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Les lundis de l'indie #22 - Desktop Dungeons

par all_zebest 18 Nov 2013 06:34 13

Vendredi dernier, alors qu'à cinq heures, comme le veut la légende, Paris s'éveillait, je me rendais compte, loin dans ma septentrionale retraite, que ma nuit avait été bien courte. La raison ? Un puzzle-game un poil couillon au principe enfantin qui vous ensorcelle comme Jörmungand tua Thor, empoisonné par le venin du serpent.

Desktop Dungeons se décrit lui-même comme "un roguelike réimaginé sous la forme d'un puzzle à tableaux de quelque sorte", s'amusant de sa propre irrégularité comme de l'incapacité des professionnels du jeu vidéo à le cataloguer réellement. C'est qu'il est retors, ce petit jeu. De son alpha de l'hiver 2010 à sa sortie sur Steam en ce froid mois de novembre en passant par différentes phases "d'accès anticipé" au fil des derniers mois, Desktop Dungeons est passé du statut de petite bricole bidouillée avec trois pixels à véritable objet de culte indé pour connaisseurs masochistes sans jamais se dépareiller de son frugal et candide principe : offrir à chaque session un grand maximum de dix minutes de gameplay.
Présenté comme ça et sans avoir une réelle idée de comment la bestiole se joue, vous pourriez penser qu'il est embarrassant, presque avilissant, de se laisser à ce point distraire par un objet d'une telle naïveté. Seulement voilà, Desktop Dungeons, dont je n'ai pas fini de répéter le nom tant il m'amuse et sonne à mon oreille, est de ces petites choses addictives qui ne vous lâchent plus, aussi dépouillées qu'elles soient.
 



Everyday I'm dungeonning.


Pour vous en expliquer les raisons, il va me falloir remonter à ma découverte du jeu, lors des premières phases alpha gratuites (encore disponible en téléchargement libre à l'heure où je vous parle). Le jeu d'alors se présentait comme le plus commun des roguelikes, avec des races et des classes à sélectionner, d'autres à débloquer, quelques maigres options et une série de donjons sans réel liant.
Le concept était, je l'ai déjà dit, simplissime : un labyrinthe plongé dans l'obscurité, des cases, des monstres et un brave héros déterminé à trouver la sortie. Pour ce faire, il avait à sa disposition un bien utile pouvoir qui, à chaque pas dans une zone encore inexplorée du donjon, lui permettait de regagner quelques points de vie. Une particularité fort utile car les potions de soin étaient rares et les ennemis aussi nombreux que puissants. Parfois, si la chance lui souriait, il pouvait découvrir un autel et prier un Dieu susceptible de l'aider dans sa quête. Il arrivait également qu'il ramasse un parchemin lui apprenant les mystères d'un nouveau sortilège. Tout ce qui passait à sa portée méritait d'être sagement étudié. Par chance, le monde qui l'entourait était comme figé, perdu dans ce drôle d'espace-temps que d'aucuns nomment "tour par tour". Les monstres ne le poursuivaient pas et si les combattre pouvait apporter de précieux points d'expérience susceptibles de le rendre plus fort, le risque de se faire embrocher engageait à une grande prudence. Limiter les combats aux monstres qui lui obstruaient réellement la route était un grand pas vers la délivrance.
Celle-ci, pour son malheur, ne venait jamais. Seule la mort était salvatrice, avec l'espoir, si assez de points il ramenait, qu'un autre, plus puissant que lui, puisse à son tour tenter sa chance.
 



Qui dit version étendue dit nouveaux environnements.
Et nouvelles fonctionnalités. Oh, le bel écran ville.

