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Les lundis de l'indie #10 - Rogue Legacy

par all_zebest 08 Juil 2013 07:53 14

"Chose promise," comme on dit.
L'air de rien, je vous glisse le nom de Rogue Legacy tous les deux lundis alors que ce brave petit jeu n'est même pas un RPG. Pourquoi diable tant d'intérêt ? Qu'a Rogue Legacy de si particulier qu'il mérite que j'en parle plus que du remake de Realms of Arkania qui a quand même l'air génial celui là, il faut que j'y joue sérieux, ça va être top bien t'as vu ?

En un mot : Rogue.
Ben oui, les articles se suivent et commencent à se ressembler furieusement dans mon petit monde, mais tant que les jeux sont bons, pourquoi se priver ?

Rogue Legacy n'est cependant pas un roguelike, n'allons pas non plus trop vite en besogne. Le projet de Cellar Door Games, financé via Kickstarter, Greenlighté par Steam et annoncé en grande pompe sur GoG est, de l'aveu même de son géniteur, un "rogue-lite" (lire "light," comme le Coca). Au-delà du jeu de mot fort à-propos, ça ne veut pas dire grand chose, et c'est bien le principe.
Présenté dans une 2D rondouillarde, vu de profil, animé avec goût, rythmé au chiptune, Rogue Legacy est de ces indés modernes qui profitent d'un rendu que ne renierait pas une production AAA, l'amour du pixel en plus. Au rayon des influences, s'il est difficile de manquer le Ghouls'n Ghostisme du character-design, c'est pourtant chez Castlevania qu'il faut aller chercher la base du gameplay. Un jeu de plate-forme dans un donjon généré aléatoirement. Voilà ce qu'est Rogue Legacy. Ni plus, ni moins. Ou presque.



 

La demeure ancestrale et l'entrée du donjon. Les deux écrans que vous verrez le plus... 
 

C'est basique, funky, parfois complètement idiot, et ça va vous mordre la tête comme il se doit. Car si le gameplay vient bien de la saga Konami et que votre dextérité sera l'élément clé de votre survie, Rogue Legacy n'a pas non plus usurpé son nom. Au-delà de la génération procédurale de l'environnement, cette petite chose chatoyante est de la pire engeance : piégeuse à souhait, difficile à l'excès, la bête, comme tout bon rejeton de l'ogre Rogue, veut votre mort. La votre et celle de toute votre famille, d'ailleurs.

Car, disais-je, Rogue Legacy n'a pas usurpé son nom. Legacy, ça veut dire héritage. Si celui de Rogue, outre coup de clairon que représente le titre même du jeu, est défintivement palpable dans le game-design, le mot n'est pas non plus choisi au hasard et constitue réellement le coeur du gameplay. Le principe de base du jeu est bien de looter un maximum de trucs (essentiellement des piécettes dorées chères à l'Oncle Picsou), mais tout cela vient avec un twist. Et un bon. Un de ceux que le cinéma fait si bien et qui change radicalement votre vision d'un film en quelques secondes. Ici, c'est toute votre façon de jouer qu'il faudra revoir à chaque intervention de la fée permadeath.


Dans Rogue Legacy, vous n'avez qu'une vie. Enfin, votre personnage n'a qu'une vie et il s'agira, pour continuer votre aventure, de prendre en main la destinée de ses enfants, petits-enfants, petits-petits-enfants, et ainsi de suite.
Pour pimenter la chose, la généalogie de Rogue Legacy s'offre toutes les folies, surtout les plus farfelues. Chaque rejeton dispose en effet de deux caractéristiques bien particulières. La première, c'est une classe, bête et méchante. Paladin, barbare, mage, shinobi, dragon, il y en aura pour tous les goûts et toutes les formes, pourvu que vous aimiez les armures et les capes rouges. Chaque classe est bien sûr livrée avec tous ses accessoires, de la force de brute à la boule de feu en passant par les boucliers bénis, les résistances accrues et ce genre de joyeusetés.

Toutefois, quelle que soit votre préférence, Rogue Legacy se joue avant tout à l'épée et, de fait, chaque classe s'aborde plus ou moins toujours de la même façon. La seconde caractéristique est, de loin, la plus intéressante en terme de gameplay, puisqu'il s'agit ni plus ni moins que d'une tare génétique. Voire deux. Ouais, Carrément. A vous donc les paladins géants qui ne passent pas les portes, les ninjas myopes comme des taupes qui voient flous au-delà de cinq pixels autour d'eux, les barbares atteints du syndrome de la Tourette qui lancent de copieux chapelets d'insultes à chaque coup encaissé. J'en passe de bien meilleures, mais je m'en voudrais de vous voler le plaisir de la découverte. Sachez toutefois que mon favori reste le saugrenu double effet miroir, qui retourne votre écran et vous laisse vous débrouiller la tête en bas avec des commandes inversées. Diabolique. Et terriblement drôle.
 


 

Non, le screenshot de gauche n'est pas à l'envers. A droite, un peu de stats. Quand même.


