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C'est dans la poche #5 : Might & magic - Clash of Heroes

par Iosword 19 Fév 2015 10:00 1

Depuis qu’Ubisoft a récupéré les droits de la licence Might & Magic en 2003, nous en voyons à toutes les sauces, de l’A-RPG au retour du RPG/dungeon crawler, en passant par le TCG et le browser game... La licence se diversifie pour le meilleur et pour le pire, mais si vous voulez des informations la concernant, je vous renvoie à l’excellent dossier écrit par Skoeld. Ici, nous allons parler de Might & Magic : Clash of Heroes, un Puzzle-Game intégrant quelques éléments de RPG, sorti originellement sur DS en 2009, époque où le genre était à son apogée sur les supports mobiles. Le jeu ayant été un succès commercial et critique, il fut porté sur consoles de salon (PS3, 360) puis arriva sur PC et, enfin, débarqua sur iOS et Android courant 2013. Si l'on peut trouver étonnant que le jeu ait mis si longtemps à arriver sur le support qui lui correspond le mieux, il est évident que Clash of Heroes est une surprise étonnante. Qui aurait cru qu'un jeu de puzzle dans l'univers d'Ashan pourrait être fun ?

 

Clash of Heroes est clairement un jeu qui se repose sur la fanbase de la saga, et notamment sur les fans des derniers opus de la licence. Ainsi, on retrouve l'univers d'Ashan, propre à ce qu'Ubisoft a fait de la licence, et les événements de ce spin-off ont lieu une quarantaine d'années avant ceux de Heroes of Might and Magic V. De ce fait, certains personnages importants pour Heroes V apparaissent ici, que ce soit pour leur importance dans la trame scénaristique ou pour faire des simples clins d'œil. À bien des égards, Clash of Heroes peut être vu comme une préquelle. Pour autant, nul besoin d'aimer la licence pour apprécier le jeu et son scénario.

 

  

 

Il ne faut pas se mentir, si le ton est plus sombre que ce que laissent croire les graphismes colorés et oniriques, l'histoire reste assez basique et, outre les personnages principaux, le développement et l'écriture sont loin d'être extraordinaires. Ce qui n'est pas vraiment gênant : Clash of Heroes est un Puzzle-Game qui profite du lore et du bestiaire de la licence pour enrichir son propos, mais la trame scénariste reste secondaire. Pour vous la résumer brièvement, vous allez devoir incarner cinq jeunes personnages qui viennent de perdre leurs parents de manière tragique et qui luttent contre un complot qui menace de détruire la paix entre les royaumes.

Ainsi, chaque personnage aura sa propre campagne et sa propre trame, même si cette dernière se retrouvera entremêlée à la trame globale du jeu. Chaque personnage fait aussi partie d'une faction précise (Havre, Inferno, Nécropole, Bastion, Sanctuaire) et dispose donc de ses propres unités et spécificités pour les combats. De plus, cela sert aussi à diversifier les environnements. Et si l'on pouvait avoir peur que les campagnes soient répétitives et redondantes (à chaque fois, vous recommencez au niveau 1 et avec une seule unité), il n'en est rien. Le jeu arrive à varier les objectifs, ne vous proposant pas que des batailles classiques, et la diversité du bestiaire permet au jeu de se renouveler.

Mais je vous parle d'unités, de combats, et pourtant, je ne vous ai pas présenté le fonctionnement du jeu. Et bien, c'est assez simple. Le jeu est divisé en deux phases : celle sur les maps de jeu où vous vous déplacez en case par case – certes, c'est représenté par des ronds. Cette phase vous permet d'explorer un peu les lieux – l'exploration restant limitée –, de parler à divers PNJ, d'avancer dans l'histoire, de prendre des quêtes secondaires ou d'acheter des unités. La seconde phase est celle des combats.

 

  

 

Et c'est là que le côté Puzzle-Game s'exprime. Les combats sont au tour par tour et vous disposez de trois points d'action. Les unités sont divisées en trois couleurs et vous pouvez avoir jusqu'à trois types d'unités de base et deux types d'élite sur le terrain. Le but est de rassembler des unités de même type et de même couleur pour former des formations offensives ou défensives. Les unités de base demanderont ainsi d'être alignées par trois verticalement pour lancer une attaque, ou horizontalement pour créer un mur. Les unités d'élite demanderont deux ou quatre unités derrière elles. Une fois les formations créées, les attaques devront se charger puis se lanceront si elles n'ont pas été détruites entre temps. L'ennemi fera la même chose que vous et il faudra donc l'attaquer et le contrer pour remporter la victoire – ou remplir des objectifs un peu plus divers, comme toucher deux poulies en même temps pour ouvrir une porte.

