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[GC2016] Preview : ELEX

par Iosword 06 Sep 2016 10:00 6

Pyranha Bytes est l’incarnation du vieux studio double A, celui qui existe depuis presque deux décennies, composé d’une vingtaine de développeurs, et qui semble avoir pris un rythme de croisière. Loin des studios, parfois éphémères, qui génèrent de la hype en prétendant réinventer le monde vidéoludique, le studio est constant et se base avant tout sur une formule. Une recette méticuleuse, commencée avec Gothic en 2001, qui n’a fait que s’étoffer depuis. Si nous devions nous fier à une liste de features, les jeux des studios n’auraient en 2016 rien de particulier : open world, RPG, factions, combat en temps réel, storyline, etc. Seulement, ce mélange-ci est si profondément allemand et marqué par les idées simulationnistes du pays en matière ludique, qu’il a réussi à attirer une niche. Le problème c’est qu’à force de routine la soupe perd de sa saveur, peine à se renouveler et à attirer ceux qui ont abandonné en cours de route.

 

Gothic 3 est un mastodonte, un de ceux que la nostalgie a transformés en chefs-d’œuvre et modèles à suivre, seulement la licence a mal fini et le quatrième opus, bien que jeu correct au demeurant, était une hérésie. Les développeurs de Pyranha Bytes sont persévérants et ont commencé à travailler sur Risen, une trilogie et suite spirituelle. Malgré un second opus ambitieux et dépaysant, cette trilogie n’a jamais réussi à égaler Gothic 3 dans le cœur de certains, et Elex, nouveau jeu devant sortir au second trimestre 2017, est peut-être la promesse d’un retour en grâce. Bien que le développement ne soit pas fini, c’est probablement la dernière fois que nous apercevons le titre sur un salon. Avant le jugement final, il est temps de comprendre ce qu’est Elex et ce qu’il souhaite proposer au joueur.

 

  

 

Science-fantasy, ce furent les premiers mots prononcés après les présentations d’usage. À comprendre, qu’au contraire d’une œuvre de science-fiction qui veut rendre crédible son univers, la science-fantasy, elle, vous demandera de suspendre votre incrédulité pour accepter des éléments fantaisistes – l’elex – dans un monde futuriste et post-apocalyptique – la planète Malagan. Avant le cataclysme, une civilisation avancée et nombreuse régnait sur ce monde et regardait vers les étoiles. Manque de chance, un météore tomba et anéantit une bonne partie de l’espèce humaine. Malagan est en ruine, les cités plus ou moins anciennes envahies de créatures – du raptor au mecha, en passant par le sanglier et les bestioles mutantes – et de rares survivants. Un beau bordel en somme, où des hommes des bois affronteront des fanatiques religieux aimant la technologie.

Reprenons, la météorite a apporté avec elle l'elex, une matière qui alimente les murs énergétiques des cités, les machines, qui sert de fioul et qui peut aussi être transformée en pur mana ou ingérée par des êtres vivants qui, si leurs émotions s'en retrouvent inhibées, obtiennent de puissants pouvoirs. En un mot, l'elex est précieux et est un objet de conflit – que se disputeront les quatre principales factions de l'univers. La thématique principale du jeu ne tournera pas (que) autour de cette ressource, puisqu'il y sera question de l'avenir de la planète. Elle qui est prise entre plusieurs feux, quel sera donc son avenir ? Grande question à laquelle le héros du jeu sera confronté. Ancien membre de l’Aube – une organisation vivant dans les montagnes et consommant de l’elex – nous nous retrouvons bloqué, loin des nôtres et de la précieuse ressource, si bien que nous éprouvons de nouveau des émotions. Nous avons été élevé dans la discipline et la logique, tel un soldat qui doit par sa force conquérir le monde, et écraser les faibles au passage. Nous avons toujours appris que tout nous revenait de droit, et nous voilà englouti dans un monde en réalité bien plus complexe.

Près de là où nous commençons le jeu, il y a les berserkers d’Edan. Derrière ce nom guerrier se cache un peuple vivant dans les bois, transformant l’elex en pur mana pour replanter la terre et donner sa chance à tous. Cela n’en fait pas des pacifistes, mais eux croient que l’elex peut reconstruire le monde. Bien plus loin, dans des terres volcaniques, il y a les Clercs d’Ignadon, les fanatiques religieux garants de la technologie : ils considèrent la consommation d’elex comme un péché et s’en servent uniquement pour alimenter leurs armes et machines. Pour eux, seule la technologie et le dieu Calaan peuvent (re)créer une civilisation avancée. Enfin, il y a ceux qui ont vu dans le météore une chance de liberté, ayant fait du wasteland leur terre : les Hors-la-loi de Tavar pensent que n’importe qui peut atteindre le haut de l’échelle, il suffit de se plier à cette vie, certes dangereuse, mais facile et gratifiante.
 

