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Lundi de l'indie #41 : Rollers of the Realm

par Leuffen 09 Mar 2015 10:00 5

Joueurs du dimanche et noctambules, vous n'êtes pas sans savoir grâce aux billets de notre président loutresque et de Baalka, rares sont les semaines qui se déroulent sans qu'un nouvel RPG ne vienne frapper à la porte. RPG et plus si affinités, ce qui peut parfois racler pas mal de choses, y compris des abominations qui auraient mieux fait de demeurer dans les abysses cervelières de leurs créateurs. Fort heureusement, le cas qui nous intéresse aujourd'hui n'en fait pas partie, même si il me permet d'introduire un nouveau genre à la grande famille des jeux de rôle... que je prend la liberté de nommer pinball-RPG, hop. Mais quoi qu'est-ce donc que cette diablerie ? Révisez votre anglais et laissez-moi parler, crénom ! Bref. Pour le comprendre, penchons-nous donc sur Roller of the Realm, création des québécois de chez Phantom  Compass parue sur PSVita et PC en anglais sous-titré français le 14 Novembre 2014. 

Oh, et faites attention aux billes par terre, c'est un coup à se fêler le coccyx.

 

L'histoire prend place dans un univers médiéval-fantastique classique, et plus précisément dans un pays perpétuellement déchiré par des querelles intestines entre des seigneurs locaux se prétendant les descendants de trois héros qui auraient sauvé le royaume avant de se faire maudire et magiquement bannir. Nous tombons alors sur la première cantatrice de cette pièce qui sera, comme vous pouvez vous en douter, polyphonique, à savoir une jeune femme dont le village a été rasé lors d'un conflit entre deux nobliaux. Loin de se laisser consumer par de stériles idées de vengeance, la donzelle choisit de se concentrer sur sa propre survie et de se reconvertir en coupeuse de bourses. Bientôt rejointe par un chien qui deviendra son unique compagnon et confident, elle va sillonner le royaume jusqu'à parvenir à une certaine ville. Là, elle va s'attirer des ennuis après avoir voulu protéger un ancien chevalier ivre d'une bande de miliciens, ce qui leur vaudra de se faire traquer par la maréchaussée et donner la première impulsion à une série d'événements qui les dépassent amplement.

 

   

Un univers simple mais pas simpliste

 

Est-il réellement nécessaire que j'explique le principe du flipper ? Dix billes, des portes, des bumpers, des champignons plein de loupiotes qui clignotent, ça vous parle ? Impeccable.

Maintenant, imaginez que le plateau représente le décor d'une phase de l'histoire, celle-ci étant découpée en cinq chapitres comprenant une bonne demie-douzaine de parties. La plupart des "niveaux" sont à deux ou trois étages liés par des moyens... disons scéniques – trous dissimulés derrière des buissons, lits de rivière, etc – bien qu'évoquant par leur dynamique les mécanismes du jeu original. De même, presque tous les éléments du décor, et jusqu'aux ennemis, sont autant de champignons/bumpers contre lesquels les billes vont rebondir pour se frayer un passage tout en vous octroyant de l'or, de la mana et de l'expérience. Inutile de dire que certains sont destructibles et que les passages secrets sont un vrai délice à trouver, que ce soit en faisant preuve de chance, d'adresse ou de perspicacité. 

 

   

Cela vous rappelle des souvenirs ?

 

Qu'ils soient statiques ou mobiles, vos adversaires seront loin d'être inactifs puisque selon leur type ils pourront bloquer vos assauts frontaux, être renversés, recevoir des dégâts accrus si frappés dans le dos ou même attaquer les flippers qui servent à propulser vos projectiles jusqu'à destruction complète. Autant dire que cela rend le tout un tantinet tactique et surtout plaisant.

Imaginez à présent que vos billes, dont le nombre varie entre une et dix, sont vos héros : chacune possède un poids, une taille et une maniabilité précise. Chacune est en outre caractérisée par deux compétences, une active pouvant être activée en accumulant de la mana à force de les faire rebondir sur des éléments particuliers du décors, et une passive. Il peut s'agir d'un soin progressif sur les flippers par la guérisseuse ou de l'invocation du chien sous forme de sphère véloce par la voleuse, par exemple.

