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[GC2016] Preview : The Guild 3

par Iosword 30 Aoû 2016 13:30 17

Nombreux sont les termes galvaudés par le marketing et l’ère indépendante, et le mot "hybride" est de ceux-là. Les codes du médium jeu vidéo n’ont jamais été inébranlables, et depuis ses débuts ceux-ci sont prétextes aux expériences. Certaines d’entre elles ont su révolutionner le média et lui offrir quelques-unes de ses plus belles lettres de noblesse. Ainsi, aussi éloigné qu’il soit de la vision originelle de Warren Spector, Deus Ex a su marquer son temps en n'inventant que peu de choses, mais en poussant à son paroxysme l’hybridation des genres. Malheureusement, ces cas-là sont rares et souvent les mélanges ne servent qu’à se démarquer de la concurrence, à ne pas refaire exactement le même Binding of Isaac par exemple. De fait, le rôliste regarde souvent d’un mauvais œil ces alliages au premier abord exotiques, mais souvent creux et, à l’heure des tags Steam vides de sens, le RPG a l’air de perdre sa substance.

 

Pourtant, l’hybridation peut être une bonne chose, cela permet de donner vie à des titres atypiques. Tout imparfaits et bancals qu’ils soient, les jeux de la licence The Guild sont de ceux-là. Une licence peu connue qui, en proposant un cocktail improbable entre simulation, gestion et jeu de rôle, a su créer une expérience unique qui, à ma connaissance, n’a jamais créé d’émules. The Guild c’est en quelque sorte une simulation de vie médiévale réussie ; loin des Sims et de son côté « maison de poupée », The Guild nous invite à incarner le chef d’une dynastie naissante et à la faire grandir. Simple prolétaire sans le sou en début de partie, nous finirons maître d’une cité dont notre famille représente à elle seule le conseil municipal.

 

  

 

Notre auberge, jadis vide et dépendante des champs voisins, deviendra centre névralgique de la cité et la moitié des commerces seront nôtres. Il nous faudra gérer de la main-d’œuvre, obtenir au prix le plus bas des matières premières, améliorer nos bâtiments et en faire construire de nouveaux, s’enrichir et faire croître notre patrimoine. Tout n’étant pas affaire d’argent, le cœur devra parler pour séduire autrui, faire perpétuer notre dynastie et donner vie à des rejetons qu’il faudra eux aussi guider. Pour assurer l’avenir de notre famille, nous irons sans honte acheter des titres à la mairie pour faire bleuir notre sang, nous espionnerons nos concurrents et payerons des brutes pour saboter leurs biens. Parfois, avec tact et sang-froid, il faudra garder des relations cordiales, corrompre les haut placés et organiser de fastes fêtes pour tisser des liens. Un jour, quand nous aurons enfin gagné un siège au conseil, nous serons en mesure de réguler le commerce et modifier les lois locales, nous deviendrons juges ou bourreaux, et serons parfois accusés ou procureurs.  

Plus qu’un jeu pour mégalomane, et malgré de nombreux défauts, The Guild 2 permettait au joueur d’incarner, avec tout le roleplay nécessaire, des hères désireux de monter dans l’échelle sociale. Complet et parfois inutilement complexe, The Guild 2 était un jeu riche qui mériterait un long papier de louanges. Seulement le sujet du jour est The Guild 3 et, maintenant que les bases sont posées, il est temps de s’intéresser à cette suite. Première chose à savoir, 4HEAD Studios derrière les premiers opus de la licence n’est plus, liquidé en 2012 après avoir tenté de survivre à la disparition de JoWooD. Heureusement pour elle, la licence The Guild – et une grande partie des actifs et IPs de JoWooD – a été rachetée par THQ Nordic – anciennement Nordic Games. Alors que nous le pensions perdu, le projet est rebooté et refait surface en 2014 dans les mains de GolemLabs, un studio canadien.

Chez eux le credo est simple : The Guild 3 ne marquera en rien une révolution, mais se doit d’être une version améliorée de The Guild 2. Le mot améliorée n’étant pas ici péjoratif : plus stable, plus riche, plus profond, plus beau et plus varié, le titre promet beaucoup et pourrait bien être une excellente suite. Tout commence, comme le veut la coutume, avec une création de personnage. Vous choisissez un sexe, quelques traits physiques, une profession – ou plus exactement un domaine de compétence –, vous attribuez quelques points dans divers talents (constitution, agilité, charisme, rhétorique, arts martiaux, artisanat, etc.), un nom – et si cela n’a pas changé, une religion. Puis débute l’aventure, seul devant la petite bâtisse qui vous sert de maison.

