu'elle tend depuis quelques années à toucher le fond. Les versions test, la publication en avant-première; une dépendance vis-à-vis des éditeurs dont nous ne percevons pas encore l'intégralité des effets préjudiciables. Vos serviteurs rôlistes refusent ce système, mais nous sommes conscient que pour certains mags, cela demeure une question de survie. En effet, qui dit bonnes relations avec les éditeurs entend exclusivité, allant de pair avec une croissance de l'audience, fer de lance du financement des sites professionnels. Le système est pervers, et nous entraîne vers le trépas du journalisme réfléchi.A contrario, la prostitution de la situation par quelques sites dans le seul but d'accroître leur audience, est intolérable. Embrasser les extrêmes sucre votre crédibilité; soyons indépendants et demeurons sérieux. Tandis que nous palabrons, des sujets bien plus graves mériteraient d'être abordés, comme un Gamepolitics en détient le secret.

 

Pourquoi cet édito, quinze jours après les faits qui ont secoué la presse? Dans un premier temps, pour discerner précisément les prises de position, et envisager la conjoncture avec ce recul dont certains semblent manquer. Dans un second temps, afin de ne pas tirer de conclusion hâtive. Finalement, cette affaire me semble révélatrice de la situation périlleuse du journalisme, qui n'arrive pas à adopter une ligne constante, chacun tentant à sa manière de tirer son épingle du jeu. La presse vendue, dénoncée, versus le journalisme franc-tireur, dénonçant.

 

Duel, l'histoire d'un divorce entamé entre éditeurs et journalistes?

-Phenos

 





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