 

Mais ça, c'était avant.
Aujourd'hui, Desktop Dungeons s'apparente à un mélange quasi contre-nature entre un Heroes of Might & Magic light et un Lode Runner en pause. Le gameplay dans les donjons n'a pas bougé en dehors de menus aménagements (dont un meilleur équilibrage de la difficulté), mais Dieu que le monde hors de ceux-ci a changé.
La version finale de Desktop Dungeons vous propose de gérer un royaume via un habile système d'upgrade. Dans l'idée, ça fonctionne comme dans Rogue Legacy : vous partez pour un donjon, vous ramassez des trésors, vous mourrez et revenez au château. Là, vous dépensez vos trouvailles pour renflouer les caisses de différentes guildes et débloquer/optimiser les différentes classes de personnages. Vous aimez les guerriers ? Achetez-leur de grosses épées. Vous êtes plutôt mage ? La dernière édition de "La glyphologie pour les nuls" devrait vous intéresser. Et pour les voleurs, pourquoi pas des lunettes de vision nocturne ? J'extrapole, je ne sais pas s'il y a des lunettes de vision nocturne, mais Desktop Dungeons n'est pas à ce genre de facétie près.
Dans le même ordre d'idée, les donjons ont subit un agréable ravalement de façade avec de nouvelles sections et sous-sections, parfois scriptées, venant apporter une bonne dose de surprise et d'aventure à leur exploration. Quelques monstres et environnements originaux font également leur apparition. Il y a tellement de nouveaux trucs que je pourrais passer les vingt prochaines lignes à en dresser une bête liste. Mais c'est aussi ennuyeux à écrire qu'à lire, une liste, et puis je m'en voudrais de vous gâcher la surprise.

Néanmoins, pour être tout à fait honnête avec vous, je trouve que Desktop Dungeons a perdu pas mal de son charme dans sa nouvelle version. J'aime beaucoup la version complète, le gameplay est toujours aussi addictif et gérer son royaume est très gratifiant, mais c'en est fini du dépouillement rustique et sincère des origines. Et vous n'êtes pas sans savoir comme j'aime mon roguelike, même transformé en puzzle-game, dépouillé et rustique. Vous savez aussi que je l'aime gratuit, comme le veut la tradition. Au final, cette version commerciale est indéniablement plus complète mais je m'amuse toujours plus avec l'austérité naïve de la vieille alpha, ses portraits en pixels oversized et son absence de chichis. Un donjon, un héros, des monstres. Il n'y a finalement pas besoin de plus pour apprécier Desktop Dungeons.
 



Vous ne serez pas sans remarquer le subtil affinage graphique entre les deux versions.
 

Le principal est toutefois là et, quelle que soit la version que vous décidez de jouer, Desktop Dungeons reste Desktop Dungeons : un jeu difficile, accrocheur et tout simplement excellent. Le genre de petite chose improbable travaillée avec amour par de petites mains passionnées et qui, des années après avoir éclaboussé le web de sa sobre bonhomie, a fini par exploser les carcans des genres dans lesquels on avait vainement tenté de le ranger.
Pas un vrai roguelike, encore moins un RPG, mais ce n'est pas une raison pour bouder son plaisir.

Reste qu'à près d'une centaine de nos francs d'avant 2002, ce plaisir reste fort cher à mon goût. Disponible pour $15 sur le site officiel (en compagnie une édition spéciale à $25) ou pour 14€ sur Steam (24€ pour l'édition spéciale), Desktop Dungeons se situe dans la moyenne haute des indépendants.

Essayez-le, jetez un oeil curieux à la version complète, faites vous votre avis et, surtout, jouez... Jouez à Desktop Dungeons.
 

Commentaires (13)

#2

Emsquared
Citoyen

La fin du trailer fait un peu 2001 l'odyssée de l'espace :)
#3

skoeldpadda
Garde royal

Mais vraiment un tout petit peu, alors, faut être fan pour le voir, c'est presque imperceptible.
#4

Killpower
Gobelin

Ce jeu sera mien !! Merci Skoeld.

Mais quand il sera moins cher. Parce que 15$ pour juste du graphisme en plus par rapport à la version sur le site, cela fait cher. Et je ne parle pas de la version à 25$ ...

Message édité pour la dernière fois le : 18/11/2013 à 09:55

#5

skoeldpadda
Garde royal

J'avais préco la version complète y a deux ans de ça et j'ai eu droit à l'édition spéciale (même en n'ayant payé que $10, parce que oui, à l'époque c'était 10). Franchement, je me demande à quoi elle sert. Y a une maison dans mon village qui me dit "merci, vous avez donner des sous", mais à part ça...

Notez un détail important que j'ai totalement oublié en écrivant mon article : le jeu est Steam-only. Même en l'achetant sur le site officiel, vous n'obtiendrez qu'une clé Steam. Pas de version #noDRM à la polonaise.

