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Les lundies de l'indie #24 - Hammerwatch

par all_zebest 02 Déc 2013 06:24 3

Gauntlet m'a toujours fait me poser une existentielle question : si on tire sur de la bouffe, est-ce qu'elle disparaît vraiment ? Une longue série d'études scientifiques m'a permis de déterminer que non, envoyer une flèche, une hache ou une boule de feu sur une côte de porc, ça ne la détruit pas. En revanche, ça salit l'ameublement. J'ai aussi essayé sur de la barbe-à-papa, ça marche pas. C'est comme frapper un fantôme. Ça. Marche. Pas.
Aussi, j'aime bien Gauntlet, mais ce concept absurde doit disparaître. Heureusement, Hammerwatch, étrangeté sortie au beau milieu de l'été suédois, nous emmène vers une représentation bien plus réaliste de la relation entre les armes et le manger.

Si mon intro n'a pour vous aucun sens, pas de panique, j'en avais aussi écrit une plus classique. Aussi je vous propose les deux :

Vous vous souvenez de mon lundi de l'arcade ? En toute fin de deuxième partie, je vous plaçais deux mots sur Gauntlet Legends, un des derniers volets de la saga d'Atari. Avec Get Medieval, distrayante tentative de Raven Software sortie la même année que Legends, et si l'on omet le très déprécié Seven Sorrows sur PS2 en 2006, le style Gauntlet a plus ou moins disparu de la surface de la planète jeu depuis quinze ans. La flamme ne s'est pas éteinte pour autant et le grand ancêtre du hack'n slash anime toujours les passions. En tout cas, il animait celles de deux suédois un peu fous (pléonasme) qui ont décidé de sortir leur version du mythe cet été. Et laissez moi vous prévenir de suite : c'est du matériel à jeu de l'année.

C'est plus clair ? Bien, enchaînons.
 



Un p'tit air de famille


Hammerwatch est une descente de donjon difficile, brute de décoffrage, difficile, typée arcade et difficile.
Partant de ce postulat, vous vous doutez bien évidemment qu'il sera hors de question d'aller explorer le machin sans être adéquatement équipé. Par défaut, Hammerwatch vous propose de jouer un paladin, gros bourrin à l'épée à même de charger une nuée d'ennemis sans sourciller, le genre de bonhomme qui tabassait les petits dans la cours de récré. Si ce grossier personnage vous déplaît, vous pouvez choisir d'incarner un mage, fiotte en robe et à la barre de vie tellement mince qu'elle trouverait un jean taille 34 encore trop grand. Le genre de mec qui se faisait tabasser par le paladin dans la cours de récré. En grandissant, le bonhomme a néanmoins appris à se défendre et, aujourd'hui, il envoie des boules de feu de la taille de pizzas et planque un lance-flamme diablement utile sous sa jupe. A ses côtés, le warlock, magicien noir (mais pas noir), adepte du corps à corps et armé d'une dague empoisonnée, le genre de mec aigri à l'air de fouine que personne n'invite aux réunions de famille. Enfin, le ranger, espèce de Legolas pété au crack qui balance plus de flèches à la minute que Navarre de vannes sous la ceinture. Le genre de gars qu'on aimerait ne pas inviter aux réunions de familles mais qui est trop populaire auprès des filles pour qu'on le laisse sur le pas de la porte.
Cette belle brochette de sociopathes, qui doit sûrement tourner au Tranxène pour être présentable en société, c'est vous. Votre but ? Tuer le plus possible de trucs agressifs avant que les trucs agressifs ne vous tuent, et si possible vous en mettre plein les fouilles sur la route.

Car Hammerwatch, comme tous les jeux qui réduisent les composantes du jeu de rôle à leur plus simple expression, est un porte-monstre-trésor intransigeant. Difficile, vous disais-je. Un dungeon crawler à l'ancienne (je rappelle aux intégristes que le dungeoncrawlisme n'est pas uniquement l'apanage des enfants de Wizardry et Dungeon Master) qui ne s'embarrasse d'aucun artifice : moi vois, moi tue. Là. Seule exception : si ça brille, ça se fout dans les poches.
Concrètement, vous contrôlez trois pixels d'awesomeness testéronée dans un monde qui vous crache du monstre à la tronche quasiment non-stop. Ça flingue de partout (surtout si vous jouez un ranger) et on se croirait vraiment dans une salle au milieu des 80's. A ceci près qu'on est en 2013 et qu'on ne joue pas au crédit. Alors, pour étoffer un peu un jeu qui aurait été vraiment trop simpliste s'il n'avait été qu'une update de son grand-père, Hammerwatch s'offre quelques petites features du futur.
Ainsi, si avancer dans les niveaux tient toujours à la récolte de clés et qu'amasser de l'or est votre objectif principal (oui, parce qu'y a pas d'histoire, hein, rêvez pas. Que dalle. Même pas une demi-ligne de texte), il ne s'agit plus simplement de faire du score pour écrire son nom à la fin du jeu. Ici, la monnaie sert à booster les capacités de vos lemmings en cosplay du Seigneur des Anneaux. Au menu, on pourra augmenter ses barres de vie et de mana, se créer un compteur de combo et acquérir de nouveaux pouvoirs. De toutes ces choses, le compteur de combo est incontestablement l'idée la plus fun : en tuant du monstre, vous remplissez une jauge. Tuez-en dix assez vite pour qu'elle n'ai pas le temps de se vider et vous activerez un bouclier et boosterez votre puissance de feu (plus quelques bonus que vous pourrez acheter, comme un tir magique en étoile ou un life-leech).
L'arsenal à disposition est large, complètement barré et trrrrrrrrèès efficace. Tant mieux, d'ailleurs, car vous allez en avoir besoin. Non seulement les labyrinthes sont tortueux et infestés d'ennemis qui vous courent après comme des zombies affamés (demandez à Megamat), mais la dernière salle est gardée par un boss des flammes de l'enfer, une de ces cochonneries qui vous balancent tellement de boulettes à la poire que vous en aurez des souvenirs de shmup, pour peu que vous soyez familier du genre. A défaut, imaginez-vous en mode hardcore dans l'acte IV de Diablo II. Ou devant Maman dans Binding of Isaac. Ou dans le final sous acides d'Ultima Underworld. Et si après tout ça vous n'avez toujours pas idée du niveau de n'importe-quoi dont je peux bien vouloir parler, sachez que vous êtes un fort triste être humain.
 



