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Preview de Battle Brothers

par Leuffen 05 Mai 2015 10:00 8

Joueurs du dimanche et noctambules, une fois n'est pas coutume je vais vous inviter à sauter à pieds joints dans le sang et la tripaille. Comment cela, c'est ce que je fais à chaque ? Tut-tut, je ne vous parle pas cette fois-ci de quelques volées de pixels ou d'un peu de raisiné versé en l'honneur d'un quelconque dieu chtonien... mais plutôt de têtes coupées, de chevaliers se mettant joyeusement en pièces à coups d'épées bâtardes au milieu des râles d'agonie de leurs frères et du gloussement de la camarde.

Ceci, chers lecteurs, est en effet la preview de Battle Brothers. Pour les deux du fond près du radiateur, il s'agit d'un jeu développé par Overhype Studio et paru en état d'accès anticipé "english only" le 27 avril 2015. Attendu par certains comme le messie des tactical-RPG pour son univers mature où la moindre faute peut se révéler impardonnable, que vaut-il à présent que nous pouvons enfin poser nos patounes dessus ?

 

Avant toute chose, une précision : bien qu'il offre déjà en l'état tous les aspects d'un jeu terminé tant au niveau du contenant que du contenu, les développeurs de Battle Brothers ont pour l'instant annoncé qu'il resterait en l'état d'accès anticipé pour une période d'un an. Cela afin de pouvoir chasser efficacement les bugs, peaufiner l'équilibrage et ajouter du contenu en fonction du retour des joueurs – en sus de ce qu'ils ont déjà prévu : c'est-à-dire une histoire globale, des Personnages Non-Joueurs et non-combattants qui puissent vous rejoindre, des événements de chasse à l'équipement unique, une interface améliorée, une faction ennemie supplémentaire, de nouveaux types de terrains, davantage de types de backgrounds personnels... j'en passe et des meilleurs. Bref, si vous vous laissez tenter, n'hésitez donc pas à faire part de vos impressions sur leurs forums Steam ou autre.

La première chose que l'on remarque à propos de ce jeu est qu'il est caractérisé non pas par un scénario mais plutôt par une trame principale. Au milieu d'un univers médiéval-fantastique des plus rustiques mais convaincants, vous incarnez un soldat de métier qui après de nombreuses années de service auprès d'un noble décide de se mettre à son compte. Avec trois comparses et tout l'argent qu'il a pu récupérer, il fonde alors sa propre compagnie de mercenaires... et c'est tout. Quoi ? Vous vous attendiez vraiment à quelque chose d'épique, avec du drame, des trahisons, des amours impossibles ? Désolé, ce n'est pas le genre de la maison. Ici vous allez devoir gérer jusqu'à une douzaine de mercenaires crasseux, sans feu ni lieu, qui se battront jour après jour pour mériter leur paye et éviter de se retrouver les tripes à l'air au fond d'un fossé.

 

   

La naissance des pires raclures des terres humaines

 

Certains diront que c'est dommage, et peut-être que cet aspect de l'ensemble subira des modifications par la suite, mais honnêtement cela ne manque pas. La thématique de la survie au rythme de contrats variés dans un monde infesté par les bandits, les orcs et les mort-vivants colle avec l'aspect "réaliste" du jeu : une épée-louée n'a d'autre morale que celle de son employeur. Enfin quand je dis "épée", je me comprends : vous allez avoir accès à un remarquable panel d'outils de mort et de protection, aussi apprendre à gérer votre inventaire ainsi que celui de vos personnages va devenir votre priorité absolue. C'est que vous allez en ramasser, des dagues, des masses à une ou deux mains, des arcs, des arbalètes, des hallebardes, des lances, des haches et des épées dans le jardin d'Eden ! Rajoutez à cela les armures, les boucliers de diverses tailles et les casques, vous aurez alors un vague aperçu de la brocante ambulante que vous allez représenter... mais qu'est-ce que je dis ? J'allais oublier les ressources sans lesquelles votre groupe de mâtins de guerre manquerait de s'entre-déchirer tous les deux jours.

