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Les lundis de l'oldie #4 - RPG Arcade, première partie

par skoeldpadda 05 Aoû 2013 08:07 10

Le jeu de rôle, c'est vieux comme le jeu vidéo, et pendant longtemps, qui disait jeu vidéo disait arcade. D'où question : y a t-il du RPG dans les salles d'arcade ? Je ne vais pas faire semblant d'essayer de cacher une mystérieuse réponse, si j'en parle aujourd'hui, vous vous doutez bien que c'est parce que c'est le cas.

Évidemment, il n'est aucunement question ici d'être le moins du monde exhaustif (vous verrez que l'article est assez long comme ça) et, plutôt que de prendre des jeux au hasard, j'ai jeté mon dévolu sur deux productions Taito, Cadash et Light Bringer
Pourquoi Taito, demanderez-vous ? Tout simplement, lecteur curieux, parce que Taito, avant de devenir une filiale de Square Enix au milieu des années 2000, était un des fers de lance de l'arcade nippon. Space Invaders, Qix, Elevator Action, c'est eux. Aussi, il n'est pas étonnant que les développeurs de cette fière firme fondée un soir en 1953 dans les rues de Shibuya aient été parmi les premiers à essayer d'intégrer dans le jeu d'arcade des formules qui ne lui sont absolument pas associées d'ordinaire.




 

C'est suivant cette optique que sortit en 1989 Cadash, si je ne m'abuse le premier jeu d'arcade à réellement tenter d'être un RPG.
Les développeurs ne sont pas partis de rien et il est impossible en voyant tourner le jeu de ne pas penser à des platformers tels que Rastan ou Astyanax (de Jaleco). Graphismes et level-design sont même très très proches de Rastan, et pour cause, il s'agit de la même équipe. La comparaison s'arrête néanmoins à la présentation. Contrairement à Rastan qui fut un jeu de plate-forme des plus rustres (et brut, ce jeu m'a détroussé, étant môme), Cadash est, clairement, un jeu de rôle... Ou du moins essaie par tous les moyens de l'être.

Et pourtant, à voir la démo tournante avant de glisser sa pièce, rien ne le laisse réellement entendre. L'histoire est bateau, il est question d'un démon au nom curieusement Capcomien avant l'heure, Baarogue, qui enlève une princesse, et c'est à vous, brave mercenaire qui-passait-par-là-par-hasard (au choix un babar, une prêtresse, un mage ou un ninja, parce qu'un jeu des 80's sans ninja c'est pas un vrai jeu), d'aller la sauver. Le bestiaire est tout aussi classique et, si ce n'était la pléthore de PNJ, on se croirait tout simplement dans Rastan II. Les PNJ, c'est ce qui va faire vivre le monde autour de vous, dévoilant une partie du lore voire, carrément, offrant une quête secondaire, généralement un objet à récupérer sur votre route. Tout cela donne une sensation de vie assez déroutante, d'autant que si on peut parfois se balader assez librement dans de petites zones, le jeu reste divisé en niveaux linéaires, sans possibilité de retour en arrière, comme toute production arcade qui se respecte.





Théoriquement, il faut choisir, mais je prends toujours le babar. Moi vouloir taper.
 

Evidemment, tout cela paraîtra bien ridicule à l'habitué de Skyrim mais, est-il besoin de le rappeler, nous sommes en 1989 et en arcade. Si les différentes classes avec chacune leurs caractéristiques sont déjà communes en salles (voir... à peu près tous les beat'em all du monde), dialogues à foison, quêtes, barre d'XP et même système de sauvegarde (des sauvegardes ! En arcade !) sont assez révolutionnaires. Mieux encore, le sprite de votre personnage évoluera avec son équipement. On trouvera même quelques énigmes dont, chose agréable, la solution sera souvent donnée au détour d'un dialogue qu'on pensait sans importance. La durée de vie, pour un jeu arcade, est proprement délirante. Pour vous permettre d'en profiter au mieux, les crédits ne se comptent pas en vies mais en temps (qui peut être réglé sur la borne et dépend donc du bon vouloir du patron, la durée par défaut étant de sept minutes). Si vous remettez une pièce après avoir succombé sous les coups, vous recommencerez à l'endroit pile où vous êtes tombé, ce qui dans un jeu du genre en 1989 était extrêmement rare (on préférait la méthode des checkpoints, plus facile à programmer).