Dit comme cela, les combats n'ont pas l'air passionnants, et pourtant ! Plein de subtilités sont à prendre en compte. Tout d'abord, l'aléatoire a une part importante pour déterminer le placement de vos unités en début de combat et quand vous en renvoyez sur le terrain – vous ne pouvez renvoyer que celles qui n'y sont plus –, ce qui permet de varier les plaisirs. Ensuite, les possibilités sont nombreuses. Ainsi, si supprimer une unité vous permet de créer une formation, alors votre point d'action vous sera remboursé. Si vous créez une attaque et que vous recréez derrière une autre attaque de la même couleur et du même type, les unités fusionneront. Il faut aussi prendre en compte que, contrairement aux unités de base, les unités d'élite qui meurent sur le terrain meurent réellement, et il faudra donc en racheter après coup, ce qui n'est pas donné. Le héros a aussi une capacité spéciale qui met un certain temps avant d'être utilisable et qui peut changer le cours d'une bataille. Bref, des détails dans le genre, il y en a encore un certain nombre mais je vous laisse les découvrir par vous même.

À côté de cela, l'aspect RPG arrive. Ainsi, vous et vos unités gagnez de l'expérience, et donc de la puissance, au fur et à mesure des affrontements. Avant de commencer un combat, vous devez choisir les unités d'élite que vous désirez utiliser – sachant qu'il y en a cinq par faction –, chacune ayant des capacités précises. Et enfin, vous avez des objets ; vous ne pouvez en équiper qu'un et ils sont divers et variés : +20% de vie, une capacité permettant à une unité de sauter au-dessus des murs, etc... Sans être transcendant, cet aspect est sympathique et les quêtes secondaires renforcent ce léger aspect RPG.

 

  

 

Clash of Heroes vous proposera aussi des énigmes. Que ce soit en combat ou sur la carte, elles ne sont jamais bien dures – disons cinq secondes de réflexion si vous avez une migraine – mais ont le mérite d'apporter de la diversité et d'être cohérentes avec la trame scénaristique. Et pour les plus téméraires, certains PNJ vous proposeront des puzzles qui là vous demanderont de la concentration et un nombre considérable d'essais avant que vous ne trouviez la solution. En outre, il existe un mode multijoueur proposant des combats rapides en ligne ou en local ; si ce n'est clairement pas le cœur du jeu, c'est toujours sympathique.

Côté technique, il n'y a pas grand chose à redire. C'est fluide, c'est beau et coloré – ces versions mobiles reprennent les graphismes et les animations de la version PC. Seul le character design me semble très moyen – du mauvais dessin manga si je puis dire. L'interface a été revue pour le tactile et fonctionne bien. Par contre, si on parle de jeu mobile, c'est un jeu pour tablette. Si le tactile est précis et pose rarement des problèmes, vous ne serez pas à l'abri d'une mauvaise manipulation pouvant foutre en l'air une stratégie. Et vu le jeu, il me semble difficile d'y jouer confortablement sur un écran de smartphone.

 

Je ne joue que peu sur tablette et n'aime pas trop les Puzzle-Game. Aussi, quand j'ai entendu parler de Clash of Heroes, j'ai surtout ri des idées saugrenues d'Ubisoft. On ne peut le nier, le but de la firme est de capitaliser sur la licence, mais qu'importe puisqu'ici, elle le fait bien. Clash of Heroes est un Puzzle-Game avec des petits relents de RPG, le jeu est beau, dynamique et propose une durée de vie conséquente – de 30 à 50 heures selon votre rapidité. L'une de mes craintes était aussi que le plaisir ne finisse par disparaître, mais heureusement, le jeu arrive à se renouveler. Aussi, sans même parler de la licence Might and Magic qui apporte du cachet au soft, Clash of Heroes se présente comme un petit jeu rafraîchissant et très sympathique. Je ne peux que vous le conseiller. Surtout sur support mobile, car si je me vois mal jouer à cela sur ordinateur, sur tablette en session courte ça passe très bien, qui plus est au petit prix de 5€.

Commentaire (1)

#2

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Novice

Pas un mot sur Capybara ? :(

Si Clash of Heroes est aussi bon, c'est qu'il ne s'agit pas "d'une idée saugrenue d'Ubisoft". Le jeu a été conçu et développé par Capybara Games, un studio canadien indépendant (co-fondateur de l'Indie Fund) à qui l'on doit aussi Critter Crunch, Superbrothers : Sword & Sworcery et le plus récent Super Time Force. Il s'agit certes d'un jeu de commande, mais sans le talent de Capybara, jamais il n'aurait remporté tous les prix et distinctions qu'il a reçus dans le monde.

Message édité pour la dernière fois le : 21/02/2015 à 13:22





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