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Pourquoi et comment Fable a marqué le public ?

par Batman 01 Oct 2014 10:10 16

Récemment, ma collègue Iosword vous a proposé le test de Fable Anniversary, le remake HD sorti à l'occasion des 10 ans du célèbre et renommé Fable, un jeu signé par le non moins célèbre et renommé Peter Molyneux. Alors que Iosword nous présente une ébauche de son test, germe alors une discussion entre les membres de l'équipe de la rédaction de RPG France au sujet de Fable. Oui, ce jeu a ses défauts et son lot de fausses promesses, pourtant, Fable est un jeu qui a indéniablement marqué les joueurs. Pourquoi ? C'est le sujet de cet article qui s'appuiera donc sur notre discussion.

 

La dualité, une vrai nouveauté ?

 

Tout commence alors que Iosword, travaillant sur son test de Fable Anniversary, nous fait part d'un paragraphe qui, il est vrai, résumerait presque à lui tout seul ce qu'il faut retenir du Fable original. Je me permets de la citer : 

Fable est un jeu très linéaire. Et, le libre-arbitre qu’il nous livre est très artificiel, mais cela permet de créer un double-jeu assez intéressant. En effet, tout le concept de Fable est basé sur une dualité : celle entre le bien et le mal. Ainsi vous devrez choisir, guidant votre héros au fil des âges, si vous voulez être la pire raclure d’Albion crainte par la plèbe ou si vous voulez être un Saint acclamé par toute la populace. Et ce concept que je vous expliquerai plus en détail est, certes, non abouti et assez factice en soi mais c’est ce qui donne au soft un coté unique. Fable ne sera jamais un excellent RPG mais il restera un jeu à part, et c’est sans doute là sa plus grande réussite.

À la lecture de ces mots, je me permet d'intervenir, car à mes yeux, cela ne rendait pas totalement justice à Fable qui, en son temps, a marqué pour moi une petite révolution dans le monde du jeu vidéo.

Peut-être l'as-tu ou vas-tu aborder ce point de toute façon, mais je pense qu'il faut aussi rappeler que Fable a été l'un des premiers jeux du genre sur console à s'appuyer sur ce système d'alignement bien/mal en fonction des choix du joueurs. On avait vraiment l'impression de pouvoir faire tout le jeu de deux façons différentes. 
Si aujourd'hui c'est chose commune, à l'époque, et à plus forte raison sur console, les jeux qui te proposaient deux approches distinctes du début à la fin n'étaient pas légion.
 
De mémoire, c'est aussi l'un des premiers à ajouter un côté un peu "sims" avec la possibilité d'avoir un métieur, une femme et des enfants.
Mais ce n'est pas le premier à avoir permit de shooter des poulets, Zelda l'avait fait avant. 
 
Bref, tout ça pour dire qu'à l'époque le jeu avait un côté assez novateur qui transparaît beaucoup moins aujourd'hui.

Iosword me rassure alors rapidement.

T'inquiète pas Batou, je l'ai rappelé sur tout le long du test, la dualité est très importante tout le long du jeu. Impossible de ne pas en parler. Surtout que je me sers aussi du test de la Anniversary pour tester Fable et son add-on Lost Chapter (vu qu'il y a pas de test sur le site). 
 
Mais cela ne m’empêche pas de trouver ça artificiel, factice et binaire. Je le trouvais déjà en 2004, ça n'a pas changé. Pour cela que je ne comprends pas cette considération de faire de Fable un excellent RPG : c'est un bon jeu, un RPG assez moyen (et qui n'a tenu presque aucune de ses promesses à l'époque, mais ça...). 
 
Et c'est aussi ce que dit ce paragraphe, Fable ne restera dans les mémoires qu'à cause de cette dualité qui lui offre un coté unique, parce qu'il a été le premier à le faire. 

 

  

Compétences, expérience et alignement, les bases de tout bon RPG ?

 

À ces mots, Andariel, seigneurs des enfers, s'empresse de corriger nos propos. Notre ami étant spécialisé dans les oldies, il ne manque pas de nous rappeler qu'avec son système d'alignement, Fable n'a rien inventé.

