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Chronique #18 : Darksiders, le Caveau des Abominations

par Etienne Navarre 12 Oct 2012 10:30 3

Un chef d'oeuvre sorti sur PC et consoles en 2010, une suite qui frappe puissamment le paysage vidéo-ludique de cette rentrée 2012 : la saga Darksiders, si jeune soit-elle, n'a pas fini de faire parler d'elle. Afin d'enrichir l'univers unique des développeurs de Vigil Games et de Joe Madureira, un roman Darksiders vient de voir le jour, narrant les événements sombres et violents survenus des siècles avant les faits dépeints dans le premier jeu vidéo.

 

 

Contenu

 

Alors que la trêve fragile entre le Paradis et l'Enfer se fissure petit à petit, une menace plus grande encore pèse jusque sur le Conseil Ardent. Décidé à faire régner l'ordre, le Conseil envoie ses Cavaliers enquêter sur une nouvelle menace qui risque bien de détruire toute vie sur Terre et au-delà. Deux frères Cavaliers, Mort et Guerre, partent en quête d'un mystérieux caveau des abominations qui contiendrait des armes légendaires capables d'un apocalypse absolu. Dans leur quête, ils devront affronter les démons de l'Enfer, des cohortes d'Anges et des menaces insoupçonnées.

 

L'avis de RPG France

 

Ecrit par Ari Marmell (auteur d'oeuvres sur l'univers de Magic The Gathering et ayant publié pour les rôlistes de White Wolf Publishing) et édité chez Milady, ce roman a été rédigé en étroite collaboration avec les développeurs des jeux afin de garantir une cohérence narrative et permettre de dépeindre les séquences d'action avec le plus de crédibilité possible par rapport aux jeux.

L'exercice du roman issu d'une franchise est devenu courant dans un paysage artistique où tout produit dérivé est bon à prendre. Si ma première approche a été la méfiance, elle a tout d'abord été adoucie par un aspect d'apparence anodin mais qui mérite d'être souligné : ce roman est un bel objet. Il bénéficie d'une très jolie couverture faisant honneur aux héros de Darksiders et voit sa tranche et sa quatrième de couverture bénéficier du même traitement esthétique. On est loin du roman traditionnel français et de son absence totale de sex appeal. Ici, on est très proche de ce qui se fait en édition anglo-saxonne et cela m'a énormément plu car je reste sensible à l'aspect extérieur d'un livre qui se doit d'être un bel objet avant de nous ouvrir ses bras.

Les premières pages du roman dévoilent très vite un point important : il est préférable (sans être nécessaire) d'avoir joué aux jeux avant de se lancer dans la lecture des aventures des Cavaliers. En effet, on est d'emblée projeté dans un monde avec ses codes, ses paysages et héros particuliers qu'il est délicat d'identifier avec précision car aucune indication n'est donnée au lecteur. L'auteur part du principe (troublant) que le lecteur est familier de cet univers, ce qui ghetthoïse un large pan de lecteurs potentiels. Ce choix reste cela dit cohérent (éviter des redites et de trop longs moments de descriptions) et n'est pas non plus insurmontable grâce à une prose plutôt facile d'accès (trop ?).

J'avoue avoir éprouvé quelques difficultés à avancer dans le roman tant le rythme laborieux n'encourage pas la lecture et morcelle la narration. On alterne des séquences qui se répètent comme un leitmotiv maladroit : description, action, discussion. Techniquement, on se retrouve donc avec une structure narrative qui emprunte au jeu vidéo de façon trop évidente. Dans l'absolu, ça n'est pas un si mauvais choix mais cela enlève toute personnalité au roman. La trame s'en retrouve vite désincarnée par un cahier des charges d'écriture bancal. D'un point de vue formel, il est troublant d'observer une mise en page des paragraphes dite «justifiée», ce qui maltraite l'apparence générale du texte avec des lignes très aérées et d'autres particulièrement écrasées. Un choix étrange qui m'a surpris, n'étant pas habitué à cette façon de procéder. D'autant que la mise en page du roman dans sa version originale respecte bien les codes traditionnels de mise en page à gauche.

Pour le reste, Darksiders, le Caveau des Abominations remplit parfaitement son office de divertissement. Vrai régal pour les fans du jeu vidéo, on y retrouve avec plaisir nos deux héros qui s'expriment aussi bien avec des dialogues bien sentis qu'avec leurs armes respectives dans des séquences d'action faisant la part belle à une débauche de découpages, tranchages et arrachages de membres. C'est burné quoi. On sent parfaitement le lien avec l'équipe de développement car certaines séquences du roman dépeignent avec précision des combos ou techniques des héros des deux jeux. Mention spéciale à Guerre qui, bien que hiérarchiquement en-dessous de Mort, tient le haut de l'affiche avec son attitude badass et sa violence destructrice parfaitement mise en valeur. Traditionnel dans ses enjeux, le roman n'égale cependant pas la puissance narrative des jeux, la faute au final à ce qui fait la supériorité des jeux : la touche Madureira. Darksiders, c'est un univers graphique particulier que le roman n'arrive à retranscrire uniquement parce que les deux jeux ont durablement imprimé la rétine des milliers de joueurs.

Voilà donc un roman qui réussit donc le pari d'être un bel objet et de prolonger l'univers des jeux avec fraîcheur. En revanche, pas de chef-d'oeuvre ni de réelle claque littéraire (on s'en doutait cela dit). Malgré ses défauts narratifs et sa prose tantôt laborieuse, tantôt légère, ce livre satisfera les amateurs de fantasy et de lecture détente qui souhaitent une aventure originale entre Enfer et Paradis.

 

 

Le livre

 

Editeur : Milady
Format : broché
Prix éditeur : 8,60€
480 pages
Paru le 24 août 2012
N° ISBN : 9782811208240

 

Commentaires (3)

#2

Killpower
Gobelin

Merci pour cet article Etienne, ne sachant absolument pas que le produit était sorti.

Message édité pour la dernière fois le : 16/10/2012 à 20:15

#3

pouicoss
Seigneur

Ca me tente bien tout ça ! Merci Etienne !

Message édité pour la dernière fois le : 13/10/2012 à 14:28

#4

Etienne Navarre
Gobelin

De nada.




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