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Les Presqu'RPG #1 : La série Castlevania

par Batman 10 Juil 2014 10:00 8

La tribune de mon confrère Navarre à propos de FarCry 3 m'a donné envie de continuer sur cette voie pour vous parler un peu de jeux qui ne sont pas des RPG, mais qui ont cherché à s'en inspirer pour enrichir leurs mécaniques. Aujourd'hui, je vous propose de nous intéresser à la série de Konami, Castlevania, qui a débuté sur la console Nintendo Entertainment System et qui a évolué depuis pour arriver jusqu'à Lords of Shadow que vous connaissez sans doute.

 

Les origines de la série

 

Le premier Castlevania sort sur la console de Nintendo au Japon en septembre 1986. Cet épisode n'est pas celui qui nous intéresse le plus ici. Il pose néanmoins les bases de l'univers, que l'on pourrait résumer ainsi : nous incarnons Simon Belmont, descendant d'une lignée de chasseurs de vampires, et nous partons à l'assaut du château du compte Dracula en Transilvanie afin de libérer le monde de la menace du terrible vampire. Les opus suivant nous proposeront souvent d'incarner un membre de la famille Belmont, à différentes époques, mais toujours dans le but d'affronter les forces du mal, avec bien souvent un Dracula qui n'est jamais très loin. Certains épisodes nous permettront d'incarner d'autres personnages cependant, mais nous y reviendrons plus tard.

Fait amusant, si nous avons toujours connue cette série sous le nom Castlevania, au Japon elle est alors nommée Akumajou Dracula (悪魔城ドラキュラ), que l'on peut traduire par "Le maléfique château de Dracula". C'est lors de sa localisation en occident que les traducteurs choisissent de contracter "Castle" (château en anglais) et "Transylvania" pour donner le titre de Castlevania. Ce nom finira par être utilisé au Japon pour quelques épisodes sur Gameboy Advance, mais Akumajou Dracula sera de nouveau utilisé à partir des épisodes sur Nintendo DS.

 

  

Le premier Castlevania débarque sur NES en 1987

 

Le tout premier Castlevania propose une approche très arcade. On dispose d'un certain nombre de vies pour traverser un certain nombre de niveaux qui composent le château de Dracula. Chaque niveau est ponctué par un combat contre un boss, le boss final étant le célèbre comte Dracula. Le gameplay sera cependant celui qui définira les Castlevania 2D : une progression en vue de côté, que l'on appelle dans le jargon du "side scrolling", avec quelques escaliers pour gravir les étages du château. On y affronte des hordes de créatures démoniaques, telles que des goules, des loups-garous, des succubes, et d'autres monstres propres à la série comme les têtes de Medusa ou les Hommes-Puces.

Simon Belmont se bat alors avec l'arme qui deviendra un élément récurrent de la série : le fouet tueur de vampire, connu sous le nom de "Vampire Killer". Ce fouet aurait été créé par un puissant alchimiste pour aider Léon Belmont à vaincre le comte Dracula lors du premier affrontement entre la famille Belmont et le seigneur du Mal. L'histoire de Léon est traitée dans le premier Castlevania sorti sur PlayStation 2, également connu sous le nom de Castlevania : Lament of Innocence. Mais encore une fois, ce n'est pas le Castlevania qui sera le plus "RPG'esque" du lot.

 

  

Léon Belmont sera le premier de sa famille à affronter Dracula

 

Castlevania II Simon's Quest, quand le RPG s'invite à l'improviste

 

La suite du premier Castlevania sorti sur NES débarque environ un an plus tard au Japon, fin août 1987. L'histoire est la suite directe du premier opus : alors que Simon a battu Dracula, ce dernier le maudit avant de mourir. Le seul moyen de lever cette malédiction est de ressusciter Dracula, puis de le tuer une nouvelle fois. Mais cette fois-ci, pas question d'arpenter un seul château divisé en niveaux ! Entre temps, un jeu très particulier est sorti au Japon, un certain Dragon Quest (connu sous le nom de Dragon Warrior au États-Unis), directement inspiré de Wizardry et Ultima, mettant le RPG sur le devant de la scène japonaise. Tout le monde veut y aller de son petit RPG ! Nintendo fera une tentative avec Zelda II : The Adventure of Link (qui fera l'objet de son propre numéro de Presqu'RPG si la rubrique vous plait), Konami décide d'ajouter à Castlevania II des éléments de RPG sans pour autant délaisser l'essence de l'épisode d'origine.

