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Débats #11 : pour ou contre le financement des jeux par les joueurs ?

par Etienne Navarre 28 Juil 2013 14:30 43

Le thème de ces débats est "pour ou contre", et pas "pensez-vous que". La prise de parti radicale est volontaire pour opposer deux visions totalement différentes sur un thème large. Le débat est là pour ouvrir le questionnement, pas pour répondre à une question précise.


 

Il serait possible d'établir une parabole sur les jeux vidéo dans laquelle le studio de développement serait une jeune fille épanouie, la poitrine gonflée et le cœur empli d'espoir, l'éditeur un vampire assoiffé de sang, les canines a l'air, et le joueur une sorte de Van Helsing, mais sans pieu ni fusil. Dans cette parabole, Van Helsing ne sert à rien, le vampire bouffe la nénette qui crève lamentablement.

Même si tous les éditeurs ne sont pas corrompus et pourris jusqu'à la moelle, l'arrivée des sites de financement participatif a quelque peu changé la donne. En effet, les Kickstarter et autres Indiegogo se sont occupés de modifier la chaîne alimentaire du jeu vidéo qui part du studio jusqu'au joueur par la suppression d'un intermédiaire : l'éditeur. Venant répondre à une demande des développeurs et des joueurs et trouvant sa voie avec une évidence confondante, ce système permet à la communauté de financer un jeu qui n'aurait sans doute jamais pu voir le jour autrement. Le succès est bel et bien là, certains studios ayant pu amasser des sommes records qui soulignent nettement le poids des joueurs dans la balance.
Mais puisque nous ne disposons pas du recul nécessaire qui permettrait de dire avec assurance si le financement participatif est une valeur sûre et viable sur le long terme, nous ne pouvons qu'observer avec curiosité. Alors, ces plate-formes sont loin de faire de l'ombre aux mastodontes du secteur mais elles apportent ce vent de fraîcheur qui peut éventuellement éveiller un peu plus les joueurs. Après tout, les joueurs font autant partie du système que les studios de développement et les éditeurs.

La parabole a changé : le vampire est mort, la jouvencelle roule des fesses et joue avec les boucles de ses cheveux tandis que Van Helsing lui apporte le petit déjeuner au lit. Jusqu'au point de rupture ?

 

 

POUR : Megamat

 

Des développeurs outragés, des développeurs brisés, des développeurs martyrisés, et maintenant des développeurs libérés, voici ce que l'on pense quand le joueur finance le studio. Il est vrai que la métaphore est assez facile, mais quoi de mieux qu'un studio libéré de toutes pressions de la part d'un éditeur souvent capricieux. Avec un autofinancement, le joueur peut avoir l'espoir qu'un studio puisse sauvegarder son orientation de base, ses rêves et ses idées.

L'avènement du Kickstarter et des plateformes d'autofinancement comme indigogo, ulule, GoFundMe et les autres, permettent maintenant aux studios de jeux vidéo, quels qu’ils soient, de se faire financer des projets qui leur tiennent à cœur par le public. Cela va à de gros studios qui ont eu la bonne idée de ressortir leur vieilles licences ou de créer des nouveautés (inXile, Obsidian, Larian,...) aux plus petits totalement inconnus qui proposent souvent de bonnes idées ou font des remake plus ou moins réussit de genre (old school, roguelike, hack&slash,...).

Mais ce principe n'est pas nouveau, la possibilité de financer un projet cinématographique ou musical date de plusieurs décennies, c'est juste le média qui change et ce n'est pas un mal. De plus, le joueur se sent investi d'une mission et aime penser qu'il est important dans le projet, en plus de recevoir régulièrement des mises à jour sur l'avancé du jeu et participer aux phases alpha et beta avant la sortie finale. Donc oui, je suis pour car j'aime participer et être au cœur du projet.