 

  

 

C’est ici qu’intervient la première, et non des moindres, différence avec The Guild 2. De nombreuses mécaniques étaient disponibles dès le début et le joueur expérimenté n’avait plus à réfléchir, juste à exécuter une suite d’actions. Construire un commerce, laisser votre seul et malhabile employé s’occuper de la production, courir acheter un titre de citoyen, et traîner dans les rues à la recherche d’un(e) serf(ve) ayant la bonne profession et acceptant de se marier avec vous. Après quelques interactions et dialogues parfois étranges, partager un bain dans une auberge avec un inconnu rencontré il y a quelques heures, c’est peu commun. À l’inverse, le néophyte était perdu et ne savait que faire tant les possibilités étaient nombreuses.

Cette profondeur de gameplay, bien que réelle, créait des débuts répétitifs et peu accessibles. Dans ce troisième opus, la courbe de progression – et, par là même, de difficulté – devrait être lissée. Par exemple, plus question de gérer un commerce sans avoir l’allure d’un patron. Au début, c’est notre maisonnée qui nous servira de lieu de travail, le temps d’améliorer quelques compétences et d’apprendre à créer les ressources qu’il nous faut. Même chose du côté des mariages : ceux-ci étaient un moyen facile de s’assurer main-d’œuvre et descendance, désormais ils sont un outil politique et nous ne pouvons nous marier qu’avec les membres d’autres dynasties. Pour le joueur un peu lent, l’absence d’héritier ne signifiera plus la fin de la partie : moyennant quelques dons, l’Église pourra vous confier un orphelin. Pour finir, cette suite devrait se montrer plus narrative et proposera des scénarios originaux basés sur le contexte historique européen – via douze cartes.

Se voulant plus plaisant sur la durée, l’équilibrage du titre a été revu. Si les professions dépendent de classes liées à nos personnages – quand nous les créons ou en éduquant les enfants en jeu –, celles-ci ne sont plus totalement ouvertes et proposent un arbre de compétences plus clair et plus vaste. Un bijoutier et un gérant d’atelier de métallurgie devraient donc se démarquer ; dans le même ordre d’idée, le bandit tel qu’on le connaissait n’est plus. Outre le banditisme, le sabotage et l’espionnage, c’est aussi un domaine d’art du cirque et arts manuels. Certains ont même disparu, ainsi il ne sera plus possible d’incarner un homme d’Église qui s’enrichit sur le dos de sa paroisse en vendant de l’eau bénite et des hosties. Les métiers seront plus variés et cohérents, la gestion d’entreprise plus poussée, et les employés seront enfin un peu plus qu'un simple moyen de production que l’on peut booster avec de beaux discours.

 

  

 

La franc-maçonnerie et ses complots seront de la partie, ainsi que de nombreuses autres guildes et sociétés secrètes qui proposeront compétences spéciales et scénarios. La politique ne se résume pas à cela puisque les conseils municipaux, tribunaux, achats de titre et élections existent toujours. L’administration n’est juste plus la seule voie et les moyens d’influence seront variés, et désormais chaque élu est juge de son propre domaine : le capitaine de la garde gère les crimes et le trésorier s’occupe des délits économiques. Pour les développeurs, la plus grande difficulté du projet est l’IA : celle-ci se doit d’être plus cohérente et de savoir réagir moins binairement aux situations. D’autant plus les mariages entre dynasties étant obligatoires, la diplomatie aura une place centrale. De fait, les dynasties IA commencent la partie à des stades variés et certaines seront aussi démunies que vous.

Dernier défi pour GolemLabs, la technique. Bien qu’il existe des spin-off, le dernier opus numéroté fêtera ses dix ans en fin septembre, le moteur a changé et le titre doit se remettre à jour graphiquement. Plus que sa plastique, The Guild 3 promet d’offrir un cycle jour/nuit repensé et réellement dynamique ainsi que des saisons ayant des influences sur les industries locales. Le vrai problème technique est la stabilité, en solo et en multijoueur. Les précédents opus proposaient déjà du multijoueur, et si cela fonctionnait en théorie, en pratique cela plantait régulièrement et les parties duraient moins d’une heure, si elles commençaient. Certaines promesses demandent des sacrifices, la taille de la carte en est une : plus détaillée, fourmillant d’interactions et de vie, les maps de The Guild 3 seront jusqu’à seize fois plus grandes et, pour que cela soit possible, les intérieurs ne seront plus de la partie.