Mais, me direz-vous, il faut bien une raison pour qu'une famille, aussi tarée (au sens propre) qu'elle soit, s'acharne ainsi sur des centaines (et des centaines) de générations à dévaliser le même donjon, non ?
Et oui, chers lecteurs, il faut bien. Le jeu est absurde, mais pas à ce point.
Ici, le but avoué est de reconstruire la demeure familiale, d'y réinstaller des ateliers et de profiter de ses bienfaits. Traduit en terme de gameplay, ce château, fief de vos pères (et mères, car on peut aussi jouer des filles dans Rogue Legacy, pas de jalouses), fonctionne comme un gigantesque arbre de compétences. Vous y débloquerez des choses basiques comme la possibilité d'utiliser un bouclier ou diverses améliorations de vos barres de vie/mana et des trucs à moitié barrés comme la capacité de voler et d'autres pouvoirs plus ou moins saugrenus à se tirer les cheveux par les oreilles. A visiter également, quelques boutiques bienvenues où dépenser les deniers qui vous restent. Et pas question de farmer l'or sur trois ou quatre générations, le pécule amassé par le défunt prédécesseur de votre nouveau héros est à dilapider jusqu'au dernier sou : à chaque entrée dans le donjon, Charon, le passeur, vous fera les poches. "Droit de passage," qu'il dit. La crise frappe partout...

Rogue Legacy, vous l'aurez compris, n'a rien d'un RPG. C'est un metroidvania procédural avec un ingénieux système généalogique, certes, mais de rôle il n'est aucunement question. Entre les classes rigolotes et les feuilles de stats pas franchement utiles, on s'y laisserait toutefois prendre, d'autant que l'effet roguelike est bien là, avec son petit goût de reviens-y. Alors ne boudons pas notre plaisir. Le jeu est bon comme une cuisse de poulet trouvée dans un mur, beau comme un sous-terrain de SR-388 et dur comme un séjour chez Lord Dredmor. Pour les plus complétistes d'entre nous, il est aussi bourré de secrets et d'easter eggs plus ou moins volontairement mal cachés. De quoi asseoir, au fil des générations, une confortable durée de vie.
 


 

J'ai toujours la voix de Mortal Kombat lors du "Choose Your Heir." Tout ça, c'est la faute des boss.
2 contre 1. Tricheurs.


Comme tout indépendant qui se respecte, n'espérez pas trouver Rogue Legacy dans une belle boîte en plastique pour DVD, ces bêtes là y sont allergiques. En revanche, vous le trouverez à $15 directement chez le développeur, pour un cent de moins sur GoG et pour 13.99€ sur Steam, Desura ou Gamersgate.
C'est le prix d'un Menu Best-of avec une glace et un café, sauf que c'est meilleur, moins lourd et que ça dure plus longtemps.





Ah, j'oubliais. Full-english, les enfants. Quand on vous disait d'écouter vos profs, au collège...

Commentaires (14)

#2

Tirnanog
Chevalier

C'est très étonnant comme jeu, on ne s'en serait pas douté...

Il a l'air sympa et pourtant le Rogue c'est pas trop mon fort...
La notion d'héritage a l'air pas mal à la mode en ce moment (je sais pas si tu as testé 7 Grand Steps).
#3

Overlorc
Chevalier

Mais c'est qu'il a tout pour plaire ce jeu! C'est beau, drôle, dur et métroïvaniesque quiconque aime le genre ne saurait faire l'impasse dessus.
#4

Phoenix
Paladin

Effectivement, il a l'air bien sympa ! je trouve ça top de trouver des jeux comme ça à l'ancienne remis au goût du jour.

Message édité pour la dernière fois le : 08/07/2013 à 20:25

#5

Batman
Grand gobelin

Je suis super fan de ce jeu ! A mi chemin entre un petit rogue like et un Metroidvania (genre que j'apprécie particulièrement). Difficile, mais suffisamment fun, je recommande !
#6

rei dunamis
Novice

"Le jeu est bon comme une cuisse de poulet trouvée dans un mur"
ça sent le mec qui a joué à Dust an elysian tale ça =D

Du coup je l'achete !
#7

rei dunamis
Novice

Message supprimé le 08/07/2013
#8

Caldanath
Gobelin

Castlevania je pense plutôt
#9

Batman
Grand gobelin

N'empêche qu'avant Dust, tu savais pas que le poulet mural venait de Castlevania !
#10

Caldanath
Gobelin

N'empêche qu'avant Dust, tu savais pas que le poulet mural venait de Castlevania !



Chuuuuut j'ai failli réussir à me faire passer pour quelqu'un de cultivé
#11

Overlorc
Chevalier

D'abord est-on bien sûr que c'est du poulet? Les premiers opus datant graphiquement, on peut peiner à reconnaître les plats. Ajouté à cela le fait que les jeux viennent d'asie, on peut se demander si c'est pas du canard laqué ou du porc au caramel.
#12

skoeldpadda
Garde royal

Le manuel du Castlevania original dit "pork chop" (côtelette de porc) mais n'importe qui ayant lu le machin te dira que c'est une cuisse de poulet.



Sérieusement, ça ressemble à une côtelette, ça ?
D'ailleurs, dans Symphony of the Night, la version "grande potion" est une dinde entière.

Message édité pour la dernière fois le : 08/07/2013 à 21:17

#13

Percival
Paladin

Ça a l'air bien fun à jouer !

Sinon, on a retrouvé la première femme à barbe :
#14

skoeldpadda
Garde royal

C'est l'un des trucs super rigolos avec ce jeu. Le seul moyen de différencier un perso masculin d'un féminin, c'est ce splendide noeunoeud rose dans les cheveux, hyper seyant sur un heaume en fonte.
Etre un chevalier, oui, mais en toute féminité.
#15

Batman
Grand gobelin

Peut-être la première Percival, mais certainement pas la dernière ! J'en ai sacrifié des femmes à barbes avant de me farcir le premier boss.




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