Juste pour dire que le système de moralité est venu avec Ultima IV en 85, soit à peu près 20 ans avant Fable. Et bien avant si on prend on compte Donjons & Dragons. Et y a eu au moins une bonne vingtaine de RPG PC avec alignement avant Fable. 
 
Il n'est pas le premier sur console non plus. Star Wars : Knights Of The Old Republic (KOTOR), sorti 2 ans avant sur XBOX, avait proposé ce système. Et je suppose que l'idée doit avoir été utilisée dans un JRPG console avant. 
 
Fable a sûrement juste été le premier à le présenter d'une façon aussi simpliste et caricaturale (sans aucune raison contextuelle, ton perso a carrément des cornes ou une auréole passé un certain stade...), tellement que ça en devient ridicule. Mais bon, ce dernier point n'est que mon avis, le reste c'est des faits.

Bien sûr Iosword réagit, bien consciente de ses propos et reformule rapidement.

Je suis d'accord avec toi c'est simpliste et caricatural ,ou comme je le dis : artificiel, factice et binaire. 
 
Bien sûr qu'il n'a pas été le premier RPG à le faire (heureusement), mais là où KOTOR est un portage, Fable a été développé directement sur console. En terme de J-RPG, une dualité sur toutes les quêtes telle que celle de Fable n'avait jamais été proposée non.

Je me permets d'intervenir également pour mettre en évidence que sur console, cette notion de morale et de choix n'a jamais été vraiment sur le devant de la scène, même du côté des plus connus J-RPG.

Andariel, tu as raison pour KOTOR, oui, mais pour les J-RPG pas tant que ça justement. Parmi les Final Fantasy, les Dragon Quest et tout ce que j'ai pu tester en J-RPG, la notion de moralité n'est jamais présente, ou en tout cas n'est jamais laissée au choix du joueur.
 
Le J-RPG qui se rapprocherait le plus de ce thème serait peut-être Final Fantasy IV, où le héros passe durant le scénario du statut de Dark Knight à celui de Paladin, mais c'est scripté dans le scénario.

 

  

Star Wars Knight of the Old Republic vous permettait déjà de choisir
de suivre le côté obscur ou lumineux de la force

 

Puis c'est Vaetrem qui nous rappelle que du côté des J-RPG, la moralité est une notion qui avait pourtant déjà été introduite chez les Shin Megami Tensei.

Shin Megami Tensei proposait en 1992 un système d'alignement, géré par les factions que tu servais ou les démons que tu invoquais, d'ailleurs c'est devenu une constante de la série et ça permet souvent de proposer plusieurs fins.
 
Il y aussi Hydlide 2 et 3 qui le géraient, mais de façon beaucoup plus sommaire, respectivement en 85 et 87.

Propos néanmoins nuancés par Iosword.

Certes, Vaetrem, mais il y a une différence entre l’alignement et les choix purs et durs (et ce en tant que fan des Megami Tensei), le système de moralité est présent dans certain J-RPG. Pour autant, les MT restent très linéaires et le système d'alignement, bien que très agréable, reste une très jolie décoration. Pour Hydlide je ne pourrais pas dire car je n'y ai pas joué. 
 
Néanmoins, et malgré tous ces défauts, Fable innove quand même sur certains points et notamment sur ce côté des choix pour chaque action, malgré son côté très binaire.

 

Mais pour quel public ?

 

Alors certes, Fable n'a pas inventé les notions de choix et de morale, mais il a su finalement les démocratiser. Rappelons quand même que le slogan des publicités, que ce soit les vidéos ou dans les magazines était : "For every choice a consequence" (À chaque choix sa conséquence).

Au fil de la conversation, Toupilitou intervient brièvement pour souligner une évidence dont nous n'avions pourtant pas parlé : l'aspect grand public ! Voici ce qu'il dit à propos de Fable.

C'était surtout un des premiers RPG "grand public", accessible pour une majorité qui pouvait s'amuser dessus sans pour autant être fan de RPG ; y'a Microsoft derrière, et ils ne sont pas du genre à viser les niches.

J'en profite alors pour appuyer les propos de notre loutre préférée. 

Disons que Fable avec un côté RPG non-élitiste contrairement à du KOTOR ou du Morrowind (si on reste concentré sur la Xbox) déjà bien plus exigeants. C'est presque du Casual-RPG qui a profité à démocratiser le genre, comme le dit Toupi.
 
