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C'est dans la poche #4 - Out There

par pouicoss 07 Mai 2014 08:44 6

Imaginez. Vous êtes un astronaute tout juste sorti d'un sommeil cryogénique. Votre vaisseau cargo est opérationnel, les voyants sont au vert, l'ordinateur de bord répond bien. Il semblerait que le voyage jusqu'à cette lune de Jupiter se soit déroulé sans trop d'encombres. Pourtant, quelque chose cloche. A votre réveil, vous réalisez que vous n'êtes certainement pas aux alentours de Jupiter, ni même dans notre système solaire. Vous voilà ailleurs, perdu dans l'immensité de la voie lactée, et c'est là-bas que commence votre véritable voyage. (musique angoissante ...)

 

Ce pitch vous intéresse ? Et bien c'est celui d'Out There, un jeu Android et iOS sorti le 27 février. Il est développé par le français de mi-clos studio (car oui, il est seul maître à bord !) avec la collaboration de Fibretigre (auteur français "spécialiste des fictions interactives") qui a donné un gros coup de papatte pour l'élaboration du scénario mais aussi sur le game design du jeu.  Alors oui, c'est un jeu qui tient dans la poche. Mais je vous propose de voir quand même ce qu'il a dans le ventre. Parfois, on peut être surpris.

 

Out There n'est pas sorti il y a très longtemps, mais il suscite déjà l'intérêt de nombreux joueurs et a reçu un très bon accueil. Régulièrement, le jeu de mi-clos se voit comparé à Faster Than Light – dont Batman a refait une présentation dernièrement à l'occasion de la sortie de l'Advanced Edition. De par son univers de Science-Fiction et son gameplay punitif et procédural inspiré des roguelikes, il est vrai qu'au premier regard, Out There rappelle le titre de Subset Games.

 

  

Une intro qui donne le ton ...

 

Pourtant, après avoir lancé le jeu, on se rend très vite compte qu'Out There va proposer quelque chose d'unique en son genre. L'introduction et les premières minutes font immédiatement penser à un Livre dont vous êtes le héros. Vous débutez la partie dans un système solaire, aux commandes d'un cargo de base équipé toujours des mêmes appareils – tel qu'une sonde ou un moyen de propulsion. Oui, c'est pas le Normandy ou l'Ebon Hawk. Le but d'Out There est alors simple et terriblement évident : naviguer de système en système, dans l'inconnu, pour rejoindre une étoile bien précise. Pour ce faire, il faudra garder à l'oeil trois jauges principales que sont le carburant du vaisseau, l'oxygène et l'état de sa coque.

 

  

Améliorez votre vaisseau ... ou chourrez-en un nouveau !

 

Le joueur découvre l'histoire de cet astronaute perdu aux confins du cosmos par l'intermédiaire de son journal de bord. Régulièrement, une entrée du journal apparaît à l'écran et vient ponctuer l'exploration de la voie lactée. Un excellent moyen de développer le background du jeu, mais surtout, de construire une histoire unique à chaque partie. Le travail d'écriture est assez remarquable – et bien plus travaillé que dans Faster Than Light, par exemple. Les pensées du héros nous sont dévoilées, certains passages nous donnant l'impression qu'il est au bord de la folie ou de la déprime, tandis que d'autres sont uniquement là pour décrire la découverte d'une nouvelle planète habitée. Mais ces passages narratifs sont bien loin de ne faire office que de remplissage, non. Ils constituent même l'un des cœurs du gameplay. Le joueur n'est  en effet pas toujours passif – voire rarement, en fait. Certains événements aléatoires viendront perturber ses plans et lui demanderont de prendre des décisions souvent difficiles, car personne ne peut prévoir ce que le vide spatial nous réserve. C'est là que le "rôle" entre en jeu, que le joueur devient l'astronaute, et que le gameplay devient grisant.

Au fil de chaque aventure – car vous mourrez souvent et recommencerez de zéro avant de découvrir une des trois fins – survient le tiraillement entre l'exploration et l'économie des ressources. Oui, Out There est un véritable jeu de survie, où il faudra de toute façon chercher à économiser, à prévoir le pire et à anticiper. D'un autre côté, il faudra savoir explorer, parfois au mépris du danger, pour trouver des améliorations pour son vaisseau (plus d'une vingtaine de possibilités) voire même en aborder de nouveaux. Car, à l'instar de Faster Than Light (décidément, encore lui), Out There est aussi un jeu où la gestion du vaisseau et de son espace est primordiale. Les vaisseaux ont des caractéristiques différentes, et n'ont pas le même nombre d'emplacements nécessaires au stockage des ressources ou pour disposer de nouveaux équipements.

