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Lundi de l'indie #33 : Don’t Starve

par Iosword 09 Juin 2014 10:00 12

Vous le savez, aujourd’hui, fleurissent bon nombre de jeux qui se prétendent RPG et qui n’en sont pas et il y a aussi des jeux qui ne se prétendent en rien RPG et qui empruntent pourtant certains des codes du genre. Le jeu dont je vais vous parler aujourd’hui c’est Don’t Starve, littéralement « ne meurs pas de faim ». Et ce jeu fait partie de la seconde catégorie : il n’est en rien un RPG et ne prétend pas en être un. Pourtant, j’ai choisi de vous en parler, parce que c’est aussi ça, les lundis de l’indie.

On parle de nos coups de cœur quitte à s’écarter un peu de notre ligne éditoriale. J’ai donc choisi de vous parler de Don’t Starve, mais aussi de son DLC sorti il y a peu : Reign of Giants. Un jeu qui pioche un peu partout, notamment dans le roguelike, et qui se veut conceptuel. Un jeu qui m’a laissée libre de m’immerger dans son univers, de l’explorer, de le connaître, de l’aimer et surtout qui, à chaque instant, a voulu me tuer.

 

Après tout, la mort est une chose que nous avons l’habitude de fréquenter en tant que joueur. Et c’est quelque chose que Don’t Starve nous offre : une mort définitive à la moindre erreur. Une mort parfois frustrante, mais toujours instructive. En effet, il s’inscrit dans cette catégorie trop rare : celle des jeux de survie. Et des vrais jeux de survie : ici pas de survival horror, pas de mécanique de survie si simple que nous oublions son existence, dès que nous nous construisons un abri adéquat. Non à l’image de sa direction artistique burtonienne, le monde de Don’t Starve est hostile, étrange et cruel. Une bonne partie de la faune et de la flore cherchera à vous tuer et quand ce n’est pas l’environnement qui vous en veut, c’est votre estomac qui vous rappelle à l’ordre, c’est la nuit noire qui ne vous fera pas de cadeau ou c’est votre santé mentale qui décline au point que des hallucinations mettent fin à votre banale existence.

 

  

Voici Maxwell, l'homme qui est la cause de tout vos malheurs.

 

Le monde de Don’t Starve est donc tout sauf accueillant, mais parlons un peu de la direction artistique. Comme je l’ai dit plus haut, elle emprunte beaucoup à Tim Burton et ne plaira pas à tous. Moi la première, à l’époque de sa sortie : j’ai hésité et lorgné sur ce jeu longtemps. Tous les goûts sont dans la nature et je fais partie des gens qui trouvent que les univers délurés et glauques de Burton sont tout sauf esthétiques. Pourtant, j’ai fini par acquérir Don’t Starve et, heureusement, j’ai même fini par m’habituer à cette direction artistique qui, à défaut de me plaire, est totalement adaptée à l’univers qu’ont voulu créer les développeurs de Klei Entertainment. D’ailleurs, si la musique est bonne mais assez répétitive, les bruitages sont bien réalisés et très immersifs.

Passons. Avant de vous parler du jeu en lui-même, je vais évoquer la création de la partie. Vous devez choisir un personnage, pour ce faire vous devez d'abord les débloquer grâce à des points d'expérience que vous gagnez soit en survivant suffisamment longtemps, soit en remplissant certaines conditions. Chaque personnage a ses défauts et ses avantages. Par exemple, Wigfrid a du sang viking et est une très bonne guerrière avec un équipement redoutable mais ne peut se nourrir que de viande.

En tant que nouveau joueur, vous n’avez pas le choix, vous incarnerez obligatoirement  Wilson, un personnage moyen au niveau de ses statistiques (faim, vie, santé mentale) mais qui peut se laisser pousser une belle barbe qui vous évitera, un peu, de vous geler les miches en hiver et qui aura d’autres utilités. Ensuite, si vous possédez le DLC Reign of Giant, vous avez le choix entre l’activer ou non pour votre partie. Personnellement, je vous conseillerais d’apprendre à maîtriser le jeu de base avant de vous attaquer à ce dernier. Les mécaniques rajoutées sont nombreuses et appréciables, mais le monde n’en est que plus mortel. Et avant de lancer la partie vous pouvez configurer votre difficulté. Les maps de jeu sont générées de façon procédurale, donc vous ne saurez jamais ce qui vous attends, mais vous pouvez orienter cet aléatoire. Il existe un menu qui vous permettra soit de lancer une partie dans une des trois présélections proposées, soit de choisir tout les paramètres : voulez-vous plus d’or ? Un hiver très court ? Plein de lapins ? Pas de foudre ? Un monde tout petit ? Ad nauseam… C’est à vous de choisir.