Elles sont au nombre de quatre : l'or, qui sert entre autres à payer quotidiennement le salaire des personnages ; les outils, qui permettent de réparer automatiquement et progressivement toute pièce d'équipement endommagée ; les herbes médicinales, qui permettent de soigner à la même fréquence les blessés ; la nourriture, qui elle aussi est consommée au jour le jour. L'ennui – ou l'avantage, ça dépend du point de vue –, c'est que le processus opère sans vous demander votre avis, recousant par exemple indifféremment les agonisants ou les égratignés au même rythme. Certes, la chose pourra vous paraître aberrante lorsque deux de vos combattants seront en train de se vider de leur sang par tous les orifices, mais cela constitue en réalité un mécanisme de jeu rendant la gestion moins contraignante.

 

   

Les bras à louer ne manquent jamais

 

Peu contraignante également, l'exploration du monde se fait en temps réel et surtout au rythme d'un cycle jour/nuit. Vos déplacements se font donc sur une carte générale, vaste et très boisée, où sont placés les villes ou villages dont votre personnage a déjà connaissance. Ceux-ci sont reliés à des routes de terre facilitant les déplacements – le jeu symbolise vos difficultés à traverser des bois ou des montagnes en faisant proportionnellement ralentir votre avancée –, mais vous découvrirez bien d'autres lieux en sortant des sentiers battus ou en acceptant des contrats.

Chaque fois que vous entrez dans un lieu civilisé, on vous donne en effet l'accès à trois services en fonction de la réputation des lieux – il est évident qu'un château fort aura davantage à proposer qu'un bled paumé au milieu d'un pré à vaches – et de l'horaire : un marchand, un lot de mercenaires recrutables d'une qualité variable, ainsi qu'entre une et trois propositions d'emploi. En l'état, il peut s'agir d'explorer un coin de la carte, de raser un endroit ou d'escorter une caravane... bien que dans le dernier cas vous n'ayez besoin d'aucune excuse pour en attaquer une, à condition d'être prêt à endurer le courroux des milices locales que vous pourrez voir patrouiller de temps en temps.

En dehors de son univers médiéval réaliste, le principal point fort de Battle Brothers demeure son système de combat. Le première chose à savoir à ce sujet est le fait que tous les personnages sont capables de s'équiper de ce qu'ils veulent et en particulier de deux sets d'armes. Selon son type, une arme ou un bouclier apportera au combattant une ou plusieurs compétences. Par exemple, un écu peut vous permettre de vous protéger ET de repousser un adversaire en lui en foutant un bon coup sur le groin, tandis qu'une bonne vieille hallebarde des familles vous donnera la possibilité d'attirer des ennemis comme de les larder à mi-distance. Ensuite, rien ne vous empêche de manier à deux mains un engin de mort censé se manier à une seule, cela donne toujours des résultats intéressants.

Pour ce qui est de l'utilisation de l'arc et de l'arbalète, veuillez noter que si les deux n'ont pas la même efficacité ou portée, ils nécessitent à la fois une ligne de vue dégagée et un certain talent de tireur : vous serez en effet heureux de ne faire que rater votre cible si votre projectile déraille, plutôt que de le voir s'enfoncer dans l'homoplate de l'un de vos soudards engagé dans un corps-à-corps furieux avec votre cible. Ajoutez à cela la nécessité d'avoir un carquois encore suffisamment garni – dix flèches ou carreaux étant la limite par combat – et l'impossibilité d'utiliser de telles armes au contact, et vous comprendrez à quel point celles-ci doivent être utilisées avec économie et intelligence.

 

   

À vous de faire de vos gus des bêtes de guerre

 

Le second détail à s'enfoncer au plus vite dans le crâne concerne l'armure. Divisée en deux catégories – tête et torse – et d'une épaisseur variable selon sa qualité, elle permet de diminuer lourdement voire d'annuler complètement les dégâts reçus au détriment de sa durabilité. Ainsi, il n'est pas rare de devoir faire voler en copeaux une armure de mailles avant de pouvoir tailler dans le vif du chevalier dissimulé en dessous. De fait, le port du casque demeure fortement recommandé, car même si la possibilité de recevoir un coup à l'occiput se résume à un lancer de dés réussi, le résultat n'en est que plus dévastateur. Cependant, vous aurez deviné qu'être revêtu entièrement de plaques d'acier aura un impact certain sur votre mobilité et votre endurance. Enfin, quitte à me répéter, gardez à l'esprit que les dégâts infligés à votre équipement mettront du temps à être réparés, et qu'enchaîner les affrontements impliquera souvent d'initier le suivant avec une armure en charpie. À vous de bien calculer votre coup.