 

  

Si cette suite reprend la même patte artistique, le gameplay a été remanié sur plusieurs points

 

Alors que le premier Castlevania débutait devant les portes du château, vous commencez ici dans une petite ville. Première surprise, il vous est possible de parler aux habitants. Certains vous vendront des armes, d'autres pourront vous donner des indices pour continuer l'aventure. Seconde surprise, il y a deux sorties possibles pour quitter la ville : une à l'Est, l'autre à l'Ouest ! Dans l'opus précédent, les niveaux étaient très linéaires, on se contentait d'avancer toujours dans la même direction, mais avec cette suite, l'exploration est de mise ! Et ce n'est pas tout, si le commerce est l'une des nouveautés de cet épisode, un système de niveaux et de points d'expérience fait son entrée, ainsi qu'un système d'équipement. Si tout cela s'avère très rudimentaire, pour un jeu de la fin des années 80 il n'y avait guère que dans les RPG que l'on pouvait trouver tous ces éléments réunis.

Dernière surprise et non des moindres, après quelques minutes de jeu, la nuit tombe ! Hé oui, Castlevania II propose un cycle jour/nuit. La teinte du décor change, la musique aussi, et les monstres deviennent plus puissants ! L'avantage, c'est qu'ils rapportent aussi plus d'expérience. La nuit, les villes sont désertées par leurs habitants, et les goules et les corbeaux maléfiques viennent hanter les rues. Il vous faudra d'ailleurs forcément attendre l'aurore si vous souhaitez entrer dans un commerce, ou dans l'église afin de vous soigner.

 

  

Cycle jour/nuit, PNJ, marchands, équipement et expérience, comme un petit parfum de RPG

 

Cette suite reçoit des critiques assez honnêtes, IGN lui attribue 7/10, tandis que RPGamer lui assigne un 3.5/5 le qualifiant de standard pour les jeux à venir. Et lorsque l'on voit aujourd'hui le succès des séries qui viennent piocher des éléments de RPG pour enrichir et renouveler leur gameplay, on peut dire qu'ils avaient raison ! Pourtant, on reprochera souvent à Castlevania II sa localisation désastreuse. Les textes anglais étaient mal traduits, et la plupart des énigmes incompréhensibles sans soluce. Notez cependant qu'un fan a réalisé un hack de la ROM du jeu sur NES, avec des textes complètement revus et quelques modifications pratiques. Cette version est connue sous le nom de Castlevania II Redaction.

Néanmoins, la série Castlevania délaissera cet aspect RPG pour revenir aux sources avec Castlevania III. Les épisodes suivants préféreront garder l'aspect arcade, découpés en niveaux. Cela donnera néanmoins d'excellents titres comme Super Castlevania IV sur Super Nintendo en Octobre 1991, ou encore Rondo of Blood (connu également sous le nom de Dracula X) sur PC Engine en Octobre 1993.

 

Symphony of the Night,  l'émergeance du genre Metroidvania

 

Il faudra attendre l'ère des consoles 32bits, avec la Playstation pour que la saga Castlevania décide de remettre un peu de RPG dans son gameplay. C'est en 1997 que sort Symphony of the Night, qui est d'ailleurs la suite directe de Rondo of Blood que j'ai évoqué précédemment, et qui va devenir le jeu fondateur d'un genre connu aujourd'hui sous le nom de Metroidvania. Castlevania : Symphony of the Night vous met donc dans la peau d'Alucard, qui n'est autre que le fils mi-homme, mi-vampire du comte Dracula. Si au début de l'aventure vous commencez avec un équipement honnête, la Mort, fidèle alliée de Dracula, vous dépouillera de votre équipement, vous obligeant à partir à la recherche d'armes, armures et accessoires tout au long de l'aventure.

Avant de poursuivre, faisons un petit aparté sur la saga Metroid. Créé par Nintendo, Metroid est un jeu d'aventure/action mettant en scène Samus Aran, une chasseuse de primes de l'espace, qui au fil de la série devra affronter des créatures mortelles connues sous le nom de Metroid. Le gameplay est lui aussi en side scrolling, avec beaucoup de plateforme et de combat, mais le jeu n'est pas en ligne droite. De Metroid sur NES à Metroid Other M sur Wii, l'exploration à toujours été un élément central du gameplay.

 

  

Metroid et Castlevania, deux séries que tout séparait avant l'épisode Symphony of the Night

 

Tentons maintenant de donner une définition rapide du genre Metroidvania. Le plus simple est peut-être de vous l'illustrer par un exemple. Plusieurs chemins semblent s'offrir à vous, mais un seul uniquement vous permettra d'avancer dans l'histoire. En effet, les autres sont soit fermés par des portes, soit inaccessibles car vous ne pouvez pas sauter assez haut. Mais plus tard, vous trouvez un moyen d'ouvrir les portes. Vous revenez alors sur vos pas pour essayer de débloquer toutes les portes verrouillées jusqu'alors. Et puis plus tard, vous débloquez une compétence qui vous permet de sauter plus haut, vous pouvez donc explorer encore d'autres chemins, pourtant inaccessibles au début du jeu. Voilà, le principe d'un Metroidvania, c'est un peu ça.

