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Venetica - Preview

par Phenos 28 Nov 2009 22:18 0

L'extension de The Guild 2, intitulée avec une absence totale d'originalité 'Venise', a ouvert la marche à une brochette de jeux élisant domicile dans la cité des Doges... Des titres de qualités variables tels que Nancy Drew: Le Fantôme de Venise, Anno 1404 : Venise, et le blockbuster d'Ubisoft, Assassin's Creed 2 ! Mais le photo-réalisme, généralement de rigueur dans ces titres, contrarie la liberté artistique, entraînant fatalement un manque d'innovation. Lorsque Deck 13 nous a annoncé préparer un RPG s'établissant dans cette sublime Cité-État, nous placions tous nos espoirs en Venetica, en espérant que ce soft pallierait le conformisme effarant, de mise alors...

 

Sorti le 4 septembre 2009 chez nos amis d'outre-Rhin, Venetica a joliment gagé sur sa vision fantastique du monde des canaux. Avec des environnements hauts en couleur qui ensoleillent notre grisaille journalière, les développeurs allemands nous offrent pour quelques dizaines d'euros un voyage virtuel rêvé. Parvenu à destination, la séance de remise en forme consistera à occire du vilain, une activité particulièrement appréciée par les fanboys de RPG. La trêve bigarrée rajeunit les lignes d'Ankh, le jeu Point & Click réalisé précédemment par Deck 13, dont on retrouve indubitablement ici la même patte artistique. Quant au design global du soft, il détourne avec brio le style vénitien; bâtiments typiquement transpalpins, et toits labyrinthiques composés de ponts de fortune, égayés par une large palette de couleurs chatoyantes. Les développeurs allemands ont su façonner un cachet propre à Venetica, tout en ne trahissant pas l'esprit de la Venise originale, ce qui rejouira au plus haut point les aficionados de jeux de rôle, et de la cité des amoureux !

 

Scénaristiquement parlant, Venetica brise les préjugés, et plus audacieux encore, les mythes ancestraux. Depuis la nuit des temps, la mort est symbolisée par un être squelettique, qui fauche les âmes de vivants. Mais pourquoi ne serait-ce pas un homme ordinaire, élu périodiquement par un conseil ? Et si l'heureux élu se révélait être un nécromancien confirmé, sa révocation par le Conseil ne serait-elle pas vécue comme une offense ? Ne tenterait-il pas de se venger, dans un plan machiavélique dont seuls les êtres les plus torturés sont capables ? Ajoutez une pincée de gondoles, une cuillerée de monstres effrayants, mixez le tout, et vous obtenez Venetica ! Nous assistons à un petit électrochoc dans l'imaginaire populaire, ouvrant des voies inexplorées jusque là, que je me suis empressé d'explorer !

 

Mais le prix à payer pour bénéficier d'un scénario dynamique, c'est sa linéarité. Vous n'êtes pas cloîtré dans des couloirs, à l'image de Dragon Age, mais la trame suit un fil conducteur plutôt restrictif. A cela s'ajoute diverses missions pour le compte de la veuve et de l'orphelin, qui assurent une progression indépendante vis-à-vis de la quête principale. De vos gains d'XP résultent le level up, flanqué d'une majoration des quatre attributs et des vingt-quatre compétences, divisées en deux arbres. Vingt-trois capacités spéciales permettent également à Scarlett, l'héroïne de Venetica, de résoudre pléthore d'énigmes en interagissant avec le monde des morts: un corbeau pour vous guider jusqu'à votre objectif, un sort pour revenir à la vie, ou la vision des défunts, indispensable pour accéder aux passages dissimulés derrière le décor.

 

Bien sûr, jouer à Venetica fut l'occasion de tester le système de combat, le seul point où j'émettrais quelques réserves. Comme tout RPG en temps réel qui se respecte, réduire en bouillie la souris sera la solution à tous vos problèmes. L'ennemi bloque vos coups après avoir subi quelques torgnoles infernales, et vous sonnez la retraite. Pour mettre votre adversaire à genoux, tapez rythmiquement sur le bouton d'attaque et enchainez les combos. L'I.A. suit un schéma identique, et par conséquent les combats pèchent par classicisme; l'intérêt des batailles réside essentiellement dans leur préparation... Enfin, je n'ai aucune idée de ce que nous réservent les plus hauts niveaux, qui sait, le gameplay évolue peut-être dans le bon sens.

 

Megamat avait déjà approché le titre à la Games Com de Cologne en août, et il semblerait que nous tirions à peu près le même bilan. Petite pépite, Venetica nous a surpris par sa féérie, ses décors somptueux malgré des graphismes en deçà des normes actuelles. The Witcher, qui à mes yeux demeure un des plus grands RPG contemporains, avait été également guetté par une communauté restreinte de fans: finalement ce fut le chef d'œuvre que nous connaissons. Scénario novateur, game design alléchant, combats un peu patauds, des similarités aparaissent comme évidentes entre les deux titres, qui au premier coup d'œil ne se ressemblent strictement pas. Le dénouement a été extraordinaire pour Geralt. Scarlett suivra t-elle le même chemin?

-Phenos

 

A propos de la localisation française, j'ai contacté DTP Entertainment qui m'a confirmé que Koch Media distribuerait le jeu en France. Venetica est sensé sortir aujourd'hui même, selon la base de données d'Amazon. Mais le RPG est annoncé en rupture de stock: dans ce cas de figures, nous assistons souvent à un retard de l'arrivage, voir un report. Plus d'infos prochainement, je suis actuellement en contact avec Koch Media.





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