 

  

Les options de personnalisation sont nombreuses.

 

Voilà, la partie est lancée et vous vous retrouvez dans un monde qui vous est inconnu avec les paroles rieuses de Maxwell qui vous conseille de trouver quelque chose pour vous repaître avant la nuit. Et c’est là que commence votre apprentissage. Vous allez devoir apprendre à crafter des outils pour collecter des matières premières qui vous serviront à des constructions plus évoluées. Vous allez aussi devoir incarner un chasseur-cueilleur pour remplir votre panse. Et surtout, vous allez devoir apprendre à gérer votre temps en n’oubliant pas que si le crépuscule n’est qu’une phase sombre, la nuit noire, elle, vous est mortelle. Bien sûr, dit ainsi, cela doit paraître plutôt simple. Il n’en est rien. Le plaisir d’un jeu comme Don’t Starve c’est l’apprentissage, on apprend à survivre et à s’organiser. On apprend à être patient et à toujours réfléchir, à observer avant d’agir.

D’ailleurs, la chose qui me plait le plus dans ce jeu est l’aspect simulationniste. Bien sûr, je ne croise pas des Treants tous les jours mais pour allumer un feu il faut du bois, pour consommer certains aliments il faut les cuire et pour les cultures il faut de l’engrais. De même, les aliments pourrissent et la pluie éteint les feux. En effet, les mécaniques sont logiques et le monde est très vivant. Une fois que l’on se croit à l’abri, près d’un vivier de lapins et de baies, viennent les premières complications. En effet, régulièrement, des sortes de chiens-loups viendront vous attaquer. Certains seront en feu, d’autres vous gèleront : ce qui est certain, c’est qu’ils seront de plus en plus nombreux.

 

  

"Toi et moi, Deerclops, on ne va pas s'entendre"

 

Mais vous êtes vaillant et fier. Vous avez survécu à cette horde de clébards enragés. Et là, arrive l’hiver ;  pendant cette période il ne fait pas bon vivre. La nourriture est quasiment introuvable, des pingouins envahissent les côtes et surtout l’hypothermie vous guette à chaque instant. Sans parler de votre santé mentale dont vous commencez à sérieusement douter. Mais peut-être réussirez vous à voir la neige fondre et là quelle ne sera pas votre euphorie ! Extase même, très vite remplacée par la crainte : l’hiver est parti et l’hiver reviendra. Vous essayerez donc de rassembler des ressources, de vous armer, de vous vêtir. Peut-être croiserez vous le chemin de créatures mythiques quelques peu agressives.

Vous deviendrez donc guerrier, tailleur, bûcheron, mineur, cueilleur, chasseur, artisan, semeur, mais aussi cuisinier car nombreux sont les ingrédients et leurs propriétés. Ainsi, la viande de monstres vous nourrira mais vous coûtera cher en santé mentale à moins que vous ne la cuisiniez avec quelques fruits et/ou légumes. D'ailleurs, saviez-vous que les ailes de papillons sont un mets de choix ? Vous deviendrez, peut-être, aussi commerçant échangeant des objets étranges contre de l'or auprès du roi des hommes-cochons, berger de vos chers beefalos ou encore apiculteur.

 

  

Voilà un peu à quoi ressemble l'artisanat.

 

Comme je l’ai dit, le monde de Don’t Starve est cruel et recèle nombre de surprises. Et je pourrais vous les énumérer longtemps tellement le gameplay s’avère riche, mais cela serait vous spoiler. D’ailleurs, le jeu a bien évolué depuis sa sortie, ayant bénéficié avant son add-on de six mois de mises à jour régulières et gratuites. Mises à jour qui ont certes, équilibré le jeu, mais aussi rajouté du contenu non négligeable. Bref, je parlais donc de surprise, si jamais l’une d’elle finit par vous tuer ainsi soit-il : vous recommencerez. Et vous apprendrez à maîtriser cet univers jusqu'à ce que la survie devienne chez vous un automatisme et que les jours s’écoulent par centaines et là, que se passera-t-il ? Chaque partie étant unique, vous recommencerez. Pour varier le plaisir, vous changerez de personnage, vous explorerez les cavernes souterraines ou peut-être vous essaierez le mode aventure qui est caché au sein du mode survie ! Puis, ensuite, vous vous lasserez. C’est évident, même si, personnellement, cela ne m’a pas empêché de passer plus de cinquante heures sur le jeu de base. Et, puis, le DLC est sorti et ses doux yeux m’ont fait retomber dans ce monde addictif.

