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Lundi de l'indie #44 : Dungeon Rushers

par Iosword 03 Oct 2016 14:31 2

Le jeu de rôle, qu’il soit sur table ou sur ordinateur, est un genre sérieux – c'est du moins l’image que peut en avoir un néophyte. D’apparence, c’est un genre élitiste qui propose des mécaniques de jeu parfois abscondes, des lancés de dés arbitraires, des builds que le joueur doit savoir construire parfaitement, et qui pour ne rien arranger a un penchant pour le vocabulaire désuet. Pourtant, c’est aussi un genre qui se prête à la parodie, surtout dans des univers d’heroic fantasy, du Dungeon de Naheulbeuk aux webséries telles que Noob, les aficionados ont su jouer avec ce genre très codifié. Trêve de bavardage, le jeu dont il est question aujourd’hui revêt, derrière un système de jeu classique, les atouts du pastiche, et ce pour notre plus grand plaisir.

 

Développé par les Français de Goblinz Studio et sorti le 6 septembre dernier, après quelques mois d’Early Access, Dungeon Rushers est, comme l’indique son nom, un porte-monstre-trésor assez classique. Mêlant à sa guise éléments issus du roguelike et du dungeon-crawler, mécaniques solo et multijoueur, le titre vous propose d’explorer des niveaux assez courts, en vue du dessus, et de combattre un bestiaire varié lors de combats au tour par tour, et cette fois-ci en vue de côté. Pas de noble dessein ici, puisque l’objectif de votre troupe de gais lurons est de s’enrichir en pillant les donjons de la région. Si l’intrigue du titre tient sur un post-it, Dungeon Rushers n’a pas vocation à vous faire vivre une belle épopée ou à vous présenter un univers original – en revanche, il tentera de vous faire rire.

 

  

 

Pour cela, il usera de héros hauts en couleur. Ceux-ci, au nombre de dix, sont pré-construits, et ont tous une classe associée ; ce sont des archétypes : le nain, guerrier mais aussi un comptable, l’éclaireur, jeune naïf et récureur de latrines de profession, l’orc, chamane et rejetée par les siens car érudite, etc. Le titre n’hésite pas à user de comique de situation et à parfois briser le quatrième mur. Pour vous donner un exemple, les lieux que vous visitez sont éclairés grâce à des « allumeurs de torches », ceux-ci, quand vous les croiserez, n’hésiteront pas à vous rappeler que leur travail est aussi essentiel que le vôtre et qu’ils méritent donc plus de considération. De même, souvent vos héros interagiront, ce qui sera l’occasion de placer quelques bons mots et de taper sur le pauvre barde dont l’art est incompris.

Cette écriture légère est l’une des premières qualités du titre. Celle-ci aurait pu très vite être lourde et redondante, mais ici l’humour reste un à-côté qui ne prend jamais le pas sur l’aspect systémique du titre. En effet, si quelques dialogues viendront égayer votre aventure, le but premier est d’explorer et de vider des donjons. Pour cela, Dungeon Rushers nous propose deux mode de jeux : le solo, scénarisé et offrant une progression linéaire, et le multijoueur, qui vous propose de créer vos donjons et de vous confronter à ceux des autres joueurs. En outre, le titre vous proposera d’acheter et de revendre vos items à une sorcière dont les prix défient toute concurrence – selon elle tout du moins – et qui vous proposera aussi de parier vos deniers durement gagnés contre des items aléatoires.

Comme tout bon RPG, votre équipement aura son importance, et si la chance ne vous sourit pas, il faudra faire appel au forgeron qui, contre quelques ressources, vous confectionnera armes, pièces d’armures, potions et autres babioles. Le système de craft, finalement assez simpliste, fonctionne assez bien et vous invitera à faire ou refaire des donjons pour améliorer votre équipement. Sachez d’ailleurs que pour débloquer de nouvelles recettes, il vous suffit de crafter plein d’objets que vous pourrez ensuite revendre à plus ou moins bon prix. Avant d’évoquer l’exploration de donjons et les combats, un mot sur vos feuilles de personnages : chaque héros dispose de trois compétences de combat et de trois capacités d’exploration. Si cela peut paraître limité – et l’est –, vous aurez tout de même une certaine liberté d’approche dans la construction de vos explorateurs puisque vous devrez améliorer et débloquer des compétences dans un arbre propre à chaque personnage.

