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Lundi de l'indie #38 : Deep Dungeons of Doom

par Leuffen 16 Fév 2015 10:00 3

Joueurs du dimanche et noctambules, sans doute vais-je être taxé d'enfoncer des portes ouvertes, mais j'estime que le mieux est parfois le pire ennemi du bien. Là où certains jeux s'échinent à nous en mettre plein les mirettes au point de ne pouvoir guère être considérés que comme des films – oui, c'est toi que je regarde toujours, Beyond Two Souls – et que d'autres nécessitent de se faire greffer quelques paires de doigts pour être pris en main efficacement, je pense qu'il est nécessaire de revenir de temps à autre aux fondamentaux.

Aussi en ce jour ai-je décidé de vous présenter un petit roguelike pas piqué des hannetons qui se joue avec deux doigts. Trois à la limite. Allons-y donc pour Deep Dungeons of Doom, sorti en anglais uniquement  le 14 Juin 2014 et développé par Bossa Studio.

 

Bossa Studio, qui a pourtant pris l'habitude de prendre les joueurs à contrepied avec des jeux tels que le cauchemardesque Surgeon Simulator 2013 ou l'épique I am Bread, semble avoir ici revu sa copie pour nous présenter un univers heroic-fantasy des plus classiques.

L'histoire se déroule donc dans un univers médiéval-fantastique semblable à tant d'autres – si l'on excepte les anachronismes comiques et les ours-golems –, victime d'une tragédie qui l'est tout autant : le mal est solidement implanté dans le royaume et un chevalier va se charger de faire le ménage, en commençant par se faire la main sur les créatures qui occupent les catacombes du palais royal. Oui, je sais, c'est violent. Il ne sera cependant pas seul dans son épopée, puisque rejoint par une jeune femme qui n'est absolument pas une sorcière, malgré son grand bâton et son esprit aussi affûté que son corps est sculptural, puis par un acolyte survivant d'un culte démoniaque dans lequel on reconnaîtra l'archétype du voleur.

 

   

Des héros classiques mais improbables

 

Non, ne cherchez pas de rebondissements épiques ou d'atermoiements dignes d'une tragédie grecque là-dedans. Vous ne trouverez qu'un chevalier un peu bas de plafond qui tente de sauver le monde à la pointe de l'épée, accompagné par une sorcière faisant de son mieux pour faire profil bas, bien que cela ne trompe pas le pauvre type tenu à l'oeil par le chevalier. Formidable. 

Rusticité du scénario, simplicité des mécaniques de jeu. Vous allez donc déplacer votre trio d'inséparables de donjon en donjon, chacun débloquant un ou plusieurs chemins vers d'autres. Il n'est pas obligatoire de tous les visiter, mais il arrivera que l'accès à certains soit bloqué et nécessite un objet de quête précis. Vous devrez donc aller le chercher dans un autre, clairement exposé de façon à ce que l'information n'encombre pas votre journal de quêtes. Car quêtes il y a ! Bon, il s'agit plutôt de trois mini-objectifs à atteindre – tels que réussir une contre-attaque, rencontrer tel type de monstre – et se renouvelant automatiquement chaque fois que vous succédez... mais au moins cela vous rapportera-t-il quelques piécettes. Dans D.D.D., l'argent fait d'ailleurs office d'expérience globale puisque non content de servir à acheter occasionnellement de l'équipement, il vous permet surtout de débloquer des améliorations passives dans l'arbre de compétences spécifique à chacun de vos personnages. Quant à l'équipement, celui-ci se résume à deux encoches pouvant accueillir une arme ou une pièce d'armure ainsi qu'un consommable, que je ne saurais trop vous conseiller de stocker rapidement dans votre coffre s'ils s'avèrent de quelque valeur. Vous allez comprendre pourquoi.

 

   

Chaque run contribue à une évolution lente mais régulière

 

Mordons à présent dans le vif du sujet. Après le choix de votre unique héros actif et un bref artwork d'introduction, vous vous retrouvez tout de suite confronté à votre premier ennemi en vue side-scrolling. Attention, ça va aller vite. Flèche gauche, vous bloquez le coup de votre adversaire annoncé par une animation particulière. Flèche droite, vous attaquez. Facile, non ? Pauvres fous, vous y avez cru ! 