Donc, l’add-on se nomme Reign of Giant, pour une raison simple. Avant, il y avait Deerclops la créature mythique, géant de l’hiver, et si vous aviez le malheur de le croiser, sans que vous y soyez préparé, vous pouviez dire adieu à votre campement. Ce qui en plein milieu de l’hiver signe aussi votre mort. Désormais, il y a un géant à chaque saison, chacun ayant ses caractéristiques. D’ailleurs, une autre nouveauté est qu'il y a quatre saisons (avant il n’y avait que l’hiver et le printemps). Or, vous apprendrez que si l’hypothermie tue très vite, la canicule est peut-être plus terrible encore et vous verrez aussi que la pluie est dangereuse aussi : elle donne froid et fait pourrir plus vite vos objets périssables. Les saisons ne font pas tout. Deux nouveaux biomes ont été ajoutés : le désert où des vautours attendront votre trépas et la forêt de châtaigniers, lieu aux couleurs chatoyantes. L'add-on ajoute aussi deux protagonistes et des nouvelles recettes de craft et de cuisine ainsi que de nouvelles créatures pour le bestiaire et des rééquilibrages de l’ancien. Ainsi les lapins ne sont plus présents toute l’année. De même, si les cavernes et le mode aventure n’ont pas vu de nouveautés, le DLC réserve beaucoup de surprises que je vous laisse le soin de découvrir.

 

  

"Chaton, Chaton, viens me voir" - Même à la fin de l'hiver, il peut y avoir à nouveau des baisses de température

 

Alors, oui, Reign of Giant rajoute de la difficulté, ce qui ne plaira à tous. Mais il le fait bien, en rajoutant de nouvelles mécaniques et en dépoussiérant les anciennes. N’est-ce pas ce qu’on attend d’un jeu de survie que d’avoir du challenge ? Surtout quand ce dernier est achetable au petit prix de 5$ sur le site du développeur. Le jeu de base est quand à lui à 15$. Et d’ailleurs, sachez que pendant l’été 2014, Don’t Starve subira une mise à jour rajoutant un multijoueur. Cet ajout sera gratuit pour les possesseurs du jeu, mais en revanche, pour ceux qui ne l’ont pas, ce dernier verra son prix augmenter de 5$ environ. Sachez aussi que le jeu est moddable et a une communauté assez active qui vous proposera un patch de traduction (le jeu n'étant qu'en anglais de base) de nouveaux personnages ou des éléments de gameplay.

 

En conclusion, Don’t Starve est un bijou. L’expérience est plaisante et jouissive, les mécaniques sont complètes, la liberté est totale et vous pouvez même jouer d’une manière très roleplay. Il n’y a rien de plus agréable que de survivre à ce qui nous avait tué lors de la partie précédente ou de trouver une solution pour résister encore quelques temps. Car ce qui fait le plaisir de jeu, c'est aussi la découverte et l'apprentissage même si ces derniers se paient souvent à un prix mortel. De plus, entre la génération procédurale et la richesse des mécaniques, Don't Starve vous promet une infinité d'heures de jeu en perspective. En revanche, c'est un jeu qui requiert de la patience et a des débuts de partie qui finissent par être répétitifs. Néanmoins, le jeu vaut largement le détour, et ce, même si ce n’est pas un RPG.

Commentaires (12)

#2

Shaam
Grand chevalier

Effectivement jeu a faire, vachement jolie pour un indie en plus, dommage pour l'aspect redondant, effectivement ca soule un peu, le multi serait peu être une solution mais ça détériorerait l'ambiance je pense...enfin bref bon ptit jeu
#3

Yoarashy
Chevalier

Super jeu, j'y ai passé pas mal d'heures même si je suis jamais allé loin ^^ (Day 14 max)
#4

Le_Nain
Villageois

Un jeu que j'apprécie beaucoup. Acquérir les mécaniques de survies ne fait pas en deux heures. Il y a des quoi s'amuser pas mal de temps dessus avant de le trouver répétitif.
J'attends aussi de voir le multi. Ça peut être sympa. L'intention est de limiter les parties à 4 joueurs pour le moment si je ne me trompe pas. En relevant la difficulté pour devoir travailler en équipe, je pense qu'il y a du potentiel pour de la coop.

Merci bien pour cette présentation. Encore un jeu de Klei Entertainment qui vaut le détour comme pour Shank, Torchlight et Mark of the Ninja.