  
C'est sans doute ce côté simpliste et facile d'accès qui a participé au succès de Fable
 
Alors voilà, Fable n'a finalement rien inventé, il reprend des codes pourtant connus et usés, mais il a réussi à s'imposer comme un RPG grand public. Mais pourquoi a-t-il si bien fonctionné malgré les promesses non tenues ? Killpower nous rappelle un point non négligeable : la communication et le marketing !
Je rajouterai que c'est surtout un atout communicatif qui a fait que Fable a attiré la sympathie du public. Grâce à son créateur qui a toujours fait de la communication une arme de vente efficace, vendant un soufflé au fromage (nouvelle recette à chaque fois avec le meilleur du meilleur goût de tout ce qui existe) qui retombait juste après, il a toujours su mobiliser le public jusqu'au troisième du nom, puis il est passé à autre chose parce que le public avait bien compris qu'entre le discours théorique et la véracité des faits, chez ce personnage, il y avait une grande différence.

Puis Iosword nous rappelle un point important quant à l'origine de Fable :

Molyneux n'est pas le créateur de Fable, se sont les frères Carter de Bug Blue Box. Molyneux n'est qu'un consultant et producteur sur le projet à la base. C'est Microsoft qui l'a mis sur le devant de la scène.

Néanmoins, Peter Molyneux est rapidement devenu le porte-étendard de ce qu'on appelait à l'origine le "Projet Ego". Alors reconnu pour des jeux à succès comme Dungeon Keeper et Black and White, Molyneux s'est véritablement accaparé le projet, mis sous le feu des projecteurs par Microsoft, alors éditeur du jeu.

 

Merci à Andariel, Iosword, Killpower, Toupilitou et Vaetrem pour leur participation à ce dossier

Alors pour conclure, Fable a-t-il révolutionné le genre RPG ? Non, pas vraiment. A-t-il inventé des choses ? Pas à proprement parler. Pourtant le jeu a été un succès et a plu à un grand nombre de joueur. Pourquoi ? D'abord, parce qu'il a su proposer une approche moins élitiste. Il était un RPG très abordable, très simpliste et très efficace. Ensuite, parce ce que Microsoft a mis un effort considérable sur la communication autour du projet. Même si les joueurs peuvent toujours reprocher que la moitié du budget d'un jeu passe dans la communication et le marketing, force est de constater que sans pub, les ventes ne décollent pas. Une communication maîtrisée, même en cas de promesses non tenues, est la clé de bons chiffres de ventes. Néanmoins, ne leur jetons pas la pierre. Comme je l'ai dis en intro, malgré tout ses défauts, Fable reste un incontournable du genre !

Commentaires (16)

#2

Shaam
Héros

Une des deux série RPG que j’exècre maladivement, du gameplay jusqu’à l'univers, il m'est tout simplement impossible d'y jouer, de le voir et de l'entendre. Le plus "rigolo" c'est quand je suis arrivé au point de non retour, quand j'ai compris qu'on pouvais être méchant en rotant ou pétant sur les gens, c'est a ce moment précis que j'ai eu envie pour la deuxième (Geralt, si tu nous regarde :p) fois de prendre ma tronçonneuse et de l’appliquer délicatement sur mon écran !

J'ai essayé plusieurs fois sous les hués des mes petits camarades, "fable c'est trop bien t'es qu'un gros con alors persiste stp", je suis désolé, je ne peux pas, je contournerais donc ce jeu incontournable^^'
#3

Nayto
Garde

Tous les goûts sont dans la nature.

J'ai toujours adoré cette série même s'il est indéniable que le troisième était bien en deçà des deux précédents.
#4

DAlth
Garde royal

Quelle tranche d'âge est la plus touchée ?
Simple curiosité.
#5

reebob
Noble

Pour moi Fable c'est surtout la série qui a cassé définitivement l'image de Peter Moulyneux.
#6

Nayto
Garde

Je ne sais pas de quelle image tu parles, mais c'est surtout la série qui l'a rendu populaire auprès des joueurs. Après, comme j'ai dit, la série Fable a fini sur une mauvaise note avec le 3. Anniversary compte pas vraiment.
#7

reebob
Noble

@Nayto

Peter Moulyneux c'est Populous, Power Monger, Dungeon Keeper, Black And White, Syndicate, Theme Park. C'est le créateur de Bullfrog une légende du jeu vidéo sur PC équivalent à Sid Meier, Lord British, Brian Fargo et Will Wright. Que ce soit Fable qui l'ait fait connaître des joueurs consoles, c'est bien malheureux.