  

 

Jeu de Pyranha Bytes oblige, les factions sont plus que de simples trames narratives. Chacune est porteuse d'un dogme, d'une idéologie imparfaite et possède terres et pouvoir ; elles ne sont pas manichéennes et rarement blanches ou noires. Ce sont avant tout les organisations qu'il faudra rejoindre ou non, qui réagiront en même temps que le monde à vos actes et que vous allez, de fait, influencer. Comme le veut la coutume, jouer sur plusieurs tableaux nous sera impossible – ou en tout cas nous mènera vite à notre perte – et le joueur devra donc faire des choix, ainsi certaines quêtes ne seront plus accessibles ou ne se résoudront plus de la même manière. Certains lieux nous fermeront leurs portes, certains ennemis deviendront imbattables et vos compétences, et recettes de craft, dépendront aussi de ces factions. Et, même si ce n’est pas une des caractéristiques majeures du jeu, un peu de narration environnementale sera de la partie.

Car la plus grande promesse d’Elex, c’est son open world. Finies les petites îles de Risen, l’open world à l’ancienne est de retour, et avec lui quelques nouveautés. À première vue, c’est du classique, le level design à la Pyranha Bytes fait toujours son œuvre : il n’y a aucun temps de chargement, les biomes sont nombreux et tout ce qui attire notre regard peut être atteint. Plus que des logs audio ou des codes écrits sur des toits – véridique –, le monde semble être aussi vaste que cohérent, et l’idée d’enfin égaler Gothic 3 semble possible. Déserts, volcans, montagnes, forêts, ruines et autres : les lieux d’exploration semblent variés et les interactions encore plus nombreuses. La science fantasy servie par le titre est diverse, peut-être même trop, mais promet, si c’est réussi, un monde atypique sortant un peu le studio de sa zone de confort.

Un doute persiste. Le gameplay et la progression du personnage seront dans la lignée des précédents jeux, ce qui est pour moi une bonne chose, mais je ne peux pas en dire autant des combats. Au commencement, il y a le jetpack, un outil qui deviendra peut-être omniprésent et qui, à en croire les développeurs, sert autant l’exploration que les combats. En théorie, attaquer raptors et méchas depuis les airs me séduit, et si cela permet d’éviter les combats c’est une bonne chose, mais le système a l’air rigide. Comme toujours avec le studio. Elex proposera même des armes à feu, à plasma, des lances-roquettes, etc., tout cela aux côtés d’épées enflammées, d’arcs et de lances. Armes au corps à corps ou à distance, tout est un peu mou, et même si en réalité on s’y fera en jeu, c’est regrettable.

 

  

 

Dernier point, les développeurs veulent offrir avec Elex une courbe de difficulté lissée, permettant aux nouveaux joueurs d’entrer dans l’univers et de jouer sans se heurter tout de suite à un mur. À voir comment cela fonctionnera réellement en jeu, et si la formule du studio arrive réellement à se renouveler. Techniquement, la DA est honnête et sacrément classique ; même constat pour les environnements modélisés. Sans être beau, Elex n’est jamais laid, et le level design devrait offrir de jolis paysages.

 

Quand on aime la formule Pyranha Bytes, le doute n'est pas permis, cette nouvelle itération est alléchante et l'univers d'Elex charme sur plusieurs aspects. L'exploration tout d'abord, le monde semble grand et vaste et, tout perfectible qu'il soit, le level design du studio est inégalé quand il s'agit de RPG à la troisième personne. Les factions, au nombre de quatre, promettent aussi des trames passionnantes et, bien que manquant de panache, pleines de possibilités. Reste le cœur de la recette qui n'a pas changé, et des combats qui semblent encore une fois rigides. Il reste quelques mois avant qu'Elex ne sorte, quelques mois pour convaincre un public qui n'est pas encore séduit par la formule ou qui l'a lâchée en cours de route. Affaire à suivre.

Commentaires (6)

#2

Gelukpa
Garde

Loin des studios, parfois éphémères, qui génèrent de la hype en prétendant réinventer le monde vidéoludique


Hello games ?
#3

Caparzo
Seigneur

Mais non, tu es mauvaise langue !
#4

Marcheur
Seigneur



Hello games ?


Farewell Games désormais
J'espère qu'il y aura quand même du mieux pour les combats d'Elex, c'est quand même la loose, Risen était vraiment bien foutu là dessus, c'est agaçant de les voir régresser

Mais pour le reste, ils sont maîtres donc day one.
#5

zoe333
Novice

Vivement la sortie du jeu curieuse de voir le test.
#6

Nallitsac
Garde

Avec Elex, ce n'est plus trois mais quatre factions que nous propose Pyranha Bytes. Le progrès est en marche chers amis !
#7

Geralt
Seigneur

Elex sera dispo sur GOG, bonne nouvelle.

https://www.gog.com/game/elex




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