 

 

CONTRE : Skoeldpadda

 

Ah, le crowdfunding... Le fléau du jeu vidéo moderne, parfaite extension de la mode du retrogaming et de la toute puissance de l'indie.
Oui, cette entrée en matière sonne comme une accroche inutilement trollesque et vindicative mais, ne vous en déplaise, c'est, exprimé de la manière la plus synthétique qui soit, le fond de ma pensée sur la question. Quand on me donne des liens IndieStarter et que je lis les présentations top-la-cool des braves développeurs désireux de vous faire cracher un peu de thunes, je ne peux m'empêcher une forte réaction de dégoût. Non que je prenne tous ces gens pour d'infâme entourloupeurs, mais ces démarches dignes de commerciaux aux dents blanches entreprises par des portes-parole gras et mornes avec des miettes de chips sur le polo, ça me rappelle cruellement la fin des années 90 et cette mode des startups "point com" aux porte-feuilles d'actions fantômes qui vendaient du rêve et n'avaient strictement rien de concret à proposer... A part des p'tits fours et un cocktail à la conférence de presse.

Et les exemples ne manquent pas. Old-school RPG, vous vous en rappelez ? Ou, plus récemment, "l'affaire" Double Fine ? Je sais que Kickstarter n'est pas un magasin et que soutenir un projet n'a rien à voir avec une précommande, mais quand même.
A titre personnel, j'ai backé un seul et unique jeu. Ortus. Il y quelques semaines, les développeurs annonçaient qu'ils avaient utilisé l'argent récolté pour faire un autre jeu sensé les aider à financer celui pour lequel on avait initialement donné nos deniers. Et ça m'a rendu fou devant mon écran...

En l'état, le financement participatif est un vaste foutoir sans règles dans lequel est demandé au citoyen lambda de donner de l'argent à un projet qui le tente sans aucune garantie sur l'aspect du produit fini, si tant est que produit fini il y ait.
Gratter des sous à un éditeur dont c'est le boulot, j'entends bien. Mais gratter des sous à ta possible fanbase qui investit son argent durement gagné dans de belles promesses rarement tenues, même pour un personnage aussi cynique que moi, c'est très sale.

 

Tous les débats en archives. 

Commentaires (43)

#2

Dwilaseth
Seigneur

Je suis pour car cela permet à des petites équipes de développeurs d'avoir les finances nécessaires pour travailler et d'avoir accès à des jeux qui ne seraient jamais sorties ou du moins pas comme les auteurs l'auraient voulu. Après faut pas non plus prendre les joueurs pour des con car on voit de plus en plus de projets se terminer par être distribué par un éditeur en dernière minute. Bref il y a du bon et du moins bon mais sur le principe général de l'idée, oui je suis pour !
#3

Lohengrin
Garde royal

Comme toujours dans ce genre de débat, il y a la nuance qui tue et dans les deux sens!

Cette niouze qui nous vient de Navarre (Ah Henry, 4ème du nom tu as raisons Kickstarter le vaut bien, comme l'Oréal il a gagné le droit au débat du pour et contre) et la Navarre est un beau "Pays" où on y mange bien.

Mouais, Megamat, a raison de privilégier la notion de création au détriment du vilain éditeur capitaliste! Ben non mon bon, c'est Skoeldpadda qui est dans le vrai, ca sent l'entourloupe à plein nez, que des bonimenteurs ma bonne dame ... ou est la confiance la dedans ...

(la voie du milieu, mon jeune padawan! Non, non pas celle de Padmé (...) celle de la raison... Quoi les Normands ont déposés le label depuis des siècles... Ah bon.)


Ptet ben que oui, parce qu'il a dans la multitude des studios honnêtes, qui manquent cruellement de liquidités pour se développer, et que dans le tas il y aura le CD-Project en devenir qui nous sortira le jeu de la décennie.

Ptet ben que non, parce que même si certains sont bourrés(ah les studios des pays de l'est) de bonnes intentions, les aléas pourriront peut-être les résultats et les dons partirons en fumés.

Eh, c'est bien joli tout ça, mais quoi faire alors? L'instinct, la confiance, le feeling.. et parier sur un studio, et quoi, une perte de quelques € pas plus, sinon cela frise le pigeonnage garantie, et en définitive c'est pas la mort du ptit cheval.

En résumé si la prise de risque est réfléchie le montant raisonnable pourquoi pas!

Message édité pour la dernière fois le : 28/07/2013 à 15:35

#4

FullMetalPizza
Citoyen

Je suis pour personnellement, mais faut vraiment savoir ou donner son argent, les seuls jeux que j'ai backé c'est deux gros succès de kickstarter (wasteland 2 et project eternity) et je sais qu'au final, même si ça m'étonnerai que je tombe sur un jeu parfait, je suis quasi sur que les jeux seront bon.

