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Lundi de l'indie #43 : Reigns

par Iosword 26 Sep 2016 10:00 5

Système de numération en base 2 ayant de nombreux usages en mathématiques, le terme binaire n’en reste pas moins effrayant pour le rôliste qui aime avoir le choix. Non pas que ce soit une mauvaise chose en soi, mais son usage se résume trop souvent à accepter ou non une quête, à être bon ou chaotique, conciliant ou pragmatique. En un mot, à limiter le prisme des possibilités avec deux choix souvent tranchés et sans aucune demi-mesure. Pour autant, nous ne pouvons condamner la binarité, même si rares sont les titres réussissant à s’en servir avec brio, et aujourd’hui je vais vous parler d’un jeu textuel ayant décidé de tout miser sur ces choix à deux faces.

 

Reigns, sorti le 11 août dernier sur Steam, iOS et Android au petit prix de trois euros, est un jeu textuel au concept à priori simpliste : le joueur incarne un roi et doit donc prendre des décisions pour le bien de son royaume, ainsi que pour essayer de rester sur le trône aussi longtemps que possible. Vous êtes donc confronté à diverses situations et vous devrez effectuer des choix binaires en glissant des cartes vers la droite ou la gauche. Des choix binaires certes, mais bien plus complexes qu’ils n'en ont l’air. Votre roi, ou plus exactement votre dynastie puisque une partie complète s’étend sur quatorze siècles, tout monarque absolu qu’il soit doit faire attention aux quatre variables de son royaume (Argent, Armée, Église et Peuple), celles-ci ne doivent jamais chuter à zéro et ne doivent pas non plus arriver à leur maximum.

 

  

 

Pour prendre un exemple, si vos armées sont trop faibles, vous mourrez en tentant de combattre l’envahisseur avec vos quelques soldats restant, à l’inverse, si vos généraux disposent de trop de pouvoir, ils provoqueront un coup d’État. La demi-mesure est donc une chose essentielle et permet la difficulté, en effet si vous apprendrez à connaître les effets des différents événements – certains d’entre eux revenant très souvent –, l’enchaînement de ceux-ci reste soumis à un aléatoire qui ne sera pas tendre avec le joueur. Pour éviter de devenir trop vite redondant, votre deck de cartes (à comprendre d’événements) s’enrichira au fur et à mesure de vos rencontres avec divers personnages, comme le docteur – quoique ce dernier se rapproche plus d’un savant fou que d’un médecin –, le voyant ou encore le peintre, mais le jeu s’enrichira aussi avec le temps.

Reigns se déroule, comme dit plus haut, sur quatorze siècles et si l’univers du jeu semble être coincé dans une sorte de Moyen Âge – des Vikings pilleront vos côtes à l’aube du second millénaire après J.C. –, vous débloquerez des possibilités comme les croisades, la colonisation de l’Amérique ou encore la peopolisation de votre personne. Ces situations, en plus de rajouter des cartes, auront un impact direct sur les trois factions du jeu, et ce dans la durée. Ainsi lancer une croisade vous permettra de remplir peu à peu vos coffres, mais cela se fera aux dépends du peuple. En outre, votre royaume pourra être frappé par des catastrophes, comme la Peste Noire. Heureusement, vous pourrez vous prémunir de telles choses en construisant certains bâtiments, comme au hasard un hôpital, qui aura alors une durée d’effet déterminée – si vous mourez avant que celui-ci soit désaffecté, votre dirigeant suivant en profitera. Et votre personnage lui-même sera soumis à des malédictions ou bénédictions pouvant radicalement changer votre manière de jouer.

Reigns c’est aussi une histoire de malédiction, votre dynastie ayant passé un pacte avec le diable, et donc de trame principale. Celle-ci, assez obscure et abscons lors d’un premier run, offre un objectif clair et encourage le joueur à continuer après avoir perdu sa première partie – puisque je suppose que vous la perdrez. D’autres trames secondaires vous suivront tout au long de la partie ; notons aussi que vos décisions, même mineures, peuvent avoir des conséquences sur vos descendants. Désireux de faire varier son gameplay, le titre vous proposera des sortes de mini-jeux et vous emmènera même dans les froids recoins d’un donjon. L’occasion donc d’aborder son système de combat, fonctionnant lui aussi avec des décisions binaires, qui ne sont pas sans rappeler les dialogues d’insultes de la série Monkey Island. Pour faire simple, vous devrez éviter de vous faire toucher par l’adversaire tout en essayant de le toucher, un système encore une fois simpliste mais qui fonctionne à merveille.

 

  

 

Le jeu de Nerial est, avant toute chose, pensé pour les plateformes mobiles : les sessions sont courtes, les graphismes minimalistes et le gameplay pensé pour le tactile, et si je ne doute pas de son usage dans les transports en commun, il reste parfaitement jouable sur PC avec un bon casque. En effet, la bande son dynamique du jeu est un plaisir à écouter – bien que les mélodies deviennent répétitives sur la longueur – et la plastique du titre, aussi minimaliste soit-elle, est maîtrisée et agréable à l'œil. Notons aussi que le jeu est disponible en anglais et en français.

 

Jeu mobile minimaliste, Reigns a, au premier regard, tout du jeu simpliste trop vite répétitif. Pourtant, et même si vous n’y jouerez probablement pas des centaines d’heures durant, le concept est parfaitement maîtrisé et intelligent. Derrière la binarité se cache une réelle profondeur de jeu et une expérience atypique ; Reigns est, en quelque sorte, ce que nous aurions aimé que Fable III soit dans sa seconde moitié. De fait, je ne peux que vous conseiller d’essayer ce jeu textuel qui, s’il vous plaît autant que moi, vous occupera pendant une petite dizaine d’heures.

 

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Commentaires (5)

#2

ninheve
Grand chevalier

J'hésitais à le prendre sur ma tablette, là c'est sur je me le prends ! ca a l'air assez bien foutu pour les longs transports en commun. J'espère juste que sur android une connexion constante n'est pas nécessaire.
#3

skoeldpadda
Garde royal

Elle n'est pas nécessaire, Nini, tu peux y aller
#4

ninheve
Grand chevalier

chouette!
#5

Geralt
Seigneur

Merci pour cette présentation Iosword ! J'ai vu du gameplay et je dois dire qu'il me tentait bien... Alors avec sa sortie récente sur gog, je ne vais pas hésiter.
#6

ninheve
Grand chevalier

Comme le disais un certain personnage 'sire on en a gros! et ca résume assez bien les plaintes continuelles de mes sujets :p
Je l'ai pris sur android, salement addictif ce machin. Mon règne le plus long...18 ans, le plus court 2 ans!
Le jeu arrive a me surprendre et mes voisins dans le RER doivent bien se demande ce qui me fait sourire bêtement.
Parmi les personnages que l'on peut croiser, le peintre vient de me tomber dessus dans ma dernière partie, heureusement, il ne m'en veut pas trop de ne pas l'avoir pris comme amant , mais je m'attends à quelques surprises de sa part. Je pense qu'il y a encore pas mal de personnages plus surprenant les uns que les autres à découvrir.
Bref, c'est plein de coups tordus et plus surprenant les uns que les autres...
Je n'ai pas encore réussi à survivre à la sénilité le temps imparti, mais j'y arriverai la prochaine fois que ca me tombera dessus...je les aurais.

En tous les cas bravo à ce petit jeu, simplissime dans sa présentation mais finalement plutôt malin et équilibré, assurant des parties sympatoches et pour l'instant pas redondantes.






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