Un combo et une upgrade, l'un est explosif, l'autre non, mais l'un ne va pas sans l'autre.


Maintenant que vous comprenez à quoi vous avez affaire, permettez-moi de préciser la seule et unique manière de jouer à Hammerwatch comme il se doit : en coop. Oh, il y a un solo, hein, ne lisez pas ce que je n'écris pas, mais comme dit un vieil adage que je viens d'inventer : "Gauntlet c'est bien, Gauntlet à plusieurs c'est mieux."
Le level-design et le nombre d'ennemis ne changent pas (vous pouvez toujours augmenter le niveau de difficulté mais, croyez-moi, en moyen c'est déjà bien le bordel), l'or ramassé par un joueur l'est pour tout le monde (et chacun gère sa bourse séparément, dont pas de course au loot) et, bien simplement, tout est fait pour qu'on puisse enjoille (©KiVousSavez)  quatre fois plus fort le jeu, parce qu'on est quatre fois plus nombreux. Mieux encore, si vos potes sont nuls, vous pouvez même bricoler les options pour mettre les vies infinies (très pratique), doubler la puissance des armes et ce genre de joyeusetés. Si vous êtes maso, vous pouvez aussi opter pour jouer avec une seule vie (permadeath, tonton !) voire un seul PV, partager une seule barre de vie entre tous les joueurs ou empêcher que le mana ne remonte tout seul. Y a de quoi s'amuser quelques heures avec ce genre de trucs. Et comme la compétition, c'est toujours rigolo, une fois la partie quittée vous pourrez comparer vos performances avec celles de vos potes (mais évitez de jouer avec Killpower, il est nul). Notez que si vous n'avez pas d'amis et que vous êtes nul ou maso vous-même dans votre coin, toutes ces options sont également disponibles en solo.
Un lourd bémol vient toutefois entacher le multi : le système de connexion est assez roots et, pour peu que vous ne deviniez pas tout seul comment mettre la machine en branle, vous pouvez toujours courir. Aucune aide, aucun manuel ne viendra à votre secours. Heureusement, y a Google, et une fois que vous aurez compris la manoeuvre, plus rien ne pourra vous empêcher de kiffer, comme disent les junkies.

Un dernier cadeau, le jeu est fourni avec un éditeur de niveaux efficace, à défaut d'être d'une déconcertante simplicité, pour ajouter quelques heures à une durée de vie il faut bien l'avouer un peu chiche (une unique campagne en quatre actes). La communauté s'est d'ailleurs déjà mise au travail, allant inventer un générateur aléatoire de niveau ou carrément décider de recréer Diablo ou Doom dans ce petit monde de pixels.
 



Loin d'être une idée de riche, l'éditeur est une riche idée


Du matériel à jeu de l'année, disais-je.
Oh, c'est sûr, c'est pas Mass Effect, on n'a pas du grand jeu de rôle en jouant à un clone de Gauntlet (pour rigoler, j'ai compté ses points au RPGFrancemètre, et il aurait eu 0,5 dés sur 5), mais branchez quelques potes, faites-vous deux ou trois soirées de dungeonning sauvage comme au bon vieux temps, et vous comprendrez pourquoi je devais vous parler de ce jeu.

Comme c'est les soldes, Hammerwatch est actuellement disponible pour à peine plus de cinq euros sur Steam (contre 9€ en temps normal). Si vous préférez le #NoDRM polonais, vous en aurez pour un poil moins de $10 (ça fait 7€)
 

 

Commentaires (3)

#2

murlock
Villageois

J'ai craqué ce week-end, et j'y ai passé déjà quelques heures avec bonheur.

Très bon jeu, quoique la musique est un peu répétitive.
#3

all_zebest
Héros

J'adore ta prose, camarade.
#4

skoeldpadda
Garde royal

Mon plaisir, cher monsieur.




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