En revanche le petit jeu qui demandent que 10000 dollars pour créer un truc parfait développé par des inconnus, hors de question.
#5

Armancia
Chevalier

Je suis contre, tant que ça ne sera pas réglementé autrement que par le droit commun. De ce fait, je rejoins Skoeldpadda sur la question.

Comme tous les investissements, financement, et ça ne date pas d'hier, s'il n'y a pas une instance de régulation ou au moins des règles juridiquement actées, avec une peine en cas de non respect, on peut être sur que tôt ou tard, ça va être un système ingérable. Déjà qu'avec des barrières ça peut vite devenir le bazar , cf le marché coté plus connu sous le nom de "la bourse : Wall street, la city, cac40 et compagnie"
Quand ça n'est pas une crise, c'est une bulle, au mieux on peut s'attendre à une escroquerie de moindre ampleur, dans tous les cas ça fini par un scandale.


Après je sais que les dev ne sont pas des voleurs, et qu'ils sont nombreux à vouloir vivre de leurs passions, ce qui est louable. Mais je sais aussi que Kickstarter et plus globalement le financement participatif génère beaucoup d'argent. Or les requins ne sont jamais loin, lorsque l'on parle de gros sous. D'autant qu'en général les dev sont de mauvais juristes, et pas forcement de bons gestionnaires. Récemment on a eu les "affaire Overhaul versus Atari ou encore les dev de chaos Chronicles versus Bit composer" , ce genre de problèmes n'existe pas ou peu quand le tout est négocier loyalement, au pire il y a une demande de dommage et intérêts, mais c'est rare de voir un projet bloqué par un distributeur, qui est en plus dans ses droits.

En soit, le financement participatif est une bonne chose, puisque ça permet de financer des personnes qui sans cela n’aurait pas la possibilité de monter un projet. Mais les exemples ne manquent pas, par le passé les dons aux associations en France ou le système des fondations aux USA ont connu des travers , alors qu'à la base il y avait de bonnes intentions, pour la bonne et simple raison que les pouvoirs publics ont laissé faire.

Donc pour moi tant que ça sera une jungle juridique, non seulement je n'aurai pas confiance, mais j'éviterai de financer, alors que j’achète plein de jeux inde parfois plein pot, juste pour les aider. La seule différence c'est que je ne finance pas du vent.
#6

Shizam
Grand chevalier

Si ça permet de sortir au grand air, sortir des maisons d'éditions qui pour beaucoup asphyxient un projet plus qu'ils ne lui donne de l'air.
Alors pourquoi pas, vue comme ça, le CF c'est une mode "hippies", ou "underground", un peu rebelle au système aux murs géants qui entourent le jeu vidéo.

Mais voilà, le fufu aux dents longues et à la dague acérée arrivent à passer entre les pierres du grand mur, alors il va rigoler sur ce modèle sans mur, sans règle.
C'est la porte ouverte à tous les bandits en cols blanc, sourire par devant, coup de dague par derrière. Les malins vont s'empiffrer, jusqu’à l'arrivée des règles, qui vont alourdir le truc.

Les anciens hippies vendent des canons aujourd'hui...

L'idée est bonne, l'application reste à voir dans le temps.
Vigilance quand même...

En attendant, c'est comme un nouveau mouvement musical, on trouve ça chouette, ça change.

Message édité pour la dernière fois le : 28/07/2013 à 16:24

#7

bentokill
Novice

Complètement pour.
La raison est simple c'est à nous de choisir à qui l'on fait confiance ou pas.
Pour le moment la mode du crowdfunding ne concerne qu'une minorité de personnes, personnes bien au fait de l'industrie en générale, nous dirons des gamers avertis (accepter de donner ses deniers dans du vent sans assurance d'aboutissement on sait que c'est un risque).Donc on fait un pari et on accepte que ça puisse ne pas marcher sinon on n'investi pas de fonds, c'est assez simple. C'est une loi de marché immuable on aime ou pas. Le fait est que c'est ainsi que cela fonctionne.
Après si ce phénomène devait toucher la masse des consommateurs, alors oui il faudrait probablement le réglementer ou du moins mieux l'encadrer. Et du coup il ne s'agirais plus vraiment d'investissement mais plus de précomande tres avancées.
Je ne suis pas joueur(au sens gambler/casino du terme) mais je préfère nettement tenter le coup et me retrouver avec un bijou pas couper au montage. Qu'écouter les conneries exacerbées d'un journaliste nourris aux petits fours pour un test de jeux d'un éditeurs tiers qui se fou pas mal de savoir s'il va permettre a la masse d'acheter une merde de plus à 70 euro.
A bon entendeur : Si tu sait pas ce que tu fait, ne le fait pas. Sinon c'est que tu en accepte les risques et les conséquences.
#8