Il ne peut bien sûr n'y avoir qu'un seul personnage en lice à la fois, mais il est possible de l'échanger avec un autre une fois sa bille bloquée par l'une des barres en bas de l'écran, une manœuvre bien plus simple à réaliser qu'il n'y paraît. Dut-elle choir dans l'abîme, cela signifierait que vous ne pourrez plus l'utiliser jusqu'à ce que vous remplissiez à fond votre barre de mana et que vous la sacrifiiez. Ne croyez pas cependant que cela rende la partie outrageusement aisée, puisqu'à l'instar d'une partie de pinball classique, la défaite peut survenir en l'espace d'un battement de cœur par manque de réflexes.

 

   

De l'argent sagement dépensé

 

C'est là qu'entrent en jeu les équipements. Avec l'or récolté durant vos pérégrinations, vous pourrez acheter des items fixes et personnalisés qui doperont chacun à sa façon un héros. De la pierre à aiguiser aux pennes de flèches en plume d'oie, tous ont leur utilité. En tous cas, si il vous reste un rab de métal jaune après la séance de shopping, vous pouvez épargner pour pouvoir acheter l'un des cinq personnages bonus. La seule limite de la boutique est celle imposée par celle du niveau global de votre équipe, lequel augmente en fonction de vos performances sur le champ de bataille.

Peut-être allez-vous me trouver redondant, mais il est des jours où je ne cesse de m'esbaudir devant le talent des studios de développement indépendants. Certes, on peut tomber sur le pire – comme avec Lords of Xulima –, mais quand je vois les artworks bien léchés et les décors interactifs qui illuminent un "petit" jeu comme Rollers of the Realm, je me dis que le bel artisanat n'est pas mort.

Les niveaux vivent sous vos yeux alors même que les billes fusent dans tous les sens ou au contraire qu'elles se faufilent dans des figurations de ruelles, le tout souligné par des musiques enjouées aux consonnances médiévales et des bruitages de qualité. Certes, le scénario est un peu convenu et il peut sembler étrange d'incarner des personnages nommés selon leur métier, mais on en apprend bien assez sur eux aux travers de leurs fiches ou de leurs dialogues joliment ciselés, en anglais comme en français. 

 

   

Une rejouabilité plus importante qu'à première vue

 

L'action est menée tambour battant, égrenée par des combats de boss intéressants, les objectifs sont variés... et pour les plus acharnés, vous pouvez vous frotter aux défis d'arène ou refaire les différents tableaux avec des objectifs différents. Que demande le peuple ?

 

Du coup, s'agit-il d'un bon ou d'un mauvais jeu ? Foi de Leuffen, et sans mauvais jeu de mot dont je vous sais pourtant friands, je dirais que nous avons ici affaire à une vraie perle. Pour moins de dix euros, vous pouvez vous mettre sous la dent un indie reposant sur un concept original : mêler ce qui aurait autrement été un RPG plus que classique à un jeu d'arcade ! Une étrange mixture, certes, mais qui, je vous le garantis, vous occupera de nombreuses heures malgré son scénario un peu faiblard. Puissiez-vous y trouver votre Carthage.

Commentaires (5)

#2

TrollTraya
Garde royal

Allez, je me suis laissée tenter. Moi qui aime les flippers juste un peu moins que les cRPG, je ne pouvais pas passer à coté^^
#3

DAlth
Garde royal

Concept original : Un Rpg qui se déroule à coup de billes de flipper, il fallait oser.
#4

Chinaski
Grand chevalier

En cas d'échec critique c'est un tilt ?
#5

Shaam
Grand chevalier

y'a Corinne Charby dedans ?
#6

all_zebest
Héros

@Shaam : comment se fait-il que je ne connaisse pas cette chanteuse ? Les sonorités, c'est toute mon enfance.

Ce jeu me fait bien envie. Il a l'air fait avec beaucoup de soin.




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