 

  

 

Ou plus exactement, ils ne seront plus systématiques puisque certains lieux proposeront toujours des scénettes, quand d’autres présenteront des écrans fixes et des onglets d’interface. Pour finir, comme tout jeu PC qui se respecte, un éditeur de niveau sera de la partie pour permettre au joueur de créer cartes et scénarios, pour soi ou pour les partager sur le workshop de Steam.

 

La comparaison est revenue souvent, The Guild 2 était un jeu perfectible qui offrait une expérience atypique, un hybride qui était plus qu’un jeu de gestion ou une simulation un peu vide. Mélange de systèmes de jeu parfois absurdes, il étonnait et a ravi une fanbase. Dix ans ont passé et The Guid 3 doit reprendre le flambeau. S’il se décrit comme une suite améliorée sur tous les plans, ce n’est pas une simple copie remise au goût du jour. The Guild 3 sera, si les promesses sont tenues, un excellent titre, plus profond et stable, mais aussi plus accueillant. Peut-être même un jeu pouvant concilier fans nostalgiques aimant les comparaisons et nouveaux joueurs curieux.

Commentaires (17)

#2

troOn
Citoyen

En voilà une bonne nouvelle, j'ai joué quelques temps à Guild 2 et l'interface vieillissante, les graphismes datés, le manque d'ergonomie et des engrenages poussifs ont eu raison de mon plaisir, c'est dommage parce qu'il a un potentiel fou ce jeu. Cette suite qui n'en est pas une me parait très alléchante. Et la possibilité d'améliorer encore le jeu par la suite via les mods du Steam Workshop, c'est la cerise sur le gâteau, il y avait bien des mods existants créés par les fans, mais finalement rien de bien grandiose, si c'est pensé dès le départ on risque de voir fleurir des chefs d'oeuvre, d'autant qu'il y a une communauté très forte autour du jeu, encore aujourd'hui.
#3

Caldanath
Gobelin

Yessss, si ils font à minima une version identique au 2 mais complètement stable en multi et en solo, je les embrasse.


Par contre je suis très triste de l'abandon des intérieurs
#4

Pyramidas
Citoyen

La franc-maçonnerie et ses complots seront de la partie, ainsi que de nombreuses autres guildes et sociétés secrètes qui proposeront compétences spéciales et scénarios.


La franc maçonnerie n'existait pas au moyen-âge... cette dernière se disant héritière des templiers... J'en doute fortement mais j'ai bien une idée sur une transition; C'est à la chute de l'ordre du temple que tout commence. Les survivants du massacre, notamment la marine de l'ordre, ne pouvant plus utiliser le pavillon templier se mirent à utiliser l’emblème de la liberté, le fameux Joly Roger des pirates... Un pavillon qui porte le surnom de Roger II de Sicile, le dernier grand commandeur de la marine de l'ordre du Temple... Vient ensuite une longue guerre entre empires et pirates sur les routes commerciales connues et inconnues. Les guildes pirates avaient pour objectif d'accumuler assez de richesses pour programmer et financer les révolutions à venir...

Message édité pour la dernière fois le : 30/08/2016 à 14:39

#5

Iosword
Grand chevalier

@Pyramidas : Ne m'interessant en rien au sujet, je ne sais pas si la franc-maconnerie existait réellement au Moyen-Age - et comme je ne m'interesse vraiment pas au sujet, je n'en ai cure. En revanche, elle sera présente dans le jeu qui, rappellons le, est tout sauf historique même si il y a un vague contexte.

En voilà une bonne nouvelle, j'ai joué quelques temps à Guild 2 et l'interface vieillissante, les graphismes datés, le manque d'ergonomie et des engrenages poussifs ont eu raison de mon plaisir, c'est dommage parce qu'il a un potentiel fou ce jeu.

Quand tu l'as découvert à l'époque c'était un vrai plaisir, aussi perfectible soit-il.
#6

Pyramidas
Citoyen

Les sociétés secrètes et initiatiques font parties de l'histoire... Peut-être même qu'elles l'ont écrite... mieux vaut s'en intéresser que de les ignorer afin de mieux comprendre notre environnement socio-économique...