En fait, si vous voulez un référent connu, Cadash s'apparente à un Zelda 2, sorti deux ans plus tôt, qui aurait décidé de vous faire les poches. Succès aidant, Cadash sera porté sur PC Engine et Megadrive dans des versions au mieux passables (la Megadrive est même amputée de deux personnages), mais sans danger pour le porte-feuille.





Cette scène de bar sert d'introduction et d'écran de sélection.
Je rêve de jouer l'enturbanné musicien du décor depuis des années.

 

Sorti quatre ans plus tard, Light Bringer, aussi connu sous le nom beaucoup moins classe de Dungeon Magic, fut développé dans un contexte totalement différent. Et ça se voit. Fini la plate-forme 2D de pur profil sur plan unique, Final Fight est passé par là, la mode est au beat'em all. Avec un twist, néanmoins : Light Bringer est, de mémoire, le seul et unique représentant du genre en 3D isométrique.

L'histoire de Light Bringer n'est pas plus évoluée que celle de Cadash : des monstres attaquent la région, butons-les ! Ah, et on se sait pas au début et donc je vous spoile l'histoire comme un vil brigand, mais à la surprise générale, ils ont enlevé une princesse, aussi, en passant.
Tout ceci est néanmoins bien accessoire, ce qui nous intéresse, c'est de savoir comment cela se joue. Eh bien comme un beat'em all, chers lecteurs, tout simplement. Ici, pas de PNJ ni de quêtes, mais une approche 100% action avec plein de trucs à ramasser qui ne sera pas sans rappeler nos hack'n slash.
Quatre héros au choix (un chevalier/paladin équilibré, un babar nul en magie, un sorcier lent et peu puissant et une elfette avec un arc), des tonnes d'ennemis à tabasser, des bonus qui tombent par terre et des boss imbattables. Final Fight, quoi. L'intérêt, évidemment, c'est que les personnages n'ont pas été choisis au hasard et que, arcade aidant, tout est basé sur le multijoueur. Le mage et l'elfe seront d'excellents personnages de soutien pour un guerrier qui ira bourriner au corps à corps. Le paladin, très équilibré, est surtout là pour les tristes sires obligés de jouer en solo.
Seul ou à plusieurs, la progression est identique : un temps limite pour passer chaque section du niveau et de l'XP qui tombe (littéralement) sous forme de pièces à ramasser à chaque ennemi vaincu. Là où le jeu prend tout son intérêt, c'est dans le cheminement. Les niveaux sont non linéaires, chaque section proposant plusieurs embranchements. Il est impossible de revenir sur vos pas et chaque route regorge de pièges plus retors les uns que les autres. Le level-design est varié et pouvoir choisir son chemin assure une très bonne replay value. Le level-up, comme on peu s'y attendre, est automatique : passé un seuil, les statistiques de votre héros (vie, force, cooldown des magies...) augmentent sans nécessiter la moindre interaction. C'est un jeu d'arcade après tout. Parfois, on rencontrera aussi un sympathique marchand. Si de deniers vous manquez pour vous équiper, soyez sans crainte : la piétaille laisse souvent tomber ses armes et de nombreux objets traînent dans les caisses et à l'intérieur des statues.

Un portrait élogieux qui siérait à n'importe quel bon beat'em all, en somme. Sauf que Light Bringer n'est pas n'importe quel beat'em all : il est en 3D iso. Et c'est SUPER dur à gérer. Surtout seul. Les plans sont nettement moins permissifs que dans un Final Fight où l'on peut taper sans sourciller trois ennemis en même temps. Ici, il faut être précis, ce qui ne serait pas un si grand problème si, la chose étant un mange-pièce de la plus vile espèce, l'IA en très large surnombre ne nous en laissait pas le temps. Heureusement, on peut spammer les magies qui, contrairement à la méthode Capcom, ne sucent pas de vie. Un concept intéressant, donc, mais à réserver aux duettistes.