cabfe
Seigneur

Pour, mais avec modération.
Si ça peut vraiment aider un studio à créer/finaliser son jeu, pourquoi pas.
Mais il y a parfois des projets complètement délirants... faut trier.

Kickstarter aura permis (ou permettra) d'accéder à des jeux que nous n'aurions pas pu avoir autrement, ou dans des conditions plus restrictives pour le dev, ou bien des années plus tard - après avoir sorti des jeux permettant le financement du véritable projet.
#9

Andariel
Grand chevalier

Brûles en enfer Skoeld. Brûlez en enfer vous tous qui êtes contre le crowdfunding !

FTL, Chivarly Modern Warfare, Expeditions Conquistador, Sword of the stars the pit, Legends of Dawn, Shadowrun Returns... Ce ne sont pas "de belles promesses rarement tenues", ce sont bel et bien de jeux vidéo en bonne et due forme. Certes, ce ne sont pas tous des perles sans défauts mais ils sont la preuve vivante que le crowdfunding n'est pas que des paroles en l'air : c'est une solution tout à fait viable pour avoir des jeux. Et il est indéniable que sans le crowdfunding, on aurait pas eu tous ces jeux. Pire, ils auraient pu sortir tronqués, altérés et nivelés par le bas.

C'est ridicule d’être "contre" le crowdfunding, c'est un peu comme être "contre" la voiture parce qu'on préfère prendre le train. C'est un moyen ALTERNATIF de voir des jeux se faire développer, il ne vient pas remplacer le modèle de base, c'est un cheminement parallèle bonus. Y aura toujours des gros AAA et des indés (genre les Spiderweb Software, les Basilik games) qui seront produits via la façon standard, mais désormais on a une méthode de plus pour l'indé. Que vous n'adhérez pas au concept et que vous soyez réticents c'est compréhensible, mais être contre le financement participatif et vouloir sa disparition, c'est condamner des développeurs passionnés à être soit des chômeurs ou soit être exploités par une industrie sans scrupules qui chie sur leur talent pour se faire du fric. Et ça, ça c'est très sale.

Maintenant, moi aussi j'ai backé Ortus et moi aussi je l'ai mauvaise à cause de leur coup foireux. Mais Kickstarter n'est qu'une plateforme. C'est les gens derrière les projets qui sont à condamner pour leurs bourdes et leurs malhonnêtetés, pas le support. Comme il y a du bon, il y a du mauvais. C'est comme ça. Dans ce sens, je l'ai toujours dit : le crowdfunding c'est gratifiant mais risqué. Alors soit faire le pas et l'assumer, soit ne pas le faire et puis c'est tout. C'est aussi simple que ça.

Message édité pour la dernière fois le : 28/07/2013 à 19:15

#10

redd
Seigneur

Plutôt pour, ne serait-ce parqu'il en est déjà sorti de belles choses.
Après, faut être prudent. Perso, j'attends quenles jeux auxquels j'ai backé sortent avant d'en backer d'autres.
#11

Armancia
Chevalier

Fondamentalement personne n'est contre c'est juste qu'en l'état ça ressemble à rien, car c'est l'anarchie.
Pour prendre un exemple concret à une autre échelle, quel est le pourcentage de produits financiers toxiques que wall street a connu pour flinguer la bourse et entraîner le monde dans la crise ? Pas tant que ça si on considère que ça n'a touché qu'une infime minorité de la classe moyenne US. Ce qui est risible quand on connait les dégâts, on se dit que c'est surfait, pourtant les résultats sont là.

Donc à titre comparatif, combien de scandale il faudra pour dégommer le système ?
Pour moi il suffit qu'un gros projet finisse comme Ortus pour bien entamer la confiance du public vis à vis du crowd funding en matière de CRPG.