Pour faire simple; la vie est un gigantesque jeu vidéo... Jouer ou être joué, là est la question...
#7

Caldanath
Gobelin

Les The Guild se déroulent au 15éme siècle, soit environ entre 1400 et 1500 ap.JC. C'était le siècle de la transition entre le Moyen-âge et la Renaissance.

Et à cette époque cela fait bien longtemps que les grandes croisades sont terminées, et les templiers détruits.

Donc il est à peu près plausible d'y ajouter cette organisation secrète, d'autant plus que ses véritables origines sont encore très floues.
#8

Baalka
Grand chevalier

Par contre je suis très triste de l'abandon des intérieurs


J'ai réagi pareillement, mais j'me suis dit que c'est pas très raisonnbale vu tout ce qu'ils promettent d'ajouter.

Notons également qu'ils ont annoncé durant la Gamescom reporter le jeu au "premier trimestre de 2017".
#9

Kekona
Garde

Il y a des prémices avec la Maçonnerie opérative et son manuscrit Regius avant même 1400. Au pire, rien de délirant dans le contexte du jeu.
Les scénarios sont alléchants ! Prague, Augsbourg, Londres, Hambourg. Curieux de voir quelle latitude sera laissée sur les crimes et les délits, un boulanger qui recompose le conseil municipal à coups de gâteau façon Hélène Jégado, je prends .
Je note la présence d'xp pour le développement des compétences, c'était équilibré sur le 2 ?
#10

Iosword
Grand chevalier

Je note la présence d'xp pour le développement des compétences, c'était équilibré sur le 2 ?

Oui, tu continue en effet de gagner de l'expérience, passe des niveaux et choisi talent et trait, et comme l'expérience est rare c'était plutôt équilibré.

Je pense que le système sera assez différent dans cet opus, puisque le système a été revu et que, outre les améliorations de bâtiments et les talents et statistiques de nos personnages, il y aura cette fois un arbre de compétences.
#11

oAmyoAmyo
Noble

Mon grain n'est pas pourri!
Bon sang, je l'attends de pied ferme celui ci! Un poil déçu en revanche de ne "jouer" plus qu'un seul personnage. Avant on pouvait rp avec son main et rp avec la le conjoint et l'enfant différemment, ça risque de ne plus être le cas.

Tant qu'on peut encore devenir milliardaire dans le hareng....
#12

Caldanath
Gobelin

Mon grain n'est pas pourri!


Les coquilles normalement je les signale par mp, mais celle là elle est vraiment trop belle
nous irons sans honte acheter des titres à la marie

"Hé boudiou la Marie, t'es pas entrain de traire les vaches, te vla des idées de grandeurs ?"

édit : et du coup merci, car ça m'a fait marrer (oui, je suis con il m'en faut peu ^^) et ça m'a aidé à me détendre, j'étais encore sur les nerfs après mon pétage de plomb, mais là c'est retombé

Message édité pour la dernière fois le : 30/08/2016 à 21:16

#14

Simonosaurus
Noble

Aïe ! Bon, tant que ce n'est pas une horreur du genre "si j'aurais su"... l'honneur est sauf. Enfin j'imagine.
Merci pour le retour !
#15

Baalka
Grand chevalier

Tu m'as bien fait rire aussi
#16

troOn
Citoyen


En voilà une bonne nouvelle, j'ai joué quelques temps à Guild 2 et l'interface vieillissante, les graphismes datés, le manque d'ergonomie et des engrenages poussifs ont eu raison de mon plaisir, c'est dommage parce qu'il a un potentiel fou ce jeu.

Quand tu l'as découvert à l'époque c'était un vrai plaisir, aussi perfectible soit-il.


Non malheureusement je ne l'ai pas découvert à sa sortie, mais lors de soldes steam bien des années après :)
#17

Remontoir
Villageois

Je n'ai jamais reussi a rentrer dans cette serie qui m'a pourtant toujours intrigué.
La faute peut-être à des mécanismes qui paraissent un peu obscurs et qui peuvent vite décourager si on ne s'investit pas à fond.

Ce sera peut être l'occasion de se lancer dans le bain
#18

oAmyoAmyo
Noble

The Guild 2 est clairement à faire! Il faut se 'forcer' une heure ou deux, ou plutôt s'amuser à découvrir les possibilités sur une partie sandbox en mode crash test, mais ça vaut vraiment le détour!

Bon...sauf quand au bout de 10h de jeu, une de nos charrette se retrouve coincé dans le décor définitivement...!




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