 

 


La suite, lundi prochain dans les lundis de l'oldie. 

 

Commentaires (10)

#2

Sowatt
Paladin

Super intéressant !
Le système de sauvegarde pour une borne d'arcade est intrigant... Il devait y avoir des règlements de compte du genre : "ah ouais, lui c'est l'enfoiré qui m'a effacé ma sauvegarde !"
#3

skoeldpadda
Seigneur

ca aurait pu
mais cest pas une gameboy
ils avaient prevu le coup
chacun son code
chacun sa save
#4

Etienne Navarre
Gobelin

Un article avec dedans Rastan, Final Fight et (coquinou va) Knights Of The Round, ça durcit les corps caverneux pour un moment.

Ca tombe bien, je viens de refinir Final Fight deux fois (avec Cody et Guy) et j'essaie de claquer le chrono ultime mais bon, seul c'est chaud tendu.
Quant à Knights Of The Round (oh putain ces souvenirs, HAAAA), cette borne d'arcade a eu raison d'une bonne grosse quantité de pièces de 5 et 10 francs. Percival rules !
Je ne perds pas espoir de pouvoir m'acheter une borne d'arcade contenant Final Fight et Knights Of The Round. J'y crois (et j'économise).
#5

Sowatt
Paladin

ca aurait pu
mais cest pas une gameboy
ils avaient prevu le coup
chacun son code
chacun sa save


Merci pour la précision :)
#6

skoeldpadda
Seigneur

Quant à Knights Of The Round (oh putain ces souvenirs, HAAAA), cette borne d'arcade a eu raison d'une bonne grosse quantité de pièces de 5 et 10 francs. Percival rules !
Je ne perds pas espoir de pouvoir m'acheter une borne d'arcade contenant Final Fight et Knights Of The Round. J'y crois (et j'économise).
ah mais tu spoiles un bout de la deuxieme partie comme un cochon là Etienne
cest pas serieux

quant a la borne
une carte mere cps1 ca coute pas la peau du cul (un truc genre 60e)
final fight doit etre assez courant courant pour pas valoir un rein non plus
avec un peu de chance knights of the round aussi
cest surtout la borne en elle meme qui va couter cher. y a 3 zeros derriere ces chiffres la...
#7

Etienne Navarre
Gobelin

Ouais mais alors c'est pas moi qui spoil, c'est l'image de Knights Of The Round que tu as insérée (hmm). Il est trop bon ce jeu.
Sinon, pour reprofiter de ces plaisirs "arcadiens" (mouais), j'hésite entre dénicher la borne d'origine, bien vintage et la retaper (tout se retape dans une borne d'arcade, sauf l'écran) ou acheter une borne plus récente avec une pelletée de jeux dedans. La première option, je peux m'en tirer pour entre 150 et 300 boules. La seconde demande plutôt dans les 1000 boules. Ouais c'est cher.
#8

skoeldpadda
Seigneur

Ouais mais alors c'est pas moi qui spoil, c'est l'image de Knights Of The Round que tu as insérée (hmm). Il est trop bon ce jeu.

ah oui
zut alors
les aléas de l'article en deux parties
ça fait teaser du coup, pas spoiler

Sinon, pour reprofiter de ces plaisirs "arcadiens" (mouais), j'hésite entre dénicher la borne d'origine, bien vintage et la retaper (tout se retape dans une borne d'arcade, sauf l'écran) ou acheter une borne plus récente avec une pelletée de jeux dedans. La première option, je peux m'en tirer pour entre 150 et 300 boules. La seconde demande plutôt dans les 1000 boules. Ouais c'est cher.

y aussi l'alternative supergun mais faut avoir l'âme d'un bricoleur.
(ou alors tu fais comme tous les pauvres et tu te montes une mamebox )

Message édité pour la dernière fois le : 05/08/2013 à 20:12

#9

Percival
Garde royal

Percival rules !


C'est vrai.
#10

Etienne Navarre
Gobelin

Je savais que ça te plairait.
Mais c'est le cas dans le jeu !
#11

Tirnanog
Chevalier

la Megadrive est même amputée de deux personnages


Comme Sunset Riders

Z'ont l'air sympathoches ces jeux




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