Alors attention, la saga Metroid propose ce type de gameplay depuis son premier épisode sorti en 1986 ! Symphony of the Night est sorti 11 ans plus tard. Mais on parlera de la "naissance" des Metroidvania, car avant cela, seul Metroid proposait réellement ce type de gameplay. 

Outre cet aspect exploration, Castlevania : Symphony of the Night va également reprendre d'autres éléments présents dans Castlevania II : Simon's Quest. On retrouve ainsi un marchand à qui l'on pourra acheter équipement, potions, cartes des zones du château, mais également vendre notre surplus d'équipement. Le système d'expérience et de niveaux fait son grand retour, mais cette fois ci le système de statistiques est plus détaillé. Notre personnage a donc des points de force, de constitution, d'intelligence et de chance. Ces stats seront également impactées par votre équipement, que vous pouvez donc acheter, mais qui sera essentiellement ramassé sur le corps de vos ennemis. Booster la chance de votre personnage sera d'ailleurs un bon moyen d'acquérir des items intéressants tôt dans votre partie.

 

  

La richesse de ce Castlevania en fait l'un des plus appréciés de la série

 

On se rapproche donc des mécaniques d'un Hack n' Slash, avec une progression très "porte-monstre-trésor", mais où il faudra systématiquement se demander quels nouveaux chemins nous sont accessibles, à chaque nouvelle capacité obtenue. D'ailleurs Alucard dispose d'un grand nombre de capacités, comme celles de se transformer en brume ou en chauve-souris. L'influence des RPG ne s'arrête pas là, puis que le jeu propose de nombreux éléments annexes à débloquer, et même une fin alternative si vous trouvez comment affronter Richter Belmont, alors possédé par les forces du mal, de la manière appropriée. La "vraie" fin nécessitera d'ailleurs plusieurs heures de jeu supplémentaires, avec de nouveaux boss et le véritable boss final dont nous tairons le nom, mais vous vous doutez sûrement de son identité ...

 

L'héritage de la série

 

À partir de Symphony of the Night, le ton était donné. Suite au carton de cette épisode, cette fois-ci Konami est resté sur les mêmes bases pour les épisodes suivants. Ainsi, les épisodes sur GameBoy Advance et Nintendo DS en sont les véritables héritiers. Néanmoins, un nouvel élément apparaîtra dans la série à partir de l'épisode Aria of Sorrow. Soma, le héros de cet épisode, est capable de commander aux forces du mal. Ainsi, lorsque vous tuez un ennemi, vous avez une faible probabilité d'absorber son âme pour en obtenir les pouvoirs. Il existe ainsi trois types d'âmes que dont vous pouvez équiper le héros pour lui attribuer des pouvoirs différents. Outre l'aspect RPG très intéressant de ce système de compétences, cela donnait un véritable intérêt au jeu puisque la curiosité poussait le joueur à obtenir le pouvoir de chaque créature qu'il pouvait croiser. Cet élément a été repris à l'exactitude dans la suite de cet épisode, intitulé Dawn of Sorrow, sorti sur Nintendo DS. Le principe a ensuite été réutilisé avec un système de sorts à récupérer sur les ennemis dans Portrait of Ruin, et un système de glyphes (que l'on pouvait même combiner) dans Order of Eccelsia, tous deux sortis également sur Nintendo DS.

 

  

Les épisodes sortis sur GBA et DS sont des incontournables de la série

 

Entre-temps, les épisodes 3D sortis sur Playstation 2 ont également repris des éléments de RPG mis en place par Symphony of the Night. Ainsi, Lament of Innocence proposera lui aussi un système d'équipement, de gain de niveaux, de statistiques, avec la présence d'un marchand. L'aspect exploration est toujours d'actualité, mais la 3D obligera à proposer une exploration un peu plus linéaire du château de Dracula afin que le jeu ne devienne pas trop ennuyeux. Néanmoins, les combats seront déjà très dynamiques, avec un système d'esquives et de combos, dont le principe sera d'ailleurs repris et amélioré dans les récents Lords of Shadow 1 et 2.

L'autre épisode sorti sur Playstation 2 intitulé Curse of Darkness est la suite directe de Castlevania III sorti sur NES. On y croise d'ailleurs Trevor Belmont, héros du troisième opus. Cet épisode est intéressant, car il s'est inspiré du principe d'Aria of Sorrow pour proposer un système de gestion de créatures. Le héros est un "forgeron démoniaque" et il est capable d'invoquer des démons. Tout au long du jeu, vous débloquerez de nouveaux démons, et vous pourrez les faire évoluer de différentes manières selon l'arme que vous utiliserez pour vous battre. Chaque famille de démon a son propre arbre d'évolution, et chaque évolution dispose de ses compétences propres. On gère ainsi ses démons un peu à la manière de nos fidèles compagnons dans les RPG, et nous pouvons les invoquer à loisir selon les situations, leur donner des ordres ou encore définir leur attitude : offensive, défensive ou libre.