 

  

 

Le titre de Goblinz Studio met en avant l’exploration de donjons, car si ceux-ci sont généralement assez courts, ils sont remplis de pièges, d’événements apportant malus et bonus et, bien entendu, de monstres. C’est ici que les capacités d’exploration prennent tout leur sens, vous permettant de détecter des pièges, de les désarmer ou d’envoyer Thorgrim, le nain, en première ligne pour prendre sur lui tous les dégâts. Ces capacités vous permettront aussi d’apercevoir ce que contiennent les cases alentours, un brouillard de guerre étant de la partie, et de détecter le trésor. Car le but ici n’est pas tant de tout explorer, que de trouver le butin et de s’enfuir avec. C’est d’ailleurs pour cela que de nombreux combats pourront être évités ou facilités grâce aux capacités de vos personnages : ainsi Pod, le barde, peut tenter d’endormir les ennemis, vous donnant un tour d’avance sur eux, et Trashkarog, l’orc, pourra utiliser des leurres pour esquiver un affrontement contre deux ou trois ennemis. Toutes ces capacités, et bien d’autres, seront régies par une barre d’endurance qu’il vous faudra ménager à moins que vous n’ayez de nombreuses potions.

Les combats, au tour par tour, opposent cinq de vos héros contre six adversaires, ou moins, et seront là encore assez simplistes – vous n’avez après tout que trois compétences de combat. Malgré tout, les malus et bonus étant nombreux, et le bestiaire varié – quoiqu’un peu redondant, car il dépend des biomes – il faudra faire attention à la santé et au mana de vos personnages sous peine de perdre assez vite. D’ailleurs, le jeu vous proposera des contraintes – facultatives – pour finir les donjons : utiliser moins de trois potions, ne pas utiliser de capacité, explorer entièrement le niveau, etc. Si vous réussissez à compléter les trois contraintes d’un lieu, vous débloquerez alors un mode alternatif pour le donjon concerné appelé mode héroïque. Celui-ci ajoutera aux zones préconçues un zeste d’aléatoire en changeant la place des combats mais aussi des pièges, portes, événements et autres obstacles et en vous proposant, à condition de trouver la clé, de vider à nouveau le coffre de fin de donjon – et ce encore et encore, puisque vous pouvez refaire les donjons en mode héroïque autant de fois qu’il vous sied.

Dungeon Rushers propose donc une campagne solo d’une quinzaine d’heures certes classique, mais efficace. Ceci étant dit, des « petits » jeux indépendants usant de mécaniques issues du dungeon-crawler et du roguelike en versions allégées, ce n’est pas ce qui manque sur Steam. La particularité de ce titre est donc à chercher dans son multijoueur : si le système de jeu ne change pas – et que vous gardez par ailleurs vos personnages et votre équipement –, l’éditeur vous permettra d’exprimer votre côté sadique. La prise en main est naturelle et les options sont variées. D’ailleurs, il me faut avouer que je prends personnellement plus de plaisir à créer des donjons qu’à en vider.

 

  

 

À noter qu’il existe deux types de donjons créés par les joueurs : celui qui est lié à votre partie et qui répondra donc à des règles fixées par les développeurs – pas question ici de faire des labyrinthes sans fin dégoulinant de pièges et de créatures sans avoir au préalable augmenté ses points d’architectures – que l’on obtient en vidant des donjons multijoueur et qui vous permettent de débloquer de nouvelles possibilités. Chacun de ces donjons est donc lié à un compte utilisateur et, selon un système de matchmaking, vous pourrez depuis les menus du jeu affronter ceux des autres joueurs ayant plus ou moins votre niveau. Seconde catégorie, ceux mis en ligne via le workshop de Steam, qui n’impactent pas votre classement en ligne et qui ne répondent à aucune règle, sinon à celles que se fixent les joueurs.

 

Dungeon Rushers est donc un titre n’ayant rien de révolutionnaire et s’appuyant sur des mécaniques connues de tous. Malgré tout, le titre des Français de Goblinz Studio est simple sans être simpliste et pourra vous proposer une expérience sympathique, surtout si vous aimez créer des donjons et tenter de vider ceux d’autres joueurs – la communauté étant par ailleurs assez active. Attention cela dit, le titre peut très vite se montrer répétitif et est donc déconseillé à tous ceux qui s’ennuient (trop) vite sur les portes-monstres-trésors. Si au contraire la proposition vous intéresse, n'hésitez pas à y jeter un coup d'œil.

 

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Commentaires (2)

#2

van25fr
Citoyen

Un titre qui me plait assez.
Merci de cette découverte.

Je suis allé regarder pour me le prendre mais il possède deux DRM (Steam et connexion internet obligatoire).
Je l'attends sur GOG pour me le prendre.

Message édité pour la dernière fois le : 04/10/2016 à 14:03

#3

Iosword
Grand chevalier

Je pense, malheureusement, que le jeu n'arrivera pas sur GOG, même si ce n'est qu'une supposition. Le multijoueur est la feature clé du titre, celle qui la démarque de la concurrence, et les outils Steam (dont le workshop) sont très importants pour le fonctionnement de ce dit multijoueur.

Message édité pour la dernière fois le : 05/10/2016 à 00:30





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