On est tous fan de rpg, donc on a rien contre le fait de financer des indépendants, mais se voiler la face quand à la possibilité que le système se crash, c'est clairement pas rendre service aux indépendants, parce que si le système périclite, il n'y aura guère que les gros indies types Obsidian et Inxile qui s'en sortiront, et ça ne sera pas sans casse.

Message édité pour la dernière fois le : 29/07/2013 à 00:10

#12

skoeldpadda
Seigneur

Brûles en enfer Skoeld.
Ca dépend, chez toi ou chez moi ? J'ai reçu un nouveau grill, il est faâââââabuleux. Tu vas a-do-rer.

Maintenant, moi aussi j'ai backé Ortus et moi aussi je l'ai mauvaise à cause de leur coup foireux. Mais Kickstarter n'est qu'une plateforme. C'est les gens derrière les projets qui sont à condamner pour leurs bourdes et leurs malhonnêtetés, pas le support. Comme il y a du bon, il y a du mauvais. C'est comme ça. Dans ce sens, je l'ai toujours dit : le crowdfunding c'est gratifiant mais risqué. Alors soit faire le pas et l'assumer, soit ne pas le faire et puis c'est tout. C'est aussi simple que ça.
Ben, dans l'absolu, ma prise de position n'est pas contre le système en lui même, mais contre ses abominables limites et excès si facilement décelables et atteignables. Je sais bien que KickGoGo n'a pas grand chose à voir avec le fait que certains des projets soient d'abominables foirades pleines de vide, mais c'est comme dire que c'est les gens qui tuent et pas les armes. Même sans gens derrière, une arme reste un problème.

Dire qu'il faut "assumer," je trouve ça un peu léger. Le crowdfunding, ça a besoin de règles strictes et, à mon grand dam, ça n'en a pas. Tant qu'il n'en aura pas, qu'il n'y aura rien de concret en terme légal derrière, je serais contre. Pas par principe, mais par sécurité.
#13

Wolphoenix
Guerrier

Je ne payerai jamais sur un jeu hypothétique, même en connaissant l’équipe de Devs (je suis trop radin pour risquer de me tromper) mais je n’emperche personne de le faire donc on va dire que je suis neutre sur la question.
#14

Artyparis
Guerrier

Quand l'acheteur final devient (un peu) l'entrepreneur.


Oui, financer soi-même le développement d'un jeu est un plus. Sur le papier, on choisit le projet qu'on va financer. On court-circuite une étape qui, dans d'autres circonstances, aurait mis fin à un jeu qui semble nous plaire.


Non, je ne sais pas exactement ce que je finance. Ce qui m'est montré n'est qu'un projet, et il va suivre un long chemin pour devenir le jeu que j'imagine. Je n'achète pas un produit fini, mais une idée. Chaque "backer" donne aussi son argent pour une raison subjective ("un rpg medieval!", "tour par tour", "c'est du Molyneux!", "le héros est une carotte!",...), qui peut disparaitre plus tard du fait des devs ("en fait, ça marche pas!", "la carotte? on avait dit ça comme ça",...).


En terme d'acteurs du marché, l'acheteur final doit il être aussi l'entrepreneur? Celui qui prend un risque économique pour répondre aux besoins perçus du marché? S'il y a bénéfice, pourquoi ne suis je pas considéré comme un actionnaire?
Le dev cherche t il un pigeon pour toucher du cash qqe soit la qualité et le sérieux de son travail?



Ces systèmes de financement sont providentiels pour certains jeux, pour un marché de niche, une chance pour l'originalité qui fait peur aux financiers.
Mais il y a une différence entre projet et produit fini.
Sans oublier les appels de fond foireux de bras cassés, d'imposteurs rejetés par le milieu...
"Donner votre argent pour le prochain Fallout blablabla...?"
Au final, ok pour donner peut-être un peu d'argent. Un coup de pouce, sachant qu'une industrie ne peut fonctionner sur la base du don gracieux.
#15

Chaos17
Guerrier

Actuellement, on ne peut pas dire que le financement des jeux sont fait par des joueurs pour beaucoup de cas sauf pour les grosses licences tel que le projet Eternity où il y a une réelle fan base de se type de jeu.

J'ai trop vu de fois des jeux se faire financer parce que les gens s'en fichent de leur fric et le balancent par dessus la fenêtre. Puis c'est aussi beaucoup de communication (de hype?) et de "goodies" (in game ou pas) promis qui appâtent plus en général que le jeu lui même.