Qu'ajouter, sinon que les combats se déroulent en tour par tour selon l'initiative de chacun, que les attaques d'opportunité sont de la partie pour les petits malins qui essayeraient de s'adonner aux joies des tactiques de harcèlement, que le nombre de manoeuvres possible par tour est limité par une quantité de Points d'Action et qu'une barre de fatigue finira par prélever son dû sur ceux qui présument trop de leurs forces ?

Ma foi, peut-être du fait qu'une partie du côté tactique des affrontements tourne autour des "traits" de vos personnages ? En effet, vous allez rapidement vous apercevoir qu'à défaut d'avoir un background très travaillé – générateur aléatoire oblige –, chacun d'entre eux se paye se luxe d'un passé assez spécifique qui peut aller du mendiant au noble déchu, en passant par le chasseur ou le flagellant, ce qui lui confère des modifications de statistique assez logiques. Quoi de plus normal qu'un ancien mineur ait le souffle court mais soit plus résilient qu'un taureau dans une arène madrilène ? De même, vos combattants rejoindront vos rangs nantis de bonus ou de malus avec lesquels il faudra apprendre à composer et qui aident grandement à l'immersion.

 

   

Parfois, la défaite tient à peu de choses, comme la visibilité

 

Enfin, abordons la question du moral. Si bien payés et nourris qu'ils soient, vos chiens de guerre éprouveront parfois quelques doutes existentiels en pleine bataille après avoir vu la tête de leur frère de bataille s'envoler en une jolie arabesque dessinée par un arc-en-ciel pourpre. Vous les verrez alors tenter de hisser littéralement le drapeau blanc, ce qui provoquera chez eux une baisse de statistiques visible et une certaine propension à la couardise. Remarquez, la même chose vaut pour l'ennemi, et je ne connais que peu de choses plus gratifiantes que de voir un reître en déroute tenter de trouver son salut dans la fuite et essuyer pas moins de trois attaques d'opportunité. Essayez néanmoins de ne pas trop compter dessus, car comme pour pas mal de choses dans ce jeu, ce genre d'incident dépend pour beaucoup de la chance... et surtout que l'I.A. se montre trop retorse pour que la moindre erreur soit pardonnable. À noter néanmoins que ce jeu demeure moins punitif qu'un Darkest Dungeon puisqu'il est possible de sauvegarder n'importe quand en dehors des combats.

D'un point de vue esthétique, en l'état le jeu ne manque pas de cachet : les décors sont beaux quoiqu'un peu vides, les musiques sont un ravissement dans le style médiéval... mais le véritable régal provient de la personnalisation des personnages. Bon, ce terme est sans doute un peu exagéré, mais le générateur aléatoire de recrue fait quand même du bon boulot pour proposer des profils à la fois variés et équilibrés – en général, un combattant au fort potentiel aura un surnom de tueur et un prix élevé –, nantis de surcroît de trognes de mangeurs de bébés. Ensuite, il est en l'état impossible de les personnaliser physiquement, mais vous pouvez tout de même les renommer et les équiper comme vous le souhaitez.  

 

   

Parfois, vous ne verrez vos ennemis qu'une fois le nez dessus

 

Je souhaiterais également décerner un coup de chapeau pour ce qui est des bruitages et de l'ambiance sonore. C'est bien simple, je n'ai pas d'adjectif suffisamment élogieux pour qualifier les cris de rage ou d'agonie, le son des impacts ou même le sifflement des projectiles dans les airs qui permettent une excellente immersion... malgré le fait que tous les personnages soient représentés en buste et que leurs animations soient réduites au strict minimum. Ajoutez à cela le fait que vous VOYEZ distinctement les armures de vos combattants partir progressivement en lambeaux tandis qu'eux-mêmes se couvrent d'hématomes, et vous aurez des combats d'un dynamisme à toute épreuve.