 

  

A mi-chemin entre compagnons et Pokémons, les démons innocents sont une nouveauté agréable dans la série

 

Bien sûr, l'influence des Metroidvania et les aspects RPG affiliés ne se limitent pas aux deux seules séries Metroid et Castlevania. D'autres jeux ont pu mettre en oeuvre avec brio un gameplay similaire. Rogue Legacy en est un bel exemple, Dust : An Elysian Tail ou Valdis Story : Abyssal City en sont également. Si pour l'instant la série Castlevania s'est un peu éloignée du RPG avec une approche plus aventure / Beat Them All dans Lords of Shadow, nul doute que le RPG sera toujours un élément de la recette qui fait de Castlevania une série unique et appréciée.

 

Nous arrivons donc au terme de ce dossier. J'espère que j'ai pu donner envie aux rôlistes que vous êtes d'apprendre des choses sur la série Castlevania et pourquoi pas de vous pousser à essayer au moins un ou deux épisodes de la série ! S'il fallait n'en retenir qu'un, je vous conseillerais Symphony of the Night, qui a été réédité en version HD sur Xbox Live Arcade et Playstation Network. Je vous avoue que j'ai aussi un faible pour les épisodes Aria of Sorrow (sur GBA) et Dawn of Sorrow (sur DS), que je prend toujours plaisir à refaire régulièrement. A bientôt pour un prochain Presqu'RPG !

 

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Commentaires (8)

#2

FullMetalPizza
Citoyen

Je suis beaucoup plus fan des Metroidvania que des premiers castlevania classique, mais ça reste des très bons jeux.
En revanche tout les épisodes en 3D sont a mon goût vraiment moisi, et la série Lords of Shadow a détruit la licence, j'ai peur qu'on ai plus de nouveau castlevania en 2D désormais. C'était très bien les Castlevania en 2D, pourquoi ils ont foutu ce clone de God of War, c'est pas Castlevania ça merde...

Bref, pour moi le vrai "Castlevania en 3D" c'est la série des Souls (Demon's souls et Dark Souls), et cette série va pas s'arrêter de si tôt a mon avis donc c'est déjà ça.
#3

mophentos
Paladin

Article très intéressant qui me fait regretter de ne pas y avoir joué ...
#4

Rosen
Garde

Le background des Castlevania etait si riche... On avait tout une chronologie depuis Vlad Tepes jusqu'à ... 2035!
Et ils ont rebooté la serie. Ils l'ont tué ce jour là. J'arrives même pas à jouer à ces jeux, ça me bloque.
Mais les vieux épisodes en 3d, par contre, ils etaient bons. Castle 64 et Castle PS2, je les ai dévoré. Ils sont polemiques dans la communauté, mais moi j'les aime bien. Et l'episode crossover online... mouarf, mieux vaut ne pas en parler.
#5

all_zebest
Héros

Super article qui me donne envie de me mettre à Castelvania II.
#6

Batman
Grand gobelin

J'espère que nous auront droit à de nouveaux Castlevania 2D, car les épisodes DS étaient vraiment très sympa.

C'est vrai que les Dark Souls et Demon's Souls ont un aspect Metroidvania et que l'ambiance rappelle beaucoup le côté lugubre des Castlevania. Remarque très pertinente !

Message édité pour la dernière fois le : 13/07/2014 à 05:26

#7

DemKin
Guerrier

Je viens justement de finir Mirror of Fate, sur 3DS ( qui était plutôt bien, sans casser des briques ). J'ai bien envie de me pencher sur cette série depuis quelque temps, je pense m'initier ( à la vraie série, pas à l'ersatz qu'est l'épisode 3DS ) avec ceux sortis sur DS.
#8

Lemmy
Garde

Ah, Castlevania et Simon's Quest, que de nostalgie !

Simon's Quest, je me souviens que c'est le premier jeu que j'ai terminé avec un dico d'anglais sur les genoux ! La fierté de finir un jeu comme ça sans soluce, ça n'a pas de prix
#9

Batman
Grand gobelin

Tu as pu finir Simon's Quest sur Nes ? Avec la trad anglaise d'origine ? Il parait qu'elle est bourrée de contre-sens, si c'est le cas je te tire mon chapeau masque car il semble qu'il faut avoir de la persévérance à revendre pour ce genre d'exploit.




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