 

  

Carte de la galaxie et exemple de choix multiples

 

Pourtant, ne cherchez pas là un Faster Than Light bis, ou pire, comme j'ai pu le lire ailleurs sur le net, une version au rabais pour mobile. Non. Les deux jeux ont bien des similitudes, et doivent avoir un peu d'ADN en commun, mais alors que FTL propose bien souvent de prendre les armes, Out There lui conçoit l'espace comme une aventure en solitaire. Ou presque. Il y a bel et bien des extra-terrestres, et des planètes plus exotiques les unes que les autres. Ici aussi, le jeu est très bien conçu. N'espérez pas tailler le bout de gras avec le premier petit homme vert que vous croiserez. Les aliens que vous visiterez vous parleront, pour sûr, mais dans leur langue. Et c'est au fil de votre voyage – en espérant qu'il ne se termine pas trop vite – que vous apprendrez des bribes de langage. Quitte à me répéter, Out There puise son inspiration dans bien des genres, mais la narration a une place primordiale au sein même du gameplay. C'est par elle que se dévoilent les nouvelles mécaniques de jeu et que se déploie un univers qui, à chaque partie, n'est jamais tout à fait le même. Pour les fans de science-fiction, c'est d'ailleurs un régal tant pour les yeux que pour les oreilles, avec des graphismes léchés et inspirés, et une bande-son discrète mais efficace. 

Et il y a tant de choses à dire encore. Car le jeu est aussi un vibrant hommage à la science-fiction pulp et à ses successeurs – coucou Skoeld si tu passes par là, tant que j'y suis. Alors, oui, je vous avouerai bien que j'ai pesté plusieurs fois, à crever bêtement après avoir fait juste une mauvaise rencontre, au mauvais moment. Il faut avoir de la chance, et parfois, on aura l'impression que c'est un peu injuste. Mais qu'importe, Out There réussit l'exploit de proposer un jeu spatial où l'espace est à la fois l'ennemi et l'allié du joueur. Un jeu qui nous donne réellement l'impression que l'espace est sans fin alors qu'il tient dans notre poche, sur un petit écran. Mais il parvient aussi à retranscrire à merveille ce sentiment de découverte qu'on a en lisant son premier livre de science-fiction. Il donne envie de se remater la mini-série "De la Terre à la Lune" ou tout simplement de prendre sa lunette astronomique sous le coude, de se poser tranquillement dans un champ et de lever les yeux vers les étoiles... avant, bien entendu, de relancer une partie !

Commentaires (6)

#2

mophentos
Paladin

Merci pour cette découverte pouicoss :)

je viens de le DL, je vais tester ce soir dans le train.
#3

Overlorc
Chevalier

A noter:
- Que ça va bientôt sortir sur pc.
- Que Fibre tigre a été interviewé dans le podcast #11 de zsqd.fr, quelques anecdotes de développement à la clé etc ( 40 minutes lui sont consacrés)
- Que décidement ça a l'air génial, vivement que ça débarque que sur steam ( et en plus c'est pas cher)
pour le papier Pouicoss.
#4

Lamenoire
Guerrier

J'ai le jeu depuis quelques mois et je confirme qu'il est très sympathique pour un jeu mobile. L'atmosphère qui s'en dégage est unique et captivante et la musique envoutante n'y est pas étrangère.
Deux défauts cependant :
-les événements aléatoires représentent l'essentiel de l'histoire et de la progression et ils sont trop peu nombreux à mon goût ; comme à chaque mort on doit recommencer depuis le début (et l'on meurt très souvent croyez-moi), cela devient assez redondant après quelques heures de jeu.

-que le jeu soit punitif c'est très bien mais l'aspect aléatoire peut être assez frustrant et peut ruiner en quelques tours le meilleur gestionnaire, du coup même avec une bonne stratégie il arrive souvent de perdre à cause d'une succession d'événement en notre défaveur sans que l'on ne puisse rien y faire.

Un petit conseil pour finir, si l'une des ressources principales tombe à 0 c'est le game over, mais elles n'ont pas toutes la même importance, privilégiez toujours le stockage de carburant aux 2 autres. On tombe bien plus souvent en panne sèche qu'à court d'oxygène.
#5

mophentos
Paladin

Finalement j'est testé le jeu ...

vraiment sympa graphiquement et l'ambiance ... et je suis mort en 10 mn en manque de carburant ^^

mais je penses que c'est un bon jeu pour tablette, mais pour PC ... j'en suis moins sure ...

Message édité pour la dernière fois le : 07/05/2014 à 11:06

#6

Smash15195
Citoyen

J'ai trouvé ce jeu très mauvais une fois la bonne surprise de la découverte passée.
#7

Daneel
Citoyen

La version PC proposera plusieurs améliorations.




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