 

Au final, s'agit-il d'un bon ou d'un mauvais jeu ? Disons qu'en l'état actuel des choses, Battle Brothers apparaît comme déjà très complet. Certes, nous n'avons pas droit à un vrai scénario et l'ensemble peut sembler un brin répétitif, mais l'univers ainsi que les défis tactiques proposés par Overhype Studio sont tout ce qu'il y a de plus enthousiasmant. On ressent chaque impact, chaque décision, chaque cicatrice de nos personnages... et même si aucun de ceux-ci ne paraît sortir du lot à première vue, on nous donne les outils nécessaires pour imaginer par nous-même leur background tout en forgeant leurs futurs faits d'arme. Bref, tout cela constitue un excellent ferment pour un titre d'exception.

Puissiez-vous y trouver votre Carthage.

 

Commentaires (8)

#2

Armancia
Chevalier

L'article me donne envie de l'acquérir. Je verrai quand j'aurai un emploi du temps moins chargé .

Par contre sellsword traduit en épée-louée, je sais bien que c'était une accroche pour lancer la suite, mais les aïeux ont été tellement inventifs pour évoquer le nom de mercenaires ( Bandouliers, Brabancons, Cotereaux, Hennuyers, Mainades, Paillers, Ravisseurs, Routiers, Triaverdins etc..) chaque guerre ayant eux les siens, et j'ai enlevé tous les régionaux, je trouve cet accroc dommage.

Oui je chipote, mais on est sur un site de C-Rpg !

Message édité pour la dernière fois le : 05/05/2015 à 12:43

#3

AbounI
Grand gobelin

Merci pour cette preview Leuffen.Battle Bro est dans mon carnet de route a emprunter, mais seulement quand une option de full support hors Steam sera en place
#4

Iosword
Grand chevalier

Dans les fait AbounI, sur le site des développeurs, tu peux désormais acheter le jeu en donnant, en plus des 19$ demandés, la somme que tu veux. Après, en effet, sur steam tu n'aura que l'édition de base et donc pas les bonus - même s'ils cherchent une solution - mais le soutien au développeur, lui, est bien présent.

Apparemment leur problème vient d'humble bundle qui ne veux vendre plusieurs édition d'un jeu en EA.

Au passage, le jeu est très sympathique. J'attends tout de même la trame principale pour donner des forts enjeux et les événements aléatoires pour dynamiser le tout. Mais en l'état, j'arrive tout de même à m'amuser sans que cela soit trop répétitif.

Message édité pour la dernière fois le : 06/05/2015 à 14:56

#5

Chinaski
Grand chevalier

Alors, alors, qu'es-ce qu'il vaut ce "petit" tactical ? Ma foi, la preview donne envie...
#6

DAlth
Garde royal

Rhaaaa....

Désolé pour cette réplique rolistiquement faible mais je suis sous le coup de l'émotion.
Vivement la sortie officielle.
#7

Armancia
Chevalier

Pour se faire une idée il y a une demo fort sympathique uniquement des combats, elle est un peu ancienne et RPGF l'a déjà présenté dans mes souvenirs), mais ça permet de se faire une idée sur les mécaniques avant l'achat en EA.

http://battlebrothersgame.com/downloads/
#8

AbounI
Grand gobelin

Dans les fait AbounI, sur le site des développeurs, tu peux désormais acheter le jeu en donnant, en plus des 19$ demandés, la somme que tu veux. Après, en effet, sur steam tu n'aura que l'édition de base et donc pas les bonus - même s'ils cherchent une solution - mais le soutien au développeur, lui, est bien présent.

Apparemment leur problème vient d'humble bundle qui ne veux vendre plusieurs édition d'un jeu en EA.



ben, pour le moment, ces solutions ne me satisfont pas.Je souhaite supporter pleinement Overhype, directement sur leur site, avec en contrepartie les bonus qui vont avec.Sachant que passer par Steam, est pour le moment obligatoire au regard de des "bonus".C'est cet "obligatoire" qui me gêne.Donc, j'attends le temps qu'il faudra.



#9

Chinaski
Grand chevalier

@Armancia, merci pour le lien.




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