Message édité pour la dernière fois le : 09/06/2014 à 11:42

#5

reebob
Noble

Je confirme pour la difficulté de l'extension. Je passais facilement plus de 100 jours sur le jeu d'origine, mais avec l'addon j'ai du mal à passer l'été. Sans parler de la pluie qui est horriblement contraignante. La pluie de grenouilles quelle atrocité perverse.
#6

Le_Nain
Villageois

Je confirme pour la difficulté de l'extension. [...] Sans parler de la pluie qui est horriblement contraignante. La pluie de grenouilles quelle atrocité perverse


Argh... Salété de pluie. Obliger de construire un vieux parapluie pour ne pas moisir vivant en début de partie. Et quant c'est pas l'eau ou le froid (voir les deux ensembles le froid sur les vêtement mouillés), c'est la canicule qui fait des ravages!

Message édité pour la dernière fois le : 09/06/2014 à 11:57

#7

Iosword
Grand chevalier

Merci bien pour cette présentation. Encore un jeu de Klei Entertainment qui vaut le détour comme pour Shank, Torchlight et Mark of the Ninja.

Effectivement, sinon que Klei n'a pas fait Torchlight : ce sont les développeurs de Runic Games.
Klei a juste réalisé des cinématiques pour le second opus.

Effectivement jeu a faire, vachement jolie pour un indie en plus, dommage pour l'aspect redondant, effectivement ca soule un peu, le multi serait peu être une solution mais ça détériorerait l'ambiance je pense...enfin bref bon ptit jeu

Bah, dans tout les cas, le multi est un plus. Cela ne veut pas dire qu'il sera réussit et que les joueurs l'utiliseront mais il aura le mérite d'exister. Et même si cela cassera l'ambiance cela pourra donner lieu à quelque partie sympathique. En attendant, malgré le côté répétitif du début de jeu, j'arrive encore à m'amuser avec ou sans l'add-on en jouant avec la difficulté (faire une partie en lumière éteinte, c'est compliqué et avec l'add-on, c'est très vite mortel).

Message édité pour la dernière fois le : 09/06/2014 à 12:20

#8

Anathorne
Citoyen

J'y ai des joués des dizaines et dizaines d'heures, c'est un jeu que je vous recommande chaleureusement tant il est bien conçu, agréable à jouer et drôle de surcroit ! J'en suis encore accro pour vous dire.
#9

Lecrolle
Garde

Oui oui, c'est bien vrai, un bon p'tit jeu.

Parfait pour jouer avec un pote qui regarde par dessus notre épaule et qui donne toujours son point de vue sur ce que tu devrais faire:

" -Non mais vas y! Récolte un max d'herbe là!
-Pense à prendre des baies!
-Attention y va faire nuit!"

Ceux qui ont passé de bons moments sur ce jeu comprendront.
#10

Walker
Guerrier

Merci pour le test , j'avais entendu parler de ce jeu mais le fait que c'est un jeu compliqué style minecraft ou il faut se tapper 20h de lecture de wiki pour apprendre a jouer m'avait découragé

mais bon je pense que je vais quand meme l'essayer.
#11

reebob
Noble

@Walker

Plus un jeu nécessite de l'apprentissage, et de la compréhension pour être maitrisé, et plus il procure du plaisir à long terme. C'est parce que les jeux sont devenus trop assistés et simplistes que les joueurs sont blasés de plus en plus rapidement.
#12

Caldanath
Gobelin

@Walker

Plus un jeu nécessite de l'apprentissage, et de la compréhension pour être maitrisé, et plus il procure du plaisir à long terme. C'est parce que les jeux sont devenus trop assistés et simplistes que les joueurs sont blasés de plus en plus rapidement.


Autant je suis d'accord pour ta première phrase, autant vaut mieux qu'il y ait encore des jeux simples d'accès pour pouvoir se défouler sans se prendre la tête. La diversité c'est bien.
#13

Iosword
Grand chevalier

Oui, la diversité c'est bien.
Néanmoins Walker, il n'y a pas besoin de wiki. Comme je l'ai dit dans ce pseudo-test, Don't Starvea un coté très digne d'un jeu de simulation. Donc bien sûr, il y aura des surprises (beaucoup même), mais les mécaniques/objet/craft une fois connue te paraitront très logique. Ce qui permettra aussi, que tu les trouve sans avoir besoin de quelconque aide.
Et il serait dommage de se spoiler, dans un jeu où l’apprentissage et la découverte font le plaisir de jeu.




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