C'est en effet là que la richesse du jeu se dévoile, car vous allez devoir non seulement vous adapter aux différents patterns des monstres, tenter votre chance pour porter un coup critique au moment précis où eux-mêmes vont porter leurs attaques aux effets variés, et jongler avec le cooldown des vôtres. Ajoutez à cela le fait que chaque personnage possède un gameplay particulier – le chevalier porte des coups lourds, le voleur est rapide, la sorcière réalise des attaques magiques tant qu'elle a du mana avant de se rabattre sur les coups de bâton – et vous comprendrez que je puis avouer sans honte avoir rarement assisté à des combats statiques aussi dynamiques. Une fois le monstre défuncté, une nouvelle pression sur une touche directionnelle permet de ramasser un objet – l'espace étant limité, le nouveau remplace l'ancien –, interagir avec un autel ou un marchand de potions, s'enfoncer plus profond dans le donjon ou remonter si vous avez laissé à dessein des items derrière vous, et ainsi de suite jusqu'à ce que vous atteigniez la salle du boss local. Dussiez-vous succomber, le choix vous serait laissé entre fuir en emportant une partie de votre pécule accumulé durant votre exploration ou tenter votre chance avec un avantage ou désavantage déterminé aléatoirement. Dussiez-vous succéder, vous serez alors libre de partir avec tout votre butin en fonction de votre performance.

 

   

Tellement d'ennemis à humilier encore et encore...

 

Mais tout cela n'est-il pas un peu répétitif, vous entends-je vous inquiéter ? Que nenni, et ce pour trois raisons : le repop aléatoire des monstres aux différents étages du donjon visé entre chaque tentative, la prise de risques apportée par la gestion limitée mais pertinente du loot – dans le sens où des objets vous demanderont un sacrifice de PV ou de mana en échange d'un buff limité dans le temps – et enfin le fait que le levelling ne soit effectif que durant le donjon en cours. Oui, vous entrez toujours au niveau 0 et chaque augmentation est l'occasion de caler un point entre force, vitalité, vitesse et mana d'une façon stratégique, en fonction du genre d'ennemis que vous vous attendez à trouver.

En bref, il s'agit à mon sens d'un excellent compromis entre challenge frénétique et tactique.

D'un point de vue purement esthétique, ce jeu est une petite merveille. Oui, rien de moins. Comme vous pouvez vous en rendre compte via les screenshots, les graphismes et les artworks tout en pixel-art sont de belle qualité, comparables à ceux de Dungeon of the Endless. Ils sont en sus accompagnés par une musique 16-bit endiablée, aux consonnances très rock alternatif qui ne peuvent que s'accorder avec la tension ressentie lors des affrontements où les réflexes et les paris risqués sont légion.

 

   

Cuissot de donzelle ou d'orignal semi-mort, peu importe tant que c'est goûtu

 

Ensuite, il est vrai que l'histoire est tout ce qu'il y a d'anecdotique, mais les dialogues durant les "cinématiques" sont ciselés avec un subtil mélange d'humour, de références heroic-fantasy et de sérieux qui fait mouche justement parce que l'ambiance globale s'y prête.

 

Au final, Deep Dungeons of Doom est-il un bon jeu ? Ma foi, la réponse coule de source : il s'agit d'un excellent "petit jeu", addictif et fun, dont les caractéristiques polies jusqu'à obtenir l'éclat du diamant ont de quoi occuper des dizaines d'heures. On peut toujours pointer du doigt le fait qu'il pourrait bénéficier d'un meilleur scénario, proposer un plus grand éventail de personnages jouables... mais que dire, sinon que c'est justement la simplicité de ce titre qui fait une grande partie de son charme. Rappelez-moi, à quand remonte la dernière fois que vous avez pris votre pied dans un jeu en utilisant juste deux doigts ? Non, en fait ne dîtes rien, cela vaudra mieux pour tout le monde. Puissiez-vous tout de même y trouver votre Carthage.

Commentaires (3)

#2

pouicoss
Seigneur

Excellent article pour un excellent petit jeu ! Merci !
Juste une question, tu y as joué sur PC ? ou smartphone ?

A l'époque, le jeu était sorti en version d'essai gratuite sous Android, mais il fallait payer pour débloquer les niveaux supplémentaires (et on pouvait payer pour avoir de l'or ingame). Désormais je pense qu'ils ont unifié les systèmes tant sur PC que sur téléphone. Il faut donc payer le jeu mais on a accès à tous le contenu directement. Et il n'y a plus d'achat in-app.
#3

Leuffen
Guerrier

Eyup, le jeu est au complet sur steam. Pas besoin de claquer de l'or ou quoi que ce soit.
#4

all_zebest
Héros

J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ton article, Leuffen, sur ce jeu que j'aime beaucoup.




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