Pour répondre directement au sujet : oui le crowfunding est actuellement intéressant pour voir des jeux sortir que en temps normal les éditeurs ne se mouilleraient pas pour. Mais en même temps beaucoup de projets profitent de la crédulité de leur investisseurs.
#16

Munshine421
Garde royal

Je me demande si les gros Editeurs ne refusaient pas de publier des jeux de moyenne envergure parce qu'ils n'ont pas le même retour sur investissement qu'un jeu à gros budget (ou parce que le genre est considéré comme obsolète) et s'il n'y avait pas autant d'Editeurs de moindre envergure qui ont soit été absorbés soit se sont cassés la gueule, le phénomène du financement participatif aurait pris autant d'ampleur.

Pour l'instant, le financement participatif permet de faire vivre ou de ressusciter des genres de jeu qui étaient abandonnés par les Editeurs traditionnels .

Pour autant, il y a encore très peu de jeux innovants qui sortent des sentiers battus des genres que l'on connait.
Ce qui est un peu étrange car si on regarde du coté du hardware jeu vidéo, il y a eu plus de prise de risques comme l'Oculus Rift ou la Ouya.
#17

Shizam
Grand chevalier

C'pas faux!..
Le CF et l'Indie ont tous deux permis de remettre au gout du jours des genres qu'on vois moins, ou plus du tout aujourd’hui.(Rogue -like/Donjons-keeper/..)

Les jeux de plateaux et les scrolling 2D reviendront aussi peut etre bientôt via ces formules.
Ghouls'n Ghost,Viking,Flashback, etc...

Message édité pour la dernière fois le : 29/07/2013 à 11:25

#18

Etienne Navarre
Gobelin

Pour autant, il y a encore très peu de jeux innovants qui sortent des sentiers battus des genres que l'on connait.
Ce qui est un peu étrange car si on regarde du coté du hardware jeu vidéo, il y a eu plus de prise de risques comme l'Oculus Rift ou la Ouya.

Ca démontre justement un certain conservatisme des joueurs. On remarque souvent sur les sites communautaires un certain paradoxe chez les joueurs : ils demandent de l'innovation et de la nouveauté mais se ruent sur le old school et les valeurs sûres.
Les projets réussis sur Kickstarter sont ceux qui ont pris le moins de risques. En fait, le conservatisme des joueurs a sans doute été bien perçu par les éditeurs qui jouent la garantie au risque d'être montrés du doigt par des joueurs (alors qu'au final, les grosses licences marchent toujours très bien) qui agiraient peut-être de la même façon dès lors qu'un gros budget est mis en jeu.
La nouveauté et le changement ont toujours été des freins pour qui choisit d'investir.

Message édité pour la dernière fois le : 29/07/2013 à 11:32

#19

TrollTraya
Garde royal

Ah, nous y voici à ce gros débat, ou viennent s'exalter les jouvencelles qui ont eu la chance de recevoir la gâterie promise, et les moins chanceux qui n'ont pas réussi à tirer leur co*** hier soir !

Parce que ma bonne dame, en réalité, est-ce que le sujet, c'est "moi j'suis content parce que le projet qu'j'ai parié d'sus il est bien sorti, et toi t'es tout aigri car t'as parié sur le mauvais cheval !", ou plutôt "le produit en lui même, si on va jusqu'au bout du raisonnement KS, n'à aucune espèce d'importance, car c'est l'idée et le soutien qu'elle reçoit qui est important .".

Ah ben oui, ça vous la coupe ça, hein ? Ben oui mes mignons, si je comprends parfaitement qu'on se sente floué et frustré quand un projet capote (que les raisons du naufrage soient "bonnes" ou mauvaises, mais j'y reviendrai), ce genre de considération ne devraient pas rentrer en ligne de compte quand il s'agit de réfléchir sur le système du crowdfunding. je dis bien "devraient", car il est difficile de s'y tenir quand comme tout le monde on est presque à un centime près pour finir le mois. Moi même, j'ai l'intime conviction que l'un des projet auquel j'ai participé va capoter et qu'aucun produit final ne se disponible (même si j'espère me tromper, car ça me ferait mal au c**). Et pourtant , je ne regrette d'avoir backé ce projet là.