Message édité pour la dernière fois le : 01/10/2014 à 13:42

#8

prypiat
Paladin

Clair que c'est loin d'être un RPG transcendant.

Mais je tiens quand même le premier épisode en haute estime parce qu'il m'a fait découvrir les RPG, justement grâce à ce côté "simple et efficace". Sans Fable je n'aurais peut-être jamais touché à ce genre qui me tient à coeur.
Et pour le coup c'est vraiment un jeu que je conseillerais à n'importe qui qui veut découvrir le genre.

Je le trouve très cartoon finalement : de son style visuel aux interactions possibles (prouts et autres petites danses), en passant par les doublages, l'humour et l'hyper manichéisme caricatural. Et ce côté, s'il peut agacer et donner une impression (pas si fausse, faut bien l'avouer) de puérilité, fait aussi tout le charme du jeu.

Message édité pour la dernière fois le : 01/10/2014 à 14:44

#9

To_an
Garde

Je l'ai toujours pris au second degré ce jeu dans une tentative (peut-être maladroite et un peu puérile) de se moquer (gentiment) du sérieux du genre. Mais je suis peut être le seul à l'avoir vu comme cela - et on est loin du talent des Monthy, j'vous l'accorde.
#10

Demoniakor
Noble

Un peu le même ressentit que To_an pour ma part. Après avoir passé des centaines d'heures sur ma xbox avec le fabuleux anxiogène Morrowind, Fable à été un pet de fraicheur. C'est clairement pour moi un coup de coude tendre destiné à ses grand frères.

Et il me tarde de jouer au 4eme épisode, bien que pour le coup je sois très inquiet de la tournure des choses.
#11

Toupilitou
Garde royal

Fable à été un pet de fraicheur.

Jolie synthèse
#12

darth traya
Seigneur

Fable s'est uniquement une ambiance à nulle autre pareille, faut pas chercher plus loin.
C'est un jeu de rôle pour les gosses, et qui transporte les adultes dans un univers pour les gosses, le un comme le deux sont dans le même délire, même s'ils ont leurs côtés soi disant "matures", on reste dans un conte grand public manichéen et caricatural.
Et c'est sa grande force, autant que sa faiblesse, pour le coup, difficile pour un fan de RPG de prendre du recul par rapport à un titre qui n'arrive même pas à l'orteil d'un très grand nombre de jeux de rôle. Mais le fait est que la sauce prend du tonnerre et qu'encore aujourd'hui, l'un de mes meilleures souvenirs de jeux vidéos restera Fable 1 et 2. Parce qu'un truc aussi enchanteur, je n'y croyais pas avant d'y jouer.

C'est tellement stupide, réducteur et mignon que c'en est touchant, malgré une noirceur évidente qui ne fait que prononcer le côté "conte". C'est pas un grand RPG pour moi, par contre, je le défendrais toujours pour sa fraîcheur.

Et je suis d'accord avec le "pet de fraîcheur" pas mieux pour qualifier un jeu qui est en même temps fantastique, et en même temps affreusement décevant.
#13

nadir1979
Citoyen

Pourquoi et comment Fable a marqué le public ?

Parce que c'est fable-lueux....
#14

Sowatt
Paladin

Moi j'ai toujours considéré Fable comme un jeu Action/Aventure plutôt qu'un RPG.
#15

DEXTER987
Garde

Fable c du +12 je crois en terme de rpg je cherche plutôt du +18 parce en +12 je sais déja qu'il y a des truc qui serons pas permis et c bien dommage....
#16

Caldanath
Gobelin

Fable c'est du 16+ et dans les 18+ tu ne peux pas péter sur les gens, donc moi je dis ça je dis rien
#17

reptile
Chevalier

Le premier fable était un bon jeu d'action/aventure avec en plus des musiques sublimes, le seul reproche que je peux lui trouver c'est sa difficulté inexistante.




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