Message édité pour la dernière fois le : 18/11/2013 à 10:42

#6

mocakafe
Garde

Le lundi de l'indie numéros 11 parlez d'un bon vieux rogue-like et sont homologue du 22 parle aussi d'un rogue-like, coïncidence ? Peut être, j'chais pas.
En tout cas, il me donne bien envie, sauf le prix, comme la dit killpower, sa fait un peut chère les trois pixels rajouté.


Édit : De ce que j'ai put lire, la version collector rajoute le dlc du jeux (vendu quand même a 5 euros) plus la soundtrack.
Le dlc contient une classe de personnages en plus, trois donjon crée de manière aléatoire (qui comporte une quête) ainsi qu'un bâtiments qui apparemment vends des objets, après, j'ai un anglais pas terrible, mais ces ce que j'ai compris.

Message édité pour la dernière fois le : 18/11/2013 à 10:13

#7

BlackCoffee
Villageois

Humpf, ça me plait bien mais ça me semble terriblement addictif, voir chronophage
Le genre qui t'empêche de faire ce que t'as à faire. Un jeu traitre qui te dit : " bah encore une partie avant de bosser, ça ne dure pas longtemps..."
Bref ça me plait bien... et j'aime vraiment la tronche du thief halfling.
#8

skoeldpadda
Garde royal

De ce que j'ai put lire, la version collector rajoute le dlc du jeux (vendu quand même a 5 euros) plus la soundtrack.
Le dlc contient une classe de personnages en plus, trois donjon crée de manière aléatoire (qui comporte une quête) ainsi qu'un bâtiments qui apparemment vends des objets, après, j'ai un anglais pas terrible, mais ces ce que j'ai compris.
C'est tout à fait ça. Mais si tu réponds à mes questions rhétoriques, c'est pas drôle.

Blague à part, ce que j'entendais, c'est que le DLC étant prévu de longue date par les devs, il n'y a strictement aucun intérêt à acheter l'édition spéciale en dehors du bâtiment qui dit merci : le machin coûte $25 alors qu'acheter l'édition normale + le DLC n'en coûte que 20...
Et la BO, ça compte pas. Dans le genre bonus à la con totalement dispensable, ça se pose là. J'ai toujours trouvé ça très agaçant et honteusement cher, les BO de jeu.

Message édité pour la dernière fois le : 18/11/2013 à 10:58

#9

mocakafe
Garde

Blague à part, ce que j'entendais, c'est que le DLC étant prévu de longue date par les devs, il n'y a strictement aucun intérêt à acheter l'édition spéciale en dehors du bâtiment qui dit merci : le machin coûte $25 alors qu'acheter l'édition normale + le DLC n'en coûte que 20...
Et la BO, ça compte pas. Dans le genre bonus à la con totalement dispensable, ça se pose là. J'ai toujours trouvé ça très agaçant et honteusement cher, les BO de jeu.


On est d'accord sur ce point, les B.O de jeux devrais être fournis directement et pas à 10 euros les 5 musiques, j'ai toujours trouvé sa une manière facile de gagner de l'argent pour un cout inexistant, la base serais de l'offrir a tout les possesseur du jeu et non pas a ceux qui on une bourse plus grosse qu'un autre.

Message édité pour la dernière fois le : 18/11/2013 à 11:11

#10

Sowatt
Paladin

J'ai craqué, je l'ai acheté (édition normale).
C'est très sympa, c'est la première fois que je m'essaye à un rogue-like donc je suis un petit débutant du genre.
Donc très sympatoche et chronophage, disais-je... mais un peu cher.
#11

DemKin
Guerrier

Je crois pas que ce soit mentionné dans l'article, mais la soundtrack du jeu est de Danny Baranowsky, un grand nom de l'indie. Et elle est excellente.
#12

skoeldpadda
Garde royal

Pour les curieux anglophones, une interview du lead designer par Gamasutra.



#13

Chaos17
Guerrier

J'aime bien les jeux qui s'améliorent avec le temps par contre ce n'est pas mon style de jeu les rogue like. Merci du partage :)
#14

Killpower
Gobelin

Chaos17, c'est plus un puzzle-like réflexion avec un Design Rogue-like.




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