Pourquoi me demanderez vous ? simple, car je ne backe pas un jeu, mais une idée. un projet KS, c'est avant tout une idée dont on à envie qu'elle voit le jour, en montrant que oui, elle intéresse du monde (voilà pourquoi je montre aussi mon soutiens à des projets qui n'ont aucune chance de se voir financé si j'en aime l'idée). Et pourquoi je le fait ? Parce que le monde du jeu vidéo, comme tout industrie de loisir, se base principalement sur les effets de mode pour ce qui est de ses acteurs majeurs, et quand la mode ne vous plait pas, vous allez voir ailleurs. dans ce cas, chez les indés

Certains indés arrivent à faire sans "aide" autre que les ventes de leurs produit un marché diront nous alternatif, mais d'autres pas, d'ou un premier intérêt de KS. on me rétorquera que KS et ses dérivés suivent aussi un effet de mode : le "retrogaming", et il n'est pas difficile de comprendre pourquoi : les genre présentés ont déjà été éprouvé (on sait donc à quoi s'attendre, et sait que ça va ou non nous plaire, contrairement à des concepts plus novateurs) et surtout, comme ses genres sont délaissés par les éditeurs conventionnels, il y'à un certain manque.

De plus, ancien style de jeu ne veut pas dire désuet et incapable d'évoluer. les genres de jeu délaisser par les éditeurs ne l'ont pas été parce qu'il étaient arriver à la limite de leur possibilité évolutive, mais parce que d'autres genres étaient plus rentables à une certaine époque. L'arbre évolutif d'une genre, n'en déplaise à certain, ce n'est pas ligne droite, mais justement un arbre, ou chaque branche continue à pousser en parallèle des autres (enfin, ça le serait si les bran,ches n'étaient pas délaissée...)

Ce qui nous amène au message de KS, qui pour moi n'est pas "Fuck off les éditeurs, ces sales pourris suceurs de sang, et vives les gentils devs tout aussi câlin que les bisounours et aussi chaud que Clara Morgane", mais "vous ne produisez plus ce que j'attends de vous, les mecs, alors en attendant que vous changiez d'avis (ce qui ne saurait manquer si les jeux issus de Ks sont des succès commerciaux), je vais voir ailleurs, mon pognon sera plus utile là".

Parce qu'après tout, malgré toute cette théorie et ces discours, dur de délaisser l'idée que c'est notre pognon que nous parions dans le crowdfunding et si les réussite sont là, les échecs malgré une bonne volonté évidente (haunts) et les capotages s'approchant d'arnaque (ortus) sont bien là. Celà mènera (et peut être le faut'il) à une réglementation sévère, mais combien vous pariez que sera les types honnêtes mais qui n'ont pas réussi à mener leur projet à bien pour diverses bonnes raisons qui prendront à la place des escrocs ? C'est ça le problème de ce type de législation, les escrocs arrivent toujours à trouver un moyen de passer entre les gouttes... Il faudra donc faire gaffe à ce que cette législation se fasse le moins possible au détriment du créateur honnête, et ça c'est pas gagné.

Message édité pour la dernière fois le : 29/07/2013 à 11:46

#20

Chinaski
Grand chevalier

Il n'y a raisonnablement aucune raison d'être contre. Donc je dois être pour.

Ce système ne remplacera pas les autres, et dans l'idée, n'empêche absolument pas l'innovation, en tout cas, pas plus que les impératifs commerciaux de studios "établis", qui les poussent à souvent reproduire les succès précédents.

C'est juste un plus, une manière de pouvoir retrouver des projets censés faire partie d'un marché de niche ( même si il s'avère que la demande est très forte, au vu de certain financement éclair ), et aussi pour ceux qui le souhaite de s'impliquer ( un peu ) dans la production.

Pour ceux qui ont peur des arnaques, je répondrai bêtement : "pas de risques, pas de gloire !".
De toutes façons, les arnaqueurs n'ont pas attendu KS pour s'immiscer dans le domaine vidéo-ludique.

Malgré tout, je pense qu'il ne faut backer trop de jeux à la fois. Chaque projet veux se vendre comme un futur chef-d'oeuvre, et il y aura évidemment des déceptions.
Il faut donc backer avec discernement. Facile à dire...

Message édité pour la dernière fois le : 29/07/2013 à 15:26

#21

skoeldpadda
Seigneur

"pas de risques, pas de gloire !".

"A vaincre sans péril, on évite les ennuis." -René Goscinny
#22

Lughan
Citoyen

Pour (mais avec réserve) !
Des risques d'arnaques, il y en a toujours eu avec les soi-disant grandes boîtes et leurs éditeurs. Combien de promesses n'ont pas été tenues, combien de bouses commerciales ratissant le public le plus large possible ne sont pas sorties avant le kickstarter?
Le kickstarter c'est la possiblité d'avoir des jeux originaux, des prises de risque visant un public précis.
Bien sûr, il faudrait une régulation sérieuse, une engagement juridique des dévs à n'utiliser l'argent que pour le jeu subventionné, histoire d'éviter la roublardise.
La seule chose qui m'inquiète vraiment, ce sont les conséquences à long terme du kickstarter. Il ne faudrait pas que cela provoque un cercle vicieux du genre soit vous vous subventionnez le jeu et vous aurez un jeu sans doute plus original mais modeste, soit vous achetez un jeu édité avec moins de prise de risque mais plus de moyens...une façon pour les grosses boîtes de se dédouaner de leur manque de créativité.
Autre risque : les jeux auto-subventionnés ne risquent-ils pas de devenir indirectement des enquêtes, à nos propres frais, pour le compte des éditeurs, étudiant les nouveautés potentiellement rentables?

Message édité pour la dernière fois le : 29/07/2013 à 15:56

#23

Chinaski
Grand chevalier

A vaincre sans péril, on évite les ennuis." -René Goscinny

Oui, oui, et "quand l'appétit va, tout va..."

Message édité pour la dernière fois le : 29/07/2013 à 15:48

#24

Armancia
Chevalier

La différence entre "l'arnaque lambda" et l'arnaque en mode crowdfunding c'est que la première n'engage le joueur à rien. La seconde demande de s'engager au préalable.
Or ça n'est pas nouveau, l'engagement nécessite en général de la confiance. Confiance qui ne peut être maintenue que dans un environnement sain, où la suspicion est réduite à son plus simple appareil, c'est à dire dans le cas d'une véritable escroquerie, où une personne diligente n'aurait pas les moyens de la déceler, malgré une attention particulière.

En l'état il n'y a pas besoin de réaliser une véritable escroquerie, pour pigeonner les clients, et le cas Ortus est l'exemple même de ce qui est peut être qualifier d'arnaque, sans les guillemets.

Autre exemple assez problématique à mes yeux, celui d'Inxile. Wasteland 2 n'est même pas fini que Torment 2 est déjà lancé... Avec en sous entendu qu'une partie de l'équipe de wasteland 2, en particulier celle qui s'occupe du scénario était libre, et qu' il fallait bien l'occuper.
Personnellement j'y vois un danger, dans le sens où les backers ne sont pas des investisseurs avertis et que supporter l'emploi d'une équipe aussi talentueuse soit elle n'est pas la vocation de KS. Comme on parle de Torment 2 le problème a été éludé, un autre studio avec un autre titre n'aurait pas attiré la même empathie...

Après l'argument du risque bénéfice n'a pas lieu d'être ici, puisque visiblement les joueurs ne font aucun bénéfices au sens économique du terme, ils paient une prestation au terme de laquelle ils auront un jeu, ce qui au final conduit à bénéficier de tous les désagrément de l'investissement, sans en récolter les gains ....

Pour moi ça n'est pas l'avenir du Crpg et plus globalement de la créativité, en tant que capitaliste convaincu, je suis persuadé que le risque doit porter sur le débiteur de la prestation, pas sur son créancier, ou alors il faut une contre partie ou au moins une garantie, dans le cas contraire, c'est la porte ouverte au grand n'importe quoi, cf les produits financiers toxiques et nos chers cols blancs ...
#25

Cerves
Garde

Je suis plutôt d'accord, c'est pas au client d'être pris en otage. C'est même assez lâche de la part des dév, pourquoi ils vont pas casser les roubignoles à leurs éditeurs. Rah mais oui les éditeurs sont des requins méchant vilains pas beau capitaliste. Hé mais dites, pourquoi ils font pas un emprunt à la banque tout simplement? Si selon eux le projet est viable il y a possibilité mais comme la plupart ne sont que des délires de fin de soirée...




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